jeudi 9 novembre 2023
| Juridiction | Tribunal Administratif de Montpellier |
| Section | Tribunal Administratif de Montpellier |
| N° Dossier | TA34-2200304 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | C |
| Formation | 1ère chambre |
| Avocat requérant | MARGALL, D'ALBENAS |
Vu la procédure suivante :
Par une requête et un mémoire, enregistrés les 21 janvier 2022 et 17 mai 2023, M. B, représenté par Me Labourier, demande au tribunal :
1°) d'annuler la délibération en date du 29 juillet 2021 par laquelle le conseil municipal de la commune de Servian a approuvé le plan local d'urbanisme, ensemble la décision implicite portant rejet de son recours gracieux formé le 24 septembre 2021.
2°) de mettre à la charge de la commune de Servian une somme de 2 000 euros au titre des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Il soutient que :
- la concertation à propos des emplacements réservés est insuffisante ; il a été tenu une seule réunion publique et pas à propos des emplacements réservés ; aucune réunion publique ou atelier thématique n'a eu lieu à proximité de sa propriété et l'avis d'enquête publique n'a pas été affiché à proximité ; aucun courrier d'information ne lui a été adressé en dépit de son grand âge ; son avis aurait dû être recueilli ; le premier jour de la permanence du commissaire enquêteur a été fixé en début de déconfinement suite à la crise sanitaire et les déplacements extérieurs devaient être évités tenant son âge et sa qualité de personne vulnérable ;
- l'emplacement réservé numéro 6 situé sur la propriété de M. A a été réalisé sans concertation après que l'ancien ER n°6, tenant une erreur matérielle de la commune, et l'ER n° 7 étant dans une zone inondable, ont été supprimés à la demande de la DDTM ; ce changement ne procède pas de l'enquête publique ;
- la délibération est illégale en raison du défaut d'identification précise des parcelles concernées ;
- La délibération est entachée d'une erreur manifeste d'appréciation quant à la délimitation de l'ER n° 2.
Par un mémoire en défense, enregistré le 23 août 2022, la commune de Servian, représentée par la SCP Territoires Avocats, Me d'Albenas, conclut au rejet de la requête et à ce que soit mise à la charge de M. B une somme de 2 500 euros au titre des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Elle soutient que les moyens soulevés par M. B ne sont pas fondés.
Vu les autres pièces du dossier ;
Vu :
- le code de l'urbanisme ;
- le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de Mme Crampe,
- les conclusions de M. Goursaud, rapporteur public,
- et les observations de Me Labourier, représentant M. B et de Me Chatron, représentant la commune de Servian.
Une note en délibéré a été présentée le 19 octobre 2023 pour M. B.
Considérant ce qui suit :
1. M. B demande au tribunal l'annulation de la délibération du 29 juillet 2021 par laquelle le conseil municipal de la commune de Servian a approuvé la révision de son plan local d'urbanisme.
Sur les conclusions à fin d'annulation :
2. En premier lieu, aux termes de l'article L. 600-11 du code de l'urbanisme : " Les documents d'urbanisme et les opérations mentionnées aux articles L. 103-2 et L. 300-2 ne sont pas illégaux du seul fait des vices susceptibles d'entacher la concertation, dès lors que les modalités définies aux articles L. 103-1 à L. 103-6 et par la décision ou la délibération prévue à l'article L. 103-3 ont été respectées. Les autorisations d'occuper ou d'utiliser le sol ne sont pas illégales du seul fait des vices susceptibles d'entacher cette délibération ou les modalités de son exécution. ".
3. Il ressort des pièces du dossier, d'une part, que l'information à propos de l'organisation de concertation préalable à l'approbation due la révision du plan local d'urbanisme a été effectuée par affichage en divers lieux de la commune mais également dans la presse locale. Trois permanences du commissaire enquêteur ont été tenues en mairie, et il n'est ni établi ni même soutenu que les modalités de la concertation prévues n'auraient pas été respectées. Les dispositions précitées n'impliquent pas que les personnes concernées soient avisées personnellement des classements ou servitudes concernant leurs propriétés foncières, ni que plusieurs réunions publiques ou autres ateliers thématiques soient organisés dans leur voisinage et à ce propos, ou que des affiches soient disposées à proximité de leur domicile, alors même que ces propriétaires seraient âgés ou connaîtraient des difficultés de déplacement et soient regardées comme vulnérables dans un contexte pandémique.
