mardi 10 décembre 2024
| Juridiction | Tribunal Administratif de Montpellier |
| Section | Tribunal Administratif de Montpellier |
| N° Dossier | TA34-2201747 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | C |
| Formation | 6ème Chambre |
| Avocat requérant | S.C.P. CHICHET-HENRY AVOCATS - HG&C |
Vu la procédure suivante :
Par une requête et des mémoires, enregistrés le 6 avril 2022, le 20 avril 2022, le 14 mai 2022 et le 16 septembre 2024 (ce dernier non communiqué), le syndicat des copropriétaires "'Village des Aloes II'", Mme E A, Mme D C et M. F B, représentés par Me Paloux, demandent au tribunal, dans leurs dernières écritures :
1°) de donner acte au syndicat des copropriétaires "'Village des Aloes II'", à Mme C et à M. B de leur désistement';
2°) d'annuler la délibération du 7 octobre 2021 par laquelle le conseil municipal de la commune de Cerbère a approuvé le plan local d'urbanisme ;
3°) de mettre à la charge de la commune de Cerbère la somme de 4 000 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Mme A soutient que :
- le rapport de présentation est insuffisant au regard de l'article L. 151-4 du code de l'urbanisme dès lors que l'inventaire des parcs de stationnement n'est pas suffisamment précis sur leur capacité réelle et effective sur le territoire de la commune';
- le plan local d'urbanisme est entaché d'incohérence au regard du projet d'aménagement et de développement durables dès lors que ses auteurs n'ont pas adopté de règles générales ou de servitudes d'utilisation des sols pour atteindre l'objectif de réorganisation de l'offre de stationnement';
- il est incompatible avec l'article L. 121-8 du code de l'urbanisme et le schéma de cohérence territoriale Littoral Sud :
* la zone 1AUa en entrée Nord du village est localisée par le schéma de cohérence territoriale dans un espace naturel à protéger d'intérêt écologique prioritaire';
* les zones 1AUb du secteur de la Solane empiètent dans une zone à vocation agricole et d'intérêt écologique de ce schéma';
* en toute hypothèse, les zones concernées ne respectent pas l'article L. 121-8 du code de l'urbanisme qui exige que l'extension de l'urbanisation se fasse en continuité avec les agglomérations et villages existants.
Par un mémoire en défense, enregistré le 12 juillet 2022, la commune de Cerbère, représentée par la SCP Chichet-Henry-Pailles-Garidou-Renaudin, conclut au rejet de la requête, à la mise à la charge de Mme A d'une somme de 5 000 euros en application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative et à sa condamnation à une amende en application de l'article R. 741-12 de ce code.
Elle fait valoir qu'aucun des moyens de la requête n'est fondé et que Mme A utilise la voie juridictionnelle comme moyen de pression pour disposer d'une place de stationnement qu'elle n'a pas acquise lors de l'achat de son bien.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- le code de l'urbanisme';
- le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de M. Didierlaurent,
- les conclusions de M. Sanson, rapporteur public,
- les observations de Me Henry, représentant la commune de Cerbère.
Considérant ce qui suit :
1. Par une délibération du 7 octobre 2021, le conseil municipal de la commune de Cerbère a approuvé le plan local d'urbanisme de la commune. Par la présente requête, le syndicat des copropriétaires "'Village des Aloes II'", Mme A, Mme C et M. B doivent être regardés comme demandant l'annulation de cette délibération et de la décision du 3 mars 2022 par laquelle le maire de la commune a rejeté leur recours gracieux.
Sur les désistements :
2. Par un mémoire, enregistré le 20 avril 2022, le syndicat des copropriétaires "'Village des Aloes II'" et, par un mémoire, enregistré le 14 mai 2022, Mme C et M. B déclarent se désister de leur requête. Ces désistements étant purs et simples, rien ne s'oppose à ce qu'il en soit donné acte.
Sur les conclusions à fin d'annulation :
En ce qui concerne le rapport de présentation :
3. Aux termes de l'article L. 151-4 du code de l'urbanisme dans sa version alors en vigueur : "'Le rapport de présentation explique les choix retenus pour établir le projet d'aménagement et de développement durables, les orientations d'aménagement et de programmation et le règlement. / () Il établit un inventaire des capacités de stationnement de véhicules motorisés, de véhicules hybrides et électriques et de vélos des parcs ouverts au public et des possibilités de mutualisation de ces capacités'".
4. Mme A soutient que le rapport de présentation n'est pas suffisamment précis sur la capacité réelle et effective des places de stationnement sur le territoire de la commune. Il ressort toutefois de la lecture de ce rapport qu'il comporte un inventaire des capacités de stationnement et des possibilités de mutualisation qui recense le nombre de places de stationnement disponibles, ventilé notamment entre les parcs de stationnement aménagés et les aires non aménagées avec l'indication, pour chaque lieu, de leur caractère public ou privé. En outre, en ce qui concerne les aires non aménagées, le même rapport indique, au titre de la méthodologie de comptabilisation qu'il expose, que le nombre de places disponibles résulte d'une estimation effectuée au moyen d'un ratio de 25 m² par véhicule afin d'intégrer à la fois l'espace occupé et le dégagement nécessaire pour occuper la place. Il indique, par ailleurs, que ne sont pas comptabilisés le stationnement sur chaussée et celui sur l'espace public. Enfin, il expose, en localisant les parcs et aires sur une carte de la commune que, sur le secteur de Peyrefitte, les espaces non aménagés sont importants et se concentrent de manière désorganisée au niveau de la plage. Dans ces conditions, le rapport de présentation est suffisamment précis et le moyen tiré de la méconnaissance de l'article L. 151-4 du code de l'urbanisme doit être écarté comme manquant en fait.
