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AccueilJurisprudence administrativeN° TA34-2102724

Tribunal Administratif de Montpellier — Décision N° TA34-2102724

mardi 2 mai 2023

JuridictionTribunal Administratif de Montpellier
SectionTribunal Administratif de Montpellier
N° DossierTA34-2102724
TypeDécision
RecoursPlein contentieux
PublicationC
Formation6ème Chambre
Avocat requérantCACCIAPAGLIA

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête et un mémoire enregistrés les 24 mai et 29 novembre 2021, Mme B A, représentée par Me Deplanque, demande au tribunal :

1°) de condamner le département des Pyrénées-Orientales à lui verser la somme de 3 761,85 euros brut au titre du maintien de l'intégralité de son traitement pour les mois d'août, septembre et octobre 2018 et au titre du maintien d'un demi-traitement pour les mois de novembre, décembre 2018 et janvier 2019, assortie des intérêts aux taux légal à compter de la date de réception de sa réclamation préalable et de leur capitalisation à chaque année échue ;

2°) d'enjoindre au département des Pyrénées-Orientales de rectifier ses fiches de paie des mois d'août à décembre 2018 et janvier 2019 ;

3°) de mettre à la charge du département des Pyrénées-Orientales la somme de 5 000 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de la justice administrative.

Elle soutient que :

- placée en congé maladie au 20 juillet 2018, elle aurait dû percevoir conformément à son contrat de travail et à la délibération du 20 janvier 2003 l'intégralité de son traitement pour les mois d'août, septembre et octobre 2018 en se référant aux trois salaires précédant son arrêt de travail, soit les mois d'avril, mai et juin 2018 ; l'absence de versement des sommes dues constitue une faute de nature à engager la responsabilité du département des Pyrénées-Orientales ;

- en application des dispositions de l'article R. 323-4 du code de la sécurité sociale, elle aurait dû percevoir l'intégralité de son traitement soit un traitement moyen de 3 620,16 euros brut du mois d'août au mois d'octobre 2018

- en vertu de la loi n° 2005-706 du 27 juin 2005, la rémunération de l'assistante familiale comprend la fonction globale d'accueil de l'enfant et l'indemnité de garde ;

- elle est fondée à demander réparation de son préjudice matériel dont le montant correspond à la somme de 3 762,01 euros brut qui n'a pas été versée sur les mois d'août, septembre et octobre 2018 ;

- le département des Pyrénées-Orientales a commis une erreur d'appréciation ; le tableau qu'il verse au dossier démontre un différentiel de 3 761,85 euros qui lui reste dû.

Par un mémoire en défense, enregistré le 18 août 2021, le département des Pyrénées-Orientales conclut au rejet de la requête et à ce que soit mise à la charge de Mme A une somme de 500 euros au titre des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Il soutient que les moyens soulevés par Mme A ne sont pas fondés.

Les parties ont été informées en application de l'article R. 611-7 du code de justice administrative de l'incompétence de la juridiction administrative pour connaître du versement d'indemnités journalières de maladie.

Mme A a présenté des observations en réponse à ce courrier le 28 mars 2023, qui n'ont pas été communiquées.

Vu les autres pièces du dossier.

Vu :

- le code de l'action sociale et des familles ;

- le code du travail ;

- le code de la sécurité sociale ;

- la loi n° 84-53 du 26 janvier 1984 ;

- le décret n° 88-145 du 15 février 1988 ;

- le code de justice administrative.

Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.

Ont été entendus au cours de l'audience publique :

- le rapport de M. Rousseau, premier conseiller,

- et les conclusions de M. Lafay, rapporteur public.

