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AccueilJurisprudence administrativeN° TA34-2202898

Tribunal Administratif de Montpellier — Décision N° TA34-2202898

jeudi 31 octobre 2024

JuridictionTribunal Administratif de Montpellier
SectionTribunal Administratif de Montpellier
N° DossierTA34-2202898
TypeDécision
RecoursExcès de pouvoir
PublicationC
Formation1ère chambre
Avocat requérantMARGALL, D'ALBENAS

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête et un mémoire, enregistrés le 8 juin 2022 et le 17 octobre 2022, Mme D I et M. A F, représentés par la SCP Territoires Avocats, demandent au tribunal :

1°) d'annuler l'arrêté du 17 février 2022 par lequel le maire de la commune de Murviel- les-Béziers a accordé un permis de construire à M. B pour la construction d'une maison d'habitation sur le lot n°6 du lotissement Les Mourgues, ensemble la décision du 21 avril 2022 rejetant leur recours gracieux ;

2°) de mettre à la charge de la commune de Murviel-lès-Béziers la somme de 2 500 euros en application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Ils soutiennent que l'arrêté :

- est entaché de fraude en ce qui concerne la présence d'une buse d'évacuation d'un bassin de rétention ;

- a été signé par une autorité incompétente ;

- est illégal en l'absence de consultation de l'architecte des bâtiments de France ;

- a été pris sur la base d'un dossier incomplet en ce qui concerne :

o l'absence de mention claire de la surface de plancher ;

o l'absence de plan de situation ;

o l'absence de plan de masse ;

o le plan de coupe qui est insuffisant ;

o les insertions graphiques qui sont insuffisantes ;

o l'absence d'attestation d'achèvement des équipements du lotissement desservant le lot n°6 ;

- méconnaît l'article 1AU4 du règlement du plan local d'urbanisme et l'article 4 du cahier des charges du lotissement relatif à la gestion des eaux pluviales ;

- méconnaît l'article 5 du cahier des charges du lotissement en ce qui concerne les arbres à préserver ;

- méconnaît l'article IAU7 du règlement du plan local d'urbanisme en ce qui concerne le retrait par rapport aux limites séparatives ;

- méconnaît l'article 1AU11 du règlement du plan local d'urbanisme et l'article 14 du cahier des charges du lotissement en ce qui concerne la toiture (1), l'insertion dans les lieux avoisinants (2) et la présence de balcons (3) et les clôtures (4) ;

- méconnaît l'article 1AU12 du règlement du plan local d'urbanisme en ce qui concerne les places de stationnements et l'article 15 du règlement du lotissement ;

- méconnaît l'article 1AU13 du règlement du plan local d'urbanisme en ce qui concerne les espaces libres et les arbres à conserver.

Par un mémoire en défense, enregistré le 19 juillet 2022, la commune de Murviel-lès-Béziers, représentée par la Selarl Valette-Berthelsen conclut au rejet de la requête et à ce que la somme de 1 500 soit mise à la charge de Mme I et M. F au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Elle soutient que les moyens soulevés ne sont pas fondés.

Par un mémoire enregistré le 22 juillet 2022, M. E B, conclut au rejet de la requête et à ce que la somme de 2 500 euros soit mise à la charge de Mme I et M. F au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Il soutient que les moyens soulevés ne sont pas fondés.

Par un courrier du 7 octobre 2024, les parties ont été informées en application de l'article R. 611-7 du code de justice administrative, de ce que le jugement était susceptible d'être fondé sur un moyen relevé d'office tiré de l'irrecevabilité, en application de l'article R. 600-5 du code de l'urbanisme, du moyen tiré de l'incomplétude du dossier en ce qui concerne la surface de plancher du projet.

Vu les autres pièces du dossier.

Vu :

- le code de l'urbanisme ;

- le code de justice administrative.

Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.

Ont été entendus au cours de l'audience publique :

- le rapport de M. C ;

- les conclusions de M. Goursaud, rapporteur public ;

- les observations de Me Télés, représentant Mme I et M. F ;

- et les observations de Me Valette, représentant la commune de Murviel-lès-Béziers.

