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AccueilJurisprudence administrativeN° TA34-2122117

Tribunal Administratif de Montpellier — Décision N° TA34-2122117

jeudi 10 octobre 2024

JuridictionTribunal Administratif de Montpellier
SectionTribunal Administratif de Montpellier
N° DossierTA34-2122117
TypeDécision
RecoursExcès de pouvoir
PublicationC
Formation1ère chambre
Avocat requérantCABINET D'AVOCATS MONTAZEAU & CARA

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une ordonnance n° 462171 du 4 avril 2022, le président de la section du contentieux du Conseil d'État a transmis au tribunal administratif de Montpellier, en application de l'article R. 351-8 du code de justice administrative, la requête, enregistrée au greffe du tribunal administratif de Toulouse, présentée par Mme A.

Par une requête et des mémoires enregistrés le 14 avril 2021, le 21 juin 2021, le 28 février 2022 et le 6 avril 2022, Mme C A, représentée par la Selarl MontazeauetCara, demande au tribunal :

1°) d'annuler les prescriptions prévues à l'article 2 du permis de construire accordé le 15 février 2021 par le maire de la commune du Fossat interdisant la pose de panneaux photovoltaïques, la création d'un accès supplémentaire sur les places et voirie qui bordent les parcelles du projet et contraignant l'utilisation de tuiles canal ou DC12 dans le cadre de la réhabilitation de sa maison d'habitation ;

2°) de mettre à la charge de la commune du Fossat la somme de 1 500 euros en application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Elle soutient que :

- les prescriptions sont insuffisamment motivées ;

- l'arrêté est entaché d'un vice de procédure en ce qu'il se fonde sur un avis de l'ABF qui a été retiré ;

- l'arrêté est entaché d'un vice de procédure en ce que le maire de la commune, en désaccord avec l'avis de l'Architecte des Bâtiments de France (ABF) aurait dû saisir la direction régionale des affaires culturelles ;

- l'interdiction d'un nouvel accès est illégale en ce qu'elle génère des difficultés de circulation et de stationnement et ne saurait se fonder sur l'article Ua3 du règlement du plan local d'urbanisme ;

- les prescriptions patrimoniales retenues par l'arrêté sont illégales dès lors qu'il s'agit de celles de l'avis de l'ABF du 7 octobre 2020, pourtant notablement amendées dans l'avis du 21 octobre 2020 ; ces prescriptions d'interdiction de panneaux photovoltaïques et l'obligation d'utiliser des tuiles canal ou DC12 ne sont pas justifiées ;

- la prescription de l'arrêté tenant à l'interdiction de panneaux photovoltaïques excède celle de l'ABF et n'est pas justifiée ; la position initiale des panneaux n'est pas visible depuis l'espace public ; en tout état de cause un déplacement était possible pour respecter la recommandation de l'ABF ;

- les prescriptions sont divisibles de l'arrêté.

Par des mémoires en défense, enregistrés le 30 novembre 2021 et le 4 avril 2022, la commune du Fossat, représentée par la SCP BouyssouetAssociés, conclut au rejet de la requête et à ce que la somme de 2 000 euros soit mise à la charge de Mme A au titre de l'article L. 761- 1 code de justice administrative.

Elle soutient que les moyens soulevés ne sont pas fondés.

Vu les autres pièces du dossier.

Vu :

- le code de l'urbanisme ;

- le code de justice administrative.

Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.

Ont été entendus au cours de l'audience publique :

- le rapport de M. B ;

- les conclusions de M. Goursaud, rapporteur public ;

- les observations de Me Chevalier, représentant la commune du Fossat et la communauté de communes Arize Lèze.

Considérant ce qui suit :

1. Mme A a déposé une demande de permis de construire le 11 septembre 2020 auprès des services de la commune du Fossat pour un projet de réhabilitation de sa maison d'habitation, la pose de panneaux photovoltaïques, la création d'un garage et d'un local technique. Par un arrêté du 15 février 2021, le maire de la commune a accordé ce permis de construire en l'assortissant de prescriptions à son article 2. Par sa requête, Mme A demande l'annulation de certaines prescriptions prévues par l'arrêté du 15 février 2021.

