vendredi 13 septembre 2024
| Juridiction | Tribunal Administratif de Montpellier |
| Section | Tribunal Administratif de Montpellier |
| N° Dossier | TA34-2106053 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | C |
| Formation | 3ème chambre |
| Avocat requérant | SCP VIAL-PECH DE LACLAUSE-ESCALE-KNOEPFFLER |
Vu la procédure suivante :
Par une requête, enregistrée le 16 novembre 2021, Mme B C, représentée par Me Joubes doit être regardée comme demandant au tribunal :
1°) d'annuler la décision du 26 juin 2020 par laquelle la rectrice de l'académie de Montpellier a fixé au 3 novembre 2019 la date de consolidation de la rechute constatée le 14 février 2019 de l'accident survenu le 23 mars 2017 ensemble la décision de rejet de son recours hiérarchique du 14 septembre 2021 du ministre de l'éducation nationale, de la jeunesse et des sports ;
2°) d'annuler la décision du 9 juillet 2021 par laquelle le ministre de l'éducation nationale, de la jeunesse et des sports a refusé de procéder à la révision de son allocation temporaire d'invalidité ensemble la décision de rejet de son recours gracieux du 14 septembre 2021 ;
3°) d'enjoindre au ministre de l'éducation nationale, de la jeunesse et des sports de réexaminer sa demande de révision en saisissant la commission de réforme, dans un délai de deux mois à compter du jugement à intervenir, sous astreinte de 500 euros par jour de retard ;
4°) d'enjoindre au ministre de l'éducation nationale, de la jeunesse et des sports, de se prononcer sur la date de consolidation de l'accident du 23 mars 2017 en saisissant au préalable la commission de réforme, dans un délai de deux mois à compter du jugement à intervenir sous astreinte de 500 euros par jour de retard ;
5°) de mettre à la charge de l'Etat une somme de 2 000 euros au titre de l'article L.761-1 du code de justice administrative.
Elle soutient que :
En ce qui concerne les décisions litigieuses :
- elles ont été signées par des autorités incompétentes.
En ce qui concerne la décision du 9 juillet 2021 :
- elle est entachée d'une erreur de droit.
En ce qui concerne la décision du 26 juin 2020 :
- elle est entachée d'une erreur d'appréciation.
Par un mémoire en défense, enregistré le 21 juin 2022, le ministre de l'éducation nationale, de la jeunesse et des sports conclut au rejet de la requête.
Il fait valoir que les moyens présentés par la requérante ne sont pas fondés.
Par un mémoire en défense, enregistré le 9 décembre 2022, la rectrice de l'académie de Montpellier conclut :
- à titre principal, à l'irrecevabilité de la requête ;
- à titre subsidiaire, au rejet au fond de la requête.
Elle fait valoir que les moyens présentés par la requérante ne sont pas fondés.
Par courrier du 8 juillet 2024, Mme C a été invitée à régulariser sa requête en produisant la décision du ministre de l'éducation nationale, de la jeunesse et des sports, du 9 juillet 2021 refusant de faire droit à sa demande de révision de son allocation temporaire d'invalidité dans un délai de quinze jours.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- le décret n°60-1089 du 6 octobre 1960 ;
- le décret n°2005-850 du 27 juillet 2005 ;
- le code de justice administrative.
Par ordonnance du 22 mai 2023, la clôture de l'instruction a été fixée au 22 mai 2023.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de M. Rabaté, président-rapporteur,
- les conclusions de Mme Delon, rapporteure publique,
- les observations de Me Diaz, pour la requérante.
Considérant ce qui suit :
1. Mme C est professeure certifiée affectée dans l'académie de Montpellier depuis 2005. Elle a été victime d'un accident de trajet le 23 mars 2017, et s'est vue attribuer une allocation temporaire d'invalidité du 23 octobre 2017 au 22 octobre 2022 avec un taux de 12%. Suite à une rechute constatée le 14 février 2019, la rectrice de l'académie de Montpellier a, par une décision du 26 juin 2020, fixé la date de consolidation des lésions résultant de la rechute au 3 novembre 2019. La requérante a, par un courrier du 17 juin 2021, formé un recours hiérarchique auprès du ministre de l'éducation nationale, de la jeunesse et des sports, contre cette décision afin de contester la date de consolidation. Par un courrier du 18 décembre 2020, Mme C a sollicité la révision de son allocation temporaire d'invalidité auprès du ministre de l'éducation nationale de la jeunesse et des sports, lequel a fait l'objet d'une décision de refus par courrier du 9 juillet 2021. Mme C a formé un recours gracieux à l'encontre de cette décision le 16 juillet 2021. Par deux décisions du 14 septembre 2021, le ministre de l'éducation nationale, de la jeunesse et des sports a d'une part, rejeté le recours gracieux formé par Mme C contre la décision de refus de révision de son allocation temporaire d'invalidité du 9 juillet 2021 et d'autre part, rejeté son recours hiérarchique dirigé contre la décision du 26 juin 2020 fixant la date de consolidation de sa rechute. Par la présente requête, Mme C sollicite l'annulation de ces deux décisions du 14 septembre 2021.
