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AccueilJurisprudence administrativeN° TA34-2102326

Tribunal Administratif de Montpellier — Décision N° TA34-2102326

mardi 18 juin 2024

JuridictionTribunal Administratif de Montpellier
SectionTribunal Administratif de Montpellier
N° DossierTA34-2102326
TypeDécision
RecoursExcès de pouvoir
PublicationC
Formation6ème Chambre
Avocat requérantSELARL LETANG AVOCATS

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête et des mémoires enregistrés les 6 mai 2021, 3 septembre 2021, 16 décembre 2021 et 18 janvier 2022, la société Acach, représentée par la SELARL d'avocats Montazeau et Cara, demande au tribunal, dans le dernier état de ses écritures :

1°) d'annuler l'arrêté en date du 20 novembre 2020 par lequel le maire de Carcassonne a accordé un permis de construire à la SAS Burger King Construction ;

2°) de mettre à la charge de la commune de Carcassonne la somme de 3 000 euros en application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Elle soutient que :

- le dossier de demande de permis de construire est incomplet en ce qui concerne l'insuffisance du formulaire de demande de permis de construire, du projet architectural, de la notice descriptive comme des plans de coupe et des documents photographiques et graphiques ;

- en l'absence de division foncière préalable, le permis de construire est illégal ;

- en l'absence d'autorisation de modification des documents du lotissement, le permis de construire est entaché d'illégalité ;

- le projet en litige méconnaît l'article R. 111-2 du code l'urbanisme ;

- l'article 3 du règlement du plan local d'urbanisme (PLU) est méconnu ;

- le projet viole l'article 4 de ce règlement ;

- l'article UEco 7 du règlement du PLU est méconnu ;

- l'article 11 du règlement du PLU n'est pas respecté ;

- le projet méconnaît l'article 12 du règlement du PLU ;

- l'article 13 du règlement du PLU est méconnu ;

- les dispositions de l'article 1er du règlement du plan de prévention des risques d'inondation (PPRI) sont méconnues ;

- l'article L. 101-2 du code de l'urbanisme est méconnu.

Par des mémoires enregistrés les 4 août 2021, 15 octobre 2021 et 17 janvier 2022, la commune de Carcassonne, représentée par Richer et Associés, avocats, conclut, à titre principal au rejet de la requête comme irrecevable, à titre subsidiaire comme non fondée, à titre infiniment subsidiaire à ce que le tribunal fasse usage des pouvoirs qu'il tient de l'article L. 600-5-1 du code de l'urbanisme et à ce que la somme de 3 000 euros soit mise à la charge de la société Acach sur le fondement de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Elle soutient que :

- la requête est irrecevable, en l'absence de qualité d'intérêt pour agir de la société Acach ;

- les moyens invoqués ne sont pas fondés.

Par des mémoires enregistrés les 22 septembre 2021 et 9 février 2022, la société par actions simplifiée (SAS) Burger King Construction, représentée par la SELARL Letang, agissant par Me Le Foulier, conclut au rejet de la requête et à ce qu'il soit mis à la charge de la société Acach la somme de 5 000 euros en application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Elle soutient que :

- la requête est irrecevable en l'absence d'éléments justifiant du caractère régulier de l'occupation ou de la détention du bien au titre duquel la société Acach agit ;

- la société requérante ne dispose pas d'un intérêt suffisant pour agir ;

- les moyens soulevés ne sont pas fondés.

Par des mémoires enregistrés le 27 mai 2024, la commune de Carcassonne et la société Burger King Construction demandent au tribunal de prononcer non-lieu à statuer dès lors que l'arrêté attaqué a été retiré.

Vu les autres pièces du dossier.

Vu :

- le code de l'urbanisme ;

- le code de justice administrative.

Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.

Ont été entendus au cours de l'audience publique :

- le rapport de M. Rousseau, premier conseiller,

- les conclusions de M. Lafay, rapporteur public,

- et les observations de Me Montazeau, représentant la société Acach.

