jeudi 10 octobre 2024
| Juridiction | Tribunal Administratif de Montpellier |
| Section | Tribunal Administratif de Montpellier |
| N° Dossier | TA34-2202962 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | C |
| Formation | 1ère chambre |
| Avocat requérant | MARGALL, D'ALBENAS |
Vu la procédure suivante :
Par une requête et un mémoire, enregistrés les 10 juin 2022 et 19 septembre 2023, M. B E, Mme C A épouse E et Mme D F, représentés par Me Baysan, demandent au tribunal :
1°) d'annuler la décision n° DP 034 309 21 M0069 du 27 avril 2022 par laquelle le maire de la commune de Teyran ne s'est pas opposé à la déclaration préalable de travaux pour la réalisation d'une antenne-relais de téléphonie mobile sur la parcelle cadastrée section BA n°39 déposée par la société Free Mobile ;
2°) de condamner la commune de Teyran et la société Free Mobile à leur verser la somme de 2 500 euros en application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Ils soutiennent que :
- ils ont intérêt à agir, comme l'a implicitement jugé le juge des référés, compte tenu de l'impact visuel conséquent du pylône, qui affecte directement les conditions d'occupation, d'utilisation ou de jouissance de leur habitation, outre la perte de valeur vénale de leur propriété ;
- la décision, signée par l'adjoint à l'urbanisme et à l'aménagement, est entachée d'un vice d'incompétence ;
- la décision est entachée d'un vice de procédure, pour méconnaissance de l'article L. 34- 9-1 du code des postes et des communications électroniques dès lors que le maire de Teyran n'a pas mis à disposition du public le dossier d'information fourni par l'opérateur le 24 août 2021 et a présenté le projet comme acté ;
- le projet méconnaît l'article A1 du plan local d'urbanisme dès lors qu'il n'est pas une construction liée et nécessaire à l'exercice d'une activité agricole et que les travaux entraîneront des affouillements non liés à des travaux d'occupation ou d'utilisation des sols autorisés par le plan local d'urbanisme eu égard à la déclivité du sol ;
- le projet méconnaît l'article A3 du plan local d'urbanisme dès lors que la construction ne bénéficie pas d'accès existant ni de servitude de passage et devait être considéré comme étant enclavé ; le dossier de déclaration préalable est insuffisant pour apprécier la conformité de l'accès ;
- le projet méconnaît l'article A 10 du plan local d'urbanisme relatif à la hauteur maximale des constructions ;
- le projet méconnait l'article A11 du plan local d'urbanisme relatif à l'aspect extérieur des constructions en ce qu'il prévoit de simples clôtures grillagées, qui ne sont pas autorisées ;
- le projet méconnaît l'article A12 du plan local d'urbanisme dès lors qu'il ne prévoit pas la création de places de stationnement en dehors des voies publiques pour les techniciens de la société ;
- le projet méconnaît l'article R. 111-27 du code de l'urbanisme dès lors que le projet se situe en plein cœur de la plaine agricole de la commune à vocation uniquement agricole, qui présente un paysage agricole et naturel unique vierge de toute construction ; qu'en raison de la faible déclivité des environs du site, le lieu est particulièrement sensible à toute construction de hauteur ; que l'insertion d'une antenne-relais métallique de quarante mètres de hauteur portera une atteinte visible et importante aux lieux avoisinants.
Par un mémoire en défense, enregistré le 7 juillet 2022, la commune de Teyran, représentée par Me D'Albenas, conclut au rejet de la requête et à ce que soit mise à la charge de M. E et de Mmes A et F une somme de 2 500 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Elle soutient que les moyens soulevés ne sont pas fondés.
Par un mémoire en défense, enregistré le 8 août 2022, la société Free Mobile, représentée par Me Martin, conclut au rejet de la requête et à la condamnation des requérants à lui verser la somme de 5 000 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Elle soutient que :
- la requête est irrecevable du fait de l'absence d'intérêt à agir des requérants, compte tenu de la distance supérieure à 500 mètres entre leur propriété et le pylône, des caractéristiques du pylône qui sera en treillis métallique et du massif boisé qui amoindriront considérablement sa visibilité ;
- les moyens soulevés ne sont pas fondés.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- le code des postes et des télécommunications ;
- le code de l'urbanisme ;
- le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de Mme Couégnat, rapporteure ;
- les conclusions de M. Goursaud, rapporteur public ;
- les observations de Me Marcel, substituant Me Baysan, représentant Mme A et autres ;
- et les observations de Me Telès, représentant la commune de Teyran.
Considérant ce qui suit :
1. Le 27 septembre 2021, la société Free Mobile a déposé une déclaration préalable en vue d'édifier sur la parcelle cadastrée section BA n° 39 à Teyran une station radioélectrique de télécommunications composée d'un pylône treillis de trente-six mètres de hauteur, pour l'installation de six antennes radioélectriques et deux faisceaux hertziens, et d'une zone technique grillagée avec portillon de sécurité. Par décision du 21 décembre 2021, le maire de Teyran s'était opposé à la déclaration préalable au motif qu'il n'existait pas d'engagement irrévocable de mutualisation avec la société Bouygues Télécom. La société Free Mobile a saisi le tribunal administratif de Montpellier d'une demande d'annulation de cette décision ainsi que de sa suspension. Par une ordonnance du 14 avril 2022, le juge des référés a fait droit à la demande de suspension et a ordonné au maire de Teyran de délivrer, à titre provisoire, une décision de non-opposition à la déclaration préalable de la société Free Mobile dans un délai d'un mois à compter de la date de notification de son ordonnance. Pour l'exécution de cette injonction, le maire de Teyran a pris, le 27 avril 2022, une décision de non-opposition à la déclaration préalable présentée par la société Free Mobile. Par la présente requête, M. E, Mme A, épouse E, et Mme F demandent au tribunal d'annuler cette décision.
