lundi 2 octobre 2023
| Juridiction | Tribunal Administratif de Montpellier |
| Section | Tribunal Administratif de Montpellier |
| N° Dossier | TA34-2104026 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | C |
| Formation | 2ème chambre |
| Avocat requérant | CACCIAPAGLIA |
Vu la procédure suivante :
1°) Par requête, enregistrée le 30 juillet 2021 sous le n°2104026, l' USD CGT santé et action sociale des Pyrénées-Orientales, représentée par son secrétaire général et par Me Cacciapaglia, demande au tribunal d'annuler l' arrêté du préfet des Pyrénées-Orientales du 7 juin 2021 portant réquisition d' infirmiers et d'aides-soignants clinique du Pré à Théza pour le 7 juin 2021, et de mettre à la charge de l'Etat une somme de 1500 euros au titre de l'article L761-1 du code de justice administrative.
Elle soutient que :
- le recours est recevable ;
- le signataire de l'arrêté est incompétent ;
- l'arrêté est insuffisamment motivé en fait et droit ;
- l'arrêté méconnait le droit de grève protégé par le préambule de la Constitution, et n'est pas proportionné aux nécessités de l' ordre public;
- l'arrêté méconnait l'article L2511-1 du code du travail et la liberté de manifester protégée par l'article 10 de la déclaration des droits de l' homme et du citoyen
- l'arrêté est entaché d'erreur manifeste d'appréciation.
Par courrier du 12 octobre 2021, le préfet des Pyrénées-Orientales a été mis en demeure de produire des observations en défense.
Par ordonnance du 30 juin 2023 la cloture de l'instruction a été fixée au 18 juillet 2023.
2°) Par requête, enregistrée le 30 juillet 2021 sous le n°2104033, l'union locale des syndicats CGT Perpignan sud, représentée par son secrétaire général et par Me Cacciapaglia, demande au tribunal d'annuler l'arrêté du préfet des Pyrénées-Orientales du 7 juin 2021 portant réquisition d'infirmiers et d'aides-soignants clinique du Pré à Théza pour le 7 juin 2021, et de mettre à la charge de l'Etat une somme de 1500 euros au titre de l'article L761-1 du code de justice administrative.
Elle soutient que :
- le recours est recevable ;
- le signataire de l'arrêté est incompétent ;
- l'arrêté est insuffisamment motivé en fait et droit ;
- l'arrêté méconnait le droit de grève protégé par le préambule de la Constitution, et n'est pas proportionné aux nécessités de l' ordre public;
- l'arrêté méconnait l'article L2511-1 du code du travail et la liberté de manifester protégée par l'article 10 de la déclaration des droits de l' homme et du citoyen
- l'arrêté est entaché d'erreur manifeste d'appréciation.
Par courrier du 12 octobre 2021, le préfet des Pyrénées-Orientales a été mis en demeure de produire des observations en défense.
Par ordonnance du 30 juin 2023 la cloture de l'instruction a été fixée au 18 juillet 2023
Vu les autres pièces des dossiers.
Vu :
- la Constitution et son Préambule ;
- le code général des collectivités territoriales ;
- le code du travail ;
- le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de M. Rabaté ;
- les conclusions de Mme Villemejeanne, rapporteure publique ;
- et les observations de Me Barral Loco, pour les syndicats requérants.
Considérant ce qui suit :
1.Les requêtes des deux syndicats mentionnés dans les visas, qui demandent d'annuler l'arrêté du préfet des Pyrénées-Orientales du 7 juin 2021 portant réquisition d'infirmiers clinique du Pré à Théza pour le 7 juin 2021, sont dirigés contre la même décision et présentent à juger les mêmes questions. Il y donc lieu de les joindre pour statuer par un seul jugement.