Considérant ce qui suit :

1. La société par actions simplifiée (SAS) Burger King Construction, représentée par M. A, a déposé, le 30 juin 2020 et complété les 21 juillet 2020, 21 et 24 septembre suivant une demande de permis de construire en vue de la réalisation, après démolition d'un ancien bâtiment commercial de vêtements et salon de coiffure, sur la parcelle cadastrée section HR n° 635 d'une contenance de 29 538 m², sur le lot n° 40 du centre commercial Géant Casino de Carcassonne, d'un restaurant à l'enseigne Burger King d'une surface de plancher créé de 373 m². Par un arrêté du 20 novembre 2020, le maire de Carcassonne lui a délivré ce permis de construire. La société Acach a exercé un recours gracieux contre cet arrêté le 18 janvier 2021 qui a été expressément rejeté le 8 mars suivant. Par la présente requête, la société Acach demande l'annulation de ces deux décisions.

Sur l'exception aux fins de non-lieu à statuer présentée par la commune de Carcassonne et la société Burger King :

2. Un recours pour excès de pouvoir dirigé contre un acte administratif n'a d'autre objet que d'en faire prononcer l'annulation avec effet rétroactif. Si, avant que le juge n'ait statué, l'acte attaqué est rapporté par l'autorité compétente et si le retrait ainsi opéré acquiert un caractère définitif faute d'être critiqué dans le délai du recours contentieux, il emporte alors disparition rétroactive de l'ordonnancement juridique de l'acte contesté, ce qui conduit à ce qu'il n'y ait lieu, pour le juge de la légalité, de statuer sur le mérite du recours dont il était saisi, quand bien même l'acte rapporté aurait reçu exécution.

3. Postérieurement à l'introduction de la requête, sur demande présentée le 13 mai 2024 par la société Burger King Construction, le maire de Carcassonne a procédé au retrait de l'arrêté du 20 novembre 2020 qui lui avait délivré un permis de construire par un arrêté du 23 mai 2024. Toutefois, cet arrêté n'a pas acquis un caractère définitif à la date du présent jugement. Par suite, la requête dirigée contre l'arrêté en litige conserve un objet.

Sur la recevabilité des écritures de la SAS Burger King Construction :

4. En sa qualité de bénéficiaire du permis de construire, la société Burger King Construction n'a, contrairement à ce qui est soutenu, pas la qualité d'intervenante mais de partie à l'instance.

5. Le numéro Siret permet d'identifier géographiquement chaque entreprise ou chaque établissement de la même entreprise auprès des organismes sociaux et fiscaux. Par une décision de son président du 22 janvier 2021, la SAS Burger King Construction, ayant pour activité la fourniture de prestations de services, le développement ou l'exploitation, par quelque moyen que ce soit, d'activités dans le secteur de la restauration rapide, originellement immatriculée le 4 juillet 2016, a vu son siège social transféré au 34 Rue Mozart, Immeuble le Cassiopée, à Clichy (92110) à compter du 18 janvier 2021. Par suite, la société Acach n'est pas fondée à soutenir que la société Burger King Construction dont le siège social est à Clichy ne serait pas la même que celle dont le siège social est à La Plaine Saint-Denis lorsque lui a été délivré le permis de construire en litige.

Sur les conclusions à fin d'annulation :

6. Aux termes de l'article R. 431-5 du code de l'urbanisme dans sa rédaction alors en vigueur : " La demande de permis de construire précise : a) L'identité du ou des demandeurs, qui comprend son numéro SIRET lorsqu'il s'agit d'une personne morale en bénéficiant et sa date de naissance lorsqu'il s'agit d'une personne physique ; b) L'identité de l'architecte auteur du projet, sauf dans les cas prévus à l'article R. 431-2 ; c) La localisation et la superficie du ou des terrains ; d) La nature des travaux ; () ".

7. Il ressort des pièces du dossier que la demande de permis de construire déposée par la SAS Burger King Construction mentionne, au cadre 5.1 de l'imprimé Cerfa, l'identité de l'architecte et, au cadre 5.2, la nature du projet envisagé et la surface créée. L'incomplétude du dossier sur ce point doit être écarté comme manquant en fait.

8. Aux termes de l'article R. 423-1 du code de l'urbanisme : " Les demandes de permis de construire, d'aménager ou de démolir et les déclarations préalables sont adressées par pli recommandé avec demande d'avis de réception ou déposées à la mairie de la commune dans laquelle les travaux sont envisagés : / a) Soit par le ou les propriétaires du ou des terrains, leur mandataire ou par une ou plusieurs personnes attestant être autorisées par eux à exécuter les travaux ; / b) Soit, en cas d'indivision, par un ou plusieurs co-indivisaires ou leur mandataire ; / c) Soit par une personne ayant qualité pour bénéficier de l'expropriation pour cause d'utilité publique ". Aux termes du dernier alinéa de l'article R. 431-5 du même code : " La demande comporte également l'attestation du ou des demandeurs qu'ils remplissent les conditions définies à l'article R. 423-1 pour déposer une demande de permis ".

