jeudi 31 octobre 2024
| Juridiction | Tribunal Administratif de Montpellier |
| Section | Tribunal Administratif de Montpellier |
| N° Dossier | TA34-2202483 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | D |
| Formation | 1ère chambre |
| Avocat requérant | BAZIN |
Vu la procédure suivante :
Par une requête et un mémoire, enregistrés le 13 mai 2022 et le 19 juin 2024, Mme F D, mineure représentée par sa mère Mme B A, représentée par Me Bazin, demande au tribunal :
1°) d'annuler la décision implicite du 4 mai 2022 par laquelle l'Office français de l'intégration et de l'immigration (OFII) a refusé d'accorder les conditions matérielles d'accueil ;
2°) d'enjoindre à l'Office français de l'intégration et de l'immigration de lui accorder les conditions matérielles d'accueil à compter de sa demande d'asile dans un délai de trois jours à compter de la notification du jugement à intervenir sous astreinte de 150 euros par jour de retard, ou à défaut de réexaminer sa situation sous la même astreinte ;
3°) de mettre à la charge de l'Office français de l'intégration et de l'immigration la somme de 1 800 euros en application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative et de la loi du 10 juillet 1991.
Elle soutient que la décision :
- méconnaît l'article L. 551-15 et L. 552-8 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile eu égard à sa situation de vulnérabilité ;
- méconnaît l'article 3-1 de la convention internationale relative aux droits de l'enfant ;
- est entachée d'une erreur de droit en ce que la demande d'asile de son père est toujours en cours d'examen et rien ne justifie qu'elle soit rattachée à la situation de sa mère ;
- est entachée d'une erreur d'appréciation quant à sa situation de vulnérabilité.
Par un mémoire en défense, enregistré le 22 mai 2024, l'Office français de l'immigration et de l'intégration conclut au rejet de la requête.
Il soutient que les moyens soulevés ne sont pas fondés.
Mme D a été admise au bénéfice de l'aide juridictionnelle totale par une décision du 8 juin 2022.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- la convention internationale relative aux droits de l'enfant, signée à New-York le 26 janvier 1990 ;
- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- la loi n° 91-647 du 10 juillet 1991 ;
- le code de justice administrative.
Le président de la formation de jugement a dispensé le rapporteur public, sur sa proposition, de prononcer des conclusions à l'audience.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Le rapport de M. C a été entendu au cours de l'audience publique.
Considérant ce qui suit :
1. Mme F D est née le 10 novembre 2021 à Montpellier. Une demande d'asile a été présentée pour son compte le 29 novembre 2021. Par une décision du 25 janvier 2022, l'Office français de l'intégration et de l'immigration a refusé de lui accorder les conditions matérielles d'accueil. Mme D a présenté un recours hiérarchique le 4 mars 2022, faisant naître une décision implicite de rejet. Par sa requête, Mme D demande l'annulation de la décision implicite du 4 mai 2022.
Sur l'étendue du litige :
2. Aux termes de l'article D. 744-37-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, dans sa rédaction issue du 12° de l'article 1er du décret n° 2018-1359 du 28 décembre 2018 relatif aux conditions matérielles d'accueil : " La décision de refus ou celle mettant fin aux conditions matérielles d'accueil prise en application de l'article L. 744-7 n'est pas soumise à la mise en œuvre de la procédure prévue à l'article L. 121-1 du code des relations entre le public et l'administration. La décision mettant fin aux conditions matérielles d'accueil prend effet à compter de sa signature. / Dans un délai de deux mois à compter de la notification de cette décision, le bénéficiaire peut introduire un recours devant le directeur général de l'office, à peine d'irrecevabilité du recours contentieux. La décision comporte l'indication des voies et délais dans lesquels ce recours peut être formé. / Le directeur général de l'office dispose d'un délai de deux mois pour statuer. A défaut, le recours est réputé rejeté. En cas de décision de rejet, celle-ci doit être motivée. ".
3. Ces dispositions réglementaires ont été annulées par une décision du Conseil d'Etat n° 428530, 428564 du 31 juillet 2019 et ont ainsi disparu rétroactivement de l'ordonnancement juridique. Il en résulte que, par son courrier du 4 mars 2022, Mme D a seulement exercé un recours hiérarchique et non un recours administratif préalable obligatoire.
4. L'exercice du recours hiérarchique n'ayant d'autre objet que d'inviter le supérieur hiérarchique à reconsidérer la décision prise, un recours contentieux consécutif au rejet d'un recours hiérarchique doit nécessairement être regardé comme étant dirigé, non pas tant contre le rejet du recours hiérarchique dont les vices propres ne peuvent être utilement contestés, que contre la décision initialement prise par l'autorité administrative. Ainsi, les conclusions de la requête, dirigées formellement contre la décision implicite du 4 mai 2022, doivent être regardées comme étant également dirigées contre la décision initiale du 25 janvier 2022 portant refus d'accorder les conditions matérielles d'accueil.
