jeudi 26 septembre 2024
| Juridiction | Tribunal Administratif de Montpellier |
| Section | Tribunal Administratif de Montpellier |
| N° Dossier | TA34-2104917 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | C |
| Formation | 1ère chambre |
| Avocat requérant | SCP COULOMBIE, GRAS, CRETIN, BECQUEVORT, ROSIER, SOLAND |
Vu la procédure suivante :
Par une requête et des mémoires, enregistrés les 20 septembre 2021, 10 novembre 2021 et 21 avril 2022, M. F D et Mme B D demandent au tribunal :
1°) l'annulation de la décision implicite de rejet opposée par le maire de la commune de Balaruc-le-Vieux à leur demande tendant à la mise en conformité de la construction édifiée par M. et Mme A avec le permis de construire qui leur a été délivré, sur la parcelle cadastrée section AB n° 524 et la mise en conformité de la construction ;
2°) de condamner la commune de Balaruc-le-Vieux au paiement de la somme de 500 euros sur le fondement de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Ils soutiennent que :
- le maire n'a pas donné suite à leur demande de mise en conformité, alors que M. et Mme A ont effectué, au cours de l'année 2017, des travaux de transformation de leur garage en habitation, ce qui constitue une infraction à l'article L. 480-4 du code de l'urbanisme et conduit en outre au non-respect de l'article UC12 du règlement du plan local d'urbanisme sur le stationnement des véhicules, cette situation occasionne de nombreuses nuisances (bruit et sécurité pour les piétons) ;
- si M. et Mme A ont obtenu, postérieurement à l'introduction de la requête, le 15 novembre 2021, un permis de construire, celui-ci ne porte pas sur l'ensemble des éléments de leur construction : le portail d'une longueur de trois mètres et une partie de la construction du mur de clôture (qui fait obstacle à l'utilisation de l'emplacement de stationnement complémentaire) ne font pas l'objet de régularisation ; le plan de masse projeté ne présente en outre pas la réalité (mur de clôture, portail et piscine) ; l'imprimé Cerfa ne fait pas état qu'il s'agit d'une régularisation de travaux non déclarés.
Par un mémoire en défense, enregistré le 14 mars 2022, M. et Mme A, représentés par la SCP Lafont et Associés, concluent au rejet de la requête.
Ils soutiennent que :
- la requête est irrecevable en application de l'article R. 421-2 du code de justice administrative, faute de production des lettres des requérants des 18 mai 2020 et 25 mai 2021 ;
- elle est irrecevable compte tenu de son imprécision, en méconnaissance de l'article R. 411-1 du code de justice administrative ;
- les conclusions tendant à la mise en conformité de la construction au permis de construire sont irrecevables.
Par un mémoire en défense, enregistré le 22 mars 2022, la commune de Balaruc-le-Vieux, représentée par Me Becquevort, conclut au rejet de la requête et à la condamnation de M. et Mme D à lui payer la somme de 3 000 euros en application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Elle soutient que :
- la requête est irrecevable en application des articles R. 412-1 et R. 412-2 du code de l'urbanisme, en l'absence de production d'une pièce justifiant de la réalité du dépôt d'une demande de mise en conformité ayant fait naître la décision implicite contestée ;
- la requête est irrecevable car dirigée contre une décision purement confirmative d'une précédente décision devenue définitive ;
- il n'y a pas lieu de statuer sur la requête dès lors que sa décision implicite de refus d'agir, à la supposer existante, a été implicitement retirée par la demande faite aux époux A de régulariser sa construction, ce qu'ils ont fait par la demande de permis de construire du 13 octobre 2021 ;
- la requête est en tout état de cause infondée.
Par un mémoire en défense enregistré les 30 mars 2022, le préfet de l'Hérault conclut au non-lieu à statuer, à défaut au rejet de la requête.
Il soutient que :
- il n'y a plus lieu de statuer dès lors que : le 15 novembre 2021, M. et Mme A ont obtenu un permis de construire pour la transformation d'un garage et l'ajout d'une place de stationnement non couverte, sur la parcelle cadastrée section AB n°524 ; ce permis ayant fait disparaître la non-conformité au règlement de la zone UC et apporté une régularisation administrative aux modifications apportées, la matérialité de l'infraction n'est pas établie.
