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AccueilJurisprudence administrativeN° TA34-2204189

Tribunal Administratif de Montpellier — Décision N° TA34-2204189

lundi 21 octobre 2024

JuridictionTribunal Administratif de Montpellier
SectionTribunal Administratif de Montpellier
N° DossierTA34-2204189
TypeDécision
RecoursExcès de pouvoir
PublicationC
Formation2ème chambre
Avocat requérantSELARL LYSIS AVOCATS

Résumé IA

Le Tribunal Administratif de Montpellier a examiné la requête de Mme B A, préparatrice en pharmacie hospitalière, contestant son arrêté de titularisation du 22 novembre 2021 pour absence de bonification d'ancienneté et de reprise d'ancienneté depuis 2010. Sur la bonification, le tribunal a constaté que l'administration avait régularisé la situation en cours d'instance, rendant les conclusions sans objet. Concernant la reprise d'ancienneté, le tribunal a rejeté la demande, estimant que l'administration avait correctement appliqué l'article 10 du décret n° 2011-748 du 27 juin 2011, qui impose la détention des titres requis pour la période concernée.

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête et un mémoire enregistrés les 10 août 2022 et 21 août 2023, Mme C B A, représentée par Me Grimaldi, demande au tribunal :

1°) d'annuler pour excès de pouvoir l'arrêté du centre hospitalier de Lézignan-Corbières du 21 novembre 2021 en tant qu'il ne lui accorde pas de bonification d'ancienneté et en tant qu'il ne prévoit pas de reprise d'ancienneté depuis le 5 mai 2010, ensemble la décision de rejet de son recours gracieux ;

2°) d'enjoindre au centre hospitalier de Lézignan-Corbières de procéder à la reprise de son ancienneté depuis mai 2010 et de lui faire bénéficier d'une bonification d'ancienneté de 12 mois, dans un délai de 15 jours à compter de la notification du présent jugement sous astreinte de 200 euros par jour de retard ;

3°) de mettre à la charge du centre hospitalier de Lézignan-Corbières une somme de 2 000 euros sur le fondement de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Elle soutient que :

- sa requête est recevable ;

- il y a eu méconnaissance des dispositions de l'article 9 du décret n° 2011-748 du

27 juin 2011, relatif à la bonification d'ancienneté ;

- il y a eu méconnaissance des dispositions de l'article 10 du décret n° 2011-748 du

27 juin 2011, relatif à la reprise d'ancienneté.

Par un mémoire en défense, enregistré le 24 octobre 2022, le centre hospitalier de Lézignan-Corbières, représenté par la SELARL LYSIS Avocats, conclut au rejet de la requête et à ce que Mme B A lui verse une somme de 2 000 euros au titre de l'article

L. 761-1 du code de justice administrative.

Il soutient que :

- à titre principal, la requête est irrecevable pour être tardive et en l'absence de décision faisant grief ;

- à titre subsidiaire, les moyens soulevés par la requérante ne sont pas fondés.

La demande de médiation du centre hospitalier de Lézignan-Corbières a été rejetée par la requérante par courrier du 29 août 2024.

Vu les autres pièces du dossier.

Vu :

- la loi n°86-633 du 9 janvier 1986 ;

- le décret n° 2011-748 du 27 juin 2011 ;

- l'arrêté du 26 avril 2001 portant création du diplôme de préparateur en pharmacie hospitalière et fixant ses conditions de formation et ses modalités de délivrance ;

- l'arrêté du 2 août 2006 relatif à la formation conduisant au diplôme de préparateur en pharmacie hospitalière ;

- le code de justice administrative.

Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.

Ont été entendus au cours de l'audience publique :

- le rapport de Mme Pater, rapporteure ;

- les conclusions de Mme Dabouis, rapporteure publique ;

- et les observations de Me Girard, représentant le centre hospitalier de Lézignan-Corbières.

Considérant ce qui suit :

1. Mme B A a été recrutée par le centre hospitalier de Lézignan-Corbières en qualité de préparatrice en pharmacie dans le cadre d'un contrat de droit public à compter du 5 mai 2010. Elle a été titularisée par arrêté du 22 novembre 2021 au 3ème échelon du grade de préparatrice en pharmacie hospitalière de classe normale avec une ancienneté dans l'échelon au 1er janvier 2015. Par la présente requête, Mme B A demande au tribunal d'annuler l'arrêté du 22 novembre 2021, seulement en tant, d'une part, qu'il ne lui accorde pas de bonification d'ancienneté et, d'autre part, qu'il ne prévoit pas de reprise d'ancienneté depuis le 5 mai 2010.

Sur les conclusions à fin d'annulation :

2. Aux termes de l'article 1er du décret 2011-748 portant statuts particuliers des corps des personnels médico-techniques de la catégorie B de la fonction publique hospitalière applicable au litige : " Sont classés dans la catégorie B les corps des personnels médico-techniques des établissements mentionnés à l'article 2 de la loi du 9 janvier 1986 susvisée, ci-dessous énumérés :1° Le corps des préparateurs en pharmacie hospitalière ; () ". Aux termes de l'article 8 du même décret : " Sous réserve de l'application des dispositions prévues aux articles 9 à 13 du présent décret, les fonctionnaires recrutés en application de l'article 4 sont classés, lors de leur nomination, au 1er échelon du premier grade du corps correspondant ".

En ce qui concerne la bonification d'ancienneté :

3. Aux termes de l'article 9 du décret 2011-748 : " I. Les préparateurs en pharmacie hospitalière () bénéficient lors de leur nomination d'une bonification d'ancienneté de douze mois. ".