Sur les conclusions à fin d'annulation :

2. En premier lieu, aux termes de l'article L. 424-3 du code de l'urbanisme : " Lorsque la décision rejette la demande ou s'oppose à la déclaration préalable, elle doit être motivée. / Cette motivation doit indiquer l'intégralité des motifs justifiant la décision de rejet ou d'opposition, notamment l'ensemble des absences de conformité des travaux aux dispositions législatives et réglementaires mentionnées à l'article L. 421-6. Il en est de même lorsqu'elle est assortie de prescriptions, oppose un sursis à statuer ou comporte une dérogation ou une adaptation mineure aux règles d'urbanisme applicables. La motivation n'est pas nécessaire lorsque la dérogation est accordée en application des 1° à 6° de l'article L. 152-6. ".

3. Il ressort des pièces du dossier que l'arrêté en litige comporte les considérations de droit et de faits qui fondent les prescriptions mentionnées à son article 2 tenant à l'interdiction de déposer des panneaux photovoltaïques sur les toitures, l'utilisation de tuile canal ou DC12, à l'utilisation de lames verticales pour les portes de garages et l'interdiction de création d'un nouvel accès sur les places et voies qui bordent les parcelles, en faisant en particulier référence à l'avis de l'architecte des bâtiments de France du 21 octobre 2021, ainsi que les dispositions du règlement du plan local d'urbanisme de la commune en ce qui concerne la zone Ua. Par ailleurs, les motifs de ces prescriptions résultent de leur contenu même. Par suite, le moyen tiré de l'insuffisance de motivation doit être écarté.

4. En deuxième lieu, aux termes de l'article L. 632-2 du code du patrimoine : " I. - L'autorisation prévue à l'article L. 632-1 est, sous réserve de l'article L. 632-2-1, subordonnée à l'accord de l'architecte des Bâtiments de France, le cas échéant assorti de prescriptions motivées. A ce titre, ce dernier s'assure du respect de l'intérêt public attaché au patrimoine, à l'architecture, au paysage naturel ou urbain, à la qualité des constructions et à leur insertion harmonieuse dans le milieu environnant. Il s'assure, le cas échéant, du respect des règles du plan de sauvegarde et de mise en valeur ou du plan de valorisation de l'architecture et du patrimoine. Tout avis défavorable de l'architecte des Bâtiments de France rendu dans le cadre de la procédure prévue au présent alinéa comporte une mention informative sur les possibilités de recours à son encontre et sur les modalités de ce recours. Le permis de construire, le permis de démolir, le permis d'aménager, l'absence d'opposition à déclaration préalable, l'autorisation environnementale prévue à l'article L. 181-1 du code de l'environnement ou l'autorisation prévue au titre des sites classés en application de l'article L. 341-10 du même code tient lieu de l'autorisation prévue à l'article L. 632-1 du présent code si l'architecte des Bâtiments de France a donné son accord, dans les conditions prévues au premier alinéa du présent I. En cas de silence de l'architecte des Bâtiments de France, cet accord est réputé donné. L'autorité compétente pour délivrer l'autorisation peut proposer un projet de décision à l'architecte des Bâtiments de France. Celui-ci émet un avis consultatif sur le projet de décision et peut proposer des modifications, le cas échéant après étude conjointe du dossier. L'autorisation délivrée énonce, le cas échéant, les prescriptions motivées auxquelles le demandeur doit se conformer. II. - En cas de désaccord avec l'architecte des Bâtiments de France, l'autorité compétente pour délivrer l'autorisation transmet le dossier accompagné de son projet de décision à l'autorité administrative, qui statue après avis de la commission régionale du patrimoine et de l'architecture. En cas de silence, l'autorité administrative est réputée avoir approuvé ce projet de décision. La décision explicite de l'autorité administrative est mise à la disposition du public. En cas de décision tacite, l'autorisation délivrée par l'autorité compétente en fait mention. ".

5. Il résulte de ces dispositions que le visa de l'architecte des bâtiments de France valant autorisation ne peut être donné qu'à la suite de l'examen des atteintes que la construction projetée est susceptible de porter aux édifices classés ou inscrits dans le champ de visibilité desquels elle est envisagée. Toutefois, l'architecte des bâtiments de France peut délivrer un avis favorable en l'assortissant de prescriptions, relatives notamment aux couleurs, à la nature des matériaux ou à l'aménagement des lieux, afin de limiter, compenser ou supprimer les atteintes que la construction projetée serait susceptible d'apporter à l'édifice classé ou inscrit dans le champ de visibilité duquel elle est située.

