vendredi 6 décembre 2024
| Juridiction | Tribunal Administratif de Montpellier |
| Section | Tribunal Administratif de Montpellier |
| N° Dossier | TA34-2204168 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | C |
| Formation | 3ème chambre |
| Avocat requérant | SELARL ENARD-BAZIRE COLLIOU |
Vu la procédure suivante :
Par une requête et un mémoire, enregistrés les 8 août 2022 et 6 novembre 2023, Mme D B, représentée par la Me Enard-Bazire, demande au tribunal :
1°) d'annuler les arrêtés des 29 juin, 5 et 28 juillet 2022 par lesquels le président du centre communal d'action sociale de Villeneuve-Les-Béziers a fixé la date de consolidation de son état de santé au 7 février 2020 et l'a placée en congé maladie ordinaire à compter du 8 février 2020 ;
2°) d'enjoindre au président du centre communal d'action sociale de Villeneuve-Les-Béziers de procéder au réexamen de sa situation dans un délai de quinze jours à compter du jugement à intervenir ;
3°) de mettre à la charge du centre communal d'action sociale de Villeneuve-les-Béziers une somme de 2 000 euros au titre des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Elle soutient que :
- les décisions sont entachées d'un défaut de motivation ;
- elles sont entachées d'un vice de procédure ; son accident est intervenu le
29 novembre 2020 et l'expertise n'a eu lieu qu'en mai 2022 ; les décisions qui emportent refus de la placer en congé d'invalidité temporaire imputable au service (CITIS) auraient dû être précédées de la saisine du conseil médical en formation plénière ; elle a donc perdu une garantie ; enfin, le médecin de prévention n'a pas été consulté en méconnaissance de l'article 9 du décret du 30 juillet 1987 ;
- la date de consolidation a été fixée au 7 février 2022 sans que l'on comprenne comment l'expert a retenu cette date ;
- elles méconnaissent l'article 21 bis de la loi du 13 juillet 1983.
Par un mémoire en défense, enregistré le 22 septembre 2023, le centre communal d'action sociale de Villeneuve-les-Béziers, représenté par la SELARL Maillot Avocats et Associés, conclut au rejet de la requête et à ce que soit mise à la charge de Mme B une somme de 2 000 euros au titre des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Il fait valoir que les moyens soulevés par Mme B ne sont pas fondés.
Vu les autres pièces du dossier ;
Vu :
- le code général de la fonction publique ;
- le code des relations entre le public et l'administration ;
- le décret n°87-602 du 30 juillet 1987
- le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de Mme C,
- les conclusions de Mme Delon, rapporteure publique,
- les observations de Me Castagnino, représentant le centre communal d'action sociale de Villeneuve-les-Béziers.
Considérant ce qui suit :
1. Mme B, affectée au service petite enfance du centre communal d'action sociale (CCAS) de Villeneuve-Les-Béziers, a été victime le 29 novembre 2019 d'un accident de service en portant un enfant. Par arrêté du 29 juin 2022, le président du CCAS a fixé la date de consolation de son état de santé au 7 février 2020, a considéré que les arrêts de travail jusqu'à cette date relevaient de la prise en charge " accident de service " et ceux après le 7 février 2020 en étaient exclus. Par arrêté du 5 juillet 2022, il a décidé le placement en congé maladie ordinaire de Mme B du 8 février au 30 avril 2020 et a fixé les périodes de plein-traitement du 8 février au
5 avril 2020 et de demi-traitement du 6 avril 2020 au 30 avril 2020. Enfin, par arrêté du
28 juillet 2022, il a prolongé le congé maladie ordinaire jusqu'au 18 mai 2020 et a fixé les périodes de plein traitement du 8 février au 5 avril 2020, puis de demi-traitement du 6 avril au 7 mai 2020 et de plein-traitement du 8 au 18 mai 2020. Par la présente requête, Mme B demande l'annulation des arrêtés des 29 juin, 5 et 28 juillet 2020 en ce qu'ils fixent la date de consolidation de son état de santé au 7 février 2020 et refusent la prise en charge des arrêts postérieurs au
7 février 2020 au titre de l'accident de service dont elle a été victime le 29 novembre 2019.
Sur les conclusions à fin d'annulation :
S'agissant des arrêtés des 29 juin, 5 et 28 juillet 2022 fixant la date de consolidation de son état de santé au 7 février 2022 :
2. L'article L. 211-5 du code des relations entre le public et l'administration dispose que : " La motivation exigée par le présent chapitre doit être écrite et comporter l'énoncé des considérations de droit et de fait qui constituent le fondement de la décision. ".
3. La décision par laquelle un employeur public fixe la date de consolidation de l'état de santé de l'un de ses agents repose sur des considérations purement médicales et n'entre pas dans le champ des dispositions précitées du code des relations entre le public et l'administration. Le moyen tiré d'un défaut de motivation est dès lors inopérant et doit être écarté.
4. La date de consolidation correspond au moment où les lésions se fixent et se stabilisent et acquièrent un caractère permanent, ce qui permet alors d'apprécier un taux d'IPP résultant d'une pathologie ou d'un accident. La consolidation de l'état de santé ne peut, en revanche, être assimilée à la guérison et ne constitue pas davantage une circonstance impliquant nécessairement la fin des soins nécessités par cette pathologie ou l'accident.
5. Mme B soulève la circonstance que l'expert a fixé la date de consolidation de son état de santé au 7 février 2020 en retenant la date du courrier du docteur A rhumatologue. Toutefois en se bornant à faire ce simple constat, elle n'apporte aucune contestation sérieuse à la fixation de la consolidation de son état de santé au 7 février 2020. Par suite, elle n'est pas fondée à demander l'annulation de l'arrêté 29 juin 2022, et des arrêtés ultérieurs des 5 et 28 juillet 2022, en tant qu'ils fixent la consolidation de son état de santé au 7 février 2020.