Considérant ce qui suit :

1. M. et Mme B ont déposé le 29 novembre 2021 une demande de permis de construire auprès des services de la commune de Murviel-lès-Béziers pour la construction d'une maison d'habitation avec piscine sur le lot n°6 du lotissement " Mourgue ", complétée les 17 décembre 2021, 26 janvier 2022 et 14 février 2022. Par un arrêté du 17 février 2022, le maire de la commune a accordé le permis sollicité. Mme I et M. F, voisins immédiats, ont déposé un recours gracieux reçu le 4 avril 2022 et qui a été rejeté le 21 avril suivant. Par leur requête, Mme I et M. F demandent l'annulation de l'arrêté du 17 février 2022 et de la décision du 21 avril 2022.

Sur les conclusions à fin d'annulation :

2. En premier lieu, l'arrêté en litige a été signé par M. J H, délégué à l'urbanisme, lequel a reçu délégation de signature du maire de la commune de Murviel-lès-Béziers par un arrêté du 23 mai 2020, affiché et transmis en préfecture le 25 mai suivant, à l'effet de signer différents actes d'urbanisme, dont les permis de construire. Par suite, le moyen tiré de l'incompétence du signataire doit être écarté.

3. En deuxième lieu, d'une part, l'autorité administrative saisie d'une demande de permis de construire peut relever les inexactitudes entachant les éléments du dossier de demande relatifs au terrain d'assiette du projet, notamment sa surface ou l'emplacement de ses limites séparatives, et, de façon plus générale, relatifs à l'environnement du projet de construction, pour apprécier si ce dernier respecte les règles d'urbanisme qui s'imposent à lui. En revanche, le permis de construire n'ayant d'autre objet que d'autoriser la construction conforme aux plans et indications fournis par le pétitionnaire, elle n'a à vérifier ni l'exactitude des déclarations du demandeur relatives à la consistance du projet à moins qu'elles ne soient contredites par les autres éléments du dossier joint à la demande tels que limitativement définis par les dispositions des articles R. 431-4 et suivants du code de l'urbanisme, ni l'intention du demandeur de les respecter, sauf en présence d'éléments établissant l'existence d'une fraude à la date à laquelle l'administration se prononce sur la demande d'autorisation.

4. D'autre part, aux termes de l'article A. 424-8 du code de l'urbanisme : " Le permis est délivré sous réserve du droit des tiers : il vérifie la conformité du projet aux règles et servitudes d'urbanisme. Il ne vérifie pas si le projet respecte les autres réglementations et les règles de droit privé. Toute personne s'estimant lésée par la méconnaissance du droit de propriété ou d'autres dispositions de droit privé peut donc faire valoir ses droits en saisissant les tribunaux civils, même si le permis respecte les règles d'urbanisme ".

5. Il ressort des pièces du dossier que contrairement à ce que soutiennent les requérants le plan de masse fait figurer la canalisation souterraine d'évacuation du bassin de rétention réalisé dans le cadre du permis d'aménager pour la création du lotissement " Mourgue ", grevant ainsi d'une servitude de passage le terrain du pétitionnaire, ainsi que le confirme le pétitionnaire. Ensuite, il résulte du plan de délimitation du périmètre du lotissement produit par les requérants eux-mêmes que la canalisation figurant sur le plan de masse du permis en litige correspond bien à la canalisation du permis d'aménager d'évacuation du bassin de rétention. Ainsi, la circonstance que cette canalisation soit devenue affleurante lors du terrassement du terrain n'est pas de nature à révéler un élément dissimulé de la nature du terrain du pétitionnaire, dont la présence est au demeurant indépendante du projet de permis de construire, dont l'objet est de vérifier le respect des réglementations d'urbanisme des constructions à réaliser. Par suite, le moyen tiré de ce que le dossier de permis de construire serait frauduleux doit être écarté.

6. En troisième lieu, aux termes des dispositions de l'article L. 621-30 du code du patrimoine : " I. - Les immeubles ou ensembles d'immeubles qui forment avec un monument historique un ensemble cohérent ou qui sont susceptibles de contribuer à sa conservation ou à sa mise en valeur sont protégés au titre des abords. / La protection au titre des abords a le caractère de servitude d'utilité publique affectant l'utilisation des sols dans un but de protection, de conservation et de mise en valeur du patrimoine culturel. / II. - La protection au titre des abords s'applique à tout immeuble, bâti ou non bâti, situé dans un périmètre délimité par l'autorité administrative dans les conditions fixées à l'article L. 621-31. Ce périmètre peut être commun à plusieurs monuments historiques. / En l'absence de périmètre délimité, la protection au titre des abords s'applique à tout immeuble, bâti ou non bâti, visible du monument historique ou visible en même temps que lui et situé à moins de cinq cents mètres de celui-ci. / () ". Aux termes des dispositions de l'article R. 423-54 du code de l'urbanisme : " Lorsque le projet est situé dans le périmètre d'un site patrimonial remarquable ou dans les abords des monuments historiques, l'autorité compétente recueille l'accord ou, pour les projets mentionnés à l'article L. 632-2-1 du code du patrimoine, l'avis de l'architecte des Bâtiments de France. ".