En ce qui concerne la cohérence du plan local d'urbanisme avec le projet d'aménagement et de développement durables :
5. Aux termes de l'article L. 151-5 du code de l'urbanisme : "'Le projet d'aménagement et de développement durables définit : / 1° Les orientations générales des politiques d'aménagement, d'équipement, d'urbanisme, de paysage, de protection des espaces naturels, agricoles et forestiers, et de préservation ou de remise en bon état des continuités écologiques'; / 2° Les orientations générales concernant l'habitat, les transports et les déplacements, les réseaux d'énergie, le développement des énergies renouvelables, le développement des communications numériques, l'équipement commercial, le développement économique et les loisirs, retenues pour l'ensemble de l'établissement public de coopération intercommunale ou de la commune. / ()'". Aux termes de l'article L. 151-8 du code de l'urbanisme : "'Le règlement fixe, en cohérence avec le projet d'aménagement et de développement durables, les règles générales et les servitudes d'utilisation des sols permettant d'atteindre les objectifs mentionnés aux articles L. 101-1 à L. 101-3.'".
6. Il ressort des pièces du dossier que le projet d'aménagement et de développement durables du plan local d'urbanisme comporte une orientation générale n° 3 tendant à l'"'amélioration des déplacements internes à la commune tout en favorisant les connexions avec la plateforme ferroviaire'" précisant notamment un objectif particulier de "'réorganiser l'offre de stationnement pour l'adapter à la superposition des demandes dans l'espace'" et une orientation générale n° 4 tendant à la "'requalification du site de Peyrefite'" laquelle vise à "'préserver les espaces naturels remarquables, tout en réhabilitant, requalifiant et homogénéisant l'urbanisation existante du site, tout en améliorant la sécurité des déplacements'" et précisant notamment un objectif particulier d'"'améliorer l'offre de stationnement tout en garantissant son intégration paysagère'". Si Mme A soutient que les auteurs du plan local d'urbanisme ne se sont pas donné les moyens pour répondre à l'objectif d'amélioration de l'offre de stationnement, elle se borne à soutenir que le stationnement résidentiel est défaillant dans le secteur de Peyrefite où se trouve sa copropriété. Alors que la cohérence exigée entre le règlement du plan local d'urbanisme et le projet d'aménagement et de développement durables s'apprécie dans le cadre d'une analyse globale conduisant le juge à se placer à l'échelle du territoire couvert par le plan, il ressort des pièces du dossier, en particulier de l'inventaire mentionné au point 4, que ses auteurs se sont livrés à un recensement des possibilités de stationnement dans le secteur et ont entendu répondre à l'objectif de requalification du site de Peyrefite en intégrant, ainsi qu'il ressort du document graphique relatif à ce secteur, les protections et contraintes résultant de sa localisation. Dans ces conditions, Mme A n'établit pas que la délibération attaquée contrarie les orientations générales et objectifs que les auteurs du document ont définis dans le projet d'aménagement et de développement durables.
En ce qui concerne la compatibilité avec l'article L. 121-8 du code de l'urbanisme et le SCOT Littoral Sud :
7. Aux termes des dispositions du premier aliéna de l'article L. 121-8 du code de l'urbanisme : "'L'extension de l'urbanisation se réalise en continuité avec les agglomérations et villages existants'".
8. Il résulte des articles L. 131-4 et L. 131-7 du même code, que, s'agissant d'un plan local d'urbanisme, il appartient à ses auteurs de s'assurer, sous le contrôle du juge de l'excès de pouvoir, de sa compatibilité avec les dispositions du code de l'urbanisme particulières au littoral. Dans le cas où le territoire concerné est couvert par un schéma de cohérence territoriale, cette compatibilité s'apprécie en tenant compte des dispositions de ce document relatives à l'application des dispositions du code de l'urbanisme particulières au littoral, sans pouvoir en exclure certaines au motif qu'elles seraient insuffisamment précises, sous la seule réserve de leur propre compatibilité avec ces dernières.
