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AccueilJurisprudence administrativeN° TA34-2203591

Tribunal Administratif de Montpellier — Décision N° TA34-2203591

jeudi 12 décembre 2024

JuridictionTribunal Administratif de Montpellier
SectionTribunal Administratif de Montpellier
N° DossierTA34-2203591
TypeDécision
RecoursExcès de pouvoir
PublicationC
Formation1ère chambre
Avocat requérantSCP COULOMBIE, GRAS, CRETIN, BECQUEVORT, ROSIER, SOLAND

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête et un mémoire, enregistrés le 10 juillet 2022 et le 25 juin 2024, M. F A, représenté par Me Dhérot, demande au tribunal, dans le dernier état de ses écritures :

1°) d'annuler l'arrêté du 2 février 2022 par lequel le maire de la commune de Montagnac a accordé un permis de construire à M. E pour la destruction partielle et reconstruction d'une extension d'une maison d'habitation, ensemble la décision implicite rejetant le recours gracieux ;

2°) de mettre à la charge in solidum de la commune de Montagnac et de M. E la somme de 2 500 euros en application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Il soutient que l'arrêté :

- méconnaît l'article UD7 du règlement du plan local d'urbanisme en ce qui concerne le retrait par rapport aux limites séparatives dès lors que les travaux concernent une extension et non une construction annexe (1), que la distance de retrait n'est pas respectée (2) et qu'il existe des discordances des plans (3) ;

- méconnaît l'article UD11 du règlement du plan local d'urbanisme.

Par un mémoire en défense enregistré le 1er août 2022, M. D E, représenté par Me Boillot conclut :

- à titre principal, au rejet de la requête ;

- à titre subsidiaire, à ce qu'il soit sursis à statuer le cas échéant sur le fondement de l'article L. 600-5 ou L. 600-5-1 du code de l'urbanisme ;

- en tout état de cause, à ce que la somme de 3 000 euros soit mise à la charge de M. A au titre de l'article L. 761-1 code de justice administrative.

Il soutient que les moyens soulevés ne sont pas fondés et que le cas échéant une régularisation est possible.

Par des mémoires en défense, enregistrés le 1er septembre 2022 et le 4 juillet 2024, la commune de Montagnac, représentée par la SCP CGCBetAssociés, conclut :

- à titre principal, au rejet de la requête ;

- à titre subsidiaire, à ce qu'il soit sursis à statuer le cas échéant sur le fondement de l'article L. 600-5 ou L. 600-5-1 du code de l'urbanisme ;

- en tout état de cause, à ce que la somme de 2 000 euros soit mise à la charge de M. A au titre de l'article L. 761-1 code de justice administrative.

Elle soutient que les moyens soulevés par M. A ne sont pas fondés et que le cas échéant une régularisation est possible.

Vu les autres pièces du dossier.

Vu :

- le code de l'urbanisme ;

- le code de justice administrative.

Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.

Ont été entendus au cours de l'audience publique :

- le rapport de M. B ;

- les conclusions de M. Goursaud, rapporteur public ;

- les observations de Me Raybaud, représentant M. A ;

- les observations de Me Fournié, représentant la commune de Montagnac ;

- et les observations de Me Constantinides, représentant M. E.

Considérant ce qui suit :

1. Par un arrêté du 6 avril 2017, le maire de la commune de Montagnac ne s'est pas opposé à la déclaration préalable de travaux de M. E portant sur l'extension de sa maison pour une surface de 39,90 m². Saisi par M. A, le tribunal administratif de Montpellier a annulé cet arrêté par un jugement du 28 janvier 2021 n°1900234, confirmé par la Cour administrative d'appel de Toulouse le 29 juin 2023 n°21TL01261. M. E a déposé le 28 décembre 2021 une demande de permis de construire auprès de la commune de Montagnac pour la régularisation/démolition d'un garage et la construction d'une extension d'une maison d'habitation située sur la parcelle cadastrée section BR n°663. Par un arrêté du 2 février 2022, le maire de la commune de Montagnac a accordé le permis sollicité. M. A a exercé un recours gracieux reçu le 10 mars 2022. Par sa requête, M. A demande l'annulation de l'arrêté du 2 février 2022 ainsi que la décision implicite rejetant le recours gracieux.

Sur les conclusions à fin d'annulation :

2. En premier lieu, aux termes de l'article UD7 du règlement du plan local d'urbanisme : " Les règles d'implantation définies ci-après s'appliquent aux façades des constructions prises dans le plan vertical au nu de celles-ci. La distance comptée horizontalement de tout point d'une construction au point le plus proche des limites séparatives de la parcelle doit être au moins égale à 3 mètres et jamais inférieure à la moitié de la différence d'altitude entre ces deux points. () Les constructions annexes ne dépassant pas 4,00 mètres de hauteur mesurée sur la limite séparative, telles que garages, remises etc, peuvent être édifiées en limite séparative, sous réserve que leur longueur, mesurée sur cette limite, n'excède pas 10m au total. () ". Par ailleurs, le lexique national d'urbanisme définit le garage comme " une construction secondaire, de dimensions réduites et inférieures à la construction principale, qui apporte un complément aux fonctionnalités de la construction principale. Elle doit être implantée selon un éloignement restreint entre les deux constructions afin de marquer un lien d'usage. Elle peut être accolée ou non à la construction principale avec qui elle entretient un lien fonctionnel, sans disposer d'accès direct depuis la construction principale. ".

