vendredi 11 octobre 2024
| Juridiction | Tribunal Administratif de Montpellier |
| Section | Tribunal Administratif de Montpellier |
| N° Dossier | TA34-2201385 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | C |
| Formation | 3ème chambre |
| Avocat requérant | EZZAITAB |
Vu la procédure suivante :
I] Par requête, enregistrée le 19 mars 2022 sous le n° 2201385 M. A Pastor, représenté par Me Ezzaitab, demande au tribunal :
1°) d'annuler l'ordre du 21 février 2022 qui le mute de Vauvert à Carcassonne ;
2°) d'enjoindre à ses supérieurs de le maintenir à son poste, sous astreinte de 50 euros par jour de retard ;
3°) de mettre à la charge de l'Etat une somme de 1 800 euros au titre de l'article L.761-1 du code de justice administrative.
Par mémoire, enregistré le 5 mars 2024, le ministre de l'intérieur et des outre-mer conclut au rejet du recours, à la jonction des 3 affaires connexes, et soutient que les moyens invoqués sont infondés.
Par ordonnance du 5 mars 2024 la clôture d'instruction a été fixée au 5 avril 2024.
II] Par requête, enregistrée le 27 août 2022 sous le n° 2204455, M. A Pastor, représenté par Me Ezzaitab, demande au tribunal :
1°) d'annuler le rejet implicite de son recours préalable obligatoire dirigé contre l'ordre du 21 février 2022 qui le mute de Vauvert à Carcassonne ;
2°) d'enjoindre à ses supérieurs de le maintenir à son poste, sous astreinte de 50 euros par jour de retard ;
3°) de mettre à la charge de l'Etat une somme de 1 800 euros au titre de l'article L.761-1 du code de justice administrative.
Par mémoire, enregistré le 5 mars 2024, le ministre de l'intérieur et des outre-mer conclut au rejet du recours, à la jonction des 3 affaires connexes, et soutient que les moyens invoqués sont infondés.
Par ordonnance du 5 mars 2024 la clôture d'instruction a été fixée au 5 avril 2024
III] Par requête et mémoire, enregistrés les 4 janvier 2023 et 5 avril 2024 sous le n° 2300052, M. A Pastor, représenté par Me Ezzaitab, demande au tribunal :
1°) d'annuler la décision du 24 octobre 2022 notifié le 4 novembre 2022 rejetant son recours préalable obligatoire dirigé contre l'ordre du 21 février 2022 qui le mute de Vauvert à Carcassonne ;
2°) d'enjoindre à la direction de la gendarmerie nationale de réparer son préjudice à hauteur de 1000 euros, de lui verser la somme et de le rétablir à son poste, sous astreinte de 330 euros par jour de retard 3°) de mettre à la charge de l'Etat une somme de 5 400 euros au titre de l'article L.761-1 du code de justice administrative.
Il soutient que :
- la mutation est insuffisamment motivée ;
- l'instruction 509040/ARM/DCSSA/ESSD du 29 juillet 2021 non publiée sur le site du ministère dans le délai de 4 mois prévu et base légale de la vaccination ne lui est pas opposable et est caduque, et les autres instructions et notes invoquées dont celle du 7 décembre 2021 non publiée ne sont pas opposables ;
- la vaccination n'était pas utile et nécessaire pour des militaires et des gendarmes en contact avec le public, les produits étant en phase d'essais cliniques ;
- l'information préalable n'a pas été donnée par le médecin militaire pour un consentement libre et éclairé, l'article L. 1111-2 du code de la santé publique, a été méconnu ;
- l'instruction ministérielle méconnait le pacte international relatif aux droits civils et politiques de New York, la convention d'Oviedo, la résolution 2361 de l'assemblée parlementaire du conseil de l'Europe adoptée le 27 janvier 2021 la déclaration de l'association médicale mondiale d'Helsinki la déclaration universelle sur la bioéthique et les droits de l'homme du 19 octobre 2005, et le code de Nuremberg :
- le certificat médical du 30 septembre 2021 d'inaptitude est pris par un médecin qui ne l'a pas examiné ;
- le règlement européen 2021/953 du 14 juin 2021 qui interdit les discriminations pour les personnes ne souhaitant pas se faire vacciner et le règlement 536/2014 du 16 avril 2014 qui prévoit le consentement éclairé du patient pour un essai clinique sont méconnus par l'instruction, de même l'article 21 de la charte des droits fondamentaux de l'Union européenne qui interdit les discriminations ;
- le ministre a méconnu l'article L. 4121-5 du code de la défense, et sa situation familiale, car il élève ses enfants en garde alternée ;
- la convocation devant le commandant de formation Languedoc Roussillon n'est pas au dossier ;
- placé sous l'autorité du ministre de l'intérieur, et n'étant pas en mission, il n'est pas soumis à obligation vaccinale ;
- il y a rupture d'égalité, les policiers n'étant pas soumis à l'obligation de vaccination comme les gendarmes ;
- il a fait l'objet d'une sanction déguisée suite au refus de se faire vacciner ;
- le principe Constitutionnel de dignité, les articles 16 et 16- 3 du code civil et le droit à l'information sur l'état de santé prévu par l'article L. 1111-2 du code de la santé publique sont méconnus, comme le principe du consentement libre et éclairé ;
- le ministre a commis une erreur manifeste d'appréciation, il ne présente pas de risque de contamination et ne nuit pas au bon fonctionnement du service à Vauvert ;
- l'intérêt supérieur de ses enfants et son droit au respect de sa vie privée et familiale ont été méconnus.
