jeudi 10 octobre 2024
| Juridiction | Tribunal Administratif de Montpellier |
| Section | Tribunal Administratif de Montpellier |
| N° Dossier | TA34-2202111 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | D |
| Formation | 1ère chambre |
| Avocat requérant | BAZIN |
Vu la procédure suivante :
Par une requête et un mémoire, enregistrés les 25 avril 2022 et 19 juin 2024, Mme C A, représentée par Me Bazin, demande au tribunal :
1°) d'annuler la décision du 2 mars 2022 de l'Office français de l'immigration et de l'intégration rejetant son recours gracieux à l'encontre de la décision du 4 janvier 2022 par laquelle l'Office français de l'intégration et de l'immigration a refusé de lui accorder les conditions matérielles d'accueil ;
2°) à titre principal, d'enjoindre à l'Office français de l'intégration et de l'immigration de lui accorder le bénéfice des conditions matérielles d'accueil et de lui verser l'allocation pour les demandeurs d'asile dans un délai de trois jours à compter de la notification du jugement à intervenir sous astreinte de 150 euros par jour de retard ;
3°) à titre subsidiaire, d'enjoindre à l'Office français de l'immigration et de l'intégration de réexaminer sa situation dans un délai de trois jours à compter de la notification du jugement à intervenir sous astreinte de 150 euros par jour de retard ;
4°) de condamner l'Office français de l'immigration et de l'intégration à verser à son avocate la somme de 1 800 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative et de l'article 37 de la loi du 10 juillet 1991, sous réserve de renoncement à percevoir la somme correspondant à la part contributive de l'Etat au titre de l'aide juridictionnelle.
Elle soutient que :
- la décision est insuffisamment motivée en droit en violation de l'article D. 551-17 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- elle est entachée d'un défaut d'examen, faute pour l'Office français de l'immigration et de l'intégration d'avoir examiné sa vulnérabilité ;
- elle méconnaît les dispositions des articles L. 551-15 et L. 522-8 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile et est entachée d'une erreur manifeste d'appréciation au regard de sa vulnérabilité ;
- la fin de non-recevoir opposée par l'Office français de l'immigration et de l'intégration sera écartée dès lors qu'elle a bien formé un recours administratif et que l'Office français de l'immigration et de l'intégration a bien refusé d'y faire droit.
Par un mémoire en défense, enregistré le 22 mai 2024, l'Office français de l'immigration et de l'intégration conclut au rejet de la requête.
Il soutient que :
- la requête est irrecevable en l'absence du recours administratif préalable obligatoire prévu par l'article D. 551-17 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- les moyens soulevés ne sont pas fondés.
Mme A a été admise au bénéfice de l'aide juridictionnelle totale par une décision du 11 mai 2022.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- la loi n° 91-647 du 10 juillet 1991 ;
- le code de justice administrative.
Le président de la formation de jugement a dispensé le rapporteur public, sur sa proposition, de prononcer des conclusions à l'audience.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de Mme Couégnat, rapporteure,
- les observations de Me Bazin, représentant Mme A.
Considérant ce qui suit :
1. Mme A, qui a déposé une demande de réexamen de sa demande d'asile, a fait l'objet d'une décision de refus d'octroi des conditions matérielles d'accueil par l'Office français de l'immigration et de l'intégration le 4 janvier 2022, contre laquelle elle a formé un recours administratif préalable obligatoire. Par la présente requête, Mme A demande l'annulation de la décision de l'Office français de l'immigration et de l'intégration du 2 mars 2022 rejetant son recours gracieux à l'encontre de la décision de refus des conditions matérielles d'accueil du 4 janvier 2022.
Sur les conclusions à fin d'annulation :
2. Aux termes de l'article L. 551-15 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile dans sa rédaction alors applicable : " Les conditions matérielles d'accueil peuvent être refusées, totalement ou partiellement, au demandeur dans les cas suivants : () 3° Il présente une demande de réexamen de sa demande d'asile ; () La décision de refus des conditions matérielles d'accueil prise en application du présent article est écrite et motivée. Elle prend en compte la vulnérabilité du demandeur. ". Aux termes de l'article D. 551-17 du même code : " La décision de refus des conditions matérielles d'accueil prise en application de l'article L. 551-15 est écrite, motivée et prend en compte la vulnérabilité du demandeur. Elle prend effet à compter de sa signature. Dans un délai de deux mois à compter de la notification de cette décision, le bénéficiaire peut introduire un recours devant le directeur général de l'Office français de l'immigration et de l'intégration, à peine d'irrecevabilité du recours contentieux. La décision comporte la mention des voies et délais dans lesquels ce recours peut être formé. Le directeur général de l'office dispose d'un délai de deux mois pour statuer. A défaut, le recours est réputé rejeté. Toute décision de rejet doit être motivée. ".