3. D'une part, il ressort des pièces du dossier que les travaux objets du permis consistent notamment en la construction d'un garage en limite séparative, d'une surface d'environ 12m2 et que la maison d'habitation après travaux d'extension sera d'une superficie d'environ 199 m2 de surface de plancher. Par ailleurs, il ressort des pièces du dossier que ce garage ne dispose pas de communication interne avec la maison d'habitation, l'accès se faisant par le jardin. Ensuite, la circonstance que la longueur du garage serait de 4,98 au lieu de 5 mètres est sans incidence sur sa qualification. Dans ces conditions, et contrairement à ce que soutient le requérant, le garage réalisé en l'espèce constitue une annexe au sens des dispositions précitées pouvant être implantée en limite séparative dès lors que sa hauteur maximale ne dépasse pas 4 mètres.

4. D'autre part, il ressort des pièces du dossier que le projet consiste aussi en la construction d'une extension créant 77,90 m2 de surface de plancher en R+1 sur le côté Ouest de la maison d'habitation existante et que la hauteur maximale de la façade Nord de cette extension, faisant front à la parcelle du requérant, est de 6,85 mètres, laquelle est implanté à 3,50 mètres de la limite séparative avec la parcelle BR 320, respectant ainsi le retrait minimal de 3,42 mètres imposée par les dispositions de l'article UD7. Par ailleurs, contrairement à ce que soutient le requérant, le mur intérieur séparant l'extension du garage, situé au rez-de-chaussée, n'a pas à respecter le retrait minimal de 3 mètres dès lors que les dispositions précitées ne s'appliquent qu'aux façades. Enfin, la circonstance que la façade de l'étage en R+1 de l'extension se situe à 3,50 mètres et ne soit pas alignée avec le mur interne séparatif entre le garage et l'extension en rez-de-chaussée ne révèle aucune " discordance " susceptible d'affecter la légalité de l'arrêté en litige.

5. Il résulte de ce qui précède que le moyen tiré de ce que le projet en litige méconnaîtrait les dispositions de l'article UD7 du règlement du plan local d'urbanisme doit être écarté en toutes ses branches.

6. En deuxième lieu, aux termes de l'article UD11 du règlement du plan local d'urbanisme relatif à l'aspect extérieur des constructions : " En application de l'article R.111-27 du code de l'urbanisme, le projet peut être refusé ou n'être accepté que sous réserve de l'observation de prescriptions spéciales si les constructions, par leur situation, leur architecture, leurs dimensions ou l'aspect extérieur des bâtiments ou ouvrages, aux sites, aux paysages naturels ou urbains ainsi qu'à la conservation des perspectives monumentales. () ".

7. Si M. A soutient que les dimensions de la future construction sont très importantes à l'appui du moyen tenant à la méconnaissance des dispositions précitées, il ne se réfère pourtant à aucune construction avoisinante et en se bornant à indiquer qu'aucune autre maison d'habitation n'est similaire dans le voisinage, le requérant n'assortit pas son moyen des précisions suffisantes pour en apprécier le bien-fondé. Par suite, ledit moyen doit être écarté.

8. Il résulte de tout ce qui précède que les conclusions à fin d'annulation doivent être rejetées.

Sur les frais liés au litige :

9. Les dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative font obstacle à ce que la commune de Montagnac et M. E, qui n'ont pas la qualité de parties perdantes, versent à M. A la somme qu'il réclame au titre des frais exposés et non compris dans les dépens. En revanche, dans les circonstances de l'espèce, il y a lieu de mettre à la charge de M. A le versement à la commune de Montagnac et à M. E d'une somme de 1 500 euros chacun sur le fondement de ces mêmes dispositions.

D E C I D E :

Article 1er : La requête de M. A est rejetée.

Article 2 : M. A versera la somme de 1 500 euros à la commune de Montagnac et la somme de 1 500 euros à M. E au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Article 3 : La présente décision sera notifiée à M. F A, à M. D E et à la commune de Montagnac.

Délibéré après l'audience du 28 novembre 2024, à laquelle siégeaient :

Mme Fabienne Corneloup, présidente,

Mme Michelle Couégnat, première conseillère,

M. Nicolas Huchot, premier conseiller,

Rendu public par mise à disposition au greffe le 12 décembre 2024.

Le rapporteur,

N. B

La présidente,

F. CorneloupLa greffière,

M. C

La République mande et ordonne au préfet de l'Hérault en ce qui le concerne, ou à tous commissaires de justice à ce requis, en ce qui concerne les voies de droit commun, contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.

Pour expédition conforme,

Montpellier le 12 décembre 2024,

La greffière,

M. C

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