4. D'autre part, s'il est vrai que la cartographie accompagnant la liste les emplacements réservés accompagnant le dossier soumis à enquête publique est à une échelle qui oblige à un effort d'attention pour repérer les parcelles concernées par les emplacements réservés, celles-ci demeurent identifiables et ont permis aux propriétaires concernés de s'exprimer à leur propos.
5. En deuxième lieu, aux termes de l'article L. 153-43 du code de l'urbanisme : " A l'issue de l'enquête publique, ce projet, éventuellement modifié pour tenir compte des avis qui ont été joints au dossier, des observations du public et du rapport du commissaire ou de la commission d'enquête, est approuvé par délibération de l'organe délibérant de l'établissement public de coopération intercommunale ou du conseil municipal. ". Il résulte de ces dispositions que le projet de plan local d'urbanisme (PLU) ne peut subir de modifications, entre la date de sa soumission à l'enquête publique et celle de son approbation, qu'à la double condition que ces modifications ne remettent pas en cause l'économie générale du projet et qu'elles procèdent de l'enquête. Doivent être regardées comme procédant de l'enquête les modifications destinées à tenir compte des réserves et recommandations du commissaire ou de la commission d'enquête, des observations du public et des avis émis par les autorités, collectivités et instances consultées et joints au dossier de l'enquête.
6. D'une part, il ressort des pièces du dossier que l'emplacement réservé (ER) n°6 initialement projeté a été supprimé ainsi que l'ER n°7 et un nouvel ER n°6 créé. Toutefois, il ressort des pièces du dossier qu'une erreur matérielle concernant l'ER n°6 et la situation de l'ER n°7 en zone inondable ont justifié que les services de la direction territoriale et de la mer qui relèvent de l'Etat, personne publique associée à l'élaboration du plan local d'urbanisme, en demandent le retrait. Quant à la création d'un nouvel emplacement réservé n°6, elle découle d'une demande du commissaire enquêteur. Ces modifications, qui n'ont pas pour effet de remettre en cause l'économie générale du projet, procèdent donc de l'enquête publique au sens des dispositions précitées, contrairement à ce que soutient M. B.
7. D'autre part, advenues après l'enquête publique dont elles procèdent, ces modifications ne peuvent être regardées comme affectant la concertation au sens des dispositions précitées au point 2.
8. En troisième lieu, la carte qui figure les emplacements réservés est suffisamment lisible pour avoir permis au public d'en repérer la nature et la localisation. M. B n'est dès lors pas fondé à soutenir que le rapport de présentation serait insuffisant à cet égard.
9. En dernier lieu, aux termes de l'article L. 151-41 du code de l'urbanisme : " Le règlement peut délimiter des terrains sur lesquels sont institués : 1° Des emplacements réservés aux voies et ouvrages publics dont il précise la localisation et les caractéristiques ; 2° Des emplacements réservés aux installations d'intérêt général à créer ou à modifier ; () ".
10. D'une part, il appartient aux auteurs d'un plan local d'urbanisme de déterminer le parti d'aménagement à retenir pour le territoire concerné par le plan, en tenant compte de la situation existante et des perspectives d'avenir, et de fixer en conséquence le zonage et les possibilités de construction et de fixer, notamment, la liste des emplacements réservés pour la création ou l'aménagement des voies et ouvrages publics ou installations d'intérêt général nécessaires. Leur appréciation sur ces différents points ne peut être censurée par le juge administratif qu'au cas où elle serait entachée d'une erreur manifeste ou fondée sur des faits matériellement inexacts.