Par lettre du 9 septembre 2024, les parties ont été informées en application de l'article R. 611-7-3 que le tribunal était susceptible d'enjoindre d'office au maire de Balaruc-le-Vieux de dresser procès-verbal, s'agissant de la réalisation non autorisée d'un portail et d'un mur de clôture.
Des observations en réponse à cette communication, enregistrées le 11 septembre 2024, ont été présentées pour la commune de Balaruc-le-Vieux, pour M. et Mme A et par le préfet de l'Hérault, et ont été communiquées en tant qu'elles portent sur l'éventualité d'une injonction d'office.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- le code de l'urbanisme ;
- le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de Mme Couégnat, rapporteure,
- les conclusions de M. Goursaud, rapporteur public,
- les observations de M. D,
- les observations de Me Euzet, substituant Me Becquevort, représentant la commune de Balaruc-le-Vieux,
- les observations de Me Chauffour, représentant M. et Mme A,
- les observations de M. C, représentant le préfet de l'Hérault.
Considérant ce qui suit :
1. Par un courrier recommandé reçu le 25 mai 2021, M. et Mme D ont signalé au maire de la commune de Balaruc-le-Vieux, notamment, la réalisation par M. et Mme A de divers travaux (installation d'un portail, pose d'une baie vitrée à la place de la porte de garage et transformation de celui-ci en pièce à vivre, alors que le plan local d'urbanisme prévoit deux emplacements de stationnement pour chaque habitation) sur leur habitation située au 20 rue du Pressoir et lui ont demandé de " prendre les mesures nécessaires " face à cette situation. Par la présente requête, M. et Mme D demandent au tribunal d'annuler la décision implicite de rejet née du silence gardé sur cette demande par le maire de Balaruc-le Vieux.
Sur l'exception de non-lieu opposée par les défendeurs :
2. Il ressort des pièces du dossier que M. et Mme A ont obtenu, le 15 novembre 2021 sous le numéro PC 03402421V0008, un permis de construire régularisant la transformation du garage en habitation, avec pose d'une baie vitrée à la place de la porte de garage et matérialisation d'une seconde place de stationnement sur le terrain d'assiette du projet. Les conclusions tendant à l'annulation de la décision refusant de " prendre les mesures nécessaires " s'agissant de la transformation du garage en pièce d'habitation et de l'absence de la deuxième place de stationnement exigée par le règlement du plan local d'urbanisme sont devenues sans objet. Il y a donc lieu d'accueillir l'exception de non-lieu à statuer opposée par les défendeurs.
Sur le surplus de conclusions, relatives à la réalisation d'un portail et d'un mur de clôture :
En ce qui concerne les fins de non-recevoir :
3. Par un courrier recommandé dont la commune a accusé réception le 25 mai 2021, M. et Mme D ont signalé au maire de la commune de Balaruc-Le-Vieux, notamment, la réalisation par M. et Mme A de divers travaux, incluant la clôture de leur propriété et l'installation d'un portail, sur leur habitation située au 20 rue du Pressoir et lui ont demandé de " prendre les mesures nécessaires " face à cette situation. Cette demande, suffisamment précise, a fait naître une décision implicite de refus par la commune de mettre en œuvre ses pouvoirs de police de l'urbanisme, susceptible de faire l'objet d'un recours pour excès de pouvoir. Les requérants ont produit, à l'appui de leur requête, la copie de ce courrier et de l'accusé de réception. Ainsi, les fins de non-recevoir tirées de l'absence de justification de la réalité du dépôt d'une demande de mise en conformité et de l'absence de production de la décision contestée, qui manquent en fait, doivent être écartées.
4. Si, par un premier courrier recommandé du 18 mai 2020 reçu le 19, également produit à l'appui de leur requête, M. et Mme D avaient signalé au maire la présence de caméras de vidéosurveillance, installées par leurs voisins ainsi que des problèmes de stationnement, et déjà évoqué la transformation du garage, par pose d'une baie vitrée, en salle de jeux, ils se bornaient à interroger la commune sur l'existence d'un permis de construire. Dans ces conditions, la commune n'est pas fondée à soutenir que le refus implicite contesté serait purement confirmatif d'une précédente décision qui serait née de son silence gardé à la suite de la réception de ce premier courrier. La fin de non-recevoir tirée du caractère purement confirmatif de la décision contestée doit donc être écartée.