Par mémoire, enregistré le 9 octobre 2023, le ministre des armées indique être incompétent pour défendre.
Par mémoire, enregistré le 5 mars 2024, le ministre de l'intérieur et des outre-mer conclut au rejet du recours, à la jonction des 3 affaires connexes, et soutient que les moyens invoqués sont infondés.
Par ordonnance du 8 avril 2024 la cloture d'instruction a été fixée au 6 mai 2024.
Vu les autres pièces des dossiers.
Vu :
- la Constitution ;
- la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;
- la convention internationale relative aux droits de l'enfant ;
- le pacte international relatif aux droits civils et politiques de New York ;
- la convention sur les droits de l'homme et la biomédecine signée à Oviedo le 4 avril 1997 ;
- la déclaration universelle sur la bioéthique et les droits de l'homme du 19 octobre 2005 ;
- le traité sur le fonctionnement de l'Union européenne ;
- le règlement (UE) 2021/953 du Parlement européen et du Conseil du 14 juin 2021 ;
- le code de Nuremberg ;
- le code civil ;
- le code de la défense ;
- le code de la santé publique ;
- l'instruction 514510/ARM/DCSSA/SSD du 7 décembre 2021 du ministre des armées relative à la vaccination contre la COVID 19 dans les armées ;
- le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de M. Rabaté, rapporteur,
- les conclusions de Mme Delon, rapporteure publique,
- les observations de Me Ezzaitab, pour M. Pastor présent à l'audience.
Considérant ce qui suit :
1. Par ces 3 requêtes, qui présentent à juger les mêmes questions et appellent la jonction, M. Pastor, adjudant de gendarmerie, demande d'annuler l'ordre du 21 février 2022 qui le mute de Vauvert (Gard) à Carcassonne (Aude), le rejet implicite de son recours préalable obligatoire dirigé contre cet ordre, et la décision du 24 octobre 2022 du ministre de l'intérieur rejetant ce recours. Ces conclusions doivent être regardées comme dirigées contre la décision du 24 octobre 2022, qui s'est substitué à l'ordre de mutation du 21 février 2022 et au rejet implicite du recours préalable obligatoire dirigé contre lui.
Sur la mutation :
En ce qui concerne la légalité externe de la décision de mutation :
2. La décision du 24 octobre 2022 du ministre de l'intérieur rejetant le recours préalable obligatoire de M. Pastor contre sa mutation énonce les considérations de droit et de fait qui la fondent, en visant notamment l'instruction 514510/ARM/DCSSA/SSD du ministre des armées du 7 décembre 2021, et en indiquant son motif, le refus de l'intéressé de se faire vacciner à la COVID19 entrainant sa mutation dans une affectation non soumise à cette obligation vaccinale. Par suite, le moyen tiré de son insuffisante motivation doit être écarté.
3. Si le requérant indique que sa convocation devant le commandant de formation Languedoc Roussillon ne figure pas à son dossier de mutation, ce moyen est inopérant, aucun texte ne l'imposant.