9. Il n'appartient pas à l'autorité compétente de vérifier si le pétitionnaire remplit les conditions pour déposer la demande de permis. Toutefois lorsque l'autorité saisie d'une demande de permis de construire vient à disposer au moment où elle statue, sans avoir à procéder à une mesure d'instruction lui permettant de les recueillir, d'informations de nature à établir son caractère frauduleux ou faisant apparaître, sans que cela puisse donner lieu à une contestation sérieuse, que le pétitionnaire ne dispose d'aucun droit à la déposer, il lui revient de refuser la demande de permis pour ce motif.

10. Le pétitionnaire qui fournit l'attestation prévue à l'article R. 423-1 du code de l'urbanisme doit donc en principe être regardé comme ayant qualité pour présenter sa demande aussi bien si les travaux portent sur un bien faisant partie d'une copropriété. En l'espèce, en signant le formulaire de permis de construire, la société Burger King Constructions a attesté de sa qualité pour déposer une telle demande.

11. Aux termes de l'article R. 431-8 du code de l'urbanisme : " Le projet architectural comprend une notice précisant :1° L'état initial du terrain et de ses abords indiquant, s'il y a lieu, les constructions, la végétation et les éléments paysagers existants ; 2° Les partis retenus pour assurer l'insertion du projet dans son environnement et la prise en compte des paysages, faisant apparaître, en fonction des caractéristiques du projet : a) L'aménagement du terrain, en indiquant ce qui est modifié ou supprimé ; b) L'implantation, l'organisation, la composition et le volume des constructions nouvelles, notamment par rapport aux constructions ou paysages avoisinants ;c) Le traitement des constructions, clôtures, végétations ou aménagements situés en limite de terrain ; d) Les matériaux et les couleurs des constructions ; e) Le traitement des espaces libres, notamment les plantations à conserver ou à créer ; f) L'organisation et l'aménagement des accès au terrain, aux constructions et aux aires de stationnement ". Aux termes de l'article R. 431-10 du même code : " Le projet architectural comprend également : a) Le plan des façades et des toitures ; lorsque le projet a pour effet de modifier les façades ou les toitures d'un bâtiment existant, ce plan fait apparaître l'état initial et l'état futur ; b) Un plan en coupe précisant l'implantation de la construction par rapport au profil du terrain ; lorsque les travaux ont pour effet de modifier le profil du terrain, ce plan fait apparaître l'état initial et l'état futur ; c) Un document graphique permettant d'apprécier l'insertion du projet de construction par rapport aux constructions avoisinantes et aux paysages, son impact visuel ainsi que le traitement des accès et du terrain ; d) Deux documents photographiques permettant de situer le terrain respectivement dans l'environnement proche et, sauf si le demandeur justifie qu'aucune photographie de loin n'est possible, dans le paysage lointain. Les points et les angles des prises de vue sont reportés sur le plan de situation et le plan de masse ".

12. La circonstance que le dossier de demande de permis de construire ne comporterait pas l'ensemble des documents exigés par les dispositions du code de l'urbanisme, ou que les documents produits seraient insuffisants, imprécis ou comporteraient des inexactitudes, n'est susceptible d'entacher d'illégalité le permis de construire qui a été accordé que dans le cas où les omissions, inexactitudes ou insuffisances entachant le dossier ont été de nature à fausser l'appréciation portée par l'autorité administrative sur la conformité du projet à la réglementation applicable.

13. Le dossier de demande de permis de construire est accompagné d'un plan cadastral faisant apparaître la localisation du terrain d'assiette et ses références cadastrales, sa superficie de 2 211 m² et précise qu'il est situé en zone UEco du plan local d'urbanisme, d'un plan de situation permettant d'apprécier la configuration des lieux y compris ses voies d'accès.

