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AccueilJurisprudence administrativeN° TA34-2203414

Tribunal Administratif de Montpellier — Décision N° TA34-2203414

jeudi 28 novembre 2024

JuridictionTribunal Administratif de Montpellier
SectionTribunal Administratif de Montpellier
N° DossierTA34-2203414
TypeDécision
RecoursExcès de pouvoir
PublicationD
Formation1ère chambre
Avocat requérantMOULIN

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête enregistrée le 1er juillet 2022, Mme B D, représentée par Me Moulin, demande au tribunal :

1°) d'annuler la décision de la direction territoriale de Montpellier de l'Office français de l'immigration et de l'intégration (OFII) révélée par un courriel du 6 janvier 2022 fixant un indu au titre de l'allocation pour demandeur d'asile de 6 174 euros et procédant au prélèvement mensuel de sommes à hauteur ou supérieur à 30% des montants à échoir ;

2°) d'enjoindre à l'OFII de restituer les sommes ou à défaut de procéder au réexamen de sa situation ;

3°) de mettre à la charge de l'Office français de l'immigration et de l'intégration la somme de 1 440 euros, à verser à son conseil, en application des dispositions de l'article 37 de la loi du 10 juillet 1991.

Elle soutient que la décision :

- est insuffisamment motivée ;

- est entachée d'une erreur de droit en ce que la prescription biennale est acquise ;

- est entachée d'une erreur de droit ;

- méconnaît l'article 1er de la charte des droits fondamentaux de l'Union européenne, l'article 3 de la convention européenne des droits de l'homme, est contraire à la directive communautaire et est entachée d'une erreur manifeste d'appréciation ;

- est entachée d'une erreur de droit et d'une erreur d'appréciation quant au montant prélevé.

Par un mémoire en défense, enregistré le 11 octobre 2022, l'Office français de l'immigration et de l'intégration conclut au non-lieu à statuer.

Il soutient qu'il a procédé au rétablissement rétroactif des sommes dues au titre de la période comprise entre le 24 novembre 2019 et le 5 août 2020.

Vu les autres pièces du dossier.

Vu :

- la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;

- la convention internationale relative aux droits de l'enfant, signée à New-York le 26 janvier 1990 ;

- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;

- la loi n° 91-647 du 10 juillet 1991 ;

- le code de justice administrative.

Le président de la formation de jugement a dispensé le rapporteur public, sur sa proposition, de prononcer des conclusions à l'audience.

Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.

Le rapport de M. C a été entendu au cours de l'audience publique.

Considérant ce qui suit :

1. Mme D, née le 30 juin 1985 et M. A D, né le 8 juillet 1982, tous deux de nationalité russe, déclarent être entrés en France le 21 juin 2019, accompagnés de leurs cinq enfants. Ils ont déposé une demande d'asile au guichet unique de la préfecture de l'Hérault le 27 juin 2019 et ont accepté le bénéficiée des conditions matérielles d'accueil. Par arrêtés du 26 novembre 2019, le préfet de la Haute-Garonne a pris des décisions de transfert aux autorités lituaniennes, pays responsable de l'examen de leur demande. L'Office français de l'immigration et de l'intégration a décidé de recouvrer la somme de 6 174 euros d'allocations versées entre le 24 novembre 2019 au 8 juillet 2020, en appliquant une retenue sur le versement de cette allocation. Par sa requête, Mme D demande l'annulation de la décision révélée par un courrier électronique du 6 janvier 2022 portant demande de restitution d'indu.

Sur l'exception de non-lieu à statuer :

2. Si avant que le juge n'ait statué, l'acte attaqué est rapporté par l'autorité compétente et si le retrait ainsi opéré acquiert un caractère définitif faute d'être critiqué dans le délai de recours contentieux, il emporte alors disparition rétroactive de l'ordonnancement juridique de l'acte contesté ce qui conduit à ce qu'il n'y ait plus lieu pour le juge de la légalité de statuer sur le mérite du pourvoi dont il était saisi. Il en va ainsi quand bien même l'acte rapporté aurait reçu exécution.

3. Il ressort des pièces du dossier que l'Office français de l'immigration et de l'intégration a décidé par une décision du 10 octobre 2022 de rétablir rétroactivement l'intégralité des conditions matérielles d'accueil et de verser les arriérés pour la période entre le 24 novembre 2019 et le 5 août 2020, date où les demandes d'asile ont été enregistrées en procédure normale. Par suite, les conclusions à fin d'annulation et d'injonction de procéder au reversement des sommes retenues ont perdu leur objet en cours d'instance et il n'y a dès lors plus lieu de statuer sur ces conclusions.

Sur les frais liés au litige :

4. Il n'y a pas lieu, dans les circonstances de l'espèce, de faire droit aux conclusions présentées par la requérante au titre de l'article L. 761-1 code de justice administrative et de la loi du 10 juillet 1991.

D E C I D E :

Article 1er : Il n'y a plus lieu de statuer sur les conclusions à fin d'annulation et d'injonction de la requête.

Article 2 : Le surplus de la requête est rejeté.

Article 3 : La présente décision sera notifiée à Mme B D, Me Moulin et à l'Office français de l'immigration et de l'intégration.

Délibéré après l'audience du 14 novembre 2024, à laquelle siégeaient :

Mme Fabienne Corneloup, présidente,

Mme Michelle Couégnat, première conseillère,

M. Nicolas Huchot, premier conseiller,

Rendu public par mise à disposition au greffe le 28 novembre 2024.

Le rapporteur,

N. C

La présidente,

F. Corneloup

La greffière,

A. Junon

La République mande et ordonne au ministre de l'intérieur en ce qui le concerne, ou à tous commissaires de justice à ce requis, en ce qui concerne les voies de droit commun, contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.

Pour expédition conforme,

Montpellier le 28 novembre 2024.

La greffière,

A. Junon

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