6. Il résulte de ces dispositions que si, lorsqu'un avis négatif a été émis sur une demande de permis de construire par l'architecte des Bâtiments de France (ABF), cet avis s'impose au maire, sauf à saisir le préfet de région, le maire conserve, en cas d'avis favorable, la possibilité d'apprécier plus généralement si les travaux envisagés sont de nature à porter atteinte au caractère ou à l'intérêt des lieux avoisinants, aux sites, aux paysages naturels ou urbains ainsi qu'à la conservation des perspectives monumentales et, le cas échéant, de refuser le permis sollicité ou de l'assortir de prescriptions spéciales.

7. Contrairement à ce que soutient la requérante, l'arrêté en litige ne se fonde pas sur un avis de l'ABF du 7 octobre 2020, mais sur celui du 21 octobre 2020 par lequel il a donné un avis favorable assorti de prescriptions, qui est d'ailleurs le seul visé. Cet avis indique que les panneaux photovoltaïques devront être installés sur la partie non visible depuis l'espace public et que les lames des portes de garages devront être verticales. Par ailleurs, et dès lors que l'avis de l'architecte des bâtiments de France était favorable, le maire pouvait accorder le permis de construire sous réserves de prescriptions, ainsi qu'il l'a fait en émettant une prescription plus restrictive s'agissant des panneaux photovoltaïques, et en émettant une autre prescription tenant aux caractéristiques des tuiles à utiliser, sans que l'ajout de ces prescriptions ne marque un quelconque désaccord avec l'ABF nécessitant la mise en œuvre de la procédure prévue au II des dispositions précitées. Par suite, le moyen tiré du vice de procédure doit être écarté en ses deux branches.

En ce qui concerne les prescriptions :

8. L'administration ne peut assortir une autorisation d'urbanisme de prescriptions qu'à la condition que celles-ci, entraînant des modifications sur des points précis et limités et ne nécessitant pas la présentation d'un nouveau projet, aient pour effet d'assurer la conformité des travaux projetés aux dispositions législatives et réglementaires dont l'administration est chargée d'assurer le respect. Le titulaire d'une autorisation d'urbanisme est recevable à demander l'annulation d'une ou de plusieurs prescriptions dont celle-ci est assortie. Il peut utilement soulever à l'appui de telles conclusions tout moyen relatif au bien-fondé des prescriptions qu'il critique ou au respect des exigences procédurales propres à leur édiction. Toutefois, le juge ne peut annuler ces prescriptions, lorsqu'elles sont illégales, que s'il résulte de l'instruction qu'une telle annulation n'est pas susceptible de remettre en cause la légalité de l'autorisation d'urbanisme et qu'ainsi ces prescriptions ne forment pas avec elle un ensemble indivisible.

S'agissant de l'interdiction de création d'un nouvel accès :

9. Aux termes de l'article Ua3 du règlement du plan local d'urbanisme de la commune de Fossat : " Pour être constructible, les terrains doivent être desservis par des voies publiques ou privées dans des conditions répondant à l'importance et à la destination de l'immeuble, de l'ensemble d'immeubles ou de l'opération envisagée () / Les accès ne doivent pas présenter un risque pour la sécurité des usagers des voies publiques ou pour celle des personnes utilisant ces accès. Cette sécurité doit être appréciée compte tenu, notamment, de la position des accès, de leur configuration ainsi que de la nature et de l'intensité du trafic. Le nombre d'accès sur les voies publiques peut être limité dans l'intérêt de la sécurité. En particulier, lorsque le terrain est desservi par plusieurs voies, les constructions peuvent n'être autorisées que sous réserve que l'accès soit établi sur la voie où la gêne pour la circulation sera la moindre () ".