14. Dans le respect de l'exigence fixée au c) de l'article R. 431-10 du code de l'urbanisme le dossier de demande comprend un document graphique présentant l'insertion de la construction dans son environnement, illustré de photographies montrant l'état des lieux avant la réalisation du projet, utilement complété par les photographies des abords du terrain dont les points et angles de vue perçus depuis la voie publique ont été reportés sur des photographies aériennes. Ces éléments complétés par les indications contenues dans la notice descriptive ont permis à l'autorité administrative d'apprécier la situation de la construction projetée dans son environnement ainsi que son impact visuel.

15. Aux termes de l'article R. 111-2 du code de l'urbanisme : " Le projet peut être refusé ou n'être accepté que sous réserve de l'observation de prescriptions spéciales s'il est de nature à porter atteinte à la salubrité ou à la sécurité publique du fait de sa situation, de ses caractéristiques, de son importance ou de son implantation à proximité d'autres installations ".

16. Le projet autorisé est situé en zone UEco au PLU, zone économique à vocation d'activités plurielles. Il est soutenu que compte tenu de l'étroitesse de la voirie située au niveau du " drive " et de l'impossibilité pour les véhicules de lutte contre l'incendie d'y accéder, il était nécessaire d'imposer des marges d'isolement plus importantes. Toutefois, il ressort des pièces du dossier que la voirie interne du projet à usage de " drive " laquelle présente une largeur de 3 mètres suffisante pour permettre la circulation des véhicules d'incendie et de secours.

17. Aux termes de l'article 3 du règlement du PLU applicable à l'ensemble des zones : " Les caractéristiques géométriques et mécaniques des accès et voies doivent être conformes aux législations, règlementations et prescriptions en vigueur afin de faciliter la circulation et l'approche des piétons et des personnes à mobilité réduite, des moyens d'urgence et de secours, des véhicules d'intervention des services collectifs et bennes à ordure ménagères. ()

3a Les accès : Les accès ne devront pas présenter de risque pour la sécurité des usagers des voies publiques ou pour celle des personnes utilisant ces accès. Cette sécurité sera appréciée compte tenu notamment de la position des accès de leur configuration ainsi que de la nature et de l'intensité du trafic. Tout accès devra être aménagé pour assurer en termes de visibilité, de fonctionnalité et de facilité d'usage, la dite sécurité. () 3b Voirie : Les intersections et carrefours doivent être aménagés de manière à permettre l'évolution correcte des véhicules et à assurer la meilleure visibilité possible. () 3c Accessibilité des moyens de secours : Les voies et accès devront présenter des caractéristiques minimales requises pour permettre l'approche du matériel de lutte contre l'incendie : Ces caractéristiques sont celles d'une voie engin ci-après définies : - largeur : 3m hors stationnement () "

18. Il ressort des pièces du dossier notamment du plan de masse accessibilité qu'une place dédiée aux personnes à mobilité réduite est située devant le restaurant et que le cheminement permettant d'accéder à l'intérieur du restaurant s'effectue sans croiser le flux des véhicules pénétrant dans le " drive ". Selon l'indication fournie par la notice, l'accès et la sortie de la parcelle s'effectuent par son côté Nord. Ainsi que le démontre le plan de masse, l'accès au restaurant s'effectue à double sens et présente une largeur suffisante pour permettre l'approche des moyens d'urgence et de secours. La circonstance que la voirie sera saturée à certaines heures de pointe n'est pas de nature à démontrer l'insuffisance de la voie de desserte du projet dont les caractéristiques apparaissent suffisantes pour permettre la circulation des véhicules. Les dispositions précitées de l'article 3 du règlement du PLU ne sont pas applicables à la voie de desserte intérieure du projet de sorte que la société requérante ne saurait utilement se prévaloir de l'insuffisance de la voie se situant à l'arrière du restaurant pour permettre l'approche du matériel de lutte contre l'incendie. Par suite, le moyen tiré de la méconnaissance des dispositions de l'article 3 du règlement du PLU de Carcassonne doit être écarté.

19. Aux termes de l'article 4 du règlement du PLU : " Les raccordements aux réseaux devront être réalisés à l'aide de canalisations étanches d'un diamètre minimum de 150 millimètres, avec une pente uniforme supérieure ou égale à 1 centimètre par mètre. En outre, le point d'écoulement le plus bas de tout appareil raccordé au réseau collectif devra être situé à une altitude supérieure d'au moins 0.30 mètres à celle de la chaussée à la verticale du point de raccordement du réseau particulier au réseau collectif ".

