vendredi 11 octobre 2024
| Juridiction | Tribunal Administratif de Montpellier |
| Section | Tribunal Administratif de Montpellier |
| N° Dossier | TA34-2202123 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | C |
| Formation | 3ème chambre |
| Avocat requérant | SCP COULOMBIE, GRAS, CRETIN, BECQUEVORT, ROSIER, SOLAND |
Vu la procédure suivante :
Par requête et mémoires, enregistrés les 20 avril et 23 aout 2022 et 7 février et 9 avril 2024, Mme A B, représentée par elle-même puis par Me Laroussi Robio, demande au tribunal dans le dernier état de ses écritures :
1°) de constater l'illégalité des décisions de cessation de fonction des 26 et 30 aout 2021 ;
2°) de condamner le département de l'Hérault à lui verser une somme de 50 000 euros réparant son préjudice ;
3°) de mettre à la charge de ce département les dépens et une somme de 3 000 euros au titre de l'article L.761-1 du code de justice administrative.
Elle soutient dans le dernier état de ses écritures que :
- le juge administratif est compétent, la responsabilité du département et non de la sécurité sociale étant recherchée ;
- la requête initiale est dirigée contre la décision de rupture du contrat, elle comporte un moyen et est recevable ;
- elle a abandonné ses conclusions initiales en annulation qui étaient recevables ;
- ses conclusions indemnitaires sont recevables car elle a présenté une demande préalable ;
- elle a fait l'objet d'un licenciement, car elle disposait d'un CDI, devant être stagiaire ;
- ce licenciement, fondé sur son congé de maladie ordinaire et son incapacité à assurer ses fonctions, est discriminatoire, le service n'était pas désorganisé, et elle était en maladie professionnelle liée à son accident de service de février 2021 ;
- elle a fait l'objet de harcèlement moral dégradant sa santé contraire à l'article 6 quinquies de la loi n°83- 634 du 13 juillet 1983, le département en était informé, n'a pris aucune mesure, et ne produit aucune pièce contraire, alors qu'elle produit des attestations, et a porté plainte au pénal ;
- le département, qui était informé de sa qualité de travailleur handicapé, n'a pas respecté le préavis de 4 mois prévu par l'article 38 du décret 88-145du 15 février 1988 ;
- son préjudice moral et financier est de 50 000 euros.
Par mémoires, enregistrés les 7 décembre 2022 et 6 mars 2024, le département de l'Hérault, représenté par Me Rosier, conclut au rejet du recours et à la mise à la charge de la requérante d'une somme de 2 000 euros au titre de l' article L.761-1 du code de justice administrative.
Il soutient que :
- le juge administratif est incompétent, la caisse primaire d'assurance maladie de l'Hérault étant mise en cause ;
- les conclusions en annulation sont irrecevables ;
- les moyens sont irrecevables ou infondés ;
- la CPAM n'a pas reconnu le caractère professionnel de la maladie, le non renouvellement du contrat à durée déterminée du 16 juillet au 31 aout 2021, qui n'est pas un licenciement, est lié aux difficultés générées par son absence du service, et non à sa dénonciation du harcèlement moral, qui ne l'a pas empêchée d'être recrutée comme assistante administrative au service territorial des solidarités STS de Proudhon du 1er mai au 31 aout 2021 ;
- l'article 38-1 du décret du 15 févier 1988 n'était pas applicable ;
- aucun harcèlement moral n'existe, elle a obtenu pour le fait d'injure du 29 janvier 2021 la protection fonctionnelle, ses propres déclarations ne sont pas probantes, l'enquête administrative tenue entre les 21 juin et 5 juillet 2021 n'a caractérisé aucun harcèlement et montre que le département a réagi suite à son courrier du 4 mars avril 2021, la mutant au STS Proudhon au 1er mai 2021;
- le non renouvellement est motivé par l'organisation du service, elle ne pouvait assurer le remplacement du titulaire, et non l'état de santé ;
- le préjudice n'est pas justifié ;
- les conclusions indemnitaires sont irrecevables faute de demande préalable ;
- la requête initiale est dépourvue de moyen.
