vendredi 22 septembre 2023
| Juridiction | Tribunal Administratif de Montpellier |
| Section | Tribunal Administratif de Montpellier |
| N° Dossier | TA34-2105198 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | C |
| Formation | 3ème chambre |
| Avocat requérant | SELARL MAILLOT AVOCATS & ASSOCIES |
Vu la procédure suivante :
Par une requête enregistrée le 5 octobre 2021 la SCI la Languedocienne et M. C B, représentés par Me Seree de Roch, demandent au tribunal :
1°) d'annuler la décision du 5 août 2021 par laquelle la société d'économie mixte (SEM) agence régionale de l'aménagement et de la construction (ARAC) Occitanie a exercé le droit de préemption urbain sur la parcelle cadastrée section B n° 218 d'une superficie de 8 649m² située avenue de Béziers sur la commune de Montady ;
2°) de condamner la SEM ARAC Occitanie à leur verser la somme de 10 000 euros à titre de dommages-intérêts ;
3°) de mettre à la charge de la SEM ARAC Occitanie une somme de 4 000 euros au titre des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Ils soutiennent que :
- la SEM ARAC Occitanie est responsable d'une inaction fautive et n'a pas respecté l'autorité de la chose jugée ; elle n'a pas procédé à la consignation de la somme précisée par le juge de l'exécution à la caisse des dépôts et consignations ; elle n'a pas respecté les termes du dispositif rendu par le juge de l'exécution dans son jugement du 9 mars 2021.
- la décision du 5 août 2021 est infondée en droit et en fait ; la rédaction est stéréotypée ;
- la préemption a été faite sans concertation préalable.
Par un mémoire en défense, enregistré le 15 avril 2022, l'agence régionale de l'aménagement et de la construction Occitanie, représentée par la Selarl Maillot avocats et associés, conclut au rejet de la requête et à ce que soit mise à la charge solidaire des requérants une somme de 2 500 euros au titre des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Elle fait valoir que les moyens soulevés par les requérants ne sont pas fondés.
Vu les autres pièces du dossier ;
Vu :
- le code de l'urbanisme ;
- le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de Mme A,
- les conclusions de Mme Moynier, rapporteure publique,
- les observations de Me Raynal, représentant l'agence régionale de l'aménagement et de la construction Occitanie.
Considérant ce qui suit :
1. A la suite de la déclaration d'intention d'aliéner la parcelle cadastrée section B n° 218 de la SCI La Languedocienne avec M. B, la commune de Montady a délégué l'exercice du droit de préemption urbain à la SEM ARAC Occitanie qui a, par décision du 5 août 2021, procédé à la préemption de cette parcelle. Par la présente requête, la SCI Languedocienne et M. B demandent l'annulation de cette décision.
Sur les conclusions à fin d'annulation :
2. En premier lieu, les requérants font valoir que la SEM ARAC Occitanie a méconnu l'autorité de chose jugée par le juge de l'exécution dans sa décision du 9 mars 2021 en procédant à la préemption en litige. Toutefois, d'une part, il ressort des pièces du dossier que si le juge de l'exécution a autorisé la vente amiable de la parcelle en litige, conformément aux dispositions de l'article R. 322-32 du code des procédures civiles d'exécution, il ne résulte d'aucun texte, et notamment pas de l'article L. 231-1 du code de l'urbanisme, que ce type de vente autorisée judiciairement ferait obstacle à la mise en œuvre du droit de préemption. D'autre part, les requérants ne peuvent utilement se prévaloir du délai fixé par le juge de l'exécution pour procéder à la vente à l'amiable, qui expirait au 9 juillet 2021, qui relève d'une législation distincte de celle applicable aux préemptions. En tout état de cause, il ressort des pièces du dossier que la décision de préemption a été notifiée au notaire dans le délai requis de deux mois courant à compter de la date de réception de la déclaration d'intention d'aliéner. Dans ces conditions, le moyen tiré de la méconnaissance de la chose jugée par le juge de l'exécution ne peut qu'être écarté dans toutes ses branches.
3. En deuxième lieu, aux termes de l'article L. 211-2 du code des relations entre le public et l'administration : " Les personnes physiques ou morales ont le droit d'être informées sans délai des motifs des décisions administratives individuelles défavorables qui les concernent () ". Aux termes de l'article L. 121-1 du même code : " Exception faite des cas où il est statué sur une demande, les décisions individuelles qui doivent être motivées en application de l'article L. 211-2, ainsi que les décisions qui, bien que non mentionnées à cet article, sont prises en considération de la personne, sont soumises au respect d'une procédure contradictoire préalable ". La décision par laquelle une personne publique exerce le droit de préemption constitue une décision défavorable qui doit être regardée comme intervenant à la suite de la demande formulée par la déclaration d'intention d'aliéner. Par suite, le moyen tiré de l'absence de procédure contradictoire préalablement à l'édiction de la décision du 27 juillet 2021 doit être écarté comme inopérant.
