jeudi 26 septembre 2024
| Juridiction | Tribunal Administratif de Montpellier |
| Section | Tribunal Administratif de Montpellier |
| N° Dossier | TA34-2202069 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | C |
| Formation | 1ère chambre |
| Avocat requérant | BAZIN |
Vu la procédure suivante :
Par une requête et un mémoire, enregistrés les 22 avril 2022 et 11 juillet 2024, Mme D C, agissant pour le compte de sa fille mineure B A, représentée par Me Bazin, demande au tribunal :
1°) d'annuler la décision du 24 février 2022 par laquelle l'Office français de l'immigration et de l'intégration a implicitement rejeté son recours gracieux et refusé d'octroyer les conditions matérielles d'accueil à sa fille, B A ;
2°) d'enjoindre à l'Office français de l'immigration et de l'intégration, à titre principal, de lui accorder le bénéfice des conditions matérielles d'accueil et de lui verser l'allocation pour demandeur d'asile dans un délai de trois jours à compter de la notification du jugement à intervenir, sous astreinte de 150 euros par jour de retard, et à titre subsidiaire, de réexaminer sa situation dans les mêmes conditions de délai et d'astreinte ;
3°) de condamner l'Office français de l'immigration et de l'intégration à verser à Me Bazin la somme de 1 800 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative et de l'article 37 de la loi du 10 juillet 1991 relative à l'aide juridique sous réserve de renonciation à percevoir la somme correspondant à la part contributive de l'État au titre de l'aide juridictionnelle.
Elle soutient que :
- la décision est entachée d'une erreur de droit et d'une erreur manifeste d'appréciation au regard des articles L. 551-15 et L. 552-8 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile eu égard à la vulnérabilité de sa fille et à la situation de précarité dans laquelle se trouve sa famille ;
- la décision méconnaît les stipulations de l'article 3-1 de la convention internationale des droits de l'enfant dès lors qu'en privant sa fille des ressources nécessaires pour subvenir à ses besoins de première nécessité, elle porte atteinte à son intérêt supérieur.
Par un mémoire en défense enregistré le 26 juin 2024, l'Office français de l'immigration et de l'intégration conclut au rejet de la requête.
Il soutient que les moyens soulevés ne sont pas fondés.
Mme C a obtenu le bénéfice de l'aide juridictionnelle totale par décision de la présidente du bureau d'aide juridictionnelle du 23 mai 2022.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- la convention internationale des droits de l'enfant signée à New York le 26 janvier 1990 ;
- la directive 2013/33/UE du Parlement européen et du Conseil du 26 juin 2013
- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- la loi n° 91-647 du 10 juillet 1991 ;
- le code de justice administrative.
La présidente de la formation de jugement a dispensé le rapporteur public, sur sa proposition, de prononcer des conclusions à l'audience.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Le rapport de Mme Couégnat, rapporteure, a été entendu au cours de l'audience publique.
Considérant ce qui suit :
1. Mme C, définitivement déboutée le 25 février 2021, avec son époux, de leurs demandes d'asile, a présenté le 9 juillet 2020, une demande d'asile pour le compte de leur fille B A, née en France le 19 janvier 2020. Sa demande tendant au bénéfice des conditions matérielles d'accueil pour B a été rejetée par une décision du 26 octobre 2021 de l'Office français de l'immigration et de l'intégration contre laquelle elle a formé un recours administratif préalable obligatoire le 23 décembre 2021, qui est resté sans réponse. Par la présente requête, elle demande l'annulation de la décision implicite par laquelle l'Office français de l'immigration et de l'intégration a refusé de faire droit à son recours.
Sur les conclusions à fin d'annulation :
2. Aux termes de l'article L. 551-15 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " Les conditions matérielles d'accueil peuvent être refusées, totalement ou partiellement, au demandeur dans les cas suivants :() 3° Il présente une demande de réexamen de sa demande d'asile ;() La décision de refus des conditions matérielles d'accueil prise en application du présent article est écrite et motivée. Elle prend en compte la vulnérabilité du demandeur. ".
3. Alors que sa décision initiale est motivée par la seule circonstance que l'intéressée présente une demande de réexamen de sa demande d'asile, l'Office français de l'immigration et de l'intégration soutient dans son mémoire en défense que la requérante n'apporte pas d'éléments nouveaux susceptibles de modifier le sens de la décision. Il ressort toutefois des pièces du dossier que B A, née pendant l'examen des demandes d'asile de ses parents, était âgée d'un peu moins de trois ans à la date de la décision contestée, qu'elle est présente sur le territoire avec ses deux parents, son frère âgé de 4 ans, sa mère étant enceinte à la date de la décision contestée. Il ressort en outre des termes du rapport circonstancié établi par la travailleuse sociale qui suivait initialement la famille pour le compte de l'association Gammes, non contesté par le défendeur, que la famille ne percevait plus aucune ressource, était simplement mise à l'abri par le 115 et qu'elle avait des difficultés à s'alimenter et à s'équiper pour l'entretien de ses enfants. Ainsi, la requérante est fondée à soutenir qu'en refusant de leur attribuer le bénéfice des conditions matérielles d'accueil, le directeur général de l'Office français de l'immigration et de l'intégration a commis une erreur manifeste d'appréciation dans l'appréciation de la vulnérabilité de B A et de son foyer.
