mardi 14 février 2023
| Juridiction | Tribunal Administratif de Montpellier |
| Section | Tribunal Administratif de Montpellier |
| N° Dossier | TA34-2103989 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | C |
| Formation | 5ème Chambre |
| Avocat requérant | MOUKOKO |
Vu la procédure suivante :
Par une requête et un mémoire, enregistrés le 28 juillet 2021 et le 6 juillet 2022, Mme B A, représentée par Me Moukoko, demande au tribunal :
1°) à titre principal d'annuler la décision de refus du 5 janvier 2021 de Sète Agglopôle Méditerranée ainsi que celle du 8 juin 2021 de rejet de son recours gracieux ;
2°) à titre subsidiaire d'annuler ces deux décisions en tant qu'elles refusent de faire droit à sa seconde proposition sollicitant la pose d'un compteur d'eau d'arrosage à l'embranchement situé derrière son portillon et n'entraînant pas des travaux sur la chaussée ;
3°) d'enjoindre à Sète Agglopôle Méditerranée, en application des articles L. 911-1 et L. 911-2 du code de justice administrative, à titre principal de l'autoriser à faire un raccordement indépendant du réseau d'arrosage au réseau public ou à poser un compteur d'eau d'arrosage à l'embranchement situé derrière son portillon, et à titre subsidiaire d'enjoindre à Sète Agglopôle Méditerranée de procéder au réexamen de sa demande, le tout dans un délai d'un mois à compter du jugement à intervenir, avec astreinte de 200 euros par jour de retard ;
4°) de condamner Sète Agglopôle Méditerranée à lui verser la somme de 2 000 euros en application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Elle soutient que :
- les décisions, qui ne précisent pas l'article du règlement de la voirie de Sète sur lesquelles elles se fondent, sont insuffisamment motivées en droit en violation des articles L. 211-2 et L. 211-5 du code des relations entre le public et l'administration ;
- elles sont fondées sur un règlement de voirie dont elle invoque l'illégalité par voie d'exception, ce règlement ancien ne pouvant faire obstacle à l'application de l'article R. 2224-19-2 du code général des collectivités territoriales en application duquel elle a sollicité la pose d'un branchement autonome, dès lors que ce règlement est un acte administratif inférieur à cette disposition règlementaire qui lui est postérieure ;
- le délai de quatre années annoncé par les décisions, au-delà duquel il est précisé que sa demande pourra être examinée, n'a aucun fondement textuel, privant de base légale les refus contestés, cette durée est en outre illégale dès lors qu'elle est excessive et disproportionnée ;
- le président de Sète Agglopôle Méditerranée a commis une erreur de droit, en se fondant sur un règlement de voirie qui ne s'applique pas dès lors qu'une des solutions proposées n'implique aucune atteinte à l'intégrité de la chaussée ;
- il a commis une erreur de droit en faisant prévaloir le règlement de voirie de la commune sur une disposition règlementaire du code général des collectivités territoriales ;
- la décision est entachée d'un défaut d'examen particulier de sa demande.
Par un mémoire en défense, enregistré le 1er février 2022, la communauté d'agglomération Sète Agglopôle Méditerranée et la commune de Sète en sa qualité d'observatrice, représentées par la SCP SVA, concluent à titre principal au rejet de la requête et à la mise à la charge de la requérante d'une somme de 1 000 euros au titre des frais exposés et non compris dans les dépens à rembourser à Sète Agglopôle Méditerranée et à titre subsidiaire, si la requête était favorablement accueillie, à ce que l'injonction soit limitée au seul réexamen de la demande et que soit laissée à la charge de chaque partie ses frais engagés et non compris dans les dépens.
Elle soutient que :
- le moyen tiré de l'erreur de droit est inopérant à l'encontre de la décision du 5 janvier 2021, aucune solution alternative n'ayant à cette date été présentée par la requérante ;
- les autres moyens invoqués ne sont pas fondés.
Par lettre du 12 janvier 2023 les parties ont été informées en application de l'article R. 611-7 du code de justice administrative que le jugement du tribunal est susceptible d'être fondée sur l'incompétence relevée d'office de la juridiction administrative pour connaître de la requête de Mme A, relative à un litige entre le gestionnaire d'un service public industriel et commercial et un usager qui relève de la compétence du juge judiciaire.
Des observations, enregistrées le 20 janvier 2023, ont été présentées pour Mme A tendant à ce que le tribunal se déclare compétent.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- le code général des collectivités territoriales ;
- le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de Mme Couégnat, rapporteure,
- les conclusions de Mme Lorriaux, rapporteure publique,
- les observations de Me Moukoko, représentant Mme A,
- et les observations de Me Monflier, représentant Sète Agglopôle Méditerranée et la commune de Sète.
Considérant ce qui suit :
1. Mme A réside à Sète sur une propriété d'environ 1 000 m2 récemment rattachée au réseau public d'assainissement. Souhaitant que les volumes d'eau utilisés pour l'arrosage de son jardin ne soient pas pris en compte dans le calcul de sa redevance assainissement et se prévalant de l'article R. 2224-19 du code général des collectivités territoriales, elle a sollicité la pose d'un compteur spécifique pour l'eau d'arrosage. Par un courrier du 5 janvier 2021, le président de Sète Agglopôle Méditerranée l'a informée qu'il ne sera pas possible de créer un nouveau branchement dédié à l'arrosage de son jardin pendant une durée de 4 ans après la réfection de la chaussée du chemin de la Coccinelle, qui a été réalisée après la création du réseau d'assainissement et rénovation de tous les réseaux anciens et comme le prévoit le règlement de voirie de la commune de Sète. Par un courrier du 10 février 2021, Mme A a proposé à la communauté d'agglomération deux solutions alternatives en vue de réduire ou supprimer l'atteinte à la chaussée. Par un courrier du 30 avril 2021, son conseil a adressé à la communauté d'agglomération un recours gracieux tendant au retrait de sa décision du 5 janvier 2021. Par une décision du 8 juin 2021 le président de la communauté d'agglomération Sète Agglopôle Méditerranée a rejeté ce recours gracieux, confirmant que la création d'un nouveau branchement particulier complet pourra être effectuée à partir du 21 avril 2024 après acceptation du devis de travaux. Par la présente requête, Mme A demande l'annulation des décisions de Sète Agglopôle Méditerranée des 5 janvier et 8 juin 2021.