4. En troisième et dernier lieu, aux termes de l'article L. 210-1 du code de l'urbanisme : " Les droits de préemption institués par le présent titre sont exercés en vue de la réalisation, dans l'intérêt général, des actions ou opérations répondant aux objets définis à l'article L. 300-1, à l'exception de ceux visant à sauvegarder ou à mettre en valeur les espaces naturels, ou pour constituer des réserves foncières en vue de permettre la réalisation desdites actions ou opérations d'aménagement. / () ". Aux termes de l'article L. 300-1 du même code : " Les actions ou opérations d'aménagement ont pour objets de mettre en œuvre un projet urbain, une politique locale de l'habitat, d'organiser le maintien, l'extension ou l'accueil des activités économiques, de favoriser le développement des loisirs et du tourisme, de réaliser des équipements collectifs ou des locaux de recherche ou d'enseignement supérieur, de lutter contre l'insalubrité et l'habitat indigne ou dangereux, de permettre le renouvellement urbain, de sauvegarder ou de mettre en valeur le patrimoine bâti ou non bâti et les espaces naturels. / () ".
5. Il résulte de ces dispositions que les collectivités titulaires du droit de préemption urbain peuvent légalement exercer ce droit, d'une part, si elles justifient, à la date à laquelle elles l'exercent, de la réalité d'un projet d'action ou d'opération d'aménagement répondant aux objets mentionnés à l'article L. 300-1 du code de l'urbanisme, alors même que les caractéristiques précises de ce projet n'auraient pas été définies à cette date, et, d'autre part, si elles font apparaître la nature de ce projet dans la décision de préemption.
6. D'une part, l'arrêté attaqué précise que la décision de préemption est prise en vue de réaliser la zone d'aménagement concerté car la parcelle est intégrée dans le périmètre de cette dernière et son acquisition permettra la viabilisation et la commercialisation de trois lots en vue de la création de bureaux et /ou autres locaux destinés à l'activité économique. Ainsi, contrairement à ce que soutiennent les requérants, la décision, qui décrit de façon précise l'opération en vue de laquelle le droit de préemption urbain est exercé, est suffisamment motivée.
7. D'autre part, il ressort des pièces du dossier que la parcelle en litige préemptée d'une superficie de 8 649m² sise avenue de Béziers est située en zone urbaine et relève du sous-secteur Ue2 à vocation économique du plan local d'urbanisme et fait partie, ainsi qu'il a été dit au point précédent, de la concession d'aménagement consentie par le syndicat mixte du parc régional d'activité économique Pierre-Paul Riquet à la SEM ARAC Occitanie en vue de l'implantation d'entreprises. Dans ces conditions, en motivant la préemption en litige pour la réalisation de bureaux et ou autres locaux destinés à l'activité économique, la SEM ARAC Occitanie justifie d'un projet d'action ou d'opération d'aménagement suffisamment précis et certain. Le moyen tiré d'une méconnaissance de l'article L. 210-2 du code de l'urbanisme doit, dès lors, être écarté.
8. Il résulte de ce qui précède que les conclusions à fin d'annulation présentées par la SCI la Languedocienne et M. B doivent être rejetées.
Sur les conclusions indemnitaires :
9. En l'absence d'illégalité fautive de la décision de préemption, les requérants ne sont pas fondés à solliciter la condamnation de la SEM ARAC Occitanie à leur verser la somme de 10 000 euros à titre de dommages-intérêts. Dans ces conditions, sans qu'il soit besoin d'examiner leur recevabilité, les conclusions indemnitaires doivent être rejetées.
Sur les frais liés au litige :
10. Les dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative font obstacle à ce que soit mise à la charge de l'ARAC Occitanie, qui n'est pas, dans la présente instance, la partie perdante, la somme que les requérants demandent au titre des frais exposés et non compris dans les dépens. Il n'y a pas lieu, dans les circonstances de l'espèce, de mettre à la charge des requérants le versement de la somme que l'ARAC Occitanie demande sur ce même fondement.
D E C I D E :
Article 1er : La requête de la SCI la Languedocienne et de M. B est rejetée.
Article 2 : Les conclusions présentées par l'agence régionale de l'aménagement et de la construction Occitanie au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative sont rejetées.
Article 3 : Le présent jugement sera notifié à la SCI la Languedocienne, à M. C B et à l'Agence régionale de l'aménagement et de la construction Occitanie.
Délibéré après l'audience du 1er septembre 2023, à laquelle siégeaient :
M. Jean-Philippe Gayrard, président,
Mme Isabelle Pastor, première conseillère,
Mme Eva Delon, conseillère.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 22 septembre 2023.
La rapporteure,
I. A Le président,
J.-Ph. Gayrard
La greffière,
I. Laffargue
La République mande et ordonne au préfet de l'Hérault en ce qui le concerne ou à tous huissiers de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun, contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition conforme,
Montpellier, le 22 septembre 2023.
La greffière,
I. Laffargue
2
il
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026