7. Il ressort des pièces du dossier que la parcelle assiette du projet se situe en dehors du périmètre de protection délimité autour de l'Eglise Saint Jean annexé au plan local d'urbanisme de la commune. Par suite, les requérants ne sont pas fondés à soutenir que la commune de Murviel-lès-Béziers aurait dû recueillir l'avis conforme de l'architecte des bâtiments de France en ce que le projet serait situé dans un rayon de 500 mètres de ce monument. Ledit moyen doit dès lors être écarté comme inopérant.

8. En quatrième lieu, la circonstance que le dossier de demande de permis de construire ne comporterait pas l'ensemble des documents exigés par les dispositions du code de l'urbanisme, ou que les documents produits seraient insuffisants, imprécis ou comporteraient des inexactitudes, n'est susceptible d'entacher d'illégalité le permis de construire qui a été accordé que dans le cas où les omissions, inexactitudes ou insuffisances entachant le dossier ont été de nature à fausser l'appréciation portée par l'autorité administrative sur la conformité du projet à la réglementation applicable.

9. Aux termes de l'article R. 431-7 du code de l'urbanisme : " Sont joints à la demande de permis de construire : / a) Un plan permettant de connaître la situation du terrain à l'intérieur de la commune ; / b) Le projet architectural défini par l'article L. 431-2 et comprenant les pièces mentionnées aux articles R. 431-8 à R. 431-12 ".

10. Il ressort des pièces du dossier que la première page du dossier de permis de construire fait apparaître le plan de situation permettant de localiser le terrain par rapport au territoire communal. Par ailleurs, ce même plan de situation ajoute que le terrain d'assiette correspond au lot n°6 du lotissement " Mourgue ". Par suite, le moyen tiré de l'absence de plan de situation doit être écarté.

11. En cinquième lieu, aux termes de l'article R. 431-9 du code de l'urbanisme : " Le projet architectural comprend également un plan de masse des constructions à édifier ou à modifier coté dans les trois dimensions. Ce plan de masse fait apparaître les travaux extérieurs aux constructions, les plantations maintenues, supprimées ou créées et, le cas échéant, les constructions existantes dont le maintien est prévu. () ". Aux termes de l'article R. 431-10 du même code : " Le projet architectural comprend également : () / c) Un document graphique permettant d'apprécier l'insertion du projet de construction par rapport aux constructions avoisinantes et aux paysages, son impact visuel ainsi que le traitement des accès et du terrain ; / d) Deux documents photographiques permettant de situer le terrain respectivement dans l'environnement proche et, sauf si le demandeur justifie qu'aucune photographie de loin n'est possible, dans le paysage lointain. Les points et les angles des prises de vue sont reportés sur le plan de situation et le plan de masse ".

12. S'il est exact que le plan de masse ne fait pas apparaître les arbres à planter ou à supprimer, il ressort des pièces du dossier que la notice du permis prévoit la plantation/préservation de six arbres sur le terrain d'assiette, permettant ainsi aux services instructeurs d'apprécier la conformité du projet à ce titre. Ensuite, contrairement à ce que soutiennent les requérants, le plan de masse n'a pas à faire apparaître les limites de recul par rapport aux limites séparatives. En tout état de cause, le plan de situation fait apparaître une zone orangée située à 3 mètres de toutes les limites séparatives et délimitant ainsi la zone constructible. Enfin, le document PCMI8 du dossier de permis de construire situe les lieux de prises de vues photographiques du terrain. Par suite, le moyen tiré de l'insuffisance du plan de masse et des documents graphiques doit être écarté.

13. En sixième lieu, aux termes de l'article R. 431-10 du code de l'urbanisme : " Le projet architectural comprend également : / () b) Un plan en coupe précisant l'implantation de la construction par rapport au profil du terrain ; lorsque les travaux ont pour effet de modifier le profil du terrain, ce plan fait apparaître l'état initial et l'état futur ; / () ".

