vendredi 28 octobre 2022
| Juridiction | Tribunal Administratif de Montpellier |
| Section | Tribunal Administratif de Montpellier |
| N° Dossier | TA34-2105036 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | C |
| Formation | Vice-Président CHARVIN |
| Avocat requérant | SCP ARTAUD - BELFIORE - CASTILLON - GREBILLE-ROMAND |
Vu la procédure suivante :
Par une requête enregistrée le 27 septembre 2021, M. B A, représenté par la SCP d'avocats Artaud, Belfiore, Castillon, Grebille-Romand, demande au tribunal :
1°) d'annuler la décision référencée 48SI du 29 octobre 2019, par laquelle le ministre de l'intérieur a constaté la perte de validité de son permis de conduire, ainsi que les décisions de retrait de points consécutives aux infractions que cette décision récapitule ;
2°) d'enjoindre au ministre de l'intérieur de lui restituer le nombre de points adéquat sur son permis de conduire dans un délai de huit jours à compter de la notification de la décision à intervenir ;
3°) de mettre à la charge de l'Etat la somme de 2 000 euros en application des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Il soutient que :
- sa demande est recevable dès lors notamment que les retraits de points successifs ne lui ont pas été notifiés ;
- il n'a pas bénéficié des informations préalables aux retraits de points prévues aux articles L. 223-3 et R. 223-3 du code de la route.
Par un mémoire enregistré le 25 novembre 2021, le ministre de l'intérieur conclut au rejet de la requête.
Il soutient que les moyens soulevés ne sont pas fondés.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- le code de procédure pénale ;
- le code de la route ;
- le code de justice administrative.
Le président du tribunal a désigné, en application de l'article R. 222-13 du code de justice administrative, M. Charvin, vice-président, pour statuer sur les litiges visés audit article.
La rapporteure publique a été dispensée, sur sa proposition, de prononcer des conclusions à l'audience.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Le rapport de M. Charvin, rapporteur, a été entendu au cours de l'audience publique.
Considérant ce qui suit :
1. M. A demande au tribunal d'annuler la décision référencée 48SI du 29 octobre 2019, par laquelle le ministre de l'intérieur l'a informé de la perte de validité de son titre de conduite pour solde de points nul, ainsi que les décisions de retrait de points consécutives aux infractions relevées les 15 septembre 2012, 26 février 2013, 20 juin 2013, 27 février 2015, 19 mars 2016, 8 avril 2016, 25 juillet 2018 et 9 juillet 2019.
Sur les conclusions à fin d'annulation :
Sur les décisions de retrait d'un point consécutives aux infractions commises les 20 juin 2013, 27 février 2015, 19 mars 2016 et 25 juillet 2018 :
2. Il résulte des mentions portées sur le relevé d'information intégral relatif au permis de conduire de M. A que le point retiré à la suite de chacune des quatre infractions commises les 20 juin 2013, 27 février 2015, 19 mars 2016 et 25 juillet 2018 a été restitué en application de l'article L. 223-6 du code de la route. Dès lors que le requérant n'allègue pas que ces retraits de points auraient fait obstacle à la réattribution de points ou à la reconstitution totale du capital de points affecté à son permis de conduire, les conclusions dirigées contre les décisions de retrait d'un point consécutives à ces infractions sont irrecevables. Par voie de conséquence, les moyens relatifs à l'illégalité de cette décision de retrait de points, présentés à l'appui des conclusions dirigées contre la décision portant invalidation du permis de conduire, sont inopérants.
Sur le défaut d'information préalable :
3. Aux termes de l'article L. 223-1 du code de la route : " Le permis de conduire est affecté d'un nombre de points. Celui-ci est réduit de plein droit si le titulaire du permis a commis une infraction pour laquelle cette réduction est prévue. / () / La réalité d'une infraction entraînant retrait de points est établie par le paiement d'une amende forfaitaire ou l'émission du titre exécutoire de l'amende forfaitaire majorée, l'exécution d'une composition pénale ou par une condamnation définitive ". Il résulte des dispositions combinées des articles L. 223-3 et R. 223-3 du code de la route que l'administration ne peut légalement prendre une décision retirant des points affectés à un permis de conduire, à la suite d'une infraction dont la réalité a été établie, que si l'auteur de l'infraction s'est vu préalablement délivrer par elle un document contenant les informations prévues aux articles L. 223-3 et R. 223-3 du code de la route, lesquelles constituent une garantie essentielle lui permettant de contester la réalité de l'infraction et d'en mesurer les conséquences sur la validité de son permis. Il appartient à l'administration d'apporter la preuve, par tout moyen, qu'elle a satisfait à cette obligation d'information.
4. Il résulte des mentions du relevé d'information intégral relatif à la situation de M. A que les amendes forfaitaires correspondant aux infractions relevées les 26 février 2013 et 9 juillet 2019 par procès-verbal électronique et par radar automatique, qui ont entraîné le retrait de trois et quatre points, ont été acquittées. Pour procéder à ce paiement, le contrevenant a nécessairement reçu les avis de contravention relatifs à ces infractions. Ainsi, eu égard aux mentions dont ces avis de contravention sont réputés être revêtus et dès lors que le requérant ne démontre pas s'être vu remettre des avis inexacts ou incomplets, l'administration doit être regardée comme s'étant acquittée envers M. A de son obligation de lui délivrer les informations requises préalablement au paiement de ces amendes. Le moyen tiré du défaut d'information préalable au retrait de points résultant de ces infractions doit dès lors être écarté.
