vendredi 10 janvier 2025
| Juridiction | Tribunal Administratif de Montpellier |
| Section | Tribunal Administratif de Montpellier |
| N° Dossier | TA34-2202769 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | C |
| Formation | 3ème chambre |
| Avocat requérant | SCP COULOMBIE, GRAS, CRETIN, BECQUEVORT, ROSIER, SOLAND |
Vu la procédure suivante :
Par une requête et des mémoires, enregistrés les 30 mai, 15 juillet, 2 et 12 août et 29 septembre 2022, 23 février, 27 et 30 mars, 5, 13 et 23 mai, 24 juillet et 14 novembre 2023 M. A B, représenté par Me Desruelles, demande au tribunal, dans le dernier état de ses écritures :
1°) d'annuler la décision du 9 juin 2022 par laquelle la commune d'Agde a refusé de procéder à sa réintégration au sein des effectifs de la commune ;
2°) d'enjoindre à la commune d'Agde de procéder à sa réintégration ;
3°) de mettre à la charge de la commune d'Agde la somme de 1 500 euros au titre de l'article L.761-1 du code de justice administrative.
Il soutient que :
- il devait être réintégré à la première vacance d'emploi ce qui n'a pas été fait ;
- la commune n'a pas saisi le centre national de la fonction publique afin qu'il lui propose tout emploi correspondant à son grade.
Par mémoires, enregistrés les 23 mars et 25 mai 2023 et 12 décembre 2024, la commune d'Agde, représentée par Me Silleres, conclut au rejet de la requête, à ce que soient supprimés les passage injurieux et diffamatoires contenus dans les écritures du requérant des 29 septembre 2022 et 14 novembre 2023, en application de l'article L.741-2 du code de justice administrative, et à ce qu'une somme de 2000 euros soit mise à la charge de M. B sur le fondement de l'article L.761-1 du code de justice administrative.
Elle soutient que la requête initiale est irrecevable, faute de conclusion et de moyen, et que les moyens présentés par M. B ne sont pas fondés.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- le code général de la fonction publique ;
- le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de M. Rabaté, rapporteur,
- les conclusions de Mme Delon, rapporteure publique,
- les observations de Me Silleres, pour la commune d'Agde.
Considérant ce qui suit :
1. M. A B, gardien de police municipale à Agde, a été placé en disponibilité pour convenances personnelles pour une durée de trois ans à compter du 1er janvier 2018, puis pour une période de cinq ans du 1er janvier 2021 au 31 décembre 2025. Il a sollicité, par un courrier du 22 février 2022, sa réintégration anticipée sur son poste d'agent de police municipale à compter de cette même date. Par un courrier du 9 juin 2022, la commune d'Agde a confirmé le maintien en disponibilité de M. B. Par la présente requête, M. B sollicite l'annulation de cette décision ainsi qu'il soit enjoint à la commune d'Agde de procéder à sa réintégration.
Sur les conclusions à fin d'annulation :
2. Dans sa requête initiale, M. B conteste le refus de la réintégration de la commune et fait valoir qu'il a droit à un poste, et que plusieurs sont disponibles. Par suite, cette requête, assortie de conclusion et moyen, est recevable.
3. Aux termes de l'article L.514-6 du code général de la fonction publique : " Le fonctionnaire territorial en disponibilité soit d'office au terme des congés pour raisons de santé prévus au chapitre II du titre II du livre VIII soit de droit, sur demande, pour raisons familiales, est réintégré à l'issue de sa période de disponibilité dans les conditions prévues pour le détachement aux articles L. 513-11, L. 513-23, L. 513-24 et L. 513-26.Toutefois, le fonctionnaire territorial mis en disponibilité de droit, sur demande, pour suivre son conjoint ou le partenaire avec lequel il est lié par un pacte civil de solidarité n'est réintégré dans les mêmes conditions à l'expiration de sa période de disponibilité, que si celle-ci n'a pas excédé trois ans. Au-delà de cette durée, une des trois premières vacances dans la collectivité ou l'établissement d'origine doit être proposée au fonctionnaire. "
4. Il résulte de ces dispositions que le fonctionnaire mis en disponibilité pour convenances personnelles a le droit, sous réserve de la vacance d'un emploi correspondant à son grade, d'obtenir sa réintégration à l'issue d'une période de disponibilité. D'une part, si ces textes n'imposent pas à l'autorité dont relève le fonctionnaire de délai pour procéder à cette réintégration, celle-ci doit intervenir, en fonction des vacances d'emplois qui se produisent, dans un délai raisonnable. D'autre part, lorsque la collectivité dont relève l'agent constate qu'elle n'est pas en mesure de lui proposer un emploi correspondant à son grade à la date à laquelle la réintégration est demandée, elle doit saisir, sauf réintégration possible à bref délai, le centre national de la fonction publique territoriale ou le centre de gestion local afin qu'il lui propose tout emploi vacant correspondant à son grade.