14. Il ressort des pièces du dossier que les différents plans de coupe du dossier de permis de construire font apparaître le profil du terrain naturel après construction, différencié des terres de décaissements reparties sur le terrain, Si ces plans ne représentent pas le profil du terrain naturel dans son état initial avant les travaux d'affouillement ou d'exhaussement, il ressort toutefois des pièces du dossier que cette absence n'a pas empêché le service instructeur d'examiner la légalité du dossier par rapport à la réglementation d'urbanisme applicable et il n'est d'ailleurs invoqué aucune disposition qui aurait été méconnue en raison de l'imprécision du dossier sur le niveau du terrain naturel avant travaux. Au demeurant, le reportage photographique présent au dossier fait état d'un terrain en pente régulière du Nord au Sud. Par suite, le moyen tiré de l'incomplétude du dossier au regard des dispositions précitées au point 13 doit être écarté.

15. En septième lieu, aux termes de l'article R. 431-10 du code de l'urbanisme : " Le projet architectural comprend également : " () c) Un document graphique permettant d'apprécier l'insertion du projet de construction par rapport aux constructions avoisinantes et aux paysages, son impact visuel ainsi que le traitement des accès et du terrain ; d) Deux documents photographiques permettant de situer le terrain respectivement dans l'environnement proche et, sauf si le demandeur justifie qu'aucune photographie de loin n'est possible, dans le paysage lointain. Les points et les angles des prises de vue sont reportés sur le plan de situation et le plan de masse. ".

16. Il ressort des pièces du dossier que le dossier de permis de construire comporte plusieurs photographies prises au niveau du sol, avec un plan indiquant les différents lieux de prises de vues, du terrain assiette du projet, avec des vues éloignées et proches, et la construction des requérants apparaît en partie sur certaines d'entre elles. Par ailleurs, le dossier de permis de construire comporte également des représentations graphiques de la construction projetée sur le terrain et si ces dernières ne font pas apparaître la maison d'habitation des requérants, le service instructeur était suffisamment renseigné par les autres documents de ce permis, pour apprécier l'insertion de la construction dans les lieux avoisinants. Par suite, le moyen tiré de l'incomplétude du dossier à ce titre doit être écarté.

17. En huitième lieu, d'une part, aux termes de l'article R. 431-22-1 du code de l'urbanisme : " Lorsque les travaux projetés portent sur une construction à édifier sur un terrain inclus dans un lotissement soumis à permis d'aménager, la demande est accompagnée, s'il y a lieu : a) Du certificat prévu par le quatrième alinéa de l'article R. 442-18, quand l'ensemble des travaux mentionnés dans le permis d'aménager n'est pas achevé ; () ".

18. D'autre part, aux termes de l'article R. 442-18 du code de l'urbanisme : " Le permis de construire des bâtiments sur les lots d'un lotissement autorisé par un permis d'aménager peut être accordé : / a) Soit à compter de l'achèvement des travaux d'aménagement du lotissement () b) Soit à compter de la délivrance de l'autorisation de procéder à la vente ou à la location des lots avant exécution des travaux, à condition que les équipements desservant le lot soient achevés. Dans ce cas, le lotisseur fournit à l'acquéreur un certificat attestant, sous sa responsabilité, l'achèvement de ces équipements. Ce certificat est joint à la demande de permis ; c) Soit dès la délivrance du permis d'aménager, sous réserve que le permis de construire ne soit mis en œuvre que lorsque les équipements desservant le lot seront achevés ; cette possibilité n'est pas ouverte lorsque la construction est une maison individuelle au sens de l'article L. 231-1 du code de la construction et de l'habitation ". Aux termes de l'article A. 426-6 du même code : " Lorsque l'exécution des travaux est différée, l'arrêté en indique les motifs et précise les délais dans lesquels les travaux pourront commencer ". Il résulte de ces dispositions que le permis de construire des bâtiments autres que des maisons individuelles sur les lots d'un lotissement autorisé par un permis d'aménager peut être accordé dès la délivrance du permis d'aménager à condition que le permis de construire mentionne que l'exécution des travaux qu'il autorise est différée jusqu'à la date à laquelle les équipements desservant le lot seront achevés.