En ce qui concerne l'application de la vaccination contre la COVID 19 au requérant :
4. En vertu de l'article L3225-1 du code de la défense : " Sans préjudice des attributions de l'autorité judiciaire pour l'exercice de ses missions -judiciaires, et de celles du ministre de l'intérieur pour l'exercice de ses missions civiles, la gendarmerie nationale est placée sous l'autorité du ministre de la défense pour l'exécution de ses missions militaires, notamment lorsqu'elle participe à des opérations des forces armées à l'extérieur du territoire national. /Le ministre de la défense participe à la gestion des ressources humaines de la gendarmerie nationale dans des conditions définies par décret en Conseil d'Etat et exerce à l'égard des personnels militaires de la gendarmerie nationale les attributions en matière de discipline ". En vertu de l'article D4122-13 du même code : " Les obligations en matière de vaccinations applicables aux militaires sont fixées par instruction du ministre de la défense ".
5. Pour contester sa mutation d'office dans l'intérêt du service, qui prend acte du refus de M. Pastor de se soumettre à l'obligation vaccinale en l'affectant, dans l'intérêt du service, sur un poste sans contact avec le public, ce dernier soutient que l'instruction du 29 juillet 2021 relative à la vaccination contre la covid-19 dans les armées ne serait pas exécutoire à défaut de publication régulière et de ce que sa situation ne pourrait être régie par une instruction du ministre des armées en sa qualité de gendarme géré par le ministre de l'intérieur affecté à des fonctions essentiellement civiles. Toutefois, il ressort des termes de la mutation en litige qu'elle n'est pas fondée sur l'instruction du 29 juillet 2021, alors que celle-ci n'était plus en vigueur à la date de ces mutations à la suite de son abrogation par l'instruction n° 514510/ARM/DCSSA/SDD du 7 décembre 2021. Il en résulte que le moyen tiré du défaut de caractère opposable de cette instruction du 29 juillet 2021 ou d'autres instructions ou notes, qui ne sont pas le fondement légal de la mutation du gendarme, ne peut, en tout état de cause, qu'être écarté.
6. Il résulte des articles 5, 15, 20 et 21 de la Constitution que cette dernière garantit la nécessaire libre disposition de la force armée. A la lumière des exigences constitutionnelles inhérentes à la sauvegarde des intérêts fondamentaux de la Nation, au premier rang desquels figurent l'indépendance nationale et l'intégrité du territoire, qui en sont la finalité, cette libre disposition de la force armée implique que soit assurée la disponibilité, en tout temps et en tout lieu, des forces armées. La gendarmerie nationale, qui relève des forces armées, exerce des missions civiles et militaires. Afin de permettre le bon accomplissement de l'ensemble de ses missions, l'état militaire exige, en vertu de l'article L. 4111-1 du code de la défense, que le militaire fasse preuve de disponibilité en toute circonstance, et l'article L. 4121-5 de ce code prévoit que " les militaires peuvent être appelés à servir en tout temps et en tout lieu ". La disponibilité constitue ainsi l'un des devoirs de tout militaire, y compris de la gendarmerie nationale. Et selon les termes de l'instruction n° 3200/DEF/DCSSA/AST/TEC/EPID du 18 février 2005 relative à la pratique de la vaccination dans les armées, l'objectif général de la vaccination du personnel militaire, qui " participe au maintien de la disponibilité opérationnelle du personnel militaire en tout temps et en tout lieu ", est de " permettre aux individus de développer une protection active spécifique vis-à-vis d'un agent infectieux dans le respect des bonnes pratiques vaccinales ".
7. Il résulte de la combinaison de ces dispositions que M. A, gendarme et militaire, était soumis à l'obligation vaccinale édictée par l'instruction du 7 décembre 2021, reprise par l'instruction n° 504783 ARM/DCSSA/SDD du 29 avril 2022 relative à la vaccination contre la covid-19 dans les armées, nonobstant le fait qu'il soit géré par le ministre de l'intérieur et n'était pas en mission. Et cette instruction contrairement à qu'il prétend, a été publiée au bulletin officiel des armées du 17 décembre 2021. Son article 3 prévoit : " la vaccination contre la COVID 19 est obligatoire pour tout militaire servant sur le territoire métropolitain au titre d'un engagement opérationnel ". Et en vertu de son article 6 : " Les situations et engagements visés au 5e de l'article 3 font l'objet d'une liste établie par l'autorité compétente ". Et il est constant que le poste de l'intéressé à Vauvert, et pas celui de Carcassonne, figurait sur cette liste. Dès lors, les moyens tirés de l'inapplicabilité de l'instruction du 7 décembre 2021 au requérant, qui ne peut utilement invoquer un principe d'égalité entre policiers et gendarmes qui est inexistant, doivent être écartés.