11. D'autre part, pour apprécier la cohérence ainsi exigée au sein du plan local d'urbanisme entre le règlement et le projet d'aménagement et de développement durables, il appartient au juge administratif de rechercher, dans le cadre d'une analyse globale le conduisant à se placer à l'échelle du territoire couvert par le document d'urbanisme, si le règlement ne contrarie pas les orientations générales et objectifs que les auteurs du document ont définis dans le projet d'aménagement et de développement durables, compte tenu de leur degré de précision. Par suite, l'inadéquation d'une disposition du règlement du plan local d'urbanisme à une orientation ou un objectif du projet d'aménagement et de développement durables ne suffit pas nécessairement, compte tenu de l'existence d'autres orientations ou objectifs au sein de ce projet, à caractériser une incohérence entre ce règlement et ce projet.
12. M. B est propriétaire de parcelles cadastrées section AE n° 104 et 105 grevées par la délibération en litige d'un emplacement réservé n°2. Il ressort des pièces du dossier et en particulier du rapport de présentation du PLU que les auteurs du plan local d'urbanisme de la commune de Servian ont projeté d'anticiper sur les besoins en stationnement en créant de nouveaux parcs, notamment au moyen d'emplacements réservés, dans l'objectif de créer des stationnement aux alentours du centre-ville afin d'améliorer son accessibilité aux modes de déplacement piéton, et qu'ils ont repéré, à cet effet des terrains considérés comme des " dents creuses ". S'il est prévu au PADD de la commune un objectif 6.1.2.9.2 tendant à conforter la nature au sein de la ville et de ses abords notamment en protégeant " les jardins présents en fond de parcelles au sein des tissus urbains anciens, notamment à l'arrière des maisons de ville ", un autre axe 2.4 prévoit de " définir de nouveaux espaces de stationnement à proximité du centre-ville ". Il ne ressort ainsi pas des pièces du dossier une incohérence à avoir envisagé un emplacement réservé dédiée au stationnement sur une parcelle comprenant un jardin.
13. D'autre part, la parcelle cadastrée section AE n°104 qui supporte la maison d'habitation de M. B et son fils se prolonge par une parcelle cadastrée section AE n°105 non construite, et le ténement foncier qu'elles forment se situe le long de l'un des axes principaux vers le centre-ville. M. B ne peut utilement se prévaloir de ce que l'emplacement réservé grevant ses parcelles se situe à un peu moins d'1 kilomètre du centre-ville ni de ce qu'il existerait d'autres alternatives pour la création d'une aire de stationnement plus proches des commerces, ni enfin de l'existence de parkings dédiés aux écoles maternelles ou au CCAS, toutes circonstances qui sont sans incidence sur la légalité de l'emplacement réservé critiqué.
14. Il ne ressort ainsi pas des pièces du dossier qu'en choisissant de classer la parcelle en emplacement réservé dédié au stationnement, les auteurs du plan local d'urbanisme aient commis une erreur manifeste d'appréciation.
15. Il résulte de ce qui précède que M. B n'est pas fondé à demander l'annulation de la délibération en date du 29 juillet 2021 par laquelle le conseil municipal de la commune de Servian a approuvé le plan local d'urbanisme, ni de la décision implicite portant rejet de son recours gracieux formé le 24 septembre 2021.
Sur les frais liés au litige :
16. Les dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative font obstacle à ce que soit mise à la charge de la commune de Servian, qui n'est pas dans la présente instance la partie perdante, la somme demandée par M. B, au titre des frais exposés et non compris dans les dépens.
17. Il n'y a pas lieu, dans les circonstances de l'espèce, de faire droit aux conclusions de la commune de Servian présentée à l'encontre de M. B sur ce fondement.
D E C I D E :
Article 1er : La requête de M. B est rejetée
Article 2 : Les conclusions présentées par la commune de Servian au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative sont rejetées.
Article 3 : Le présent jugement sera notifié à M. B et à la commune de Servian.
Délibéré après l'audience du 19 octobre2023, à laquelle siégeaient :
Mme Corneloup, présidente,
Mme Couegnat, première conseillère,
Mme Crampe, première conseillère.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 9 novembre 2023.
La rapporteure
S. Crampe La présidente,
F. Corneloup
La greffière,
M. C
La République mande et ordonne au ministre de la cohésion des territoires et des relations avec les collectivités territoriales en ce qui le concerne ou à tous huissiers de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun, contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition conforme,
Montpellier, le 9 novembre 2023.
La greffière,
M. C
2
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026