lundi 22 mai 2023
| Juridiction | Tribunal Administratif de Montpellier |
| Section | Tribunal Administratif de Montpellier |
| N° Dossier | TA34-2202587 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | C |
| Formation | Vice-Président ENCONTRE |
Vu la procédure suivante :
Par une requête, enregistrée le 16 mai 2023, Mme C B demande au tribunal d'annuler la décision du 5 avril 2022 par laquelle la commission de médiation de l'Hérault a refusé de reconnaitre comme prioritaire et urgente sa demande de logement social présentée dans le cadre des dispositions de l'article L. 441-2-3 du code de la construction et de l'habitation.
Elle soutient que :
- elle a produit les certificats médicaux relatifs à son état de santé et à celui de ses enfants et transmis les pièces complémentaires demandées ;
- elle doit quitter dans quelques mois le logement de transition, insalubre, qu'elle occupe.
Par un mémoire en défense enregistré le 16 décembre 2022, le préfet de l'Hérault conclut au rejet de la requête.
Il fait valoir qu'aucun des moyens soulevés n'est fondé.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- le code de la construction et de l'habitation ;
- le code de justice administrative.
Le président du tribunal a désigné Mme Encontre, vice-présidente, pour statuer sur les litiges visés à l'article R. 222-13 du code de justice administrative.
Le rapporteur public a été dispensé, sur sa proposition, de prononcer des conclusions à l'audience.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de Mme Encontre, magistrate désignée,
- et les observations de Mme B.
Considérant ce qui suit :
1. Mme B a saisi la commission de médiation du département de l'Hérault afin que sa demande de logement social soit reconnue comme prioritaire et urgente. La commission a rejeté sa demande par une décision du 5 avril 2022 dont Mme B, par la présente requête, demande l'annulation.
2. Aux termes de l'article L. 441-2-3 du code de la construction et de l'habitation : " II. La commission de médiation peut être saisie par toute personne qui, satisfaisant aux conditions réglementaires d'accès à un logement locatif social, n'a reçu aucune proposition adaptée en réponse à sa demande de logement dans le délai fixé en application de l'article L. 441-1-4. Elle peut être saisie sans condition de délai lorsque le demandeur, de bonne foi, est dépourvu de logement, menacé d'expulsion sans relogement, hébergé ou logé temporairement dans un établissement ou un logement de transition, un logement-foyer ou une résidence hôtelière à vocation sociale, logé dans des locaux impropres à l'habitation ou présentant un caractère insalubre ou dangereux. Elle peut également être saisie, sans condition de délai, lorsque le demandeur est logé dans des locaux manifestement sur-occupés ou ne présentant pas le caractère d'un logement décent, s'il a au moins un enfant mineur, s'il présente un handicap au sens de l'article L. 114 du code de l'action sociale et des familles ou s'il a au moins une personne à charge présentant un tel handicap (). Dans un délai fixé par décret, la commission de médiation désigne les demandeurs qu'elle reconnaît prioritaires et auxquels un logement doit être attribué en urgence. Elle détermine pour chaque demandeur, en tenant compte de ses besoins et de ses capacités, les caractéristiques de ce logement. Elle notifie par écrit au demandeur sa décision qui doit être motivée () ". Aux termes de l'article R. 441-14-1 du même code : " La commission, saisie sur le fondement du II ou du III de l'article L. 441-2-3, se prononce sur le caractère prioritaire de la demande et sur l'urgence qu'il y a à attribuer au demandeur un logement ou à l'accueillir dans une structure d'hébergement, en tenant compte des démarches précédemment effectuées. Peuvent être désignées par la commission comme prioritaires et devant être logées d'urgence en application du II de l'article L. 441-2-3 les personnes de bonne foi qui satisfont aux conditions réglementaires d'accès au logement social et qui se trouvent dans l'une des situations suivantes : - dépourvu de logement, hébergé chez un particulier () ".
3. Il résulte de ces dispositions que, pour être désigné comme prioritaire et devant se voir attribuer d'urgence un logement social, le demandeur doit être de bonne foi, satisfaire aux conditions réglementaires d'accès au logement social et justifier qu'il se trouve dans une des situations prévues au II de l'article L. 441-2-3 du code de la construction et de l'habitation et qu'il satisfait à un des critères définis à l'article L. 441-1-4-1 de ce code. Dès lors que l'intéressé remplit ces conditions, la commission de médiation doit, en principe, reconnaître le caractère prioritaire et urgent de sa demande.
4. Pour refuser de reconnaître Mme B comme prioritaire et devant être logée en urgence, la commission a considéré que, malgré l'envoi d'un courrier, le 21 février 2022, lui demandant de fournir des pièces complémentaires indispensables à l'instruction de son dossier, elle n'avait apporté aucun élément pour permettre de vérifier le respect des conditions réglementaires d'accès au logement social et de corroborer ses déclarations selon lesquelles les problèmes de santé de ses deux enfants majeurs à charge nécessitent qu'elle dispose d'un logement situé en rez-de-chaussée, ainsi que pour apprécier la précarité de ses conditions d'hébergement et l'urgence qu'il y aurait à lui attribuer un logement, l'intéressée ayant reçu un avis favorable du service intégré d'accueil et d'orientation de l'Hérault (SIAO 34) le 4 janvier 2022 pour un hébergement en logement de transition, en logement-foyer ou en résidence hôtelière à vocation sociale.
5. S'il ressort des pièces du dossier que Mme B a produit un certain nombre de pièces complémentaires en réponse au courrier qui lui a été adressé le 21 février 2022, l'intéressée ne justifie pas avoir produit les pièces restant manquantes à son dossier, qui lui ont été réclamées par un courrier de relance du 24 mars 2022. En outre, le certificat médical établi le 19 octobre 2021 par un médecin généraliste, produit au dossier par le préfet de l'Hérault, ne démontre pas que l'état de santé des enfants de A B était de nature à conférer à sa demande de logement un caractère prioritaire et urgent et l'intéressée ne produit aucun élément au dossier, notamment d'ordre médical, qui permettrait de l'établir. Enfin, si la requérante fait valoir que le logement de transition qui a été mis à sa disposition le 18 mars 2022 serait insalubre, il ne ressort pas des pièces produites au dossier qu'elle en aurait informé la commission de médiation avant l'intervention de la décision attaquée. Au regard de l'ensemble de ces éléments, Mme B n'est pas fondée à soutenir que la commission de médiation de l'Hérault aurait entaché sa décision d'une erreur de droit ou d'appréciation en refusant de reconnaître un caractère prioritaire et urgent à sa demande de logement. Il s'ensuit que la présente requête doit être rejetée.
D E C I D E :
Article 1er : La requête présentée par Mme B est rejetée.
Article 2 : Le présent jugement sera notifié à Mme C B et au ministre de la transition écologique et de la cohésion des territoires, chargé de la ville et du logement.
Copie en sera adressée au préfet de l'Hérault.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 22 mai 2023.
La magistrate désignée,
S. EncontreLe greffier,
D. Lopez
La République mande et ordonne au ministre de la transition écologique et de la cohésion des territoires, chargé de la ville et du logement, en ce qui le concerne et à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition conforme,
Montpellier, le 22 mai 2023,
Le greffier,
D. Lopez0dl
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