5. La requête présentée par M. et Mme D, explicitement dirigée contre une décision implicite de rejet de la commune de Balaruc-le-Vieux et accompagnée de la preuve de leur demande préalable, expose clairement les travaux réalisés et l'infraction aux règles d'urbanisme qu'ils constituent. Elle comporte ainsi, conformément à l'article R. 411-1 du code de justice administrative, l'exposé de faits et moyens, ainsi que des conclusions. La fin de non-recevoir tirée de la méconnaissance de cet article R. 411-1 du code de justice administrative doit donc être écartée.
En ce qui concerne la légalité du refus implicite :
6. Il ressort des pièces du dossier et notamment des photographies produites par les requérants que la construction appartenant aux époux A est entièrement clôturée et comporte un large portail sur la voie publique qui la dessert. Il ressort des plans du dossier du permis de construire délivré le 7 juillet 2011 que la partie destinée au stationnement, située devant la porte du garage et la porte d'entrée, n'était pas clôturée. Il ne ressort pas des plans du dossier de demande du permis de construire délivré le 25 novembre 2021 que celui-ci ait porté sur la régularisation du portail et de la partie du mur de clôture supplémentaire. Dans ces conditions, les requérants établissent la matérialité de la réalisation de travaux ne respectant pas les autorisations de construire délivrées. Il en résulte que la décision implicite du maire de Balaruc-le-Vieux, en tant qu'elle porte sur le refus de constater la non-conformité aux autorisations délivrées de la réalisation d'un portail et d'un mur de clôture fermant la partie réservée au stationnement devant la construction des époux A est illégale.
Sur les conclusions à fin d'injonction :
7. Il ne résulte pas de l'instruction, compte tenu des éléments apportés sur la période de réalisation du portail et mur en litige et la date de la déclaration attestant l'achèvement et la conformité des travaux du permis initial, et de la programmation par le préfet d'une visite des lieux par un agent assermenté, que l'exécution du présent jugement impliquerait, à la date de sa lecture, que la commune de Balaruc-le-Vieux prenne une mesure d'exécution. Les conclusions à fin d'injonction, qui sont en tout état de cause, très imprécises, ne peuvent dès lors qu'être rejetées.
Sur les frais liés au litige :
8. Dès lors que les décisions implicites contestées ont été prises par le maire de Balaruc-le-Vieux agissant en tant qu'autorité administrative de l'Etat, les conclusions de M. et Mme D, qui n'établissent en tout état de cause pas avoir engagé de tels frais, tendant à la mise à la charge de la commune de leurs frais d'instance, comme celles présentées sur ce même fondement par la commune de Balaruc-le-Vieux, ne peuvent, en tout état de cause, qu'être rejetées.
D E C I D E :
Article 1er : Il n'y a pas lieu de statuer sur les conclusions à fin d'annulation et d'injonction de la requête de M. et Mme D, s'agissant de la transformation du garage en pièce d'habitation et de l'absence de la deuxième place de stationnement exigée par le règlement du plan local d'urbanisme.
Article 2 : La décision implicite du maire de Balaruc-le-Vieux est annulée, en tant qu'elle refuse de constater la non-conformité aux autorisations délivrées de réalisation d'un portail et d'un mur de clôture fermant la partie réservée au stationnement devant la construction des époux A.
Article 3 : Le surplus de conclusions de la requête et les conclusions de la commune de Balaruc-le-Vieux présentées au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative sont rejetés.
Article 4 : La présente décision sera notifiée à M. et Mme D, à M. et Mme A, à la commune de Balaruc-le-Vieux et au ministre de la transition écologique et de la cohésion des territoires.
Copie en sera adressée au préfet de l'Hérault.
Délibéré après l'audience du 12 septembre 2024, à laquelle siégeaient :
Mme Fabienne Corneloup, présidente,
Mme Michelle Couégnat, première conseillère,
M. Nicolas Huchot, premier conseiller,
Rendu public par mise à disposition au greffe le 26 septembre 2024.
La rapporteure,
M. Couégnat
La présidente,
F. CorneloupLa greffière,
M. E
La République mande et ordonne au préfet de l'Hérault en ce qui le concerne, ou à tous commissaires de justice à ce requis, en ce qui concerne les voies de droit commun, contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition conforme,
Montpellier le 26 septembre 2024.
La greffière,
M. E
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026