2. L'article R. 612-6 du code de justice administrative dispose que : " Si, malgré une mise en demeure, la partie défenderesse n'a produit aucun mémoire, elle est réputée avoir acquiescé aux faits exposés dans les mémoires du requérant ". Malgré les mises en demeure qui lui ont été adressées le 12 octobre 2021, le préfet des Pyrénées-Orientales n'a produit aucun mémoire avant la clôture de l'instruction. Il est donc réputé avoir acquiescé aux faits exposés dans les requêtes. Il appartient toutefois au juge de vérifier que ces faits ne sont pas contredits par l'instruction et qu'aucune règle d'ordre public ne s'oppose à ce qu'il soit donné satisfaction au requérant. En outre, l'acquiescement aux faits est en lui-même sans conséquence sur la qualification juridique au regard des textes sur lesquels l'administration s'est fondée ou dont le requérant revendique l'application.
3. Le droit de grève est un droit fondamental reconnu par le Préambule de la Constitution du 4 octobre 1958 auquel le pouvoir règlementaire et les autorités administratives peuvent apporter les limitations strictement nécessaires à la préservation de l'ordre public. Si le préfet, dans le cadre des pouvoirs qu'il tient du 4° de l'article L. 2215-1 du code général des collectivités territoriales, peut légalement requérir les agents en grève d'un établissement de santé même privé, dans le but d'assurer le maintien d'un effectif suffisant pour garantir la sécurité des patients et la continuité des soins, il ne peut toutefois prendre que les mesures imposées par l'urgence et proportionnées aux nécessités de l'ordre public, aux nombres desquelles figurent les impératifs de santé publique.
4. En raison d'un mouvement de grève débuté le 7 juin 2021 à la clinique du Pré, établissement de santé privé spécialisé en soins psychiatriques, situé sur le territoire de la commune de Théza, le préfet des Pyrénées-Orientales, par arrêté du 7 juin 2021, a réquisitionné pour ce jour de 20H30 à 7 heures, en leurs qualités d'infirmiers, Mmes A et Froesch et M. B pour permettre la prise en charge des patients.
4. Il est constant que l'effectif réquisitionné par le préfet des Pyrénées-Orientales pour la journée du 7 juin 2021 est supérieur à celui normalement en fonction en service normal. Et le préfet des Pyrénées-Orientales qui n'a pas produit dans l'instance, n'établit pas que le recours à ces infirmiers ait été rendu nécessaire en raison de l'absentéisme constaté dans les effectifs de la clinique ou de l'état des patients. Ainsi, l'arrêté litigieux fait obstacle à l'exercice du droit de grève et ne peut être regardé comme étant imposé par l'urgence et proportionné aux nécessités de l'ordre public.
5. Il résulte de ce qui précède que les syndicats requérants, sans qu'il soit utile de se prononcer sur leurs autres moyens, sont fondés à demander l'annulation de l'arrêté attaqué.
6.Il y a lieu, dans les circonstances de l'espèce, de mettre à la charge de l'Etat, à verser à chaque syndicat requérant, une somme de 200 euros pour chacun, au titre de l'article L761-1 du code de justice administrative
DECIDE :
Article 1er : L'arrêté du préfet des Pyrénées-Orientales du 7 juin 2021 est annulé.
Article 2 : L'Etat versera à l'USD CGT santé et action sociale et à l'union locale des syndicats CGT Perpignan Sud, une somme de 200 euros à chacun au titre de l'article L761-1 du code de justice administrative.
Article 3 : Le surplus des conclusions des requêtes est rejeté.
Article 4 : Le présent jugement sera notifié à l'USD CGT santé et action sociale, à l'union locale des syndicats CGT Perpignan sud, et au ministre de l'intérieur et des outre-mer.
Copie en sera transmise au préfet des Pyrénées-Orientales.
Délibéré après l'audience du 18 septembre 2023, à laquelle siégeaient :
M. Rabaté, président,
Mme Pater, première conseillère,
Mme Viallet, conseillère.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 2 octobre 2023.
Le rapporteur,
V. RabatéL'assesseure la plus ancienne,
B. Pater
Le greffier,
S. Sangaré
La République mande et ordonne au ministre de l'intérieur et des outre-mer en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun, contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition conforme,
Montpellier, le 3 octobre 2023.
Le greffier,
S. Sangaré
N°2104026 et 2104033[0]
gm
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026