10. Il ressort des pièces du dossier que le projet de réhabilitation de Mme A intervient après le projet de réaménagement de la place du Pétricou faisant face à la propriété de Mme A par la création d'une nouvelle voie publique passant au droit de la parcelle de la requérante suivant un permis d'aménager accordé le 29 décembre 2020 et le projet de création d'une maison médicale autorisée par un permis de construire initial délivré le 29 décembre 2020 à la communauté de communes Azire-Lèze, laquelle prend place sur une partie de la place du Pétricou faisant face à la façade Sud-Est de la parcelle de la requérante. Or, il ressort des pièces du dossier que le projet de Mme A prévoit sur cette nouvelle voie publique un accès par un double garage en remplacement d'un portail existant, qui n'est pas remis en question par la prescription litigieuse, mais également la création dans le prolongement de ce double garage, d'un accès supplémentaire sur un linéaire de 8 mètres desservi par un portail coulissant et qui a vocation d'après le plan de masse et les plans des façades à permettre l'entrée et la sortie de poids lourds, lesquels sont matérialisés sur les plans du dossier de permis. Si Mme A avait pour habitude de manœuvrer ses véhicules poids lourds sur l'ancienne place publique du Pétricou, il ressort toutefois des pièces du dossier que la création de la nouvelle voie publique, avec des places de stationnement le long de celle-ci et la construction de la maison médicale située en face de ces accès poids-lourds ne permet plus la réalisation de telles manœuvres. Par ailleurs, il ressort du plan de masse que le rayon de braquage des véhicules poids lourds de Mme A nécessite à minima une largeur de 9 mètres, alors que la largeur entre la façade de Mme A et les places de stationnement nouvellement créées est très nettement inférieure à 9 mètres. Enfin, la circonstance que la parcelle de Mme A n'était pas entièrement close ne saurait être regardée comme conférant à la requérante un accès sur tout le tènement foncier donnant sur l'ancienne place du Pétricou si bien que la création de ce nouveau garage poids lourds correspond bien à la création d'un nouvel accès sur le domaine public, dont la configuration a, au demeurant, été profondément modifiée. Dans ces conditions, le nouvel accès prévu par le projet pour le stationnement de véhicules poids lourds est de nature à créer un risque et une gêne à la circulation incompatible avec la nouvelle configuration à venir de l'ancienne place du Pétricou. Par suite, Mme A n'est pas fondée à soutenir que le maire de la commune aurait fait une inexacte application des dispositions de l'article UA3 du règlement du plan local d'urbanisme et de l'article R. 111-2 du code de l'urbanisme en assortissant le permis de construire accordé d'une prescription tenant à l'interdiction de la création de ce nouvel accès poids lourds.

S'agissant de l'interdiction de pose de panneaux photovoltaïques :

11. Aux termes de l'article Ua11 du règlement du plan local d'urbanisme : " En aucun cas les constructions, clôtures et installations à édifier ou modifier ne doivent, par leur situation, leur architecture, leurs dimensions ou leur aspect extérieur, porter atteinte au caractère ou à l'intérêt des lieux avoisinants, aux sites, aux paysages naturels ou urbains, aux paysages naturels ou urbains, ainsi qu'à la conversation des perspectives monumentales ; () / 1- Construction nouvelle : / 1.1- Toiture : / Le matériau utilisé pour la toiture devra être d'aspect similaire à la tuile à surface courbe. La pente de la toiture devra être comprise entre 30 et 35 cm par mètre. Ces dispositions ne s'appliquent pas : / ° aux constructions d'une taille inférieure à 12m2 ( ) ; / ° aux constructions d'architecture contemporaine sous réserve de rester compatible avec le milieu et les paysage environnants / 1-3 Façades : Elles recevront un enduit mono-couche teinté de la masse avec une finition gratté fin ou lissé.".

12. Il est tout d'abord constant que le projet en litige se situe dans le champ de visibilité d'un monument historique, plus précisément l'Eglise du village, nécessitant l'avis conforme favorable de l'architecte des bâtiments de France.

13. Lorsque la délivrance d'une autorisation administrative est subordonnée à l'accord préalable d'une autre autorité, le refus d'un tel accord, qui s'impose à l'autorité compétente pour statuer sur la demande d'autorisation, ne constitue pas une décision susceptible de recours, des moyens tirés de sa régularité et de son bien-fondé peuvent, quel que soit le sens de la décision prise par l'autorité compétente pour statuer sur la demande d'autorisation, être invoqués devant le juge saisi de cette décision.