Par ordonnance du 11 avril 2024 la clôture d'instruction a été fixée au 14 mai 2024.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- la loi n°83- 634 du 13 juillet 1983 ;
- la loi n°84-53 du 26 janvier 1984 ;
- la loi n°2008-496 du 27 mai 2008 ;
- le décret n°88-145 du 15 février 1988 ;
- le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de M. Rabaté, rapporteur,
- les conclusions de Mme Delon, rapporteure publique,
- les observations de Me Laroussi Rubio, pour Mme B, et celles de Me Cassorla, pour le département de l'Hérault.
Considérant ce qui suit :
Sur l'exposé du litige :
1. Il résulte de l'instruction que Mme B, adjointe administrative territoriale, a été recrutée par le département de l'Hérault à compter du 6 novembre 2018 d'abord au service accueil information de la maison départementale de l'autonomie, puis à la suite d'un incident avec une collègue le 29 janvier 2021 et d' un arrêt maladie, au 1er mai 2021 comme assistante administrative au service territorial des solidarités de Proudhon Par courrier du 26 aout 2021 le département l'a informée du non renouvellement de son engagement au 31 aout suivant, ce qui a été confirmé par un arrêté du 31 aout 2021 du président du conseil départemental. Arguant de l'illégalité de la cessation de fonctions et de discrimination et harcèlement moral subis, Mme B demande, dans le dernier état de ses écritures, de condamner le département de l'Hérault à lui verser une somme de 50 000 euros réparant ses préjudices.
Sur la compétence du juge administratif :
2. La requérante, agent public, recherche la responsabilité pour faute du département de l'Hérault, et non celle de la sécurité sociale. Par suite, le juge administratif est compétent pour connaitre du litige.
Sur la recevabilité du recours :
3. En vertu du second alinéa de l'article R411-1 du code de justice administrative " L'auteur d'une requête ne contenant l'exposé d'aucun moyen ne peut la régulariser par le dépôt d'un mémoire exposant un ou plusieurs moyens que jusqu'à l'expiration du délai de recours.
4. Si le département fait valoir que la requête initiale n'est assortie de l'exposé d'aucun moyen, celle-ci conteste cependant le motif de la décision de fin de contrat du 26 aout 2021, faisant valoir que la maladie est imputable au service et au harcèlement. Par suite, cette fin de non-recevoir sera écartée.
5. Aux termes de l'article R. 421-1 du code de justice administrative, dans sa rédaction résultant du décret n° 2016-1480 du 2 novembre 2016 portant modification du code de justice administrative : " La juridiction ne peut être saisie que par voie de recours formé contre une décision, et ce, dans les deux mois à partir de la notification ou de la publication de la décision attaquée. / Lorsque la requête tend au paiement d'une somme d'argent, elle n'est recevable qu'après l'intervention de la décision prise par l'administration sur une demande préalablement formée devant elle ".
6. Il résulte de ces dispositions qu'en l'absence d'une décision de l'administration rejetant une demande formée devant elle par le requérant ou pour son compte, une requête tendant au versement d'une somme d'argent est irrecevable et peut être rejetée pour ce motif même si, dans son mémoire en défense, l'administration n'a pas soutenu que cette requête était irrecevable, mais seulement que les conclusions du requérant n'étaient pas fondées. En revanche, les termes du second alinéa de l'article R. 421-1 du code de justice administrative n'impliquent pas que la condition de recevabilité de la requête tenant à l'existence d'une décision de l'administration s'apprécie à la date de son introduction. Cette condition doit être regardée comme remplie si, à la date à laquelle le juge statue, l'administration a pris une décision, expresse ou implicite, sur une demande formée devant elle. Par suite, l'intervention d'une telle décision en cours d'instance régularise la requête.
7. Il ressort des pièces versées au dossier que Mme B a présenté une demande indemnitaire préalable le 4 avril 2024 au département, que ce dernier a reçue le 22 avril suivant, faisant naitre deux mois après, soit avant que le tribunal ne statue, une décision implicite de rejet.
8. Il résulte de ce qui précède que les conclusions indemnitaires du recours sont recevables, le département ne pouvant utilement arguer de l'irrecevabilité de conclusions en excès de pouvoir qui ont été abandonnées en cours d'instance.