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Sur l'étendue du litige :
2. Il est toujours loisible à la personne intéressée, sauf à ce que des dispositions spéciales en disposent autrement, de former à l'encontre d'une décision administrative un recours gracieux devant l'auteur de cet acte et de ne former un recours contentieux que lorsque le recours gracieux a été rejeté. L'exercice du recours gracieux n'ayant d'autre objet que d'inviter l'auteur de la décision à reconsidérer sa position, un recours contentieux consécutif au rejet d'un recours gracieux doit nécessairement être regardé comme étant dirigé, non pas tant contre le rejet du recours gracieux dont les vices propres ne peuvent être utilement contestés, que contre la décision initialement prise par l'autorité administrative. Il appartient, en conséquence, au juge administratif, s'il est saisi dans le délai de recours contentieux qui a recommencé de courir à compter de la notification du rejet du recours gracieux, de conclusions dirigées formellement contre le seul rejet du recours gracieux, d'interpréter les conclusions qui lui sont soumises comme étant aussi dirigées contre la décision administrative initiale.
3. En se bornant à demander l'annulation des décisions du 14 septembre 2021 portant rejet des recours gracieux et hiérarchiques formés les 17 juin 2021 et 16 juillet 2021, Mme C doit également être regardée comme sollicitant l'annulation des décisions initiales du 26 juin 2020 par laquelle la rectrice de l'académie de Montpellier a fixé la date de consolidation de la rechute constatée le 14 février 2019 au 3 novembre 2019 et de la décision du 9 juillet 2021 par laquelle le ministre de l'éducation nationale de la jeunesse et des sports a refusé de faire droit à sa demande de révision de son allocation temporaire d'invalidité.
Sur les conclusions à fin d'annulation :
En ce qui concerne les conclusions dirigées contre la décision du 26 juin 2020 ensemble la décision de rejet de son recours hiérarchique du 14 septembre 2021
4. En premier lieu, la décision du 26 juin 2020 est signée, pour la rectrice et par délégation, par M. A, chef de la division des affaires médicales, des retraites et de l'action sociale. Par un arrêté du 7 février 2020, régulièrement publié au recueil des actes administratifs de la préfecture d'Occitanie du même jour, accessible tant au juge qu'aux parties la rectrice de l'académie de Montpellier a accordé une délégation à M. A, à l'effet de signer tous les actes dans la limite des attributions de la division des affaires médicales, des retraites et de l'action sociale, au nombre desquels figurent les décisions portant placement en congés pour invalidité temporaire imputable au service. Il n'est pas établi, ni même allégué que la rectrice de l'académie de Montpellier n'aurait pas été absente ou empêchée le 26 juin 2020. Par suite, le moyen tiré de l'absence de délégation régulière de M. A de la décision du 26 juin 2020 manque en fait et doit être écarté.
5. En deuxième lieu, les vices propres d'une décision prise sur recours hiérarchique, qui n'a d'autre objet que d'inviter l'auteur de la décision initiale à reconsidérer sa position, ne peuvent être utilement contestés. Dans ces conditions, le moyen tiré de l'incompétence de l'auteur de l'acte dirigé contre la décision du 14 septembre 2021 rejetant le recours hiérarchique de Mme C doit être écarté comme inopérant.
6. En troisième lieu, si Mme C soutient que la date de consolidation retenue de la rechute constatée le 14 février 2019 de l'accident du 23 mars 2017 ne pouvait être le 3 novembre 2019, ni la circonstance qu'elle ait été placée en congés de longue maladie postérieurement à cette date, ni la production d'un certificat médical d'un neuro chirurgien lequel ne mentionne pas de date de consolidation, ne permet de remettre en cause la date de consolidation retenue par le ministre de l'éducation nationale de la jeunesse et des sports. Par suite, le moyen doit être écarté.
En ce qui concerne les conclusions dirigées contre la décision du 9 juillet 2021 ensemble la décision de rejet de son recours gracieux du 14 septembre 2021 ;
7. En quatrième lieu, la décision attaquée a été signée par Mme D., cheffe de section au département des retraites et des cotisations à la direction des affaires financières des ministères de l'éducation nationale, de la jeunesse et des sports, de l'enseignement supérieur, et de la recherche, en vertu d'une délégation de signature de la directrice des affaires financières desdits ministères, elle-même compétente en application des dispositions de l'article 1er du décret du 27 juillet 2005 relatif aux délégations de signature des membres du Gouvernement, consentie par une décision du 28 mai 2019 publiée au Journal officiel de la République française le 7 juin 2019. Le moyen tiré de l'incompétence du signataire de la décision attaquée manque ainsi en fait et ne peut qu'être écarté.
