jeudi 6 juillet 2023
| Juridiction | Tribunal Administratif de Montpellier |
| Section | Tribunal Administratif de Montpellier |
| N° Dossier | TA34-2105692 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | C |
| Formation | 1ère chambre |
| Avocat requérant | MARGALL, D'ALBENAS |
Vu la procédure suivante :
Par une requête et un mémoire, enregistrés les 28 octobre 2021 et 3 juin 2022, M. C A, la SCI Le Val Royal et M. D B, représentés par la SCP Territoires avocats, agissant par Me Margall, demandent au tribunal :
1°) d'annuler l'arrêté du 3 septembre 2021 par lequel le maire de la commune de Montpellier a délivré à la SAS Aeko un permis de démolir en vue de la dépose du bardage métallique de l'immeuble situé 13 rue Boussairolles ;
2°) de mettre à la charge de la commune de Montpellier une somme de 2 500 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Ils soutiennent que :
- leur requête est recevable ;
- la société pétitionnaire ne bénéficiait d'aucun titre pour déposer la demande de permis litigieux en méconnaissance des dispositions de l'article R. 423-1 du code de l'urbanisme ;
- le dossier de demande est entaché d'incomplétude faute de comporter un plan de masse coté dans les trois dimensions en méconnaissance de l'article R. 431-9 du code de l'urbanisme ;
- en outre le dossier de demande ne comporte pas de description des moyens mis en œuvre pour éviter toute atteinte au patrimoine, en méconnaissance de l'article R. 451-4 du code de l'urbanisme ;
- l'arrêté attaqué est entaché d'une erreur manifeste d'appréciation dès lors que le choix d'une rénovation plutôt que celui d'une démolition partielle n'a pas été examiné.
Par un mémoire en défense, enregistré le 24 novembre 2021, la SAS Aeko, représentée par la SCP SVA, conclut à titre principal au rejet de la requête, à titre subsidiaire à la mise en œuvre des articles L. 600-5 ou L. 600-5-1 du code de l'urbanisme et, en tout état de cause, à ce que soit mise à la charge solidaire des requérants une somme de 2 500 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Elle fait valoir que :
- à titre principal, la requête est irrecevable faute pour les requérants de justifier d'un intérêt à agir contre le permis querellé ;
- à titre subsidiaire, les moyens de la requête ne sont pas fondés.
Par un mémoire en défense, enregistré le 24 octobre 2022, la commune de Montpellier, représentée par Me Meneau, conclut au rejet de la requête et à ce que soit mise à la charge solidaire des requérants une somme de 2 000 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Elle fait valoir que :
- la requête est irrecevable faute pour les requérants de justifier d'un intérêt à agir contre le permis querellé ;
- les moyens de la requête ne sont pas fondés.
Par ordonnance du 27 avril 2023, la clôture de l'instruction a été fixée au 12 mai 2023.
Un mémoire présenté par M. A et autres, représentés par la SCP Territoires avocats, a été enregistré le 6 juin 2023 et n'a pas été communiqué.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- le code de l'urbanisme ;
- le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Après avoir entendu au cours de l'audience publique :
- le rapport de M. Goursaud, premier conseiller ;
- les conclusions de Mme Villemejeanne, rapporteure publique ;
- les observations de Me D'Audigier, représentant M. A et autres, celles de Me Martinez, représentant la commune de Montpellier, et celles de Me Monflier, représentant la SAS Aeko.
Considérant ce qui suit :
1. Par un arrêté du 3 septembre 2021, le maire de la commune de Montpellier a délivré à la SAS Aeko un permis de démolir en vue de la dépose du bardage métallique de l'immeuble situé 13 rue Boussairolles. Par la présente requête, M. A et autres demandent l'annulation de cet arrêté.
Sur les conclusions à fin d'annulation :
2. En premier lieu, aux termes de l'article R. 423-1 du code de l'urbanisme : " Les demandes de permis de construire () ou de démolir () sont adressées par pli recommandé avec demande d'avis de réception ou déposées à la mairie de la commune dans laquelle les travaux sont envisagés : / a) Soit par le ou les propriétaires du ou des terrains, leur mandataire ou par une ou plusieurs personnes attestant être autorisées par eux à exécuter les travaux ; () / c) Soit par une personne ayant qualité pour bénéficier de l'expropriation pour cause d'utilité publique ". L'article R. 431-5 du même code prévoit que la demande de permis de construire comporte notamment l'attestation du demandeur qu'il remplit les conditions définies à l'article R. 423-1. L'article R. 451-1 fixe la même exigence s'agissant des demandes de permis de démolir.
3. Il résulte de ces dispositions que les demandes de permis de construire et de démolir doivent seulement comporter l'attestation du pétitionnaire qu'il remplit les conditions définies à l'article R. 423-1 du code de l'urbanisme. Les autorisations d'utilisation du sol étant accordées sous réserve du droit des tiers, il n'appartient pas à l'autorité compétente de vérifier, dans le cadre de l'instruction d'une demande de permis, la validité de l'attestation établie par le demandeur. Les tiers ne sauraient donc utilement faire grief à l'administration de ne pas en avoir vérifié l'exactitude. Il en va autrement lorsque l'autorité compétente vient à disposer au moment où elle statue, sans avoir à procéder à une instruction lui permettant de les recueillir, d'informations de nature à établir son caractère frauduleux ou faisant apparaître, sans que cela puisse donner lieu à une contestation sérieuse, que le pétitionnaire ne dispose, contrairement à ce qu'implique l'article R. 423-1 du code de l'urbanisme, d'aucun droit à la déposer. Dans ce cas, il lui revient de rejeter la demande de permis pour ce motif.
