mardi 4 avril 2023
| Juridiction | Tribunal Administratif de Montpellier |
| Section | Tribunal Administratif de Montpellier |
| N° Dossier | TA34-2105309 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | C |
| Formation | 5ème Chambre |
| Avocat requérant | WILHELM & ASSOCIES |
Vu la procédure suivante :
Par une requête et des mémoires, enregistrés les 8 octobre 2021, 16 mai et 24 juin 2022, M. A D, représenté par Me Renaux, demande au tribunal :
1°) d'annuler la décision implicite par laquelle le ministre de la justice, garde des sceaux, a rejeté sa demande de nomination en qualité de notaire salarié, ainsi que la décision préalable de refus qui lui a été opposée le 17 mai 2021 ;
2°) subsidiairement, de surseoir à statuer jusqu'à ce que le procureur de la République près le tribunal judiciaire de Montpellier se prononce sur sa demande de réhabilitation judiciaire du 18 avril 2022 ;
3°) de mettre à la charge de l'Etat la somme de 2 500 euros sur le fondement des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Il soutient que :
- le tribunal administratif de Montpellier est la juridiction compétente pour connaître du litige en application des dispositions de l'article R. 312-10 du code de justice administrative ;
- sa requête est recevable dès lors qu'elle a été présentée dans le délai de recours contentieux et qu'il justifie d'un intérêt à agir ;
- la décision implicite contestée est entachée d'un défaut de motivation ; l'administration ne lui a pas communiqué les motifs de sa décision à la suite de sa demande formulée par courrier électronique du 2 septembre 2021 ;
- le garde des sceaux, ministre de la justice a fait une inexacte application des dispositions de l'article 3 du décret n° 73-609 du 5 juillet 1973 en rejetant sa demande pour le motif qu'il a été l'auteur de faits contraires à l'honneur et à la probité ;
- le ministre ne pouvait légalement se fonder sur des faits dont il avait connaissance avant son admission au centre de formation professionnelle de notaires de Lille.
Par un mémoire en défense, enregistré le 12 avril 2022, le garde des sceaux, ministre de la justice, conclut au rejet de la requête.
Il soutient que les moyens soulevés par le requérant ne sont pas fondés.
Les parties ont été informées, en application des dispositions de l'article R. 611-7 du code de justice administrative, de ce que le jugement est susceptible d'être fondé sur un moyen, relevé d'office, tiré de ce que la lettre du 17 mai 2021 par laquelle le garde des sceaux, ministre de la justice, a informé M. D de son intention de rejeter sa demande et l'a invité à présenter ses observations ne constitue pas une décision susceptible de faire l'objet d'un recours pour excès de pouvoir.
Des observations sur le moyen relevé d'office, présentées pour M. D par Me Renaux, ont été enregistrées le 20 février 2023.
Les parties ont été informées, en application des dispositions de l'article R. 611-7-3 du code de justice administrative, de ce que le tribunal est susceptible de prononcer d'office une injonction tendant à ce que l'Etat procède à la nomination de M. D en qualité de notaire salarié.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- le code des relations entre le public et l'administration ;
- le décret n° 73-609 du 5 juillet 1973 ;
- le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de M. B ;
- les conclusions de Mme Lorriaux, rapporteure publique ;
- et les observations de Me Lopez Longeville, représentant M. D.
Considérant ce qui suit :
1. M. D a présenté le 16 octobre 2020, par téléprocédure sur le site internet du ministère de la justice, une demande de nomination en qualité de notaire salarié au sein de l'office notarial dont est titulaire la société civile professionnelle " Catherine Fourcade-Maisetti et Pascale Morton-Oukrate " à Saint-Martin-de-Londres. Par une lettre du 17 mai 2021, le garde des sceaux, ministre de la justice, l'a informé de son intention de rejeter sa demande pour le motif qu'ayant été l'auteur de faits contraires à l'honneur et à la probité, il ne remplissait pas la condition énoncée au 2° de l'article 3 du décret n° 73-609 du 5 juillet 1973 relatif à la formation professionnelle dans le notariat et aux conditions d'accès aux fonctions de notaire. M. D a présenté ses observations par une lettre du 9 juin 2021, reçue le 11 juin 2021. Il demande l'annulation, pour excès de pouvoir, de l'acte du 17 mai 2021 et de la décision implicite par laquelle le ministre de la justice, garde des sceaux, a rejeté sa demande.
Sur la recevabilité des conclusions à fin d'annulation dirigées contre l'acte du 17 mai 2021 :
2. La lettre par laquelle le garde des sceaux, ministre de la justice, a informé
M. D de son intention de rejeter sa demande et l'a invité à présenter ses observations, ne constitue pas une décision susceptible de faire l'objet d'un recours pour excès de pouvoir. Par suite, M. D n'est pas recevable à en demander l'annulation.