5. Il résulte par ailleurs des dispositions de l'article 530 du code de procédure pénale qu'une réclamation contre le titre exécutoire d'une amende forfaitaire majorée, lorsqu'elle est formée dans les délais et dans les formes prévues par cet article et par l'article 529-10 du même code, entraîne l'annulation du titre exécutoire. Toutefois, il n'appartient pas au juge administratif de se prononcer sur la recevabilité d'une réclamation contre le titre exécutoire d'une amende forfaitaire majorée, laquelle est appréciée par l'officier du ministère public sous le contrôle de la juridiction pénale devant laquelle l'auteur de la réclamation dispose d'un recours. Si le titulaire du permis de conduire peut utilement faire valoir devant le tribunal administratif, à l'appui d'une contestation relative au retrait de points, que la réalité de l'infraction n'est pas établie compte tenu de l'annulation du titre exécutoire du fait d'une réclamation, il ne saurait se borner à soutenir qu'il conteste être l'auteur d'une infraction mais doit établir qu'elle a été regardée comme recevable et a, par suite, entraîné l'annulation du titre. Cette preuve peut être apportée soit par un document émanant de l'autorité judiciaire, soit, au besoin, par le document intitulé " bordereau de situation des amendes et des condamnations pécuniaires ", tenu par le comptable public pour chaque contrevenant.
6. Il ressort des pièces du dossier que l'infraction relevée à l'encontre de M. A le 8 avril 2016 a donné lieu à l'émission, le 5 octobre 2016, d'un titre exécutoire d'amende forfaitaire majorée. Si le paiement de cette amende n'a pas été acquitté par le requérant, le ministre de l'intérieur verse à l'instance une copie de la contestation de l'infraction présentée par M. A auprès de l'officier du ministère public le 19 mai 2016 à laquelle a été joint l'avis de contravention sur lequel figure l'ensemble des informations requises par les dispositions des article L. 223-3 et R. 223-3 du code de la route. M. A, qui ne se prévaut pas de cette contestation, ne soutient ni n'établit que cette réclamation aurait été regardée comme recevable et aurait entraîné l'annulation du titre exécutoire de l'amende forfaitaire majorée. Le moyen tiré du manquement à l'obligation d'information préalable prévue par les dispositions précitées doit dès lors être écarté et les conclusions tendant à ce que la décision de retrait de quatre point consécutif à cette infraction soit annulé ne peuvent qu'être rejetées.
7. En revanche, s'agissant de l'infraction relevée le 15 septembre 2012, le ministre de l'intérieur, qui ne produit ni le procès-verbal ni la preuve que l'amende forfaitaire majorée émise le 5 décembre 2012 aurait été payée, n'apporte pas la preuve, qui lui incombe, que M. A aurait reçu, préalablement au retrait de points concernant cette infraction, les informations requises par les articles L. 223-3 et R. 223-3 du code de la route. Si le ministre fait valoir que cette infraction est de même nature que celle commise le 26 août 2010 par le requérant, la possibilité d'un retrait de points ne concerne toutefois pas toutes les infractions au code de la route mais dépend de la qualification de chaque infraction. Par suite, l'absence d'information sur cette qualification empêche le contrevenant de connaître le nombre de points susceptibles d'être retirés de son permis de conduire et le prive donc d'une garantie. Or le ministre ne démontre pas, en l'espèce, que M. A aurait été informé du nombre de points qui étaient susceptibles d'être retirés de son permis de conduire à la suite de l'infraction commise le 15 septembre 2012, privant ainsi l'intéressé d'une garantie substantielle. La décision de retrait de deux points consécutive à cette infraction ne peut donc qu'être annulée.
8. En raison de l'illégalité de la décision de retrait de deux points consécutive à l'infraction relevée le 15 septembre 2012, le solde de point du permis de conduire de M. A n'était pas nul à la date de la décision attaquée. Ainsi, le ministre de l'intérieur n'a pu légalement, à cette date, constater la perte de validité pour solde de point nul de son permis de conduire. La décision du ministre de l'intérieur portant invalidation du permis de conduire de M. A doit, par suite, être annulée.
Sur les conclusions à fin d'injonction :
9. Le présent jugement, qui annule la décision constatant la perte de validité du permis de conduire de M. A au motif que la décision de retrait de deux points consécutive à l'infraction relevée le 15 septembre 2012 est entachée d'illégalité, implique nécessairement que le ministre de l'intérieur rétablisse le bénéfice de ces points sur le permis de conduire de M. A. Il y a lieu d'enjoindre au ministre de l'intérieur de prendre cette mesure dans le délai de deux mois à compter de la notification du présent jugement.
Sur les frais liés au litige :
10. Il n'y a pas lieu, dans les circonstances de l'espèce, de faire droit aux conclusions de M. A tendant à l'application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
DECIDE :
Article 1er : La décision du ministre de l'intérieur portant retrait de deux points à la suite de l'infraction du 15 septembre 2012 et la décision 48SI du 29 octobre 2019 prononçant l'invalidation du permis de conduire de M. A sont annulées.
Article 2 : Il est enjoint au ministre de l'intérieur, dans le délai de deux mois à compter de la notification de la présente décision, de rétablir sur le permis de conduire de M. A le bénéfice des deux points retirés à la suite de l'infraction mentionnée à l'article 1er et de reconstituer en conséquence le capital de points attachés audit permis de conduire.
Article 3 : Le surplus des conclusions de la requête est rejeté.
Article 4 : Le présent jugement sera notifié à M. B A et au ministre de l'intérieur.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 28 octobre 2022.
Le magistrat désigné,
J. CharvinLa greffière,
M. C
La République mande et ordonne au ministre de l'intérieur en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun, contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition conforme,
Montpellier, le 28 octobre 2022,
La greffière,
M. C
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026