Sur le bien-fondé des conclusions indemnitaires :
En ce qui concerne la nature de la cessation de fonctions :
9. Si la requérante prétend avoir été titulaire d'un contrat à durée indéterminée, du fait de sa nomination comme stagiaire, il résulte de l'instruction que la proposition de nomination de l'intéressée comme stagiaire au service accueil information de la maison départementale de l'autonomie faite le 2 février 2021 a été abandonnée en avril suivant, et que l'agent a disposé pour la période allant du 6 novembre 2018 au 31 aout 2021 de plusieurs contrats à durée déterminée, le dernier étant conclu pour la période allant du 15 juillet au 31 aout 2021. Par suite, Mme B n'a pas été licenciée, et ne bénéficiait d'aucun droit au renouvellement de son contrat, l'administration ne pouvant cependant légalement décider, au terme de son contrat, de ne pas le renouveler que pour un motif tiré de l'intérêt du service.
En ce qui concerne le préavis :
10. Si la requérante ne peut utilement invoquer l'article 38 du décret du 15 février 1988 relatif aux agents contractuels de la fonction publique territoriale, qui ne concerne pas le préavis, l'article 38-1 du même décret prévoit : " I.-Lorsqu'un agent contractuel a été engagé pour une durée déterminée susceptible d'être renouvelée en application des dispositions législatives ou réglementaires qui lui sont applicables, l'autorité territoriale lui notifie son intention de renouveler ou non l'engagement au plus tard :-huit jours avant le terme de l'engagement pour l'agent recruté pour une durée inférieure à six mois ;-un mois avant le terme de l'engagement pour l'agent recruté pour une durée égale ou supérieure à six mois et inférieure à deux ans ;-deux mois avant le terme de l'engagement pour l'agent recruté pour une durée égale ou supérieure à deux ans ;-trois mois avant le terme de l'engagement pour l'agent dont le contrat est susceptible d'être renouvelé pour une durée indéterminée en application des dispositions législatives ou réglementaires applicables./Ces durées sont doublées, dans la limite de quatre mois, pour les personnels handicapés mentionnés aux 1°, 2°, 3°, 4°, 9°, 10° et 11° de l'article L. 5212-13 du code du travail, dans la mesure où la reconnaissance du handicap aura été préalablement déclarée à l'employeur et dans des délais suffisants ".
11. Si la requérante se prévaut de la méconnaissance du préavis de quatre mois, il résulte de l'instruction que la qualité de travailleur handicapé ne lui a été reconnue qu'à partir du 1er aout 2021, et il n'est pas établi que cette décision avait été portée à la connaissance du département lors de la non reconduction de son contrat le 26 aout suivant. Par suite, aucune faute ne peut être reprochée à la collectivité sur ce point.
En ce qui concerne le harcèlement moral :
12. En vertu de l'article 6 quinquies de la loi du 13 juillet 1983 portant droits et obligations des fonctionnaires, alors applicable : " Aucun fonctionnaire ne doit subir les agissements répétés de harcèlement moral qui ont pour objet ou pour effet une dégradation des conditions de travail susceptible de porter atteinte à ses droits et à sa dignité, d'altérer sa santé physique ou mentale ou de compromettre son avenir professionnel () ". Il appartient à un agent public qui soutient avoir été victime d'agissements constitutifs de harcèlement, notamment lorsqu'il entend contester le refus opposé par l'administration dont il relève à une demande de protection fonctionnelle fondée sur de tels faits de harcèlement, de soumettre au juge des éléments de fait susceptibles d'en faire présumer l'existence. Il incombe à l'administration de produire, en sens contraire, une argumentation de nature à démontrer que les agissements en cause sont justifiés par des considérations étrangères à tout harcèlement. La conviction du juge, à qui il revient d'apprécier si les agissements de harcèlement sont ou non établis, se détermine au vu de ces échanges contradictoires, qu'il peut compléter, en cas de doute, en ordonnant toute mesure d'instruction utile. Pour apprécier si des agissements dont il est allégué qu'ils sont constitutifs d'un harcèlement moral revêtent un tel caractère, le juge administratif doit tenir compte des comportements respectifs de l'administration auquel il est reproché d'avoir exercé de tels agissements et de l'agent qui estime avoir été victime d'un harcèlement moral. Pour être qualifiés de harcèlement moral, ces agissements doivent être répétés et excéder les limites de l'exercice normal du pouvoir hiérarchique.