2. Postérieurement à l'introduction de la requête, et par un jugement du 30 mars 2023 rendu sous le numéro 2200792, le tribunal administratif de Montpellier a annulé la décision d'opposition du 21 décembre 2021 du maire de Teyran et enjoint au maire de délivrer à la société Free Mobile une décision de non-opposition à sa déclaration préalable de travaux, dans un délai de deux mois à compter de la notification de son jugement.
Sur la fin de non-recevoir opposée par la société Free Mobile :
3. Aux termes de l'article L. 600-1-2 du code de l'urbanisme : " Une personne autre que l'Etat, les collectivités territoriales ou leurs groupements ou une association n'est recevable à former un recours pour excès de pouvoir contre un permis de construire, de démolir ou d'aménager que si la construction, l'aménagement ou les travaux sont de nature à affecter directement les conditions d'occupation, d'utilisation ou de jouissance du bien qu'elle détient ou occupe régulièrement ou pour lequel elle bénéficie d'une promesse de vente, de bail, ou d'un contrat préliminaire mentionné à l'article L. 261-15 du code de la construction et de l'habitation ". Il résulte de ces dispositions qu'il appartient, en particulier, à tout requérant qui saisit le juge administratif d'un recours pour excès de pouvoir tendant à l'annulation d'un permis de construire, de démolir ou d'aménager, de préciser l'atteinte qu'il invoque pour justifier d'un intérêt lui donnant qualité pour agir, en faisant état de tous éléments suffisamment précis et étayés de nature à établir que cette atteinte est susceptible d'affecter directement les conditions d'occupation, d'utilisation ou de jouissance de son bien. Il appartient au défendeur, s'il entend contester l'intérêt à agir du requérant, d'apporter tous éléments de nature à établir que les atteintes alléguées sont dépourvues de réalité. Le juge de l'excès de pouvoir apprécie la recevabilité de la requête au vu des éléments ainsi versés au dossier par les parties, en écartant le cas échéant les allégations qu'il jugerait insuffisamment étayées mais sans pour autant exiger de l'auteur du recours qu'il apporte la preuve du caractère certain des atteintes qu'il invoque au soutien de la recevabilité de celui-ci. Eu égard à sa situation particulière, le voisin immédiat justifie, en principe, d'un intérêt à agir lorsqu'il fait état devant le juge, qui statue au vu de l'ensemble des pièces du dossier, d'éléments relatifs à la nature, à l'importance ou à la localisation du projet de construction.
4. Il ressort des pièces du dossier que M. E, Mme A épouse E et Mme F sont propriétaires d'une maison d'habitation, située à la lisière d'un lotissement qui jouxte la zone agricole dans laquelle le projet d'antenne-relais de téléphonie mobile, pylône treillis d'une hauteur de 36 mètres, doit s'implanter. Pour justifier de leur intérêt à agir à l'encontre de l'autorisation d'urbanisme qu'ils attaquent, les requérants se prévalent de l'impact visuel du projet à partir de leur propriété et d'une possible diminution de 15 à 20 % de la valeur vénale de leur bien. Toutefois, il ressort des différents plans et photographies produits que l'ouvrage sera implanté à plus de 500 mètres de la propriété des requérants, dans un espace boisé dont celle-ci est séparée par des parcelles agricoles et que sa visibilité sera limitée à la partie supérieure de l'antenne relais, émergeant de la zone boisée, dans un paysage très ouvert. Alors que la perte de valeur vénale revêt un caractère purement éventuel, la seule circonstance tenant à la visibilité générale de l'installation depuis le front bâti où résident les requérants ne suffit pas, compte tenu de la distance séparant le projet du lieu de leur propriété à leur conférer un intérêt direct et personnel à agir contre la décision de non-opposition à la déclaration préalable de travaux présentée par la société Free Mobile. Par suite, la fin de non-recevoir opposée par la société Free Mobile tirée du défaut d'intérêt à agir de M. E, Mme A épouse E et Mme F doit être accueillie et les conclusions à fin d'annulation des requérants rejetées pour irrecevabilité.
Sur les frais liés au litige :
5. Les dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative font obstacle à ce que la commune de Teyran et la société Free Mobile, qui n'ont pas la qualité de partie perdante, versent aux requérants les sommes qu'ils réclament au titre des frais exposés et non compris dans les dépens. Il n'y a pas lieu, dans les circonstances de l'espèce, de faire droit aux conclusions présentées par la société Free Mobile et la commune de Teyran au même titre.
D E C I D E :
Article 1er : La requête de M. E, Mme A épouse E et Mme F est rejetée.
Article 2 : Les conclusions présentées par la société Free Mobile et la commune de Teyran au titre de l'article L. 761-1 code de justice administrative sont rejetées.
Article 3 : La présente décision sera notifiée à Mme C A, premièrement désignée dans la requête, à la commune de Teyran et à la société Free Mobile.
Délibéré après l'audience du 26 septembre 2024, à laquelle siégeaient :
Mme Fabienne Corneloup, présidente,
Mme Michelle Couégnat, première conseillère,
M. Nicolas Huchot, premier conseiller,
Rendu public par mise à disposition au greffe le 10 octobre 2024.
La rapporteure,
M. Couégnat
La présidente,
F. CorneloupLa greffière,
A. Junon
La République mande et ordonne au préfet de l'Hérault en ce qui le concerne, ou à tous commissaires de justice à ce requis, en ce qui concerne les voies de droit commun, contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition conforme,
Montpellier le 10 octobre 2024.
La greffière,
A. Junon
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026