En ce qui concerne la légalité de la vaccination contre la COVID 19 imposée au requérant :
8. Si M. Pastor met en doute l'innocuité des vaccins à acide ribonucléique (ARN) messager contre la covid-19 et soutient que les risques de moyen et de long termes liés à ces vaccins ne sont pas connus eu égard à leur caractère expérimental, aucun des éléments qu'il apporte n'est de nature à remettre en cause le large consensus scientifique selon lequel la vaccination contre la covid-19 prémunit contre les formes graves de la maladie et présente des effets indésirables limités au regard de son efficacité
9. Si le requérant soutient que l'obligation vaccinale méconnait le principe constitutionnel de dignité, les articles 16 et 16-3 du code civil, et les articles L. 1111-2 et L. 1111-4 du code de la santé publique, il n'appartient pas au juge administratif de contrôler la cohésion des dispositions législatives entre elles ou leur constitutionnalité. Par suite, ces moyens seront écartés.
10. Il est constant que les vaccins contre la covid-19 administrés en France ont fait l'objet d'une autorisation conditionnelle de mise sur le marché de l'Agence européenne du médicament, qui procède à un contrôle strict des vaccins afin de garantir que ces derniers répondent aux normes européennes en matière de sécurité, d'efficacité et de qualité et soient fabriqués et contrôlés dans des installations agréées et certifiées. Contrairement à ce qui est soutenu, les vaccins ne sauraient dès lors être regardés comme des médicaments expérimentaux au sens de l'article L. 5121-1-1 du code de la santé publique. Est, par suite, inopérant le moyen tiré de ce que la vaccination obligatoire porterait atteinte au droit à l'intégrité physique et au droit à la dignité de la personne humaine garantis notamment par la convention d'Oviedo du 4 avril 1997 pour la protection des droits de l'homme et de la dignité de l'être humain à l'égard des applications de la biologie et de la médecine.
11. Le requérant prétend aussi que l'obligation vaccinale méconnait le règlement européen 2021/953 du 14 juin 2021 qui interdit les discriminations pour les personnes ne souhaitant pas se faire vacciner, et l'article 21 de la charte des droits fondamentaux de l'Union européenne qui interdit les discriminations sont méconnus. Toutefois, le règlement (UE) 2021/953 du Parlement européen et du Conseil du 14 juin 2021, pris dans le cadre de l'article 21 du traité sur le fonctionnement de l'Union européenne, n'est applicable qu'aux déplacements entre les Etats membres de l'Union européenne et ne porte pas atteinte aux compétences des Etats membres en matière de définition de la politique sanitaire, conformément au paragraphe 7 de l'article 168 du même traité. Et l'intéressé ne peut se prévaloir des stipulations de la charte des droits fondamentaux de l'Union européenne, lesquelles s'appliquent aux Etats membres lorsqu'ils mettent en œuvre le droit de l'Union européenne et non aux situations seulement régies par le droit interne. Par suite, ces moyens sont inopérants.
12. En vertu de l'article premier de la déclaration universelle sur la bioéthique et les droits de l'homme du 19 octobre 2005 : " 1. La présente Déclaration traite des questions d'éthique posées par la médecine, les sciences de la vie et les technologies qui leur sont associées, appliquées aux êtres humains, en tenant compte de leurs dimensions sociale, juridique et environnementale. /2. La présente Déclaration s'adresse aux États. Elle permet aussi, dans la mesure appropriée et pertinente, de guider les décisions ou pratiques des individus, des groupes, des communautés, des institutions et des sociétés, publiques et privées. ". Il ressort également de la volonté des Etats signataires de conférer à l'instrument une nature déclarative et non contraignante. Dès lors, le requérant ne peut utilement invoquer la méconnaissance des articles 3 et 6 de la déclaration universelle sur la bioéthique et les droits de l'homme du 19 octobre 2005, laquelle est dépourvue d'effet direct en droit interne.
