jeudi 16 février 2023
| Juridiction | Tribunal Administratif de Montpellier |
| Section | Tribunal Administratif de Montpellier |
| N° Dossier | TA34-2105883 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | C |
| Formation | 4ème chambre |
| Avocat requérant | CABINET D'AVOCATS MAZAS - ETCHEVERRIGARAY |
Vu la procédure suivante :
Par une requête enregistrée le 8 novembre 2021, M. B C, représenté par Me A, demande au tribunal :
1°) d'annuler la décision du préfet de l'Hérault en date du 29 mars 2021 portant refus de séjour et refus d'abrogation d'une obligation de quitter le territoire français ;
2°) d'enjoindre au préfet de l'Hérault de lui délivrer un titre de séjour salarié, subsidiairement de réexaminer sa situation et de lui délivrer dans l'attente une autorisation provisoire de séjour dans un délai de huit jours ;
3°) de condamner l'Etat à lui verser une somme de 2 000 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Il soutient que :
- sa requête est recevable car elle n'est notamment pas tardive et la décision en litige lui fait grief ;
- la décision est insuffisamment motivée en droit et en fait ;
- la décision méconnait l'autorité de chose jugée par le tribunal administratif car l'annulation de la décision du 16 juin 2017 refusant de lui délivrer un titre de séjour aurait dû conduire à la délivrance d'un titre de séjour salarié et non étudiant ;
- la décision en litige méconnait l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales et est entachée d'une erreur manifeste d'appréciation étant donné l'ancienneté de son séjour, son parcours scolaire et son intégration ;
- il n'a pas été procédé à un examen réel et complet de sa situation au regard de ses attaches familiales, de son parcours scolaire et des démarches entreprises ;
Par un mémoire en défense enregistré le 21 septembre 2022, le préfet de l'Hérault conclut au rejet de la requête.
Il fait valoir que :
- la demande du requérant était irrégulière en vertu de l'article R. 431-2 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- la demande de titre de séjour déposée par M. C avait préalablement fait l'objet d'un rejet ;
- les moyens soulevés par M. C ne sont pas fondés.
Par un courrier du 30 janvier 2023, les parties ont été informées, sur le fondement de l'article R. 611-7 du code de justice administrative, que le jugement était susceptible d'être fondé sur un moyen relevé d'office tirée de l'irrecevabilité de la requête dirigée contre la décision du 29 mars 2021 qui ne fait pas grief.
M. C, représenté par Mme A, a présenté des observations sur ce moyen relevé d'office, enregistrées le 31 janvier 2023 et communiquées.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;
- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- le code des relations entre le public et l'administration ;
- le code de justice administrative.
Le président de la formation de jugement a dispensé le rapporteur public, sur sa proposition, de prononcer ses conclusions à l'audience.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de Mme Lesimple, première conseillère,
- et les observations de Me A, représentant M. C.
Considérant ce qui suit :
1. M. C, ressortissant congolais né en 1998, est entré mineur sur le territoire français et a été confié, à compter du 27 juin 2014, aux services de l'aide sociale à l'enfance. Par jugement n° 1703945 du 12 décembre 2017, le tribunal a annulé l'arrêté du 16 juin 2017 par lequel le préfet de l'Hérault a refusé de lui délivrer un titre de séjour et prononcé à son encontre une obligation de quitter le territoire français. L'intéressé a alors bénéficié de plusieurs autorisations provisoires de séjour puis d'une carte de séjour temporaire, valide du 18 octobre 2019 au 17 octobre 2020 en sa qualité d'étudiant. Interpellé dans le cadre d'un contrôle d'identité, M. C a fait l'objet d'un arrêté portant obligation de quitter le territoire français pris par le préfet du Var le 17 novembre 2020. Le 9 décembre 2020, M. C a déposé une demande de renouvellement de son titre de séjour. Le 24 mars 2021, son conseil a adressé un courriel pour demander la délivrance d'un titre de séjour au titre de sa vie privée et familiale ou en sa qualité de salarié et a sollicité l'abrogation de l'obligation de quitter le territoire français prise à son encontre. Par sa requête, M. C demande l'annulation de la réponse qui lui a été faite le 29 mars 2021 dans la mesure où celle-ci ne fait pas droit à ses demandes.
Sur l'irrecevabilité des conclusions tendant au refus d'abroger l'obligation de quitter le territoire :
2. Aux termes de l'article R. 421-1 du code de justice administrative : " La juridiction ne peut être saisie que par voie de recours formé contre une décision, et ce, dans les deux mois à partir de la notification ou de la publication de la décision attaquée () ". L'article R. 421-2 du même code dispose que : " Sauf disposition législative ou réglementaire contraire, dans les cas où le silence gardé par l'autorité administrative sur une demande vaut décision de rejet, l'intéressé dispose, pour former un recours, d'un délai de deux mois à compter de la date à laquelle est née une décision implicite de rejet () ".