13. Si Mme B prétend avoir été harcelée au service dès novembre 2018, les éléments qu'elle produit, ses propres courriers et plaintes et des attestations peu circonstanciées de collègues, ne le démontrent pas. Il résulte cependant de l'instruction qu'à la suite d'un incident avec une collègue le 29 janvier 2021 qui l'a injuriée, et pour lequel elle a obtenu la protection fonctionnelle, Mme B a été placée en arrêt maladie du 26 février au 18 avril 2021, puis du 17 mai au 15 aout 2021 pour lombalgie et troubles dépressifs. Cependant, le département, alerté par l'agent le 4 mars 2021, l'a convoquée le 6 avril suivant pour un entretien au 14 avril suivant, l'a changée de service au 1er mai 2021, et a diligenté le 15 juin 2021 une enquête interne sur son service qui a conclu le 19 octobre suivant à l'absence de harcèlement. Par suite, le seul incident du 29 janvier 2021, à la suite duquel le département a pris les mesures nécessaires pour assurer la protection de Mme B, ne peut suffire à révéler un harcèlement moral. Dès lors, ce moyen sera écarté.
En ce qui concerne la discrimination :
14. Aux termes de l'article 1er de la loi du 27 mai 2008 portant diverses dispositions d'adaptation au droit communautaire dans le domaine de la lutte contre les discriminations : " Constitue une discrimination directe la situation dans laquelle, sur le fondement de son origine, de son sexe, de sa situation de famille, de sa grossesse, de son apparence physique, de la particulière vulnérabilité résultant de sa situation économique, apparente ou connue de son auteur, de son patronyme, de son lieu de résidence ou de sa domiciliation bancaire, de son état de santé, de sa perte d'autonomie, de son handicap, de ses caractéristiques génétiques, de ses mœurs, de son orientation sexuelle, de son identité de genre, de son âge, de ses opinions politiques, de ses activités syndicales, de sa capacité à s'exprimer dans une langue autre que le français, de son appartenance ou de sa non-appartenance, vraie ou supposée, à une ethnie, une nation, une prétendue race ou une religion déterminée, une personne est traitée de manière moins favorable qu'une autre ne l'est, ne l'a été ou ne l'aura été dans une situation comparable / Constitue une discrimination indirecte une disposition, un critère ou une pratique neutre en apparence, mais susceptible d'entraîner, pour l'un des motifs mentionnés au premier alinéa, un désavantage particulier pour des personnes par rapport à d'autres personnes, à moins que cette disposition, ce critère ou cette pratique ne soit objectivement justifié par un but légitime et que les moyens pour réaliser ce but ne soient nécessaires et appropriés. () ". Aux termes de l'article 4 de cette même loi : " Toute personne qui s'estime victime d'une discrimination directe ou indirecte présente devant la juridiction compétente les faits qui permettent d'en présumer l'existence. Au vu de ces éléments, il appartient à la partie défenderesse de prouver que la mesure en cause est justifiée par des éléments objectifs étrangers à toute discrimination. Le juge forme sa conviction après avoir ordonné, en cas de besoin, toutes les mesures d'instruction qu'il estime utiles. () "
15. Il appartient au juge administratif, dans la conduite de la procédure inquisitoire, de demander aux parties de lui fournir tous les éléments d'appréciation de nature à établir sa conviction. Cette responsabilité doit, dès lors qu'il est soutenu qu'une mesure a pu être empreinte de discrimination, s'exercer en tenant compte des difficultés propres à l'administration de la preuve en ce domaine et des exigences qui s'attachent aux principes à valeur constitutionnelle des droits de la défense et de l'égalité de traitement des personnes. S'il appartient au requérant qui s'estime lésé par une telle mesure de soumettre au juge des éléments de fait susceptibles de faire présumer une atteinte à ce dernier principe, il incombe au défendeur de produire tous ceux permettant d'établir que la décision attaquée repose sur des éléments objectifs étrangers à toute discrimination. La conviction du juge, à qui il revient d'apprécier si la décision contestée devant lui a été ou non prise pour des motifs entachés de discrimination, se détermine au vu de ces échanges contradictoires
16. La requérante a été engagée au STS Proudhon pour la période allant du 1er mai au 31 aout 2021 pour remplacer un adjoint administratif absent. Et le courrier du 26 aout 2021 qui met fin à ses fonctions indique comme motif que le congé maladie de l'agent au 26 mai 2021 ne lui permet pas d'assurer ces fonctions. Si le département se prévaut de difficultés d'organisation du service, il n'apporte aucune précision sur ce point, et n'établit ni même n'allègue que l'adjoint administratif absent ait repris son poste. Dans ces conditions, il ne résulte pas de l'instruction que la décision de non-renouvellement du contrat à durée déterminée aurait été prise dans l'intérêt du service ou qu'elle reposerait sur des éléments objectifs étrangers à toute discrimination. Par conséquent, la responsabilité pour faute du département de ce fait est engagée à l'égard de la requérante.