Considérant ce qui suit :

1. Mme B A, assistante familiale agréée depuis le 7 janvier 2005, a été engagée par le département des Pyrénées-Orientales selon un contrat à durée indéterminée à effet du 30 mars 2005. Elle a été placée en congé de maladie à compter du 20 juillet 2018. Son agrément en tant qu'assistante familiale n'a pas été renouvelé par une décision de la présidente du département des Pyrénées-Orientales du 30 septembre 2019 au motif que le certificat médical joint à son dossier révélait que son état de santé ne lui permettait plus d'accueillir de mineurs, puis, par une décision du 3 février 2020, cette autorité l'a licenciée. Par une demande préalable du 25 janvier 2021, Mme A a demandé au département des Pyrénées-Orientales de lui verser la somme de 5 107, 92 euros pour la période d'août 2018 à janvier 2019. Une décision de rejet a été prise par le département des Pyrénées-Orientales le 30 mars 2021. Par la requête susvisée, Mme A demande au tribunal de condamner le département des Pyrénées-Orientales à lui verser la somme de 3 761, 85 euros brut au titre du maintien de l'intégralité de son traitement pour les mois d'août, septembre et octobre 2018 et au titre du maintien d'un demi-traitement pour les mois de novembre et décembre 2018 et de janvier 2019.

Sur les conclusions à fin d'indemnisation :

2. Aux termes de l'article L. 423-30 du code de l'action sociale et des familles applicable aux assistants maternels et aux assistants familiaux employés par des personnes morales de droit public en vertu de l'article L. 422-1 du même code : " Sans préjudice des indemnités et fournitures qui leur sont remises pour l'entretien des enfants, les assistants familiaux relevant de la présente sous-section bénéficient d'une rémunération garantie correspondant à la durée mentionnée dans le contrat d'accueil. Les éléments de cette rémunération et son montant minimal sont déterminés par décret en référence au salaire minimum de croissance. Ce montant varie selon que l'accueil est continu ou intermittent au sens de l'article L. 421-16 et en fonction du nombre d'enfants accueillis. La rémunération cesse d'être versée lorsque l'enfant accueilli quitte définitivement le domicile de l'assistant familial. " Les dispositions de l'article D. 423-23 du même code, prises en application du précédent texte, prévoient que la rémunération d'un assistant familial accueillant un enfant de façon continue est constituée d'une part correspondant à la fonction globale d'accueil, qui ne peut être inférieure à cinquante fois le salaire minimum de croissance par mois, et d'une part correspondant à l'accueil de chaque enfant, qui ne peut être inférieure à soixante-dix fois le salaire minimum de croissance par mois et par enfant. Selon l'article D. 423-21 de ce code : " Les indemnités et fournitures destinées à l'entretien de l'enfant confié à un assistant familial couvrent les frais engagés par l'assistant familial pour la nourriture, l'hébergement, l'hygiène corporelle, les loisirs familiaux et les déplacements de proximité liés à la vie quotidienne de l'enfant, à l'exception des frais d'habillement, d'argent de poche, d'activités culturelles ou sportives spécifiques, de vacances ainsi que les fournitures scolaires, pris en charge au titre du projet individualisé pour l'enfant, mentionné au deuxième alinéa de l'article L. 421-16. ".

3. La délibération n° 10 prise par la commission permanente du département des Pyrénées-Orientales le 20 janvier 2003 a adopté l'application du régime prévu par l'article 7 du décret n° 88-145 du 15 février 1988 pris pour l'application de l'article 136 de la loi n° 84-53 du 26 janvier 1984 relatif aux agents contractuels de la fonction publique territoriale aux assistants-familiaux. Ces dispositions prévoient que ces derniers bénéficient, " sur présentation d'un certificat médical de congés de maladie pendant une période de douze mois consécutifs ", " après trois ans de service ", du paiement de " trois mois à plein traitement et trois mois à demi-traitement ". L'article 6 du contrat de travail de Mme A prévoit : " a) Placement continu (selon la définition du livret d'accueil : - pour le premier enfant, l'assistante maternelle perçoit un salaire mensuel garanti pour la période définie an contrat d'accueil dont la base correspond à 150 heures de SMIC. - Pour le deuxième enfant et suivants, le salaire mensuel est ramené à 85 heures de SMIC " et l'article 8 de ce contrat reprend, en le rappelant, le principe du maintien de salaire pendant les arrêts de maladie tel qu'arrêté par la délibération précitée.