20. La notice du projet précise, pour les eaux pluviales, que le projet utilise les réseaux sur le site de l'ensemble commercial sans nécessité de redimensionnement et que les réseaux divers sont calculés conformément à l'instruction technique relative aux réseaux d'assainissement des agglomérations du 22 juin 1977 et ses annexes. Le dossier de demande de permis de construire comprend un plan de masse VRD précisant que les diamètres des canalisations eaux usées sera de 200 et celui des eaux pluviales de 400. Si la notice mentionne au titre des réseaux enterrés que le raccordement des appareils sanitaires s'effectue en tubes PVC de diamètre 100 raccordés à l'extérieur la façade, cette indication ne concerne que les appareils sanitaires indépendamment des dispositions précitées. Enfin, le projet en cause a reçu un avis favorable des services eau-assainissement de Carcassonne Agglo les 1er septembre et 20 novembre 2020. Par suite, le moyen tiré de la méconnaissance des dispositions précitées ne peut qu'être écarté.

21. L'article UEco 7 du règlement du PLU relatif à l'implantation des constructions par rapport aux limites séparatives prévoit que : " Les constructions pourront être édifiées soit en limites séparatives de propriété, soit en respectant un retrait de 4m minimum. A l'inverse des marges d'isolement plus importantes peuvent être imposées, lorsque des conditions de sécurité plus importantes doivent être respectées. () ".

22. Si la société requérante soutient que la commune aurait dû imposer des marges d'isolement plus grandes au pétitionnaire, pour permettre l'accès des véhicules de secours, elle n'établit pas l'impossibilité à ces services d'accéder au projet autorisé.

23. Aux termes de l'article 11 du règlement du PLU applicable à l'ensemble des zones : " Le rythme et la forme des ouvertures seront de préférence à dominante verticale, sauf dérogation pour un parti pris architectural motivé qui s'intègre dans un projet architectural cohérent ".

24. La notice descriptive du projet mentionne que " de larges baies vitrées en façades principale et latérales permettront l'éclairement de la salle de restaurant ". La société requérante soutient que les ouvertures sont horizontales et ne sont à aucun moment justifiées par un parti pris architectural motivé. Toutefois si les plans des façades comportent quelques ouvertures au carré ou à tendance horizontale, le projet comporte également une ouverture verticale en façade Sud-Ouest et l'alternance des châssis entre les baies vitrées est de nature à leur conférer une verticalité visuelle. En tout état de cause, les dispositions précitées ne réservent pas la seule mise en œuvre d'ouvertures verticales.

25. Le règlement du PLU de Carcassonne donne de la zone UEco dans laquelle s'insère le projet en litige la définition suivante : " La zone U Eco englobe des terrains équipés à caractère dominant d'activités (industries, artisanats, commerces, services, ). Il s'agit d'une zone dédiée à l'accueil des activités de la commune à caractère économique et artisanal, avec les services et équipements nécessaires au fonctionnement des entreprises installées sur la zone ". Aux termes de l'article UEco 11 du règlement du PLU : " Aspect des matériaux et couleurs. Les matériaux apparents utilisés sont soit des matériaux que l'on retrouve dans l'architecture traditionnelle locale, soit des matériaux modernes et de qualité respectant les couleurs et tonalités des matériaux locaux. Les teintes devront s'intégrer au site : les couleurs vives et le blanc ne sont autorisés que sur de très petites surfaces et interdites en corniche. Une plus grande liberté est laissée aux tonalités foncées. L'emploi à nu des matériaux destinés à être enduits est interdit ".

26. Selon la notice du projet, la structure du bâtiment, en ossature bois, reçoit pour l'habillage des façades, des panneaux Presta ou similaires à décor bois, RW14 " French Walnut ". Si la société Acach soutient que les matériaux utilisés ne sont ni caractéristiques de l'architecture traditionnelle locale, ni des matériaux modernes et de qualité respectant les couleurs et tonalités des matériaux locaux, elle n'en définit pas les caractéristiques intrinsèques alors que la notion d'architecture traditionnelle locale doit être entendue au regard de la zone de commerces et d'activités dans laquelle est inclus le projet, constitué de plusieurs commerces dont celui de la société requérante, dont les façades sont constituées en bardage métallique concernant l'aspect extérieur. Il n'est nullement démontré que les tonalités et matériaux utilisés ne correspondraient pas à ceux mis en œuvre dans cette zone. Il en résulte que les moyens tirés de la méconnaissance des dispositions de l'article 11 et de l'article UEco 11 du règlement du PLU ne sont pas fondés et doivent être écartés.

