vendredi 6 décembre 2024
| Juridiction | Tribunal Administratif de Montpellier |
| Section | Tribunal Administratif de Montpellier |
| N° Dossier | TA34-2203878 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | C |
| Formation | 3ème chambre |
| Avocat requérant | VRAY |
Vu la procédure suivante :
Par une requête et deux mémoires, enregistrés les 22 juillet 2022, 24 février 2023 et
31 août 2024, M. C A, représenté par la SELARL Lysis avocats, demande au tribunal :
1°) d'annuler l'arrêté du 12 mai 2022 par lequel le directeur général de Voies navigables de France a retiré les arrêtés n° ENV -0000129092 du 23 juillet 2021, ENV-0000115859 du
26 août 2021, ENV-0000118623 du 1er octobre 2021 et ENV-0000129101 du 27 novembre 2021 le plaçant en invalidité temporaire imputable au service ;
2°) à titre subsidiaire, avant-dire-droit, de nommer un médecin expert avec pour mission d'examiner et d'indiquer si l'état dépressif qu'il a développé à compter du 27 juillet 2021 est lié à l'accident de service du 22 septembre 2020, en tenant compte d'un éventuel état antérieur ;
3°) de mettre à la charge de Voies navigables de France la somme de 3 000 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Il soutient que :
- la décision est entachée d'un vice d'incompétence ;
- elle méconnait l'article L. 242-1 du code des relations entre le public et l'administration ;
- elle est entachée d'un vice de procédure en l'absence de consultation du conseil médical ;
- Voies navigables de France a méconnu l'étendu de sa compétence en se contentant de viser l'avis du médecin expert ;
- la décision est entachée d'une insuffisance de motivation ;
- sur le fond la décision est illégale dès lors qu'il existe un lien de causalité entre son syndrome dépressif et l'accident de service du 22 septembre 2020.
Par deux mémoires en défense, enregistrés les 16 février 2023 et 4 novembre 2024, Voies navigables de France, représentées par Me Vray conclut au rejet de la requête et à ce que soit mise à la charge de M. A une somme de 1 800 euros au titre des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Il fait valoir que les moyens soulevés par M. A ne sont pas fondés.
Vu les autres pièces du dossier ;
Vu :
- le code des relations entre le public et l'administration ;
- le code général de la fonction publique ;
- le décret n°87-602 du 30 juillet 1987 ;
- le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de Mme B,
- les conclusions de Mme Delon, rapporteure publique,
- les observations de Me Girard, représentant M. A, et celles de M. D, représentant la Voies navigables de France.
Considérant ce qui suit :
1. M. A a été victime le 22 septembre 2020 d'un accident de trajet reconnu accident de service par décision du directeur général de Voies navigables de France datée du 21 octobre 2020. A ce titre, il a bénéficié de plusieurs périodes de congé d'invalidité temporaire imputable au service (CITIS) du 16 octobre 2020 régulièrement renouvelé jusqu'au 14 janvier 2022. Par arrêté du 12 mai 2022, le directeur général de Voies navigables de France a procédé au retrait des arrêtés des 23 juillet, 26 août, 1er octobre et 27 novembre 2021 prolongeant son CITIS du 23 juillet 2021 au 14 janvier 2022. Par la présente requête, M. A demande au tribunal d'annuler l'arrêté du 12 mai 2022.
Sur les conclusions à fin d'annulation :
2. D'une part, aux termes de l'article L. 822-21 du code général de la fonction publique : " Le fonctionnaire en activité a droit à un congé pour invalidité temporaire imputable au service lorsque son incapacité temporaire de travail est consécutive à : / 1° Un accident reconnu imputable au service tel qu'il est défini à l'article L. 822-18 ; () ". Aux termes de l'article 37-5 du titre " VI bis : congé pour invalidité temporaire imputable au service " du décret du 30 juillet 1987 pris pour l'application de la loi n°84-53 du 26 janvier 1984 portant dispositions statutaires relatives à la fonction publique territoriale et relatif à l'organisation des conseils médicaux, aux conditions d'aptitude physique et au régime des congés de maladie des fonctionnaires territoriaux : " Pour se prononcer sur l'imputabilité au service de l'accident ou de la maladie, l'autorité territoriale dispose d'un délai : / 1° En cas d'accident, d'un mois à compter de la date de réception de la déclaration prévue à l'article 37-2 ; / 2° En cas de maladie, de deux mois à compter de la date de réception de la déclaration prévue à l'article 37-2 et, le cas échéant, des résultats des examens complémentaires prescrits par les tableaux de maladies professionnelles. () / Au terme de ces délais, lorsque l'instruction par l'autorité territoriale n'est pas terminée, l'agent est placé en congé pour invalidité temporaire imputable au service à titre provisoire pour la durée d'incapacité de travail indiquée sur le certificat médical prévu au 2° de l'article 37-2 ou au dernier alinéa de l'article 37-9. Cette décision, notifiée au fonctionnaire, précise qu'elle peut être retirée dans les conditions prévues à l'article 37-9. ". Aux termes de l'article 37-9 du même décret : " Au terme de l'instruction, l'autorité territoriale se prononce sur l'imputabilité au service et, le cas échéant, place le fonctionnaire en congé pour invalidité temporaire imputable au service pour la durée de l'arrêt de travail. / Lorsque l'administration ne constate pas l'imputabilité au service, elle retire sa décision de placement à titre provisoire en congé pour invalidité temporaire imputable au service et procède aux mesures nécessaires au reversement des sommes indûment versées. () ".