19. Il ressort des pièces du dossier que par un arrêté du 26 octobre 2021, le maire de la commune a autorisé le lotisseur à procéder à la vente des terrains compris dans le lotissement Mourgue avant d'avoir exécuté la totalité des travaux prescrits par le permis d'aménager, correspondant au b) de l'article R. 442-18. Par suite, le dossier de permis de construire n'avait pas à comporter le certificat correspond au c) de ce même article par l'effet du renvoi par l'article R. 431-22-1 du code de l'urbanisme et le moyen tiré de l'absence de ce certificat, tel que soulevé, ne peut qu'être écarté.

20. En neuvième lieu, aux termes de l'article R. 600-5 du code de l'urbanisme : " Par dérogation à l'article R. 611-7-1 du code de justice administrative, et sans préjudice de l'application de l'article R. 613-1 du même code, lorsque la juridiction est saisie d'une requête relative à une décision d'occupation ou d'utilisation du sol régie par le présent code, ou d'une demande tendant à l'annulation ou à la réformation d'une décision juridictionnelle concernant une telle décision, les parties ne peuvent plus invoquer de moyens nouveaux passé un délai de deux mois à compter de la communication aux parties du premier mémoire en défense () ".

21. Il ressort des pièces du dossier que le premier mémoire en défense a été communiqué aux requérants le 19 juillet 2022 et que leur mémoire en réplique, qui ajoute le moyen nouveau tiré de l'absence de mention claire de la surface de plancher, a été enregistré le 17 octobre 2022, soit après l'expiration du délai de deux mois prévu par les dispositions précitées. Par suite, ledit moyen ne peut qu'être écarté comme irrecevable.

22. En dixième lieu, d'une part, aux termes de l'article 4 des dispositions générales applicables à l'ensemble des zones auquel renvoie l'article 1AU4 du règlement du plan local d'urbanisme de la commune relatif à l'assainissement des eaux pluviales : " Dans les zones urbaines et à urbaniser : Les eaux pluviales provenant des toitures des constructions et des surfaces imperméabilisées doivent être conduite dans des fossés ou caniveaux prévus à cet effet et de dimensions appropriées. Toutes dispositions utiles doivent être prises afin d'éviter les risques d'écoulement des eaux pluviales sur les propriétés voisines. En l'absence de caniveaux ou de fossés, les eaux pluviales doivent être éliminées sur la propriété. L'évacuation des eaux pluviales des parties arrières des terrains ou des lots nouveaux doit être assurée vers la chaussée ; le niveau des planchers des constructions devra être défini en conséquence.• Les exutoires et réseaux d'eaux pluviales ne peuvent recevoir à titre habituel et permanent des effluents usés d'origine domestique ou industrielle susceptibles de modifier la qualité du milieu récepteur.• Concernant les eaux claires et en particulier les surverses ou les vidanges des piscines, cuves ou réservoirs, elles seront dirigées sur le réseau pluvial.• En l'absence de réseau, le projet devra prendre en compte leur écoulement ou leur réutilisation sans apporter de conséquences sur les propriétés voisines.• En aucun cas les eaux de vidange ne devront être dirigées vers le réseau d'eaux usées. ".

23. D'autre part, le règlement du lotissement, dans sa dernière version du 8 juin 2021 à la date de la délivrance du permis d'aménager le 1er juillet 2021, ainsi qu'en atteste le maire et le notaire chargé de l'opération d'aménagement en ce qui le concerne, renvoie pour l'essentiel à l'ensemble des règles du règlement du plan local d'urbanisme applicable pour la zone 1AU3.

24. Il ressort des pièces du dossier que l'arrêté en litige a été accordé sous réserve des prescriptions relatives à la gestion des eaux pluviales mentionnées à son article 4, en particulier que les eaux pluviales provenant des toitures des constructions et des surfaces imperméabilisées doivent être conduites dans des fossés ou caniveaux prévus à cet effet de dimensions appropriées, que toutes dispositions doivent être prises afin d'éviter les risques d'écoulement des eaux pluviales sur les propriétés voisines et qu'en l'absence de caniveaux ou de fossés, les eaux pluviales doivent être éliminées sur la propriété. Dans ces conditions, de telles prescriptions sont de nature à s'assurer du respect des dispositions précitées, quand bien même le dossier ne matérialiserait pas la présence de fossés ou caniveaux. Enfin, et contrairement à ce que soutiennent les requérants, la dernière version du règlement de lotissement opposable et l'article 4 des dispositions générales du règlement du plan local d'urbanisme ne prévoient aucun " puisard " obligatoire. Par suite, le moyen tiré de la méconnaissance de l'article 1AU4 concernant la gestion des eaux pluviales doit être écarté.

