jeudi 10 octobre 2024
| Juridiction | Tribunal Administratif de Montpellier |
| Section | Tribunal Administratif de Montpellier |
| N° Dossier | TA34-2201656 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | C |
| Formation | 1ère chambre |
| Avocat requérant | ZURBACH |
Vu la procédure suivante :
Par une requête et un mémoire, enregistrés les 1er avril 2022 et 1er février 2023, Mme A et M. E J, représentés par Me Zurbach, demandent au tribunal :
1°) d'annuler l'arrêté en date du 3 février 2022 par lequel le maire de la commune de Brignac a préempté la parcelle cadastrée section AE n° 189 ;
2°) de mettre à la charge de la commune de Brignac, une somme de 2 000 euros au titre des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Ils soutiennent que :
- la décision est insuffisamment motivée au regard de l'objet particulier de la préemption au titre des espaces naturels sensibles énoncée par l'article L.113-8 du code de l'urbanisme ;
- elle contient une contradiction dans ses motifs de droit ;
- il devra être justifié de la délégation donnée au maire par le conseil municipal ;
- elle a été adoptée par un conseiller intéressé et elle constitue un détournement de pouvoir ;
- elle méconnaît les dispositions des articles L. 113-8 et L. 215-4 du code de l'urbanisme en ce qu'il n'est pas démontré que la parcelle préemptée est située dans le périmètre d'un espace naturel sensible institué par le département ou l'Etat, et en ce qu'elle ne présente pas un tel caractère d'espace naturel sensible ; le projet d'aménagement n'est pas un lien avec leur protection.
Par un mémoire en défense, enregistré le 27 janvier 2023, la commune de Brignac représentée par la SCP Cascio - Ortal - Dommée - Marc conclut au rejet de la requête et à ce que soit mise à la charge de M. et Mme J une somme de 2 000 euros au titre des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Elle soutient que :
- la requête est irrecevable car le vendeur a renoncé à la vente et le litige ne relève pas de la compétence des juridictions administratives ;
- les moyens soulevés par M. et Mme J ne sont pas fondés.
Par un mémoire enregistré le 26 février 2023, MM. L et F I informent le tribunal qu'ils souhaitent poursuivre la vente en faveur de M. et Mme J en cas d'annulation de la décision en litige.
Vu les autres pièces du dossier ;
Vu :
- le code de l'urbanisme ;
- le code général des collectivités territoriales ;
- le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de Mme B,
- les conclusions de M. Goursaud, rapporteur public,
- et les observations de Me Zurbach, représentant M. et Mme J et K, représentant la commune de Brignac.
Considérant ce qui suit :
1. Les consorts I ont mis en vente la parcelle cadastrée section AE n°189, d'une surface de 1 699 mètres carrés, sise au lieu-dit " Le Clos du Calvaire ", à Brignac. M. C D, Mme A J et M. E J se sont portés acquéreurs au prix de vingt-deux mille euros, en vue d'y réaliser une activité agricole. Par décision du 25 janvier 2022, le département a indiqué ne pas faire usage de son droit de préemption. Par un arrêté du 3 février 2022, la mairesse de Brignac a préempté la parcelle cadastrée AE n°189, décision dont M. et Mme J demandent, par leur requête, l'annulation.
Sur les fins de non-recevoir opposées en défense :
2. En premier lieu, si la commune fait valoir que sa décision n'a plus d'effet dès lors que le propriétaire a renoncé à vendre la parcelle faisant l'objet de la décision attaquée, la seule circonstance qu'un propriétaire renonce, en application de ces dispositions, à aliéner un bien qui fait l'objet d'une décision de préemption n'est pas de nature, à elle seule, à épuiser les effets de cette décision. Il y a donc lieu de statuer sur la légalité de l'arrêté du 3 février 2022.
3. En second lieu, la présente instance ne saurait se réduire à un litige entre vendeur et acquéreur dès lors que l'arrêté attaqué constitue une décision administrative. La fin de non-recevoir opposée en défense tirée de l'incompétence du juge administratif doit ainsi être écartée.