Sur les conclusions à fin d'annulation :
5. Aux termes de l'article L. 551-9 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " Les conditions matérielles d'accueil du demandeur d'asile sont proposées à chaque demandeur d'asile par l'Office français de l'immigration et de l'intégration après l'enregistrement de sa demande par l'autorité administrative compétente. " L'article L. 552-8 du même code dispose que : " L'Office français de l'immigration et de l'intégration propose au demandeur d'asile un lieu d'hébergement. /Cette proposition tient compte des besoins, de la situation personnelle et familiale de chaque demandeur au regard de l'évaluation des besoins et de la vulnérabilité prévue au chapitre II du titre II, ainsi que des capacités d'hébergement disponibles et de la part des demandeurs d'asile accueillis dans chaque région. " L'article L. 552-9 du même code précise que " Les décisions d'admission dans un lieu d'hébergement pour demandeurs d'asile ainsi que les décisions de changement de lieu, sont prises par l'Office français de l'immigration et de l'intégration, après consultation du directeur du lieu d'hébergement, sur la base du schéma national d'accueil des demandeurs d'asile et, le cas échéant, du schéma régional prévus à l'article L. 551-2 et en tenant compte de la situation du demandeur. "
6. Il ressort des pièces du dossier que Mme F D, était âgée de seulement deux mois à la date de la décision du 25 janvier 2022, et que la cellule familiale était composée de son père, de sa mère ainsi que de sa jeune sœur aînée âgée d'un peu moins de trois ans. Dans ces conditions, eu égard au très jeune âge de la requérante, en période hivernale sans hébergement, la requérante est fondée à soutenir que l'Office français de l'intégration et de l'immigration a entaché sa décision d'une erreur d'appréciation en refusant d'accorder les conditions matérielles d'accueil compte tenu de la situation particulière de vulnérabilité de la famille et est fondée à demander l'annulation de la décision du 25 janvier 2022 ainsi que celle du 4 mai 2022, sans qu'il soit besoin d'examiner les autres moyens de la requête.
Sur les conclusions à fin d'injonction :
7. Eu égard au motif d'annulation retenu, l'exécution du présent jugement implique nécessairement que les conditions matérielles d'accueil soient accordées à Mme E, tenant compte de la cellule familiale en son ensemble, à compter de la date d'enregistrement de sa demande d'asile et jusqu'à l'épuisement de ses droits à percevoir les conditions matérielles d'accueil. Il y a lieu d'enjoindre à l'Office français de l'intégration et de l'immigration d'y procéder dans le délai d'un mois à compter de la notification du jugement à intervenir, sauf à ce que ces versements aient déjà été réalisés. Il n'y a pas lieu d'assortir cette injonction d'une astreinte.
Sur les frais liés au litige :
8. Mme F D a obtenu le bénéfice de l'aide juridictionnelle totale. Par suite, son avocat peut se prévaloir des dispositions des articles L. 761-1 du code de justice administrative et 37 de la loi du 10 juillet 1991. Il y a lieu, dans les circonstances de l'espèce, et sous réserve que Me Bazin, avocat de Mme D, renonce à percevoir la somme correspondant à la part contributive de l'État, de mettre à la charge de l'Office français de l'intégration et de l'immigration le versement à Me Bazin d'une somme de 1 200 euros.
D E C I D E :
Article 1er : La décision du 25 janvier 2022 ainsi que celle du 4 mai 2022 par lesquelles l'Office français de l'intégration et de l'immigration a refusé d'accorder à Mme F D les conditions matérielles d'accueil sont annulées.
Article 2 : Il est enjoint à l'Office français de l'intégration et de l'immigration d'accorder les conditions matérielles d'accueil à Mme F D en tenant compte de la présence de ses parents et de sœur mineure, à compter de la demande d'asile et jusqu'à épuisement des droits, dans le délai d'un mois à compter de la notification du jugement à intervenir.
Article 3 : L'Office français de l'intégration et de l'immigration versera la somme de 1 200 euros à Me Bazin au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative et de la loi du 10 juillet 1991, sous réserve que Me Bazin renonce à percevoir la part contributive de l'Etat à l'aide juridictionnelle.
Article 4 : Le surplus des conclusions de la requête est rejeté.
Article 5 : La présente décision sera notifiée à Mme F D, à Me Bazin et à l'Office français de l'immigration et de l'intégration.
Délibéré après l'audience du 10 octobre 2024, à laquelle siégeaient :
Mme Fabienne Corneloup, présidente,
Mme Michelle Couégnat, première conseillère,
M. Nicolas Huchot, premier conseiller,
Rendu public par mise à disposition au greffe le 31 octobre 2024.
Le rapporteur,
N. C
La présidente,
F. Corneloup
La greffière,
A. Junon
La République mande et ordonne au ministre de l'intérieur en ce qui le concerne, ou à tous commissaires de justice à ce requis, en ce qui concerne les voies de droit commun, contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition conforme,
Montpellier le 31 octobre 2024.
La greffière,
A. Junon
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026