8. En cinquième lieu, les vices propres d'une décision prise sur recours gracieux, qui n'a d'autre objet que d'inviter l'auteur de la décision initiale à reconsidérer sa position, ne peuvent être utilement contestés. Dans ces conditions, le moyen tiré de l'incompétence de l'auteur de l'acte dirigé contre la décision du 14 septembre 2021 rejetant le recours gracieux de Mme C doit être écarté comme inopérant.
9. En cinquième lieu, aux termes de l'article 5 du décret 60-1089 du 6 octobre 1960 : " L'allocation temporaire d'invalidité est accordée pour une période de cinq ans. A l'expiration de cette période, les droits du fonctionnaire font l'objet d'un nouvel examen dans les conditions fixées à l'article 3 ci-dessus et l'allocation est attribuée sans limitation de durée, sous réserve des dispositions des alinéas suivants et de celles de l'article 6, sur la base du nouveau taux d'invalidité constaté ou, le cas échéant supprimée. Postérieurement, la révision des droits des fonctionnaires dans les conditions précitées peut intervenir sur demande de l'intéressé formulée au plus tôt cinq ans après le précédent examen. La date d'effet de cette révision est fixée à la date du dépôt de la demande. Toutefois, en cas de survenance d'un nouvel accident ouvrant droit à allocation, et sous réserve qu'une demande ait été formulée dans les délais prescrits à l'article 1er, il est procédé à un nouvel examen des droits du requérant compte tenu de l'ensemble des infirmités. Une nouvelle allocation est éventuellement accordée, en remplacement de la précédente, pour une durée de cinq ans, avec une date de jouissance fixée conformément à l'article 4 et les droits du fonctionnaire sont ultérieurement examinés ou révisés dans les conditions prévues aux alinéas ci-dessus. "
10. Il résulte des dispositions précitées que l'allocation temporaire d'invalidité attribuée ne peut faire l'objet que d'une révision quinquennale. Il ressort des pièces du dossier que Mme C a bénéficié de l'attribution d'une allocation temporaire d'invalidité sur la période du 23 octobre 2017 au 22 octobre 2022. Si, postérieurement à cette date, l'intéressée a été victime d'une rechute de l'accident survenu le 23 mars 2017, l'allocation attribuée ne pouvait être révisée, en l'absence d'un nouvel accident de service, avant l'expiration du délai de cinq ans prévu par l'article 5 du décret précité. Ainsi quel qu'ait été la réévaluation du taux d'invalidité de la requérante, qui pourra être prise en considération lors de la révision quinquennale, le ministre de l'éducation nationale, de la jeunesse et des sports a fait une exacte application des dispositions réglementaires en vigueur.
11. Il résulte de tout ce qui précède que Mme C, sans qu'il soit besoin de statuer sur les fins de non-recevoir opposées en défense, n'est pas fondée à solliciter l'annulation des décisions en litige.
Sur les conclusions aux fins d'injonction et d'astreinte :
12. Le présent jugement n'implique aucune mesure d'exécution. Les conclusions à fin d'injonction et d'astreinte de la requérante ne peuvent ainsi qu'être rejetées.
Sur les frais liés au litige :
13. Les dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative font obstacle à ce que soit mise à la charge de l'Etat, qui n'est pas la partie perdante dans la présente instance, la somme que Mme C demande au titre des frais exposés et non compris dans les dépens.
D E C I D E:
Article 1er : La requête de Mme C est rejetée.
Article 2 : Le présent jugement sera notifié à Mme B C et à la ministre de l'éducation nationale, de la jeunesse et des sports.
Copie en sera transmise à la rectrice de l'académie de Montpellier.
Délibéré après l'audience du 30 août 2024, à laquelle siégeaient :
M. Rabaté, président,
M. Lafay, premier conseiller,
Mme Pastor, première conseillère,
Rendu public par mise à disposition au greffe le 13 septembre 20024.
Le président-rapporteur,
V. Rabaté
L'assesseur le plus ancien,
LN. Lafay
La greffière,
B. Flaesch
La République mande et ordonne à la ministre de l'éducation nationale, de la jeunesse et des sports en ce qui la concerne, et à tous commissaires de justice à ce requis, en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition conforme,
Montpellier, le 13 septembre 2024
La greffière,
B. Flaesch
N°2106053
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026