En ce qui concerne les préjudices :
17. Lorsqu'un agent public sollicite le versement d'une indemnité en réparation du préjudice subi du fait de l'illégalité de la décision de ne pas renouveler son contrat, il appartient au juge de plein contentieux, forgeant sa conviction au vu de l'ensemble des éléments produits par les parties, de lui accorder une indemnité versée pour solde de tout compte et déterminée en tenant compte notamment de la nature et de la gravité de l'illégalité, de l'ancienneté de l'intéressé, de sa rémunération antérieure, et des troubles dans ses conditions d'existence.
18. Si la maladie de l'agent, débutée le 15 février 2021, n'a pas été occasionnée par la rupture du contrat, celle-ci a pu l'aggraver. Il sera fait une juste appréciation du préjudice moral et de perte de rémunération subis par la requérante, recrutée à compter du 6 novembre 2018 et qui percevait 1450 euros par mois au STS Prudhon, du fait de la faute du département mentionnée au point 16, en les évaluant chacun à la somme de 3 000 euros.
19. Il résulte de ce qui précède que le département de l'Hérault doit être condamné à payer à Mme B une somme de 6 000 euros.
Sur le constat d'illégalité :
20. Il n'appartient pas au juge administratif de constater l'illégalité de décisions. Par suite, les conclusions du recours tendant au constat de l'illégalité des décisions de cessation de fonction des 26 et 30 aout 2021 sont irrecevables.
Sur les frais liés au litige :
21. En l'absence de frais exposés au titre des dépens, les conclusions relatives aux dépens ne peuvent qu'être rejetées.
22. Les dispositions de l'article L.761-1 du code de justice administrative font obstacle à ce que soit mise à la charge de la requérante, qui n'est pas, dans la présente instance, la partie perdante, la somme de 2 000 euros demandée par la défense. Il y a lieu, dans les circonstances de l'espèce, de mettre à la charge du département, à verser la requérante, une somme de 1 500 euros à ce titre.
D E C I D E:
Article 1er : Le département de l'Hérault est condamné à payer à Mme B une somme de 6 000 euros.
Article 2 : Le département de l'Hérault versera à Mme B une somme de 1 500 euros au titre de l'article L.761-1 du code de justice administrative.
Article 3 : Le surplus des conclusions des parties est rejeté.
Article 4 : Le présent jugement sera notifié à Mme A B et au département de l'Hérault.
Délibéré à l'issue de l'audience du 27 septembre 2024 à laquelle siégeaient :
M. Rabaté, président,
Mme Pastor, première conseillère,
Mme Marcovici, conseillère.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 11 octobre 2024.
Le rapporteur,
V. Rabaté L'assesseur le plus ancien,
I. Pastor
La greffière,
B. Flaesch La République mande et ordonne au préfet de l'Hérault, en ce qui le concerne, et à tous commissaires de justice à ce requis, en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition conforme,
Montpellier, le 11 octobre 2024
La greffière,
B. Flaesch
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026