S'agissant des arrêtés des 29 juin, 5 et 28 juillet 2022 plaçant Mme B en congé maladie ordinaire à compter du 8 février 2020 : :
6. Aux termes de l'article 5-1 du décret du 30 juillet 1987 pris pour l'application de la loi n°84-53 du 26 janvier 1984 portant dispositions statutaires relatives à la fonction publique territoriale et relatif à l'organisation des conseils médicaux, aux conditions d'aptitude physique et au régime des congés de maladie des fonctionnaires territoriaux : " Le conseil médical réuni en formation plénière est consulté pour avis en application : 1° De l'article L. 824-1 du code général de la fonction publique et des articles 3 et 6 du décret n° 2005-442 du 2 mai 2005 relatif à l'attribution de l'allocation temporaire d'invalidité aux fonctionnaires relevant de la fonction publique territoriale et de la fonction publique hospitalière ; 2° De l'article L. 822-4 du code général de la fonction publique ; 3° De l'article 6 du décret n° 77-812 du 13 juillet 1977 relatif au régime de sécurité sociale des agents stagiaires des départements, des communes et de leurs établissements publics n'ayant pas le caractère industriel ou commercial ; 4° Du quatrième alinéa de l'article 32 et des articles 37,37-6,37-8 du présent décret ; 5° De l'article 1er du décret n° 92-620 du 7 juillet 1992 relatif à la protection sociale des sapeurs-pompiers volontaires en cas d'accident survenu ou de maladie contractée en service et modifiant le code de la sécurité sociale ; 6° De l'article 31 du décret n° 2003-1306 du 26 décembre 2003 relatif au régime de retraite des fonctionnaires affiliés à la Caisse nationale de retraites des agents des collectivités locales. ".
7. Il ressort des pièces du dossier qu'en produisant des arrêts de travail du 8 février au
18 mai 2020, Mme B a entendu se prévaloir des dispositions relatives au CITIS dans le prolongement de ce qu'il lui avait été accordé jusqu'alors. En se fondant sur l'expertise médicale diligentée en 2022 pour fixer la date de consolidation de son état et mettre fin au bénéfice du congé imputable au service, la collectivité doit être regardée comme ayant refusé à Mme B le bénéfice de ce congé à compter du 8 février 2020, lendemain de la consolidation de son état de santé. Toutefois, ainsi que le soulève Mme B dans une telle hypothèse, en application du 2° de l'article 5-1 précité le CCAS devait préalablement à son arrêté du 29 juin 2022 saisir le conseil médical en formation plénière, ce qu'il n'a pas fait. L'absence de consultation de cette instance a été de nature à priver Mme B d'une garantie et justifie ainsi l'annulation de l'arrêté du
29 juin 2022 intervenu au terme d'une procédure irrégulière.
8. Il résulte de ce qui précède, sans qu'il soit besoin de se prononcer sur les autres moyens de la requête, que Mme B est fondée à demander l'annulation de l'arrêté du 29 juin 2022. Par voie de conséquence les arrêtés des 5 et 28 juillet 2022 qui prononcent le renouvellement du congé maladie ordinaire, et refusent implicitement la poursuite du CITIS, doivent également être annulés.
Sur les conclusions à fin d'injonction et d'astreinte :
9. Le présent jugement, qui prononce l'annulation des arrêtés refusant la poursuite du CITIS après la date de consolidation de l'état de santé de Mme B pour un vice de procédure, implique que le CCAS procède au réexamen de la situation de l'intéressée au 8 février 2020. Il est, par suite, enjoint au président du CCAS de procéder à ce réexamen dans un délai de trois mois suivant la notification du présent jugement.
Sur les frais liés au litige :
10. Les dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative font obstacle à ce que soit mise à la charge de Mme B, qui n'est pas dans la présente instance la partie perdante, la somme demandée par le CCAS de Villeneuve-Les-Béziers, au titre des frais exposés par lui et non compris dans les dépens. Il y a lieu en revanche, dans les circonstances de l'espèce, de faire application de ces dispositions et de mettre à la charge du CCAS une somme de
1500 euros à verser à Mme B sur ce même fondement.
D E C I D E :
Article 1er : Les arrêtés des 29 juin, 5 et 28 juillet 2022 du président du centre communal d'action sociale de Villeneuve-Les-Béziers en tant qu'ils placent Mme B en congé maladie ordinaire sont annulés.
Article 2 : Il est enjoint au président du centre communal d'action sociale de
Villeneuve-Les-Béziers de procéder au réexamen de la demande de placement en congé pour invalidité temporaire imputable au service présentée par Mme B à compter du
8 février 2020 dans un délai de trois mois suivant la notification du présent jugement.
Article 3 : Le centre communal d'action sociale de Villeneuve-les-Béziers versera à Mme B la somme de 1 500 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Article 4 : Le surplus des conclusions des parties est rejeté.
Article 5 : Le présent jugement sera notifié à Mme D B et au centre communal d'action sociale de Villeneuve-Les-Béziers.
Délibéré à l'issue de l'audience du 22 novembre 2024 à laquelle siégeaient :
M. Vincent Rabaté, président,
Mme Isabelle Pastor, première conseillère,
Mme Marion Bossi, première conseillère.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 6 décembre 2024.
La rapporteure,
I. CLe président,
V. Rabaté
La greffière,
B. Flaesch
La République mande et ordonne au préfet de l'Hérault en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun, contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition conforme,
Montpellier, le 6 décembre 2024.
La greffière,
B. Flaesch.
2
sa
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026