27. Aux termes de l'article 12 du règlement du PLU : " Le stationnement des véhicules correspondant aux besoins des constructions ou installations nouvelles doit être assuré par le pétitionnaire. [] Modalités d'application : Le stationnement des véhicules, les rampes d'accès, les aires de manœuvre et les aires de refuges extérieurs aux entrées doivent être réalisées à l'intérieur des unités foncières. () Aménagements et plantations : () La figure paysagère des parkings doit être pensée en amont de la composition du projet. En complément de la plantation d'un arbre de haute tige pour quatre places de stationnement, le traitement paysager devra comporter des bosquets d'arbres, un mail planté ou des cordons boisés. La palette végétale sera adaptée à la typologie de parking souhaitée. Les essences seront de préférence de type méditerranéen ".

28. La société requérante soutient que le pétitionnaire n'est pas en mesure d'assurer le stationnement des véhicules de livraison sur l'unité foncière accueillant le projet et qu'il ne prévoit pas une aire de présentation pour les déchets. Toutefois, le projet ne saurait prévoir un stationnement des véhicules de livraison sur la voie publique dès lors que le stationnement s'effectue sur les parties communes de la copropriété au sein de laquelle s'insère le lot n° 40, objet du permis de construire contesté, sans que le stationnement des véhicules de livraison puisse constituer une gêne pour la circulation publique ou pour l'accès des véhicules de secours. Dès lors que les dispositions précitées de l'article 12 n'ont ni pour objet ni pour effet de réglementer une aire de présentation des déchets, la seconde branche du moyen ne peut qu'être écartée en raison de son inopérance.

29. Si la société requérante fait grief au projet de ne pas préciser les essences d'arbres qui viendront agrémenter le parc de stationnement, d'une part, le règlement du PLU n'impose pas obligatoirement la seule mise en œuvre de végétaux de type méditerranéen et, d'autre part, la notice précise, s'agissant de l'aménagement des espaces libres extérieurs, que la volonté de l'entreprise est de s'appuyer sur les cinq zones climatiques françaises pour développer cinq palettes végétales afin de favoriser une identité commune tout en s'intégrant dans la spécificité de chaque site et de chaque région.

30. Aux termes de l'article L. 442-1 du code de l'urbanisme : " Constitue un lotissement la division en propriété ou en jouissance d'une unité foncière ou de plusieurs unités foncières contiguës ayant pour objet de créer un ou plusieurs lots destinés à être bâtis ".

31. Le projet autorisé porte sur une seule parcelle existante et bâtie, sans création de plusieurs unités foncières par division. Par suite, la société requérante n'est pas fondée à soutenir qu'un permis d'aménager aurait dû préalablement être sollicité.

32. Si la société requérante soutient que le permis de construire est illégal en raison de la modification des documents du lotissement sans l'accord des propriétaires du lotissement et si le cahier des charges approuvé d'un lotissement, qui au demeurant fait partie des éléments soumis à autorisation lors de la création d'un lotissement, constitue une règle d'urbanisme au sens des dispositions précitées de l'article L. 442-9 du code de l'urbanisme, il n'est nullement établi qu'une majorité des colotis aurait demandé le maintien de cette règle d'urbanisme de sorte que les clauses du cahier des charges du lotissement continue de ne régir que les rapports entre colotis.

33. Le projet autorisé se situe en zone inondable du ruisseau de l'Arnouze, zone Ri2 du PPRI relative aux secteurs urbanisés soumis à un aléa modéré du fleuve Aude et/ou de ses affluents avec un niveau de submersion inférieur à 0,50 mètre. En ses dispositions communes à l'ensemble des zones inondables, le règlement interdit " les plantations d'arbres en alignement espacés de moins de 5 m (sauf si l'alignement est parallèle au sens de l'écoulement principal ou fait un angle inférieur ou égal à 20° avec celui-ci) ". Contrairement à ce que soutient la société Acach, l'examen du plan de masse du projet permet d'établir que les plantations en alignement situées en partie Sud-Est du terrain respectent la règle de distance des 5 mètres correspondant à la largeur de deux places de stationnement entre deux arbres. Par suite, le moyen invoqué ne peut qu'être écarté.

