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AccueilJurisprudence administrativeN° TA34-2201251

Tribunal Administratif de Montpellier — Décision N° TA34-2201251

jeudi 10 octobre 2024

JuridictionTribunal Administratif de Montpellier
SectionTribunal Administratif de Montpellier
N° DossierTA34-2201251
TypeDécision
RecoursExcès de pouvoir
PublicationD
Formation1ère chambre
Avocat requérantRUFFEL

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête enregistrée le 11 mars 2022, M. F A, représenté par Me Ruffel, demande au tribunal :

1°) d'annuler la décision du 2 novembre 2021 par laquelle l'Office français de l'intégration et de l'immigration a refusé de rétablir les conditions matérielles d'accueil ;

2°) d'enjoindre à l'Office français de l'intégration et de l'immigration de rétablir les conditions matérielles d'accueil à M. A ;

3°) de mettre à la charge de l'Etat la somme de 1 500 euros en application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative et de la loi du 10 juillet 1991.

Il soutient que la décision :

- est entachée d'incompétence ;

- est entachée d'un défaut d'examen particulier ;

- méconnaît l'article L. 551-16 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.

Par un mémoire en défense, enregistré le 26 avril 2024, l'Office français de l'immigration et de l'intégration conclut au rejet de la requête.

Il soutient que les moyens soulevés ne sont pas fondés.

M. A a été admis au bénéfice de l'aide juridictionnelle totale par une décision du 15 février 2022.

Vu les autres pièces du dossier.

Vu :

- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;

- la loi n° 91-647 du 10 juillet 1991 ;

- le code de justice administrative.

Le président de la formation de jugement a dispensé le rapporteur public, sur sa proposition, de prononcer des conclusions à l'audience.

Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.

Ont été entendus au cours de l'audience publique :

- le rapport de M. B ;

- les observations de Me Ruffel, représentant M. A.

Une note en délibéré présentée pour M. A a été enregistrée le 26 septembre 2024.

Considérant ce qui suit :

1. M. A, né le 6 mai 1998 et de nationalité gambienne, a sollicité l'asile le 28 août 2019 et a bénéficié des conditions matérielles d'accueil. Sa demande d'asile relevant de l'Italie, M. A a fait l'objet d'une décision de reprise en charge mais n'a pas respecté plusieurs convocations. Il a sollicité le rétablissement des conditions matérielles d'accueil et par une décision du 2 novembre 2021, l'Office français de l'intégration et de l'immigration a refusé de rétablir les conditions matérielles d'accueil. Par sa requête, M. A demande l'annulation de la décision du 2 novembre 2021.

2. En premier lieu, par une décision du 1er janvier 2016, le directeur général de l'Office français de l'immigration et de l'intégration a donné délégation à M. D C, directeur territorial à Montpellier, et signataire de la décision attaquée à l'effet de signer tous les actes se rapportant aux missions dévolues à la direction de Montpellier telles que définies par la décision du 31 décembre 2013 portant organisation générale de l'Office français de l'intégration et de l'immigration. Par suite, le moyen tiré de l'incompétence du signataire de la décision attaquée manque en fait et doit être écarté.

3. En deuxième lieu, il ne ressort pas des pièces du dossier que l'Office français de l'intégration et de l'immigration n'aurait pas procédé à un examen particulier de la situation de M. A, alors que la décision mentionne que l'intéressé est célibataire et qu'un nouvel examen de vulnérabilité a été réalisé le 26 octobre 2021.

