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AccueilJurisprudence administrativeN° TA34-2104822

Tribunal Administratif de Montpellier — Décision N° TA34-2104822

vendredi 28 octobre 2022

JuridictionTribunal Administratif de Montpellier
SectionTribunal Administratif de Montpellier
N° DossierTA34-2104822
TypeDécision
RecoursExcès de pouvoir
PublicationC
FormationVice-Président CHARVIN
Avocat requérantDE CAUMONT

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête enregistrée le 15 septembre 2021, Mme B A, représentée par Me de Caumont, demande au tribunal :

1°) d'annuler la décision référencée 48SI du 7 août 2021, par laquelle le ministre de l'intérieur a constaté la perte de validité de son permis de conduire, ainsi que les décisions de retrait de points consécutives aux infractions relevées les 26 mars 2016, 18 juin 2016, 1er octobre 2016, 15 juillet 2016, 1er janvier 2017, 17 mai 2018 à 8h57, 8 février 2018, 16 août 2018, 1er mai 2021 à 18h34, 23 mai 2021 et 21 mai 2021 ;

2°) d'enjoindre au ministre de l'intérieur de lui restituer le nombre de points adéquat sur son permis de conduire dans un délai d'un mois à compter de la notification de la décision à intervenir ;

3°) de mettre à la charge de l'Etat la somme de 2 000 euros en application des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Elle soutient qu'elle n'a pas bénéficié des informations préalables aux retraits de points prévues aux articles L. 223-3 et R. 223-3 du code de la route.

Par un mémoire enregistré le 3 novembre 2021, le ministre de l'intérieur conclut au rejet de la requête.

Il soutient que les moyens soulevés ne sont pas fondés.

Vu les autres pièces du dossier.

Vu :

- le code de procédure pénale ;

- le code de la route ;

- le code de justice administrative.

Le président du tribunal a désigné, en application de l'article R. 222-13 du code de justice administrative, M. Charvin, vice-président, pour statuer sur les litiges visés audit article.

La rapporteure publique a été dispensée, sur sa proposition, de prononcer des conclusions à l'audience.

Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.

Le rapport de M. Charvin, rapporteur, a été entendu au cours de l'audience publique.

Considérant ce qui suit :

1. Mme A demande au tribunal d'annuler la décision référencée 48SI du 7 août 2021, par laquelle le ministre de l'intérieur l'a informée de la perte de validité de son titre de conduite pour solde de points nul, ainsi que les décisions de retrait de points consécutives aux infractions relevées les 26 mars 2016, 18 juin 2016, 1er octobre 2016, 15 juillet 2016, 1er janvier 2017, 17 mai 2018 à 8h57, 8 février 2018, 16 août 2018, 1er mai 2021 à 18h34, 23 mai 2021 et 21 mai 2021.

2. Aux termes de l'article L. 223-1 du code de la route : " Le permis de conduire est affecté d'un nombre de points. Celui-ci est réduit de plein droit si le titulaire du permis a commis une infraction pour laquelle cette réduction est prévue. / () / La réalité d'une infraction entraînant retrait de points est établie par le paiement d'une amende forfaitaire ou l'émission du titre exécutoire de l'amende forfaitaire majorée, l'exécution d'une composition pénale ou par une condamnation définitive ". Il résulte des dispositions combinées des articles L. 223-3 et R. 223-3 du code de la route que l'administration ne peut légalement prendre une décision retirant des points affectés à un permis de conduire, à la suite d'une infraction dont la réalité a été établie, que si l'auteur de l'infraction s'est vu préalablement délivrer par elle un document contenant les informations prévues aux articles L. 223-3 et R. 223-3 du code de la route, lesquelles constituent une garantie essentielle lui permettant de contester la réalité de l'infraction et d'en mesurer les conséquences sur la validité de son permis. Il appartient à l'administration d'apporter la preuve, par tout moyen, qu'elle a satisfait à cette obligation d'information.

3. En premier lieu, il résulte des mentions du relevé d'information intégral relatif à la situation de Mme A que les amendes forfaitaires correspondant aux infractions relevées les 26 mars 2016, 18 juin 2016, 1er octobre 2016, 1er janvier 2017, 17 mai 2018 à 8h57, 1er mai 2021 à 18h34, 23 mai 2021 et 21 mai 2021 par radar automatique, qui ont chacune entraîné le retrait d'un point, ont été acquittées. Pour procéder à ce paiement, la contrevenante a nécessairement reçu les avis de contravention relatifs à chacune de ces infractions. Ainsi, eu égard aux mentions dont ces avis de contravention sont réputés être revêtus et dès lors que la requérante ne démontre pas s'être vue remettre des avis inexacts ou incomplets, l'administration doit être regardée comme s'étant acquittée envers Mme A de son obligation de lui délivrer les informations requises préalablement au paiement de ces amendes. Le moyen tiré du défaut d'information préalable au retrait de points résultant de ces infractions doit dès lors être écarté.

4. En second lieu, le paiement par le contrevenant de l'amende forfaitaire majorée suffit à établir que l'administration s'est acquittée envers le titulaire du permis de son obligation d'information, à moins que l'intéressé, à qui il appartient à cette fin de produire l'avis qu'il a nécessairement reçu, démontre que cet avis était inexact ou incomplet.

5. Il résulte des mentions portées sur le relevé d'information intégral de Mme A que les infractions relevées les 15 juillet 2016, 8 février 2018 et 16 août 2018 par l'intermédiaire d'un radar automatique, ont fait l'objet de l'émission de titres exécutoires d'amende forfaitaire majorée. Le ministre de l'intérieur produit les attestations du comptable de la trésorerie du contrôle automatisé de Rennes selon lesquelles les sommes correspondant au montant des amendes forfaitaires majorées ont été versées en règlement des amendes dues à raison de chacune de ces infractions. Par suite, Mme A, qui n'établit ni même n'allègue avoir été destinataire d'avis inexacts ou incomplets, doit être regardée, en ce qui concerne ces infractions, comme ayant reçu l'information préalable prévue par les dispositions des articles L. 223-3 et R. 223-3 du code de la route.

6. Le moyen tiré du défaut d'information préalable au retrait de points résultant des infractions commises les 26 mars 2016, 18 juin 2016, 1er octobre 2016, 15 juillet 2016, 1er janvier 2017, 17 mai 2018 à 8h57, 8 février 2018, 16 août 2018, 1er mai 2021 à 18h34, 23 mai 2021 et 21 mai 2021 doit dès lors être écarté.

7. Il résulte de tout ce qui précède que les conclusions de Mme A tendant à l'annulation de la décision du ministre de l'intérieur du 7 août 2021 et des décisions de retrait de points consécutives aux infractions relevées les 26 mars 2016, 18 juin 2016, 1er octobre 2016, 15 juillet 2016, 1er janvier 2017, 17 mai 2018 à 8h57, 8 février 2018, 16 août 2018, 1er mai 2021 à 18h34, 23 mai 2021 et 21 mai 2021 doivent être rejetées, ainsi que, par voie de conséquence, ses conclusions à fin d'injonction et celles présentées sur le fondement de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

DECIDE :

Article 1er : La requête de Mme A est rejetée.

Article 2 : Le présent jugement sera notifié à Mme B A et au ministre de l'intérieur.

Rendu public par mise à disposition au greffe le 28 octobre 2022.

Le magistrat désigné,

J. CharvinLa greffière,

M. C

La République mande et ordonne au ministre de l'intérieur en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun, contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.

Pour expédition conforme,

Montpellier, le 28 octobre 2022,

La greffière,

M. C

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