34. Le règlement du PPRI prévoit que " Sont autorisées les constructions nouvelles sous réserve que le niveau des planchers soit situé au moins 0.20 m au-dessus du niveau de la crue de référence avec un minimum de + 0,70 m par rapport au terrain naturel. ". Il ressort des pièces du dossier notamment des indications fournies au plan de masse du projet que le terrain d'assiette est situé à la cote de référence 120,60 mètres NGF et le niveau " 0 " du projet se situe à la cote 121,13 mètres NGF ce que met en évidence le plan de coupe longitudinal, respectant en cela les prescriptions du PPRI.

35. Aux termes de l'article L. 101-2 du code de l'urbanisme : " Dans le respect des objectifs du développement durable, l'action des collectivités publiques en matière d'urbanisme vise à atteindre les objectifs suivants : 1° L'équilibre entre : () e) Les besoins en matière de mobilité ; () 3° La diversité des fonctions urbaines et rurales et la mixité sociale dans l'habitat, en prévoyant des capacités de construction et de réhabilitation suffisantes pour la satisfaction, sans discrimination, des besoins présents et futurs de l'ensemble des modes d'habitat, d'activités économiques, touristiques, sportives, culturelles et d'intérêt général ainsi que d'équipements publics et d'équipement commercial, en tenant compte en particulier des objectifs de répartition géographiquement équilibrée entre emploi, habitat, commerces et services, notamment les services aux familles, d'amélioration des performances énergétiques, de développement des communications électroniques, de diminution des obligations de déplacements motorisés et de développement des transports alternatifs à l'usage individuel de l'automobile ; () 8° La promotion du principe de conception universelle pour une société inclusive vis-à-vis des personnes en situation de handicap ou en perte d'autonomie dans les zones urbaines et rurales. ".

36. Si la société Acach se prévaut de la méconnaissance des prescriptions de l'article L. 101-2 du code de l'urbanisme, ces dispositions, applicables aux schémas de cohérence territoriale, plans locaux d'urbanisme et cartes communales, ne sauraient être utilement invoquées directement à l'encontre d'une autorisation d'urbanisme. Ainsi, la circonstance que le projet autorisé méconnaîtrait les objectifs du e) du 1°), du 3°) et du 8°) précités de cet article est sans influence sur la légalité de la décision attaquée.

37. Il résulte de ce qui précède, sans qu'il soit besoin de statuer sur les fins de non-recevoir opposées en défense, que la société Acach n'est pas fondée à demander l'annulation du permis de construire délivré le 20 novembre 2020 à la société Burger King Construction.

Sur l'application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative :

38. Les dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative font obstacle à ce qu'une somme soit mise, à ce titre, à la charge de la commune de Carcassonne, qui n'est pas la partie perdante dans la présente instance.

39. Il n'y a pas lieu, dans les circonstances de l'espèce, de mettre à la charge de la société Acach, le versement d'une part, à la commune de Carcassonne, d'autre part, à la société Burger King Construction d'une somme de 1 500 euros au titre de ces dispositions.

D E C I D E :

Article 1er : La requête de la société Acach est rejetée.

Article 2 : Les conclusions présentées par la commune de Carcassonne et la société Burger King Construction en application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative sont rejetées.

Article 3 : La présente décision sera notifiée à la société Acach, à la commune de Carcassonne et à la société par actions simplifiée Burger King Construction.

Délibéré après l'audience du 4 juin 2024, à laquelle siégeaient :

Mme Encontre, présidente,

Mme Teuly-Desportes, première conseillère,

M. Rousseau, premier conseiller.

Décision rendue publique par mise à disposition au greffe le 18 juin 2024.

Le rapporteur,

M. RousseauLa présidente,

S. Encontre La greffière,

C. Arce

La République mande et ordonne au préfet de l'Aude en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun, contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.

Pour expédition conforme,

Montpellier, le 18 juin 2024.

La greffière,

C. Arce

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TA13Excès de pouvoir

Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292

Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.

01/06/2026

TA13Excès de pouvoir

Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430

Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.

01/06/2026

TA13Excès de pouvoir

Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432

Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.

01/06/2026

TA13Excès de pouvoir

Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881

Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.

01/06/2026

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