4. Il ressort des pièces du dossier, que, postérieurement à l'enregistrement de la requête, le centre hospitalier de Lézignan-Corbières a, par arrêté du 13 mai 2022 et décision de reclassement du 14 septembre 2022, procédé à une régularisation de la situation administrative de la requérante par la prise en compte d'une bonification d'ancienneté de

12 mois en application des dispositions précitées. Dès lors que la requérante a obtenu satisfaction en cours d'instance, les conclusions tendant à l'annulation de l'arrêté du

22 novembre 2021 en tant qu'il n'accorde pas la bonification d'ancienneté et les conclusions à fin d'injonction sous astreinte qui y sont relatives, sont devenues sans objet. Il n'y a, par suite, plus lieu d'y statuer.

En ce qui concerne la reprise d'ancienneté à compter du 5 mai 2010 :

5. Aux termes de l'article 10 du décret 2011-748 : " Les fonctionnaires qui, à la date de leur nomination dans l'un des corps mentionnés à l'article 1er, justifient de services ou d'activités professionnelles accomplis, suivant le cas, en qualité de fonctionnaire, de militaire ou d'agent public non titulaire, ou en qualité de salarié, dans des fonctions correspondant à celles dans lesquelles ils sont nommés, sous réserve qu'ils justifient aussi de la détention des titres de formation, diplômes ou autorisations exigés pour l'exercice de ces fonctions, sont classés dans le premier grade de leur corps en prenant en compte la totalité de cette durée de services ou d'activités professionnelles. ". Aux termes de l'arrêté du 26 avril 2001 portant création du diplôme de préparateur en pharmacie hospitalière et fixant ses conditions de formation et ses modalités de délivrance " - Il est créé un diplôme de préparateur en pharmacie hospitalière ". Aux termes de l'article 1er de l'arrêté du 2 août 2006 relatif à la formation conduisant au diplôme de préparateur en pharmacie hospitalière : " Le diplôme de préparateur en pharmacie hospitalière, délivré par le ministre chargé de la santé, atteste les compétences requises pour exercer les activités du métier de préparateur en pharmacie hospitalière. Il est délivré aux personnes ayant suivi, sauf dispense partielle dans les cas prévus par arrêté du ministre chargé de la santé, la totalité de la formation conduisant à ce diplôme et réussi les épreuves de certification ou aux personnes ayant validé les acquis de leur expérience professionnelle en vue de son obtention. ". Aux termes de l'article 2 du même décret : " La formation au diplôme de préparateur en pharmacie hospitalière est accessible aux candidats titulaires du brevet professionnel de préparateur en pharmacie, du diplôme d'études universitaires scientifiques et technique, spécialité préparateur/ technicien en pharmacie ou de l'une des autorisations d'exercice prévues par les articles L. 4241-7 à

L. 4241-10 du même code. ".

6. Pour titulariser Mme B A dans le 3ème échelon du premier grade du corps de préparateur en pharmacie hospitalière avec une ancienneté de reprise dans l'échelon au

1er janvier 2015, le centre hospitalier de Lézignan-Corbières a pris en considération le diplôme de préparatrice en pharmacie hospitalière obtenu par la requérante le 10 juillet 2019 à la suite de sa réussite à la formation. Au soutien de sa demande de prise en compte de la durée totale de son engagement contractuel depuis le 5 mai 2010, Mme B A se prévaut d'un diplôme obtenu par elle en 1995. Toutefois, il est constant que le diplôme produit par la requérante est le brevet professionnel de préparateur en pharmacie, qui, s'il lui permettait d'accéder à la formation en vue de l'obtention du diplôme de préparateur en pharmacie hospitalière, ne répond pas à la condition d'identité entre les fonctions de préparateur en pharmacie hospitalière et la formation suivie exigée par les dispositions précitées. Par suite, le moyen unique tiré de la méconnaissance des dispositions de l'article 10 du décret

n° 2011-748 du 27 juin 2011, relatif à la reprise d'ancienneté doit être écarté.

7. Il résulte de ce qui précède, que les conclusions en annulation partielle de l'arrêté de titularisation du 22 novembre 2021 doivent, sans qu'il soit besoin de se prononcer sur la recevabilité de la requête, être rejetées. Il en sera de même par voie de conséquences, des conclusions à fins d'injonction et d'astreinte y afférent.

Sur les conclusions tendant à l'application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative :

8. Dans les circonstances de l'espèce, il n'apparaît pas inéquitable de laisser à la charge de chaque partie, les frais exposés par elle et non compris dans les dépens.

D É C I D E :

Article 1er : Il n'y a pas lieu de statuer sur les conclusions aux fins d'annulation et d'injonction et d'astreinte relatives à la bonification d'ancienneté prévue par l'article 9 du décret

2011-748.

Article 2 : Le surplus des conclusions des parties est rejeté.

Article 3 : Le présent jugement sera notifié à Mme C B A et au centre hospitalier de Lézignan-Corbières.

Délibéré après l'audience publique du 7 octobre 2024, à laquelle siégeaient :

M. Gayrard, président,

Mme Pater, première conseillère,

Mme Villemejeanne, première conseillère.

Rendu public par mise à disposition au greffe le 21 octobre 2024.

La rapporteure,

B. Pater

Le président,

J.P. Gayrard

La greffière,

A. Lacaze

La République mande et ordonne à la ministre de la santé et de l'accès aux soins en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.

Pour expédition conforme,

Montpellier, le 30 octobre 2024.

La greffière,

A. Lacaze

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