4. En troisième lieu, aux termes de l'article L 551-16 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " Il peut être mis fin, partiellement ou totalement, aux conditions matérielles d'accueil dont bénéficie le demandeur dans les cas suivants : 1° Il quitte la région d'orientation déterminée en application de l'article L. 551-3 ; 2° Il quitte le lieu d'hébergement dans lequel il a été admis en application de l'article L. 552-9 ; 3° Il ne respecte pas les exigences des autorités chargées de l'asile, notamment en se rendant aux entretiens, en se présentant aux autorités et en fournissant les informations utiles afin de faciliter l'instruction des demandes ; / () / Lorsque la décision mettant fin aux conditions matérielles d'accueil a été prise en application des 1°, 2° ou 3° du présent article et que les raisons ayant conduit à cette décision ont cessé, le demandeur peut solliciter de l'Office français de l'immigration et de l'intégration le rétablissement des conditions matérielles d'accueil. L'office statue sur la demande en prenant notamment en compte la vulnérabilité du demandeur ainsi que, le cas échéant, les raisons pour lesquelles il n'a pas respecté les obligations auxquelles il avait consenti au moment de l'acception initiale des conditions matérielles d'accueil. ". Aux termes de l'article D. 744-25 du même code : " Au sein du foyer, le bénéficiaire de l'allocation est celui qui a déposé la demande. Toutefois, le bénéficiaire peut être désigné d'un commun accord () ". Enfin, en application de l'article D. 744-26 du même code : " En application du cinquième alinéa de l'article L. 744-9, l'allocation pour demandeur d'asile est composée d'un montant forfaitaire, dont le niveau varie en fonction du nombre de personnes composant le foyer, et, le cas échéant, d'un montant additionnel destiné à couvrir les frais d'hébergement ou de logement du demandeur ".

5. Il résulte de ces dispositions que dans le cas où les conditions matérielles d'accueil ont été suspendues en application des 1°, 2° ou 3°, le demandeur peut, notamment dans l'hypothèse où la France est devenue responsable de l'examen de sa demande d'asile, en demander le rétablissement. Il appartient alors à l'Office Français de l'Immigration et de l'Intégration, pour statuer sur une telle demande de rétablissement, d'apprécier la situation particulière du demandeur à la date de la demande de rétablissement au regard notamment de sa vulnérabilité, de ses besoins en matière d'accueil ainsi que, le cas échéant, des raisons pour lesquelles il n'a pas respecté les obligations auxquelles il avait consenti au moment de l'acceptation initiale des conditions matérielles d'accueil.

6. Il ressort des pièces du dossier qu'un nouvel examen de vulnérabilité a été réalisé le 26 octobre 2021. Si M. A se prévaut de problème de santé, le certificat médical du 20 mai 2020 est insuffisamment probant pour établir une situation de vulnérabilité particulière. Par ailleurs, si M. A se prévaut d'une plaie à la jambe, il ressort des pièces du dossier que cet accident a eu lieu le 30 novembre 2021 soit postérieurement à la décision attaquée. Enfin, M. A n'explique pas les raisons pour lesquelles il ne s'est pas conformé à ses obligations attachées au bénéfice des conditions matérielles d'accueil qui lui avaient été accordées. Dans ces conditions, le moyen tiré de ce que l'Office français de l'immigration et de l'intégration aurait fait une inexacte application des dispositions précitées en refusant de rétablir les conditions matérielles d'accueil à M. A doit être écarté.

7. Il résulte de tout ce qui précède que les conclusions à fin d'annulation de la requête doivent être rejetées, ainsi que par voie de conséquence les conclusions à fin d'injonction et celles présentées au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative et de la loi du 10 juillet 1991.

D E C I D E :

Article 1er : La requête de M. A est rejetée.

Article 2 : La présente décision sera notifiée à M. F A, à Me Ruffel et à l'Office français de l'immigration et de l'intégration.

Délibéré après l'audience du 26 septembre 2024, à laquelle siégeaient :

Mme Fabienne Corneloup, présidente,

Mme Michelle Couégnat, première conseillère,

M. Nicolas Huchot, premier conseiller,

Rendu public par mise à disposition au greffe le 10 octobre 2024.

Le rapporteur,

N. B

La présidente,

F. Corneloup

La greffière,

M. E

La République mande et ordonne au ministère de l'intérieur en ce qui le concerne, ou à tous commissaires de justice à ce requis, en ce qui concerne les voies de droit commun, contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.

Pour expédition conforme,

Montpellier le 10 octobre 2024,

La greffière,

M. E

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