5. Il ne ressort ni des pièces du dossier que la commune d'Agde avait la possibilité de réintégrer M. B à bref délai, ni qu'elle ait saisi le centre de gestion de la fonction publique territoriale de l'Hérault, ce qui a privé l'agent d'une garantie.
6. Il résulte de ce qui précède que M. B, sans qu'il soit besoin de ses prononcer sur ses autres moyens, est fondé à demander l'annulation de la décision du 9 juin 2022 par laquelle la commune d'Agde a refusé de procéder à sa réintégration.
Sur les conclusions aux fins d'injonction :
7. Le motif d'annulation retenu par le jugement, compte tenu de la radiation des cadres de M. B prononcée par arrêté définitif du maire d'Agde du 26 septembre 2023, n'implique pas que l'agent soit réintégré dans les effectifs de la commune d'Agde. Par suite, ses conclusions à fin d'injonction en ce sens doivent être rejetées.
Sur les conclusions relatives à l'article L.741-2 du code de justice administrative :
8.Aux termes de l'article L. 741-2 du code de justice administrative : " Sont également applicables les dispositions des alinéas 3 à 5 de l'article 41 de la loi du 29 juillet 1881 ci-après reproduites : " Art. 41, alinéas 3 à 5. - Ne donneront lieu à aucune action en diffamation, injure ou outrage, ni le compte rendu fidèle fait de bonne foi des débats judiciaires, ni les discours prononcés ou les écrits produits devant les tribunaux. Pourront néanmoins les juges, saisis de la cause et statuant sur le fond, prononcer la suppression des discours injurieux, outrageants ou diffamatoires, et condamner qui il appartiendra à des dommages-intérêts. () ".
9. En l'espèce, le passage du mémoire du requérant enregistré le 26 septembre 2022 commençant par les mots " Je suis sans travail " et se terminant par " l'argent public ", ainsi que celui du mémoire enregistré le 14 novembre 2023 indiquant " ces façons malhonnêtes " excèdent les limites de la controverse entre les parties dans le cadre d'une procédure contentieuse et présentent un caractère injurieux. Par suite, il y a lieu d'en prononcer la suppression.
Sur les frais liés au litige :
10. Il n'y a pas lieu, dans les circonstances de l'espèce, de faire droit aux conclusions des parties relatives à l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
D E C I D E:
Article 1er : La décision du 9 juin 2022 de la commune d'Agde est annulée.
Article 2 : Les passages mentionnés au point 9 du présent jugement sont supprimés en application de l'article L.741-2 du code de justice administrative.
Article 3 : Le surplus des conclusions des parties est rejeté.
Article 4 : Le présent jugement sera notifié à M. A B et à la commune d'Agde.
Délibéré après l'audience du 20 décembre 2024, à laquelle siégeaient :
M. Vincent Rabaté, président,
Mme Isabelle Pastor, première conseillère,
Mme Marion Bossi, première conseillère,
Rendu public par mise à disposition au greffe le 10 janvier 2025.
Le président-rapporteur,
V. Rabaté
L'assesseure la plus ancienne,
I. Pastor
La greffière,
B. Flaesch
La République mande et ordonne au préfet de l'Hérault, en ce qui le concerne, et à tous commissaires de justice à ce requis, en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition conforme,
Montpellier, le 10 janvier 2025
La greffière,
B. Flaesch
N°2202769 sa
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026