25. En onzième lieu, la version applicable du règlement du lotissement, prévoit que les parties situées au nord de la zone constructible des lots 5 et 6 ne recevront en aucun cas une construction, que les arbres qui en font partie ne seront pas coupés, et que ces parties ne serviront qu'en tant que terrain d'agrément loisir (zone non aédificandi). Il ressort des pièces du dossier que l'article 5 de l'arrêté accordé reprend en outre littéralement ces dispositions en prescription à respecter. Par ailleurs, le non-respect éventuel de cette prescription lors des travaux relève seulement de l'exécution du permis de construire et est sans influence sur sa légalité. Par suite, le moyen tiré de la méconnaissance de ces dispositions doit être écarté.

26. En douzième lieu, aux termes de l'article 1AU7 du règlement du plan local d'urbanisme applicable : " La distance horizontale de tout point d'un bâtiment au point de la limite parcellaire qui en est le plus proche doit être égale à la moitié de la différence d'altitude entre ces deux points (L = H/2) sans pouvoir être inférieure à 3 mètres. ".

27. Si les requérants déduisent de ces dispositions un recul minimum à respecter de 3,75 m en prenant en considération la hauteur du bâtiment de 7,50 mètres, il ressort toutefois des pièces du dossier que cette hauteur maximale est prise au faîtage de la construction présentant une toiture à quatre pans, et que la distance de ce point haut par rapport aux limites séparatives est très largement supérieure à 3,75 mètres ainsi qu'il en ressort des plans de masse à l'échelle 1/150e. En tout état de cause, la façade faisant front à la limite parcellaire des requérants présente une hauteur de 5,70 m à l'égout, qui nécessitait ainsi un recul minimum de trois mètres, lequel est satisfait en l'espèce. Par suite, le moyen tiré de la méconnaissance de l'article 1AU7 du règlement du plan local d'urbanisme doit être écarté.

28. En treizième lieu, aux termes de l'article 1AU11 du règlement du plan local d'urbanisme en ce qui concerne les toitures : " Les couvertures doivent être en tuile canal, ou similaire, de teinte claire. Les pentes et versants des toitures doivent respecter ceux des constructions avoisinantes. Elles ne doivent pas dépasser 35 % ni être inférieures à 20 %. () En secteur 1AU3 Les toits terrasses sont autorisés ; les constructions annexes et les garages doivent être traités en terrasses avec acrotère. Le faîtage des toitures des constructions principales doit respecter le sens indiqué dans les orientations d'aménagement et de programmation. ".

29. Ainsi qu'il a été dit au point 23, le règlement de lotissement opposable se borne à renvoyer aux dispositions du plan local d'urbanisme si bien que les requérants ne peuvent utilement soutenir que la toiture devrait respecter une pente de 30%. Par ailleurs, les différents plans du permis de construire permettent de calculer le pourcentage de cette pente à un peu moins de 35%, laquelle respecte ainsi les valeurs prévues par les dispositions précitées. Par suite, le moyen tiré de la méconnaissance de l'article 1AU11 en ce qui concerne la toiture doit être écarté.

30. En quatorzième lieu, aux termes de l'article 11 des dispositions générales du règlement d'urbanisme applicables à toutes les zones : " Par leur situation, leur architecture, leurs dimensions ou leur aspect extérieur, les constructions à édifier ou à modifier ne doivent pas porter atteinte au caractère ou à l'intérêt des lieux avoisinants, aux sites, aux paysages naturels ou urbains ainsi qu'à la conservation des perspectives monumentales. () ".