4. Mme A soutient que le département des Pyrénées-Orientales ne lui a pas versé la totalité des sommes dues au titre de son congé de maladie pour les mois d'août, septembre et octobre 2018 et au titre du maintien d'un demi-traitement pour les mois de novembre et décembre 2018 et de janvier 2019 et demande la condamnation du département des Pyrénées-Orientales à lui verser la somme de 3 761, 85 euros brut. Il est constant que Mme A, agréée depuis le 7 janvier 2005, entre dans le champ d'application des dispositions précitées et était en mesure de percevoir son plein traitement du 20 juillet 2018 au 17 octobre 2018 et son demi-traitement du 18 octobre 2018 au 17 janvier 2019. Préalablement à son arrêt de maladie, Mme A avait à charge deux enfants, le troisième enfant ayant fait l'objet d'une décision de fin d'accueil au 28 mai 2018 de sorte qu'en application de l'article L. 423-30 précité la rémunération cesse d'être versée lorsque l'enfant accueilli quitte définitivement le domicile de l'assistant familial. Elle a perçu au mois de juin 2018 un salaire de 3 528,34 euros. La base à prendre en compte pour le calcul du maintien du salaire à partir de la situation précédant le mois de l'arrêt de travail, prend en compte la fonction globale d'accueil d'un montant de 50 heures de SMIC, à laquelle s'ajoutent l'indemnité de garde pour le 1er enfant d'un montant de 100 heures de SMIC et l'indemnité de garde pour le 2ème enfant d'un montant de 85 heures, soit un total de 235 heures mensuelles, représentant la somme de 2 321,80 brut sans que ne puissent être valablement pris en compte les indemnités d'entretien, l'argent de poche des enfants et les indemnités de déplacement et autres prestations qui ne présentent pas la nature de salaires mais d'indemnités liées à la présence des enfants au domicile de l'assistant familial. La requérante ne saurait donc se prévaloir de ce que le département des Pyrénées-Orientales devait retenir au titre du traitement moyen de référence la somme de 3 620,16 euros calculée à partir des bulletins de paie des mois d'avril, mai et juin 2018. Par les pièces versées au dossier, le département des Pyrénées-Orientales démontre que Mme A a perçu la totalité des sommes auxquelles elle pouvait prétendre sur le fondement des dispositions précitées. Il s'ensuit que le département des Pyrénées-Orientales n'a pas commis de faute dans le versement à Mme A de son traitement durant la période de l'arrêt de maladie qui lui a été prescrit de mai à octobre 2018 susceptible d'ouvrir droit à réparation.

5. Il résulte de ce qui précède que Mme A n'est pas fondée à demander la condamnation du département des Pyrénées-Orientales à l'indemniser des préjudices subis du fait du non-versement du plein traitement puis du demi-traitement pour la période d'arrêt de maladie courant du 20 juillet 2018 au 17 janvier 2019 ni à ce que le département procède à la rectification de ses bulletins de paie.

Sur les frais liés au litige :

6. Les dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative font obstacle à ce que soit mise à la charge du département des Pyrénées-Orientales, qui n'est pas dans la présente instance la partie perdante, la somme demandée par Mme A, au titre des frais exposés par elle et non compris dans les dépens. Les conclusions présentées par le département des Pyrénées-Orientales sur le fondement du même article ne peuvent qu'être rejetées dès lors qu'il ne justifie pas avoir exposé des frais dans le cadre de la présente instance.

D E C I D E :

Article 1er : La requête de Mme A est rejetée.

Article 2 : Les conclusions du département des Pyrénées-Orientales présentées en application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative sont rejetées.

Article 3 : La présente décision sera notifiée à Mme B A et au département des Pyrénées-Orientales.

Délibéré après l'audience du 14 avril 2023, à laquelle siégeaient :

Mme Encontre, présidente,

Mme Teuly-Desportes, première conseillère,

M. Rousseau, premier conseiller.

Rendu public par mise à disposition au greffe le 2 mai 2023.

Le rapporteur,

M. ROUSSEAU

La présidente,

S. ENCONTRE La greffière,

C. ARCE

La République mande et ordonne au préfet des Pyrénées-Orientales en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun, contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.

Pour expédition conforme,

Montpellier, le 2 mai 2023

La greffière,

C. ARCE

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