Sur la légalité de la décision implicite de rejet :
3. Il résulte de l'article 3 du décret du 5 juillet 1973 que nul ne peut être notaire s'il ne remplit pas, notamment, la condition de n'avoir pas été l'auteur de faits contraires à l'honneur et à la probité. Lorsqu'il vérifie le respect de cette condition, il appartient au ministre de la justice d'apprécier, sous le contrôle du juge de l'excès de pouvoir, si l'intéressé a commis des faits contraires à l'honneur et à la probité qui sont, compte tenu notamment de leur nature, de leur gravité, de leur ancienneté ainsi que du comportement postérieur de l'intéressé, susceptibles de justifier légalement un refus de nomination.
4. Il ressort des pièces du dossier, notamment de la lettre du 17 mai 2021 intervenue dans le cadre de la procédure préalable contradictoire, que la décision implicite par laquelle le garde des sceaux, ministre de la justice, a rejeté la demande de M. D est fondée sur l'examen de son dossier, comprenant notamment l'avis défavorable émis le 18 mars 2021 par le procureur général près la cour d'appel d'Amiens, qui a révélé qu'il avait commis, en réunion, dans la nuit du 7 au 8 septembre 2002, par violence, contrainte, menace ou surprise, des actes de pénétration sexuelle, pour lesquels il a été condamné, par un arrêt criminel de la cour d'assises des mineurs du département de l'Aisne du 27 juin 2007, à une peine de cinq années d'emprisonnement.
5. Eu égard à leur ancienneté et à leur caractère isolé, et nonobstant leur gravité, le garde des sceaux, ministre de la justice, a fait une inexacte application des dispositions de l'article 3 du décret du 5 juillet 1973 en se fondant sur les faits mentionnés au point 4, qui n'étaient plus susceptibles de jeter le discrédit sur la profession de notaire près de vingt ans après qu'ils aient été commis, pour justifier le refus de nomination opposé à M. D, dont le comportement postérieur est exempt de reproches depuis de très nombreuses années, tant sur le plan professionnel que personnel.
6. Il résulte de ce qui précède, sans qu'il y ait lieu de surseoir à statuer dans l'attente que le procureur de la République près le tribunal judiciaire de Montpellier se prononce sur la demande de réhabilitation judiciaire présentée le 18 avril 2022, et sans qu'il soit besoin de se prononcer sur les autres moyens de la requête, que M. D est fondé à demander l'annulation de la décision implicite par laquelle le ministre de la justice, garde des sceaux, a rejeté sa demande de nomination en qualité de notaire salarié.
Sur l'injonction :
7. Aux termes de l'article L. 911-1 du code de justice administrative : " Lorsque sa décision implique nécessairement qu'une personne morale de droit public ou un organisme de droit privé chargé de la gestion d'un service public prenne une mesure d'exécution dans un sens déterminé, la juridiction, saisie de conclusions en ce sens, prescrit, par la même décision, cette mesure assortie, le cas échéant, d'un délai d'exécution./ La juridiction peut également prescrire d'office cette mesure ".
8. Eu égard au motif d'annulation retenu au point 5, le présent jugement implique nécessairement que le garde des sceaux, ministre de la justice, prenne un arrêté nommant
M. D en qualité de notaire salarié. En application des dispositions du deuxième alinéa de l'article L. 911-1 du code de justice administrative, il y a lieu d'enjoindre d'office au garde des sceaux, ministre de la justice, de prendre cet arrêté dans le délai de deux mois à compter de la notification du présent jugement.
Sur les frais liés au litige :
9. Il y a lieu, dans les circonstances de l'espèce, de mettre à la charge de l'Etat une somme de 1 500 euros, à verser à M. D, au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
D E C I D E :
Article 1er : La décision implicite par laquelle le ministre de la justice, garde des sceaux, a rejeté la demande de nomination en qualité de notaire salarié présentée par M. D est annulée.
Article 2 : Il est enjoint au garde des sceaux, ministre de la justice, de prendre un arrêté nommant M. D en qualité de notaire salarié dans le délai de deux mois à compter de la notification du présent jugement.
Article 3 : L'Etat versera à M. D une somme de 1 500 euros au titre de l'article
L. 761-1 du code de justice administrative.
Article 4 : Le présent jugement sera notifié à M. A D et au garde des sceaux, ministre de la justice.
Délibéré après l'audience du 21 mars 2023, à laquelle siégeaient :
M. Charvin, président,
M. Verguet, premier conseiller,
Mme Doumergue, première conseillère.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 4 avril 2023.
Le rapporteur,
H. B
Le président,
J. Charvin
La greffière,
M. C
La République mande et ordonne au garde des sceaux, ministre de la justice en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition conforme,
Montpellier le 4 avril 2023
La greffière,
M. C
mf
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026