14. L'Architecte des bâtiments de France a émis un avis favorable en l'assortissant d'une prescription tenant à ce que les panneaux solaires devront être installés sur la partie non visible depuis l'espace public et le maire a accordé le permis sollicité en prévoyant quant à lui l'interdiction totale de pose de cette installation. Il ressort toutefois des pièces du dossier que le plan de masse du dossier de permis de construire prévoit l'installation de ces panneaux photovoltaïques sur le pan sud de la toiture du garage existant situé sur la façade Sud Est mais surélevé de deux mètres en moyenne et recouvert d'un bac acier de couleur gris anthracite. Si l'architecte des bâtiments de France a estimé que ce positionnement pouvait être visible depuis l'espace public, il ressort toutefois des pièces du dossier et en particulier du reportage photographique de la requérante que ce pan de toiture n'est pas visible dans l'état actuel et le sera moins encore après le permis de construire dès lors que la toiture sera surélevée de deux mètres en moyenne et en raison de la construction de la maison médicale supprimant les vues lointaines. Par ailleurs, à supposer même que cette toiture soit visible, il ressort des pièces du dossier que les panneaux solaires se confondront avec la couleur gris anthracite des bacs aciers sur lequel ils seront placés, qui n'ont fait l'objet d'aucune remarque de la part de l'ABF. Ensuite, il ne ressort pas des pièces du dossier que l'installation de ces panneaux photovoltaïques, peu visible ainsi qu'il a été dit, porterait atteinte aux lieux avoisinants, dès lors que les bâtiments situés aux alentours ne présentent pas de caractéristiques architecturales particulières. Dans ces conditions, Mme A est fondée à soutenir que l'architecte des bâtiments de France a fait une inexacte applications des articles L. 632-1 et suivant du code du patrimoine en limitant la pose des panneaux photovoltaïques et le maire de la commune une inexacte application des dispositions de l'article Ua11 précité en interdisant toute pose de panneaux photovoltaïques. Dès lors que l'annulation de cette prescription n'est pas de nature à remettre en cause la légalité de l'arrêté en litige dans son ensemble, Mme A est fondée à en demander l'annulation.

S'agissant des caractéristiques des tuiles :

15. Aux termes de l'article Ua11 du règlement du plan local d'urbanisme : " 2- Rénovation : 2-1 Toitures : Le matériau utilisé pour la toiture devra être d'aspect similaire à la tuile à surface courbe ; () ".

16. Il ressort des pièces du dossier que la notice descriptive du dossier de permis de construire prévoit la rénovation d'une partie de toiture existante en tuile romane de couleur rouge. Si l'arrêté en litige prévoit en prescription que la toiture du bâtiment existant devra être refaite en tuile soit canal, soit DC12, il ressort toutefois des pièces du dossier qu'une tuile romane est une tuile courbe ainsi que l'exige le règlement du plan local d'urbanisme, si bien que le maire de la commune ne pouvait exiger la pose de tuile canal ou de type DC12 (double canal). Dès lors que l'annulation de cette prescription n'est pas de nature à remettre en cause la légalité de l'arrêté en litige dans son ensemble, Mme A est fondée à en demander l'annulation.

17. Il résulte de tout ce qui précède que Mme A est seulement fondée à demander l'annulation de la prescription interdisant l'installation de panneaux photovoltaïques ainsi que de la prescription imposant l'utilisation de tuiles romanes ou double canal (DC12) pour la rénovation de la toiture.

Sur les frais liés au litige :

18. Les dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative font obstacle à ce que Mme A, qui n'a pas la qualité de partie perdante, verse à la commune du Fossat la somme qu'elle réclame au titre des frais exposés et non compris dans les dépens. Par ailleurs, dans les circonstances de l'espèce, il n'y a pas lieu de mettre à la charge de la commune du Fossat le versement à Mme A d'une quelconque somme sur le fondement de ces mêmes dispositions.

D E C I D E :

Article 1er : L'article 2 de l'arrêté du 15 février 2021 accordant le permis de construire à Mme A est annulé en tant qu'il prévoit une prescription interdisant l'installation de panneaux photovoltaïques et une prescription imposant l'utilisation de tuiles romanes ou double canal (DC12) pour la rénovation de la toiture existante.

Article 2 : Le surplus des conclusions des parties est rejeté.

Article 3 : La présente décision sera notifiée à Mme C A et à la commune du Fossat.

Délibéré après l'audience du 26 septembre 2024, à laquelle siégeaient :

Mme Fabienne Corneloup, présidente,

Mme Michelle Couégnat, première conseillère,

M. Nicolas Huchot, premier conseiller,

Rendu public par mise à disposition au greffe le 10 octobre 2024.

Le rapporteur,

N. B

La présidente,

F. CorneloupLa greffière,

A. Junon

La République mande et ordonne au préfet de l'Ariège en ce qui le concerne, ou à tous commissaires de justice à ce requis, en ce qui concerne les voies de droit commun, contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.

Pour expédition conforme,

Montpellier le 10 octobre 2024,

La greffière,

A. Junon

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