En ce qui concerne la fin de non-recevoir :
3. Contrairement à ce que soutient l'Office français de l'immigration et de l'intégration, Mme A justifie avoir adressé au directeur de l'Office, le 10 janvier 2022, un recours gracieux contestant la décision de refus des conditions matérielles d'accueil qui lui a été opposée le 4 janvier 2022. Ce recours constituant le recours administratif préalable obligatoire prévu par les dispositions citées au point précédent de l'article D. 551-17 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, la fin de non-recevoir opposée par l'Office français de l'immigration et de l'intégration ne peut qu'être écartée.
En ce qui concerne la légalité de la décision du 2 mars 2022 :
4. Aux termes de l'article L. 522-3 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " L'évaluation de la vulnérabilité vise, en particulier, à identifier les mineurs, les mineurs non accompagnés, les personnes en situation de handicap, les personnes âgées, les femmes enceintes, les parents isolés accompagnés d'enfants mineurs, les victimes de la traite des êtres humains, les personnes atteintes de maladies graves, les personnes souffrant de troubles mentaux et les personnes qui ont subi des tortures, des viols ou d'autres formes graves de violence psychologique, physique ou sexuelle, telles que des mutilations sexuelles féminines ".
5. Il ressort des pièces du dossier, qu'à la date de la décision contestée Mme A est enceinte de cinq mois, qu'elle est sans ressources et déclare vivre à la rue avec son compagnon, ce qui figurait dans l'entretien de vulnérabilité dont elle a fait l'objet préalablement à l'édiction de la décision initiale. Mme A fait également valoir qu'elle est victime de la traite des êtres humains et que le récit de sa demande initiale d'asile lui a été imposé par un réseau de prostitution. Dès lors, dans les conditions particulières de l'espèce, en refusant d'accorder le bénéfice des conditions matérielles d'accueil à l'occasion de la demande de réexamen présentée, le directeur de l'Office français de l'immigration et de l'intégration a entaché sa décision d'une erreur manifeste dans l'appréciation de sa vulnérabilité.
6. Il résulte de ce qui précède, sans qu'il soit besoin de statuer sur les autres moyens de la requête, que la décision du 2 mars 2022 de l'Office français de l'immigration et de l'intégration doit être annulée.
Sur les conclusions à fin d'injonction et d'astreinte :
7. Eu égard au motif d'annulation exposé ci-dessus, la présente décision implique qu'il soit enjoint au directeur de l'Office français de l'immigration et de l'intégration de verser l'allocation pour demandeur d'asile à Mme A, à partir du 2 mars 2022, et jusqu'à ce que son droit de se maintenir sur le territoire ait pris fin ou que la qualité de refugiée lui ait été reconnue, dans les conditions prévues par les articles L. 551-13 et suivants du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile. Il y a lieu, par suite, d'enjoindre à l'Office français de l'intégration et de l'immigration d'y procéder dans le délai de 15 jours à compter de la notification du jugement à intervenir, sous déduction des sommes déjà versées. Il n'y a pas lieu, dans les circonstances de l'espèce d'assortir cette injonction d'une astreinte.
Sur les frais liés au litige :
8. Mme A a obtenu le bénéfice de l'aide juridictionnelle. Par suite, son avocate peut se prévaloir des dispositions de l'article 37 de la loi du 10 juillet 1991. Il y a lieu, dans les circonstances de l'espèce, de mettre à la charge de l'Office français de l'immigration et de l'intégration le versement d'une somme de 1 200 euros à Me Bazin, avocate de la requérante, sous réserve que cette dernière renonce à percevoir la somme correspondant à la part contributive de l'Etat.
D E C I D E :
Article 1er : La décision du 2 mars 2022 par laquelle l'Office français de l'immigration et de l'intégration a refusé d'accorder les conditions matérielles d'accueil à la suite de la demande de réexamen de la demande d'asile de Mme A est annulée.
Article 2 : Il est enjoint à l'Office français de l'immigration et de l'intégration de verser l'allocation pour demandeur d'asile à Mme A, dans le délai de quinze jours à compter de la notification à intervenir, dans les conditions rappelées au point 5 du présent jugement, sous déduction des sommes déjà versées.
Article 3 : L'Office français de l'immigration et de l'intégration versera à Me Bazin, conseil de Mme A la somme de 1 200 euros au titre des articles 37 et 75 de la loi du 10 juillet 1991 sous réserve de sa renonciation à la part contributive de l'État au titre de l'aide juridictionnelle.
Article 4 : La présente décision sera notifiée à Mme C A, à l'Office français de l'immigration et de l'intégration et à Me Bazin.
Délibéré après l'audience du 26 septembre 2024, à laquelle siégeaient :
Mme Fabienne Corneloup, présidente,
Mme Michelle Couégnat, première conseillère,
M. Nicolas Huchot, premier conseiller.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 10 octobre 2024
La rapporteure,
M. Couégnat
La présidente,
F. Corneloup
La greffière,
M. B
La République mande et ordonne au ministre de l'intérieur en ce qui le concerne, ou à tous commissaires de justice à ce requis, en ce qui concerne les voies de droit commun, contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition conforme,
Montpellier le 10 octobre 2024.
La greffière,
M. B
N°2202111
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026