jeudi 26 septembre 2024
| Juridiction | Tribunal Administratif de Montpellier |
| Section | Tribunal Administratif de Montpellier |
| N° Dossier | TA34-2201078 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | C |
| Formation | 1ère chambre |
| Avocat requérant | SCP BEDEL DE BUZAREINGUES - BOILLOT - BLAZY |
Vu la procédure suivante :
Par une requête enregistrée le 3 mars 2022, la SCI La Chataigneraie, représentée par Me Boillot, demande au tribunal :
1°) d'annuler l'arrêté n° PA 34311 21 K0005 du 4 janvier 2022 par lequel le maire de la commune de Tourbes a refusé de délivrer le permis d'aménager sollicité pour la création de neuf lots à bâtir ;
2°) d'enjoindre au maire de la commune de délivrer le permis d'aménager sollicité dans un délai d'un mois à compter de la notification de la décision à intervenir, sous astreinte de 100 euros par jour de retard ;
3°) de mettre à la charge de la commune de Tourbes la somme de 3 000 euros en application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Elle soutient que la décision :
- est entachée d'un défaut de motivation ;
- est entachée d'une erreur manifeste d'appréciation au regard de l'article L. 111-3 du code de l'urbanisme en ce que la parcelle se situe en partie urbanisée.
Par un mémoire enregistré le 18 mai 2022, le préfet de l'Hérault conclut au rejet de la requête.
Il soutient que les moyens soulevés ne sont pas fondés.
Par un mémoire en observation, enregistré le 19 octobre 2023, la commune de Tourbes indique qu'elle avait sollicité le préfet afin qu'il réexamine son appréciation sur la demande de permis d'aménager en litige et que le préfet a confirmé son avis défavorable dans un courrier du 9 octobre 2023.
Par lettre du 9 septembre 2024, les parties ont été informées, en application de l'article R. 611-7 du code de justice administrative, de ce que le jugement à intervenir était susceptible d'être fondé sur un moyen relevé d'office, tiré de la compétence liée dans laquelle se trouvait le maire de la commune pour refuser la demande de permis d'aménager compte tenu de l'avis défavorable conforme du préfet. (L. 422-5 du code de l'urbanisme).
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- le code de l'urbanisme ;
- le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de M. B ;
- les conclusions de M. Goursaud, rapporteur public ;
- les observations de Me Caremoli, représentant la SCI Chataigneraie ;
- et les observations de M. A, représentant le préfet de l'Hérault.
Considérant ce qui suit :
1. La SCI La Chataigneraie a déposé le 30 novembre 2021 auprès des services de la commune de Tourbes une demande de permis d'aménager pour la réalisation sur les parcelles cadastrées section AC n°298, 299, 300, 301 et 487 de neuf lots à bâtir. Par un arrêté du 4 janvier 2022, le maire de la commune a refusé d'accorder le permis sollicité. Par sa requête, la SCI La Chataigneraie demande l'annulation de ce refus de permis d'aménager.
Sur les conclusions à fin d'annulation :
2. En premier lieu, aux termes de l'article L. 111-3 du code de l'urbanisme, dans sa rédaction applicable à l'espèce : " En l'absence de plan local d'urbanisme, de tout document d'urbanisme en tenant lieu ou de carte communale, les constructions ne peuvent être autorisées que dans les parties urbanisées de la commune ". Et aux termes de l'article L. 422-5 du même code : " Lorsque le maire ou le président de l'établissement public de coopération intercommunale est compétent, il recueille l'avis conforme du préfet si le projet est situé : / a) Sur une partie du territoire communal non couverte par une carte communale, un plan local d'urbanisme ou un document d'urbanisme en tenant lieu () ".
3. Si, lorsque la délivrance d'une autorisation administrative est subordonnée à l'accord préalable d'une autre autorité, le refus d'un tel accord, qui s'impose à l'autorité compétente pour statuer sur la demande d'autorisation, ne constitue pas une décision susceptible de recours, des moyens tirés de sa régularité et de son bien-fondé peuvent, quel que soit le sens de la décision prise par l'autorité compétente pour statuer sur la demande d'autorisation, être invoqués devant le juge saisi de cette décision.
4. Il ressort des pièces du dossier que le plan d'occupation des sols de la commune de Tourbes est devenu caduc le 27 mars 2017 et que le préfet de l'Hérault a émis un avis conforme défavorable le 14 décembre 2021 en considérant que l'ensemble foncier du projet se situait en dehors des parties actuellement urbanisée de la commune. En vertu du principe rappelé au point 3, le maire de la commune était dès lors tenu de refuser de délivrer le permis d'aménager demandé. Compte tenu de cette situation de compétence liée dans laquelle se trouvait le maire de la commune de Tourbes, les moyens invoqués par la SCI La Chataigneraie, laquelle ne se prévaut pas de l'illégalité de l'avis du préfet à l'encontre de l'arrêté attaqué, ne peuvent qu'être écartés comme étant sans influence sur sa légalité.
5. Il résulte de ce qui précède que les conclusions à fin d'annulation de la requête doivent être rejetées, ainsi que par voie de conséquence celles présentées à fin d'injonction.
Sur les frais liés au litige :
6. Les dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative font obstacle à ce qu'une somme soit mise à la charge de la commune de Tourbes qui n'est pas, dans la présente instance, la partie perdante.
D E C I D E :
Article 1er : La requête de la SCI La Chataigneraie est rejetée.
Article 2 : La présente décision sera notifiée à la SCI La Chataigneraie, à la commune de Tourbes et au préfet de l'Hérault.
Délibéré après l'audience du 12 septembre 2024, à laquelle siégeaient :
Mme Fabienne Corneloup, présidente,
Mme Michelle Couégnat, première conseillère,
M. Nicolas Huchot, premier conseiller,
Rendu public par mise à disposition au greffe le 26 septembre 2024.
Le rapporteur,
N. B
La présidente,
F. CorneloupLa greffière,
M. C
La République mande et ordonne au préfet de l'Hérault en ce qui le concerne, ou à tous commissaires de justice à ce requis, en ce qui concerne les voies de droit commun, contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition conforme,
Montpellier le 26 septembre 2024.
La greffière,
M. C
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026