4. Il ressort des pièces du dossier que la demande de permis de construire a été présentée par la SAS Aeko, qui a signé le formulaire de demande attestant avoir qualité pour déposer l'autorisation sollicitée. Il ne ressort pas des pièces du dossier que cette attestation ait présenté un caractère frauduleux ou que le pétitionnaire ne disposait, sans que cela puisse donner lieu à une contestation sérieuse, d'aucun droit à déposer la demande. Le moyen tiré de la méconnaissance des dispositions de l'article R. 423-1 du code de l'urbanisme doit, par suite, être écarté.
5. En deuxième lieu, les requérants ne sauraient utilement faire valoir que le dossier de demande ne comportait pas un plan de masse coté dans les trois dimensions en méconnaissance des dispositions de l'article R. 431-9 du code de l'urbanisme, ces dispositions n'étant applicables qu'aux seuls dossiers de demande de permis de construire. Par suite, ce moyen doit être écarté comme inopérant.
6. En troisième lieu, aux termes de l'article R. 451-4 du code de l'urbanisme : " Lorsque l'immeuble est situé dans le périmètre d'un site patrimonial remarquable ou dans les abords des monuments historiques, le dossier joint à la demande comprend en outre la description des moyens mis en œuvre dans la démolition pour éviter toute atteinte au patrimoine protégé. ".
7. Il ressort des pièces du dossier que le bâtiment à démolir est répertorié comme " bâti patrimonial protégé de qualité courante " de l'aire de mise en valeur de l'architecture et du patrimoine " Sud-Gare -Méditerranée " de Montpellier Méditerranée Métropole et que la fiche individuelle n° 52 annexée au règlement préconise la dépose du bardage métallique du bâtiment " en mettant en valeur les éventuels éléments de façades dégagés à valeur patrimoniale ". Il ressort des pièces du dossier de demande notamment de la pièce PD 9 que les travaux autorisés se limitent à la dépose de ce bardage métallique " afin de réaliser un diagnostic exhaustif des façades existantes derrière ". Compte tenu de la nature des travaux de démolition partielle autorisés, les requérants n'établissent pas que l'absence de description des moyens mis en œuvre dans la démolition pour éviter toute atteinte au patrimoine aurait pu fausser l'appréciation du service instructeur ou de l'autorité compétente en matière de patrimoine sur le respect, par le projet, de la réglementation applicable, l'architecte des bâtiments de France ayant au demeurant rendu un avis favorable à ce projet de démolition.
8. En quatrième lieu, aux termes de l'article L. 421-6 du code de l'urbanisme : " () Le permis de démolir peut être refusé ou n'être accordé que sous réserve de l'observation de prescriptions spéciales si les travaux envisagés sont de nature à compromettre la protection ou la mise en valeur du patrimoine bâti ou non bâti, du patrimoine archéologique, des quartiers, des monuments et des sites. ".
9. En se bornant à soutenir que de simples travaux de rénovation de la façade auraient été préférables à la démolition du bardage métallique, les requérants n'établissent pas que les travaux litigieux seraient de nature à compromettre la protection ou la mise en valeur du patrimoine bâti au sens de ces dispositions. Par suite, en délivrant le permis de démolir litigieux, le maire de la commune de Montpellier n'a pas entaché sa décision d'erreur manifeste d'appréciation au regard de l'article L. 421-6 du code de l'urbanisme.
10. Il résulte de ce qui précède, sans qu'il soit besoin de statuer sur les fins de non-recevoir opposées en défense, que M. A et autres ne sont pas fondés à demander l'annulation de l'arrêté du 3 septembre 2021 par lequel le maire de la commune de Montpellier a délivré à la SAS Aeko un permis de démolir.
Sur les frais liés au litige :
11. Les dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative font obstacle à ce que soit mise à la charge de la commune de Montpellier, qui n'est pas la partie perdante dans la présente instance, la somme réclamée par M. A et autres au titre des frais exposés par eux et non compris dans les dépens. En revanche, dans les circonstances de l'espèce, il y a lieu de mettre à la charge solidaire de M. A et autres une somme de 750 euros à verser à la commune de Montpellier ainsi qu'une somme de 750 euros à verser à la SAS Aeko au titre des frais exposés en défense sur le fondement de ces mêmes dispositions.
D E C I D E :
Article 1er : La requête de M. A et autres est rejetée.
Article 2 : M. A et autres verseront solidairement à la commune de Montpellier une somme de 750 euros sur le fondement des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Article 3 : M. A et autres verseront solidairement à la SAS Aeko une somme de 750 euros sur le fondement des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Article 4 : Le présent jugement sera notifié à M. C A, premier dénommé, à la commune de Montpellier et à la SAS Aeko.
Délibéré après l'audience du 22 juin 2023, à laquelle siégeaient :
Mme Lison Rigaud, présidente,
M. Nicolas Huchot, premier conseiller,
M. François Goursaud, premier conseiller.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 6 juillet 2023.
Le rapporteur,
F. Goursaud
La présidente,
L. Rigaud
La greffière,
M. E
La République mande et ordonne au préfet de l'Hérault en ce qui le concerne et à tous commissaires de justice à ce requis, en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution du présent jugement.
Pour expédition conforme,
La greffière,
M. E00
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026