Sur les conclusions tendant à l'annulation des décisions contestées :
2. Aux termes de l'article L. 2224-11 du code général des collectivités territoriales : " Les services publics d'eau et d'assainissement sont financièrement gérés comme des services à caractère industriel et commercial. ". Aux termes de l'article R. 2224-19-2 du même code : " La redevance d'assainissement collectif comprend une partie variable et, le cas échéant, une partie fixe. / La partie variable est déterminée en fonction du volume d'eau prélevé par l'usager sur le réseau public de distribution ou sur toute autre source, dont l'usage génère le rejet d'une eau usée collectée par le service d'assainissement. Ce volume est calculé dans les conditions définies aux articles R. 2224-19-3 et R. 2224-19-4. () Les volumes d'eau utilisés pour l'irrigation et l'arrosage des jardins, ou pour tout autre usage ne générant pas une eau usée pouvant être rejetée dans le système d'assainissement, dès lors qu'ils proviennent de branchements spécifiques, n'entrent pas en compte dans le calcul de la redevance d'assainissement. () ".
3. Par les décisions contestées, le président de la communauté d'agglomération Sète Agglopôle Méditerranée a refusé de faire immédiatement droit à la demande de Mme A tendant à la réalisation du branchement spécifique prévu par les dispositions de l'article L. 2224-11 du code général des collectivités territoriales au motif que le règlement de voirie de la commune de Sète prévoit qu'après la réfection d'une chaussée un délai de quatre années est requis avant que des ouvertures de tranchées puissent être autorisées.
4. Aux termes de l'article 3 dudit règlement de voirie de la commune de Sète : " Les programmes doivent être coordonnés de telle façon qu'il n'y ait pas d'ouverture de tranchées sur les chaussées et trottoirs refaits depuis moins de quatre ans, sauf dérogation expresse pour cas particuliers ". Il ne ressort d'aucune pièce du dossier que Sète Agglopôle Méditerranée aurait examiné, s'agissant des travaux publics nécessités par le branchement sollicité par Mme A, la possibilité d'obtenir la dérogation expressément prévue par ces dispositions. Dans ces conditions, Mme A est fondée à soutenir que l'autorité administrative lui a opposé un rejet de principe sans examen particulier de la demande dont elle était saisie. Le moyen invoqué tiré de l'erreur de droit doit donc être accueilli.
5. Il résulte de ce qui précède, sans qu'il soit besoin de se prononcer sur les autres moyens de la requête, que les décisions de Sète Agglopôle Méditerranée des 5 janvier et 8 juin 2021 doivent être annulées.
Sur les conclusions à fin d'injonction :
6. Eu égard à son motif, l'annulation prononcée par le présent jugement implique seulement qu'il soit enjoint à Sète Agglopôle Méditerranée de procéder au réexamen de la demande de Mme A. Il y a lieu de lui enjoindre d'y procéder dans le délai de deux mois à compter de la notification du présent jugement. Il n'y a pas lieu dans les circonstances de l'espèce d'assortir cette injonction d'une astreinte.
Sur les frais liés au litige :
7. Les dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative font obstacle à ce soit mise à la charge de Mme A qui n'est pas la partie perdante, la somme demandée par Sète Agglopôle Méditerranée au titre des frais exposés par elle et non compris dans les dépens. En revanche, il y a lieu, dans les circonstances de l'espèce, de mettre à la charge de Sète Agglopôle Méditerranée la somme de 1 500 euros à verser à Mme A au même titre.
D E C I D E :
Article 1er : Les décisions de Sète Agglopôle Méditerranée des 5 janvier et 8 juin 2021 sont annulées.
Article 2 : Il est enjoint à la communauté d'agglomération Sète Agglopôle Méditerranée de procéder au réexamen de la demande de Mme A dans le délai de deux mois à compter de la notification du présent jugement.
Article 3 : La communauté d'agglomération Sète Agglopôle Méditerranée versera à Mme A la somme de 1 500 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Article 4 : Le surplus des conclusions de la requête et les conclusions présentées par la communauté d'agglomération Sète Agglopôle Méditerranée au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative sont rejetés.
Article 5 : Le présent jugement sera notifié à Mme B A, à la communauté d'agglomération Sète Agglopôle Méditerranée et à la commune de Sète.
Délibéré après l'audience du 31 janvier 2023 à laquelle siégeaient :
M. Jérôme Charvin, président,
M. Hervé Verguet, premier conseiller,
Mme Michelle Couégnat, première conseillère.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 14 février 2023
La rapporteure,
M. Couégnat
Le président,
J. Charvin
La greffière,
M. C
La République mande et ordonne au préfet de l'Hérault en ce qui la concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition conforme,
Montpellier le 14 février 2023
La greffière,
M. C
Ls
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026