3. D'autre part, aux termes de l'article L. 242-1 du code des relations entre le public et l'administration : " L'administration ne peut abroger ou retirer une décision créatrice de droits de sa propre initiative ou sur la demande d'un tiers que si elle est illégale et si l'abrogation ou le retrait intervient dans le délai de quatre mois suivant la prise de cette décision ".
4. Il résulte des dispositions de l'article 37-9 du décret du 30 juillet 1987 citées au
point 2 que lorsque l'administration décide de placer un agent en congé pour invalidité temporaire imputable au service, elle doit être regardée comme ayant, au terme de son instruction, reconnu l'imputabilité au service de l'accident ou de la maladie à l'origine de cette invalidité temporaire. Cette décision est créatrice de droits au profit de l'agent. Par suite, sous réserve de dispositions législatives ou réglementaires contraires et hors le cas où il est satisfait à une demande de l'agent, l'autorité territoriale ne peut retirer ou abroger un tel arrêté, s'il est illégal, que dans le délai de quatre mois suivant son adoption, et ne saurait ultérieurement, en l'absence de fraude, remettre en cause l'imputabilité au service ainsi reconnue.
5. Il ressort des pièces du dossier que Voies navigables de France a, par les arrêtés des
23 juillet, 26 août, 1er octobre et 27 novembre 2021, placé M. A en CITIS pour la période du 23 juillet 2021 au 14 janvier 2022. Il n'est pas démontré ni même allégué par Voies navigables de France que ces placements l'aient été seulement à titre provisoire de sorte qu'en application du principe rappelé, ils ne pouvaient plus être retirés au-delà de quatre mois. Si Voies navigables de France fait valoir en défense que conformément aux dispositions de l'article 47-10 du décret du 14 mars 1986 , elle a été contrainte de procéder à une contre-visite médicale de M. A, laquelle a révélé que ces symptômes ne seraient plus en lien avec l'accident de service, de telles constatations médicales si elles pouvaient participer à l'appréciation que l'établissement doit porter sur la nécessité de poursuivre le placement en CITIS, et lui permettre, au besoin de mettre un terme à ce congé ou de le retirer pour une période maximale de quatre mois, elles ne sauraient, en revanche, permettre de procéder au retrait de ce placement au-delà du délai légal de quatre mois. Dans ces conditions, au 12 mai 2022 les arrêtés pris les 23 juillet, 26 août, 1er octobre et
27 novembre 2021 ne pouvaient plus être retirés sans méconnaitre les dispositions précitées du code des relations entre le public et l'administration. Par suite, M. A est fondé à poursuivre l'annulation de l'arrêté du 12 mai 2022 en tant qu'il procède au retrait des arrêtés précités.
6. Il résulte de ce qui précède que, sans qu'il soit besoin d'examiner les autres moyens,
M. A est fondé à demander l'annulation de l'arrêté du 12 mai 2022.
Sur les frais liés au litige :
7. Les dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative font obstacle à ce que soit mise à la charge de M. A, qui n'est pas dans la présente instance la partie perdante, la somme demandée par Voies navigables de France, au titre des frais exposés par lui et non compris dans les dépens. Il y a lieu en revanche, dans les circonstances de l'espèce, de faire application de ces dispositions et de mettre à la charge de Voies navigables de France une somme de 1500 euros à verser à M. A au titre des frais exposés non compris dans les dépens.
D E C I D E :
Article 1er : L'arrêté du 12 mai 2022 du directeur général de Voies navigables de France est annulé.
Article 2 : Voies navigables de France versera à M. A une somme de 1 500 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Article 3 : Le présent jugement sera notifié à M. C A et Voies navigables de France.
Délibéré à l'issue de l'audience du 22 novembre 2024 à laquelle siégeaient :
M. Vincent Rabaté, président,
Mme Isabelle Pastor, première conseillère,
Mme Marion Bossi, première conseillère.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 6 décembre 2024.
La rapporteure,
I. BLe président,
V. Rabaté
La greffière,
B. Flaesch
La République mande et ordonne au ministre de la transition écologique et de la cohésion des territoires en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun, contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition conforme,
Montpellier, le 6 décembre 2024,
La greffière,
B. Flaesch.
2
sa
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026