13. La déclaration de l'association médicale mondiale d'Helsinki adoptée par la 18ème assemblée générale en 1964, qui consiste en une déclaration de principes et de recommandations prise par une organisation non gouvernementale, est dépourvue de valeur juridique. De plus, la résolution 2361 de l'assemblée parlementaire du conseil de l'Europe adoptée le 27 janvier 2021 est dépourvue de force contraignante. Par ailleurs, le code de Nuremberg n'est pas au nombre des textes diplomatiques qui, ayant été ratifiés et publiés en vertu d'une loi, ont, aux termes de l'article 55 de la constitution du 4 octobre 1958, une autorité supérieure à celle de la loi. Par suite, le requérant ne peut utilement invoquer la méconnaissance par la décision litigieuse de ces textes.
En ce qui concerne les autres moyens :
14. M. Pastor, qui n'a pas fait l'objet d'une vaccination contre la covid-19, ne peut arguer de la violation du consentement éclairé du patient pour un essai clinique.
15. L'agent a également fait l'objet d'une sanction de dix jours d'arrêt le 10 décembre 2021 pour son refus de se faire vacciner. Il n'est donc pas fondé à soutenir que sa mutation d'office en raison du même fait constitue une sanction disciplinaire déguisée, dès lors qu'elle ne relève pas une intention de l'administration de le sanctionner mais constate son inaptitude à l'emploi à Vauvert du fait de son refus de se faire vacciner. Pour le même motif, il ne peut non plus sa plaindre de ce que le médecin militaire qui a constaté son inaptitude le 30 septembre 2021 du fait de ce refus ne l'a pas examiné personnellement.
16. Aux termes de l'article L. 4121-5 du code de la défense : " Les militaires peuvent être appelés à servir en tout temps et en tout lieu. / Dans toute la mesure compatible avec le bon fonctionnement du service, les mutations tiennent compte de la situation de famille des militaires ". Si M. Pastor fait valoir que sa mutation porte une grave atteinte à sa vie privée et familiale et à l'intérêt supérieur de ses enfants scolarisés, qui sont en garde alternée alors que son ex-épouse travaille à Palavas et réside à Lunel, il ressort des pièces du dossier que ces enfants, nés les 28 janvier 2004 et 24 décembre 2005, étaient pour l'un majeur et pour l'autre presque majeur à date de la décision attaquée. Dès lors, même si le temps de trajet et la distance entre Lunel et Carcassonne, 1 heure 46 en voiture pour 174,5 kilomètres sont supérieurs à ceux existant entre Lunel et Vauvert, 22 minutes et 14,6 kilomètres, et alors qu'il n'est pas établi qu'une affectation plus proche sans contact avec le public pouvaient être proposée à l'intéressé, les moyens tirés de la méconnaissance des articles L. 421-5 du code de la défense, 3-1 de la convention internationale relative aux droits de l'enfant et 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales doivent être écartés.
17. Pour les mêmes motifs, la mutation n'est pas entachée d'erreur manifeste d'appréciation, à supposer même que l'agent comme il le prétend n'ait pas risqué de contaminer ses collèges et les usagers du service à Vauvert.
18. Il résulte de tout ce qui précède que les conclusions à fin d'annulation des recours doivent être rejetées.
Sur les injonctions :
19. Le présent jugement, qui rejette les conclusions à fin d'annulation des recours, n'implique aucune mesure d'exécution. Dès lors, les conclusions aux fins d'injonction sous astreinte des recours doivent aussi être rejetées.
Sur les frais liés au litige :
20. Les dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative font obstacle à ce que soit mise à la charge de l'Etat, qui n'est pas, dans la présente instance, la partie perdante, une somme.
D E C I D E:
Article 1er : Les requêtes de M. Pastor sont rejetées.
Article 2 : Le présent jugement sera notifié à M. A Pastor et au ministre de l'intérieur.
Délibéré à l'issue de l'audience du 27 septembre 2024 à laquelle siégeaient :
M. Rabaté, président,
Mme Pastor, première conseillère,
Mme Marcovici, conseillère.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 11 octobre 2024.
Le rapporteur,
V. Rabaté
L'assesseur le plus ancien,
I. Pastor
La greffière,
B. Flaesch
La République mande et ordonne au ministre de l'intérieur, en ce qui le concerne, et à tous commissaires de justice à ce requis, en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition conforme,
Montpellier, le 11 octobre 2024
La greffière,
B. Flaesch
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026