4. Il résulte de ce qui précède que la décision implicite confirmant le refus d'octroi des conditions matérielles d'accueil doit être annulée, sans qu'il soit besoin d'examiner les autres moyens de la requête.
Sur les conclusions à fin d'injonction :
5. Il résulte de l'instruction que l'enfant B A a obtenu le statut de réfugiée le 6 octobre 2022. Par suite, l'annulation prononcée par le présent jugement, eu égard à son motif, implique nécessairement que l'Office français de l'intégration et de l'immigration lui accorde le bénéfice des conditions matérielles d'accueil en tenant compte de la composition de la famille pour la période du 26 octobre 2021 jusqu'à la fin du mois de la notification de la décision définitive prise sur sa demande d'asile le 6 octobre 2022, sauf à ce que l'Office français de l'immigration et de l'intégration y ait déjà procédé. Il y a lieu d'enjoindre à l'Office français de l'intégration et de l'immigration d'y procéder dans le délai de 15 jours à compter de la notification du jugement à intervenir. Il n'a pas lieu d'assortir cette injonction d'une astreinte.
Sur les frais liés au litige :
6. Aux termes de l'article L. 761-1 du code de justice administrative : " Dans toutes les instances, le juge condamne la partie tenue aux dépens ou, à défaut, la partie perdante, à payer à l'autre partie la somme qu'il détermine, au titre des frais exposés et non compris dans les dépens. Le juge tient compte de l'équité ou de la situation économique de la partie condamnée. Il peut, même d'office, pour des raisons tirées des mêmes considérations, dire qu'il n'y a pas lieu à cette condamnation ". Aux termes du second alinéa de l'article 37 de la loi du 10 juillet 1991 relative à l'aide juridique : " () Dans toutes les instances, le juge condamne la partie tenue aux dépens, ou qui perd son procès, et non bénéficiaire de l'aide juridictionnelle, à payer à l'avocat du bénéficiaire de l'aide juridictionnelle, partielle ou totale, une somme qu'il détermine et qui ne saurait être inférieure à la part contributive de l'Etat, au titre des honoraires et frais non compris dans les dépens que le bénéficiaire de l'aide aurait exposés s'il n'avait pas eu cette aide. Le juge tient compte de l'équité ou de la situation économique de la partie condamnée. Il peut, même d'office, pour des raisons tirées des mêmes considérations, dire qu'il n'y a pas lieu à cette condamnation. / Si l'avocat du bénéficiaire de l'aide recouvre cette somme, il renonce à percevoir la part contributive de l'Etat. S'il n'en recouvre qu'une partie, la fraction recouvrée vient en déduction de la part contributive de l'Etat. () ".
7. Mme C a obtenu le bénéfice de l'aide juridictionnelle. Par suite, son avocate peut se prévaloir des dispositions de l'article 37 de la loi du 10 juillet 1991. Il y a lieu, dans les circonstances de l'espèce, de mettre à la charge de l'Office français de l'intégration et de l'immigration le versement d'une somme de 1 200 euros à Me Bazin, son avocate, sous réserve que cette dernière renonce à percevoir la somme correspondant à la part contributive de l'État.
D E C I D E :
Article 1er : La décision implicite par laquelle l'Office français de l'intégration et de l'immigration a confirmé son refus d'accorder les conditions matérielles d'accueil à l'enfant B A est annulée.
Article 2 : Il est enjoint à l'Office français de l'intégration et de l'immigration d'accorder les conditions matérielles d'accueil à l'enfant B A en tenant compte de la composition de la famille, à compter du 26 octobre 2021 jusqu'à la fin du mois suivant la notification de la décision lui reconnaissant le statut de réfugié le 6 octobre 2022, dans le délai de quinze jours à compter de la notification du présent jugement, sauf à ce que l'Office français de l'immigration et de l'intégration y ait déjà procédé.
Article 3 : L'Office français de l'immigration et de l'intégration versera à Me Bazin, conseil de Mme C, la somme de 1 200 euros au titre des articles 37 et 75 de la loi du 10 juillet 1991 sous réserve de renonciation à la part contributive de l'État au titre de l'aide juridictionnelle.
Article 4 : Le présent jugement sera notifié à Mme D C, agissant en qualité de représentante légale de l'enfant mineure B A, à l'Office français de l'immigration et de l'intégration et à Me Bazin.
Délibéré après l'audience du 12 septembre 2024, à laquelle siégeaient :
Mme Fabienne Corneloup, présidente,
Mme Michelle Couégnat, première conseillère,
M. Nicolas Huchot, premier conseiller.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 26 septembre 2024.
La rapporteure
M. Couégnat La présidente,
F. Corneloup
La greffière,
A. Junon
La République mande et ordonne au ministre de l'intérieur en ce qui le concerne et à tous les commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition conforme,
Montpellier, le 26 septembre 2024.
La greffière,
A. Junon
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026