3. Par courriel du 29 mars 2021, le préfet de l'Hérault a renseigné M. C sur les plateformes auprès desquelles il peut régulièrement déposer une demande de titre de séjour. Si cette réponse peut être regardée comme un refus d'enregistrer la demande de titre de séjour présentée par M. C via l'envoi d'un simple courriel, elle ne saurait en revanche constituer un refus d'abroger l'obligation de quitter le territoire français prise à l'encontre du requérant. Dans ces conditions, la décision du 29 mars 2021 ne fait pas grief au requérant s'agissant de sa demande d'abrogation de l'obligation de quitter le territoire français et la circonstance que le préfet soutienne en défense qu'il n'y a pas lieu d'abroger cette obligation de quitter le territoire français est sans influence sur la portée de la décision du 29 mars 2021. Dès lors, les conclusions de M. C tendant à l'annulation de la décision du 29 mars 2021 en tant qu'elle refuse d'abroger l'obligation de quitter le territoire français dont il fait l'objet sont irrecevables et doivent être rejetées.
Sur les conclusions à fin d'annulation de la décision :
4. Aux termes de l'article L. 211-2 du code des relations entre le public et l'administration : " Les personnes physiques ou morales ont le droit d'être informées sans délai des motifs des décisions administratives individuelles défavorables qui les concernent. / A cet effet, doivent être motivées les décisions qui : 1° Restreignent l'exercice des libertés publiques ou, de manière générale, constituent une mesure de police () " et aux termes de l'article L. 211-5 de ce même code : " La motivation exigée par le présent chapitre doit être écrite et comporter l'énoncé des considérations de droit et de fait qui constituent le fondement de la décision ".
5. Par ailleurs, aux termes de l'article R. 311-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile alors en vigueur : " Tout étranger, âgé de plus de dix-huit ans ou qui sollicite un titre de séjour en application de l'article L. 311-3, est tenu de se présenter, à Paris, à la préfecture de police et, dans les autres départements, à la préfecture ou à la sous-préfecture, pour y souscrire une demande de titre de séjour du type correspondant à la catégorie à laquelle il appartient. Toutefois, le préfet peut prescrire que les demandes de titre de séjour soient déposées au commissariat de police ou, à défaut de commissariat, à la mairie de la résidence du requérant. Le préfet peut également prescrire : 1° Que les demandes de titre de séjour appartenant aux catégories qu'il détermine soient adressées par voie postale ; 2° Que les demandes de cartes de séjour prévues aux articles L. 313-7 et L. 313-27 soient déposées auprès des établissements d'enseignement ayant souscrit à cet effet une convention avec l'Etat () ".
6. Par courriel du 29 mars 2021, les services du préfet de l'Hérault ont renseigné M. C sur les plateformes existantes afin que celui-ci puisse déposer une demande de titre de séjour. Si le préfet fait valoir en défense que cette réponse était justifiée dans la mesure où la demande du requérant ne respectait pas les dispositions précitées du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, l'irrégularité de la demande formulée par M. C n'a pas été exposée en fait ou en droit dans la décision en litige. Par ailleurs, si le préfet fait valoir en défense que la demande de titre de séjour déposée par le requérant le 9 décembre 2020 avait fait l'objet d'une décision de " clôture ", il n'établit pas, en tout état de cause, qu'un refus de séjour aurait été régulièrement notifié à ce dernier. Dès lors, la décision refusant de délivrer un titre de séjour à l'intéressé est insuffisamment motivée.
7. Il résulte des éléments précités, sans qu'il soit besoin de se prononcer sur les autres moyens de la requête, que la décision portant refus de délivrance d'un titre de séjour est insuffisamment motivée et doit être annulée.
Sur les conclusions à fin d'injonction :
8. Eu égard à son motif d'annulation, l'exécution du présent jugement implique seulement le réexamen de la situation de M. C. Il y a lieu d'enjoindre au préfet d'y procéder dans le délai de deux mois à compter de la notification du présent jugement et, dans l'attente, de munir l'intéressé d'une autorisation provisoire de séjour.
Sur les frais liés au litige :
9. Il n'y a pas lieu dans les circonstances de l'espèce de mettre à la charge de l'Etat le versement de la somme demandée par M. C au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
D E C I D E :
Article 1er : La décision du préfet de l'Hérault du 29 mars 2021 portant refus de délivrance d'un titre de séjour opposée à M. C est annulée.
Article 2 : Il est enjoint au préfet de l'Hérault de réexaminer la demande de titre de séjour de M. C, de prendre une nouvelle décision dans un délai de deux mois et, dans l'attente, de munir l'intéressé d'une autorisation provisoire de séjour.
Article 3 : Le surplus des conclusions de la requête est rejeté.
Article 4 : Le présent jugement sera notifié à M. B C et au préfet de l'Hérault
Copie en sera adressée, pour information, au préfet du Var.
Délibéré après l'audience du 2 février 2023, à laquelle siégeaient :
M. Eric Souteyrand, président,
M. Nicolas Huchot, premier conseiller,
Mme Audrey Lesimple, première conseillère.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 16 février 2023.
La rapporteure,
A. Lesimple Le président,
E. Souteyrand
La greffière,
M-A. Barthélémy
La République mande et ordonne au préfet de l'Hérault en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun, contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition conforme,
Montpellier, le 16 février 2023.
La greffière,
M-A. Barthélémy
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026