Sur les conclusions à fin d'annulation :
4. Selon l'article L. 113-8 du code de l'urbanisme : " Le département est compétent pour élaborer et mettre en œuvre une politique de protection, de gestion et d'ouverture au public des espaces naturels sensibles, boisés ou non, destinée à préserver la qualité des sites, des paysages, des milieux naturels et des champs naturels d'expansion des crues et d'assurer la sauvegarde des habitats naturels selon les principes posés à l'article L. 101-2. ". Aux termes de l'article L. 215-1 du même code : " Pour mettre en œuvre la politique prévue à l'article L. 113-8, le département peut créer des zones de préemption dans les conditions définies au présent article. (). ". Et aux termes de l'article L. 215-7 du code de l'urbanisme : " La commune peut se substituer au département si celui-ci n'exerce pas son droit de préemption () ".
5. Il résulte de ces dispositions que les décisions de préemption qu'elles prévoient doivent être justifiées à la fois par la protection des espaces naturels sensibles et par l'ouverture ultérieure de ces espaces au public, sous réserve que la fragilité du milieu naturel ou des impératifs de sécurité n'y fassent pas obstacle.
6. L'arrêté en litige est motivé par l'intérêt que présente la parcelle préemptée dans le cadre de la qualité du paysage et de l'environnement naturel. Il précise que la parcelle vise à assurer une transition douce entre les espaces habités et les campagnes. La commune se réfère au rapport de présentation du plan local d'urbanisme, lequel évoque la poursuite d'un objectif de création d'une coulée ou trame verte autour de sa zone urbaine, par un traitement paysager de ses franges, et en vue de créer un espace qui sera dédié à la biodiversité et aux cheminements doux. Toutefois, cette motivation même si elle répond à un intérêt général ne concerne pas une politique de protection, de gestion et d'ouverture au public des espaces naturels sensibles au sens des dispositions précitées. Les requérants sont dès lors fondés à soutenir que le projet d'aménagement n'est pas un lien avec leur protection, et méconnaît les dispositions précitées des articles L. 113-8 et L. 215-1 du code de l'urbanisme.
7. Pour l'application de l'article L. 600-4-1 du code de l'urbanisme, aucun autre moyen n'est susceptible de fonder l'annulation de la décision contestée.
8. Il résulte de ce qui précède que M. et Mme J sont fondés à demander l'annulation de l'arrêté du 3 février 2022 par lequel la mairesse de Brignac a préempté la parcelle cadastrée section AE n°189.
Sur les frais liés au litige :
9. Les dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative font obstacle à ce que soit mise à la charge de M. et Mme J, qui ne sont pas dans la présente instance la partie perdante, la somme demandée par la commune de Brignac, au titre des frais exposés par eux et non compris dans les dépens.
10. Il y a lieu en revanche, dans les circonstances de l'espèce, de faire application de ces dispositions et de mettre à la charge de la commune de Brignac une somme de 1 500 euros au titre des frais non compris dans les dépens exposés par M. et Mme J.
D E C I D E :
Article 1er : L'arrêté du l'arrêté du 3 février 2022 par lequel la mairesse de Brignac a préempté la parcelle cadastrée section AE n°189 est annulé.
Article 2 : La commune de Brignac versera à Mme et M. J une somme de 1 500 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Article 3 : Les conclusions de la commune de Brignac présentées au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative sont rejetées.
Article 4 : Le présent jugement sera notifié à Mme A J, à M. E J, à M. L I, à Mme H I, à M. F I et à la commune de Brignac.
Délibéré après l'audience du 26 septembre 2024, à laquelle siégeaient :
Mme Fabienne Corneloup, présidente,
Mme Michelle Couégnat, première conseillère,
Mme Sophie Crampe, première conseillère.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 10 octobre 2024.
La rapporteure
S. B La présidente,
F. Corneloup
La greffière,
M. G
La République mande et ordonne au ministre du partenariat avec les territoires et de la décentralisation en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun, contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition conforme,
Montpellier, le 10 octobre 2024.
La greffière,
M. G
2
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026