31. Ainsi qu'il a été dit au point 23, le règlement de lotissement opposable ne prévoit aucun article 14 quant à l'intégration des constructions dans leur environnement. En revanche l'article 11 des dispositions générales du règlement du plan local d'urbanisme précitées sont opposables si bien que les requérants ne peuvent utilement se prévaloir des dispositions de l'article R. 111-27 du code de l'urbanisme. Il ressort des pièces du dossier que la construction en litige s'inscrit dans une zone nouvellement urbanisée dans le cadre d'un lotissement de sept lots à usage d'habitation et que toutes les constructions environnantes possèdent une architecture contemporaine, à l'instar de la maison des requérants à toit terrasse. Par ailleurs, ainsi qu'il a été dit, le terrain assiette du projet n'est pas inclus dans le périmètre de protection d'un monument historique. Ensuite, il ressort des pièces du dossier que la construction en litige présente un aspect contemporain avec une toiture à quatre pentes en tuile canal vieillie à l'instar des autres constructions environnantes et que les façades seront en enduit taloché de ton pierre. Par ailleurs, il ressort des pièces du dossier que la construction en litige épouse la déclivité naturelle du terrain dont le niveau R+1 se situe alors de plein pied en partie nord la plus élevée, et le niveau du rez-de-chaussée (R) étant semi enterré. Enfin, la présence de loggias ouvertes prévues par la construction en R+1, et non des balcons comme le soutiennent les requérants, n'est pas de nature à rompre l'harmonie des constructions avoisinantes, alors que le règlement du plan local d'urbanisme à son article 1UD11 n'interdit ni les loggias, ni les balcons. Dans ces conditions, le moyen tiré de ce que la maire aurait entaché sa décision d'une erreur manifeste d'appréciation doit être écarté.

32. En quinzième lieu, aux termes de l'article 1AU11 du règlement du plan local d'urbanisme en ce qui concerne les clôtures : " Les clôtures peuvent être constituées par un mur bahut surmonté ou non d'un grillage ou de lisses bois, de haies vives ou de claires voies. La hauteur des murs de clôture ne doit pas excéder : 1,60 mètre mesuré à partir du niveau du terrain naturel pour les clôtures situées en bordure du domaine public et des voies ouvertes à la circulation, 2 mètres mesurés à partir du niveau du terrain naturel pour les clôtures situées en limite séparative. Cependant des hauteurs différentes des murs bahuts peuvent être admises ou imposées en fonction de la topographie des lieux : terrain en pente, niveau de la rue différent du niveau du terrain naturel de la propriété, murs de soubassement ou de soutènement. La hauteur et la nature des clôtures situées au droit de certains carrefours ou dans la partie intérieure de certains virages peuvent faire l'objet de prescriptions particulières afin de garantir la visibilité et la sécurité de la circulation des véhicules et des piétons. ". Pour l'application de ces dispositions fixant la hauteur maximale des clôtures à l'alignement dans les limites séparatives, la hauteur d'un grillage surmontant un mur de soutènement doit être calculée à partir du niveau du terrain ainsi clôturé et non pas à partir du sol du chemin situé en contrebas du mur de soutènement.

33. D'une part, ainsi qu'il a été dit au point 23, le règlement de lotissement opposable ne prévoit aucune disposition particulière concernant les clôtures et seules les règles du plan local d'urbanisme sont opposables, si bien que les requérants ne peuvent utilement soutenir que les clôtures devraient être doublées de haies vives. D'autre part, il ressort des pièces du dossier que le mur en limite séparative avec la parcelle des requérants cadastrée section AB n°274 est un mur de soutènement de la parcelle assiette du projet d'une hauteur de 2,5 mètres et ne saurait ainsi être considéré comme un mur bahut servant de clôture. Sa hauteur totale n'est dès lors pas à prendre en compte au titre des règles précitées relatives aux clôtures. Il ressort ainsi des pièces du dossier que le grillage rigide surmontant ce mur d'un 1,40 mètre, dont la hauteur doit être calculée à partir du niveau du terrain du pétitionnaire, et non depuis le niveau du terrain des requérants aux pieds du mur de soutènement, est inférieur à la hauteur maximale de 2 mètres. Par ailleurs, il en est de même en ce qui concerne le mur de soutènement du côté de la voirie publique si bien que le grillage d'un 1,40 mètre respecte la hauteur maximale d'1,60 mètres. Par suite, le moyen tiré de la méconnaissance de l'article 11 du règlement du plan local d'urbanisme en ce qui concerne les clôtures doit être écarté.

34. En seizième lieu, aux termes de l'article 1AU12 du règlement du plan local d'urbanisme relatif au stationnement : " Pour les constructions à usage d'habitation :au moins une place de stationnement ou de garage par unité de logement de moins de 60m2 de surface de plancher hors œuvre nette au moins deux places de stationnement ou de garage par unité de logement de plus de 60m2 de surface de plancher hors œuvre nette. Dans les lotissements et pour chaque lot constructible, sont exigés en plus : dans les secteurs 1AU1 et 1AU2, au moins deux places de stationnement à réaliser par l'aménageur dans les espaces collectifs ; en secteur 1AU3, au moins une place de stationnement à réaliser par l'aménageur dans les espaces collectifs. ".