9. Il ressort des pièces du dossier que le schéma de cohérence territoriale (SCOT) Littoral Sud met en œuvre les dispositions particulières au littoral au titre du III. A de son document d'orientations et d'objectifs (DOO) consacré aux "'orientations et objectifs pour la protection et la mise en valeur du littoral et de la mer par l'harmonisation des dispositions de la loi Littoral'". Ce document définit les espaces proches du rivage ainsi que les villages et agglomérations au sens des dispositions de l'article L. 121-8 du code de l'urbanisme et auxquels appartient la commune de Cerbère. Il comporte en outre des prévisions destinées à protéger la bande des 100 mètres, préserver les espaces proches du rivage, ménager des coupures d'urbanisation, protéger les espaces remarquables qu'il identifie, déterminer la capacité d'accueil et contenir les extensions d'urbanisation au sein des espaces proches du rivage. Il indique enfin que sur l'ensemble des communes littorales, aucun nouveau camping ne peut être créé.
10. Il résulte de ce qui précède que le SCOT Littoral Sud met en œuvre les dispositions de l'article L. 121-8 du code de l'urbanisme et qu'il doit être tenu compte de ses dispositions, qui ne sont elles-mêmes pas incompatibles avec les dispositions particulières au littoral, afin d'apprécier la compatibilité du plan local d'urbanisme en cause au regard des dispositions de l'article L. 121-8 du code de l'urbanisme.
11. En premier lieu, il ressort des pièces du dossier que le DOO du SCOT Littoral Sud prévoit notamment que les extensions de l'urbanisation seront possibles sur le secteur "'Entrée Nord'" et sur le secteur "'La Solane'", respectivement délimités par le plan local d'urbanisme en litige en zone 1AUa et 1AUb. Il ressort en outre de la lecture combinée du plan de zonage du plan local d'urbanisme et de la carte de synthèse du DOO du SCOT précité que ces zones sont délimitées en bordure immédiate des zones urbanisées de la commune de Cerbère et qu'elles ne sont concernées que par l'objectif d'"'assurer la protection des espaces naturels et boisés et y faciliter les conditions de valorisation°" de ce document. Dans ces conditions, les moyens tirés de l'incompatibilité de ces délimitations avec le SCOT Littoral sud en ce que, d'une part, la zone 1AUa en entrée Nord du village est localisée par le schéma de cohérence territoriale dans un espace naturel à protéger d'intérêt écologique prioritaire et, d'autre part, en ce que les deux zones 1AUb secteur de la Solane empiètent dans une zone à vocation agricole et d'intérêt écologique de ce schéma manquent en fait et doivent être écartés.
12. En second lieu, il ressort de qui a été dit aux points 9 et 11 que les zones 1AUa et 1AUb en litige sont délimitées par le plan local d'urbanisme en bordure immédiate des secteurs urbanisés de la commune de Cerbère et que le DOO du SCOT Littoral Sud prévoit notamment que les extensions de l'urbanisation seront possibles sur le secteur "'Entrée Nord'" et sur le secteur "'La Solane'" où sont délimitées les zones en litige en bordure immédiate des zones urbanisées de la commune. Au surplus, ainsi qu'il ressort de la carte d'extension de l'urbanisation dans les espaces proches du rivage de ce document, elles sont délimitées dans les secteurs localisés en espaces proches du rivage pouvant faire l'objet d'une extension de l'urbanisation au titre de l'article L. 121-13 du code de l'urbanisme. Par suite, le moyen tiré de l'incompatibilité de la délibération avec l'article L. 121-8 du code de l'urbanisme doit également être écarté.
13. Il résulte de ce qui précède que la requête de Mme A doit être rejetée.
Sur l'application de l'article R. 741-12 du code de justice administrative :
14. La faculté d'infliger à un requérant une amende pour recours abusif sur le fondement de l'article R. 741-12 du code de justice administrative constitue un pouvoir propre du juge. Par suite, les conclusions de la commune de Cerbères tendant à ce que le tribunal inflige une telle amende à Mme A sont irrecevables.
Sur les frais liés au litige :
15. Les dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative s'opposent à ce que la somme réclamée par Mme A au titre des frais exposés par elle et non compris dans les dépens soit mise à la charge de la commune de Cerbère, qui n'est pas la partie perdante dans la présente instance. Il y a lieu, en revanche, dans les circonstances de l'espèce, de mettre à la charge de Mme A une somme de 2 000 euros à verser à la commune de Cerbère au titre des frais exposés par elle en défense, sur le fondement de ces mêmes dispositions.
D E C I D E :
Article 1er : Il est donné acte du désistement du syndicat des copropriétaires "'Village des Aloes II'", de Mme C et de M. B.
Article 2 : La requête de Mme A est rejetée.
Article 3 : Mme A versera une somme de 2 000 euros à la commune de Cerbère sur le fondement des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Article 4 : Le présent jugement sera notifié au syndicat des copropriétaires "'Village des Aloes II'", à Mme E A, à Mme D C, à M. F B et à la commune de Cerbère.
Délibéré après l'audience du 26 novembre 2024, à laquelle siégeaient :
Mme Encontre, présidente,
M. Meekel, premier conseiller,
M. Didierlaurent, conseiller.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 10 décembre 2024.
Le rapporteur,
M. Didierlaurent La présidente,
S. Encontre
La greffière,
C. Arce
La République mande et ordonne au préfet des Pyrénées-Orientales en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun, contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition,
Montpellier, le 10 décembre 2024
La greffière,
C. Arce
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Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026