35. D'une part, ainsi qu'il a été dit au point 23, le règlement de lotissement opposable, qui renvoie au règlement du plan local d'urbanisme, ne prévoit aucun article 15 concernant le stationnement des véhicules. D'autre part, il ressort des pièces du dossier que la construction projetée possède au niveau de l'accès automobile à la voie publique un garage fermé dans l'emprise de la maison d'habitation ainsi qu'une zone de stationnement non close d'une largeur de 6 mètres pour une profondeur de 5,6 mètres permettant le stationnement sans difficultés d'au moins deux véhicules. Par suite, le projet en litige d'une surface de plancher supérieure de 60 m2 par unité de logement respecte les dispositions précitées. Le moyen tiré la méconnaissance de l'article 1AU12 du règlement du plan local d'urbanisme doit dès lors être écarté.

36. En dix-septième lieu, aux termes de l'article 1AU13 du règlement du plan local d'urbanisme : " Dons les secteurs l AUl et l AU3 Les espaces libres doivent être plantées à raison d'un arbre de haute tige de 2 mètres minimum à la plantation pour 150 m2 de terrain en dehors des plantations nécessaires pour les haies. Au moins 50 % des espaces libres doivent être laissés en pleine terre et végétalisés. En secteur 1 AU3 Dans la mesure du possible, les haies et les arbres de hautes tiges existants devront être conservés ; en cas de destruction, ils devront être remplacés par des espèces équivalentes. Le pin parasol existant (espace boisé classé) devra être conservé. () ".

37. Il ressort des pièces du dossier que le lot n°6 est d'une surface de 749m2 si bien que les espaces libres doivent être au minimum de 374,5 m2. La notice du permis de construire en litige prévoit de laisser un espace vert paysager de 400m2, respectant ainsi ces dispositions. Par ailleurs, cette même notice prévoit la plantation/préservation de six arbres. Enfin, le constat d'huissier produit par les requérants n'indique nullement que des arbres de hautes tiges auraient été détruits sur la parcelle du pétitionnaire alors qu'au demeurant les photographies du terrain présentes dans le dossier de permis de construire montrent essentiellement une broussaille éparse à l'exception d'un olivier, que l'on retrouve intacte dans les insertions graphiques. Par suite, le moyen tiré de la méconnaissance de l'article 1AU13 du règlement du plan local d'urbanisme doit être écarté.

38. Il résulte de tout ce qui précède que les conclusions à fin d'annulation de la requête doivent être rejetées.

Sur les frais liés au litige :

39. Les dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative font obstacle à ce que la commune de Murviel-lès-Béziers, qui n'a pas la qualité de partie perdante, verse à Mme I et M. F la somme qu'ils réclament au titre des frais exposés et non compris dans les dépens. Par ailleurs, dans les circonstances de l'espèce, il y a lieu de mettre à la charge de Mme I et M. F le versement à la commune de Murviel-lès-Béziers d'une somme de 1 500 euros sur le fondement de ces mêmes dispositions. En revanche, M. B n'étant pas représenté par un avocat et ne justifiant pas de ses frais, les conclusions présentées par le pétitionnaire au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative doivent être rejetées.

D E C I D E :

Article 1er : La requête de Mme I et M. F est rejetée.

Article 2 : Mme I et M. F verseront la somme de 1 500 euros à la commune de Murviel-lès-Béziers au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Article 3 : Les conclusions présentées par M. B au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative sont rejetées.

Article 4 : La présente décision sera notifiée à Mme D I et M. A F, à la commune de Murviel-lès-Béziers et à M. E B.

Délibéré après l'audience du 10 octobre 2024, à laquelle siégeaient :

Mme Fabienne Corneloup, présidente,

Mme Michelle Couégnat, première conseillère,

M. Nicolas Huchot, premier conseiller,

Rendu public par mise à disposition au greffe le 31 octobre 2024.

Le rapporteur,

N. C

La présidente,

F. CorneloupLa greffière,

M. G

La République mande et ordonne au préfet de l'Hérault en ce qui le concerne, ou à tous commissaires de justice à ce requis, en ce qui concerne les voies de droit commun, contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.

Pour expédition conforme,

Montpellier le 31 octobre 2024.

La greffière,

M. G

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