vendredi 6 décembre 2024
| Juridiction | Tribunal Administratif de Montpellier |
| Section | Tribunal Administratif de Montpellier |
| N° Dossier | TA34-2204852 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | C |
| Formation | 3ème chambre |
| Avocat requérant | BAUTES |
Vu la procédure suivante :
Par une requête enregistrée le 20 septembre 2022, Mme A B, représentée par Me Bautes, demande au tribunal :
1°) de l'admettre à l'aide juridictionnelle provisoire ;
2°) d'annuler l'arrêté du 4 juillet 2022 par lequel le principal du collège Victor Hugo à Sète l'a interdite d'accès à l'établissement à compter du 4 juillet 2022 ;
3°) de mettre à la charge de ce collège une somme de 1 800 euros sur le fondement des dispositions combinées de l'article L.761-1 du code de justice administrative et de l'article 37 de la loi du 10 juillet 1991.
Elle soutient que :
- l'arrêté litigieux a été édicté à l'issue d'une procédure irrégulière ;
- il est insuffisamment motivé ;
- il méconnait l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;
- il est entaché d'une erreur d'appréciation.
Par un mémoire en défense, enregistré le 6 avril 2023, le collège Victor Hugo de Sète conclut au rejet de la requête. Il fait valoir que les moyens présentés par la requérante ne sont pas fondés.
Par une ordonnance du 7 septembre 2023, la clôture d'instruction a été fixée au 9 octobre 2023.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- le code de l'éducation ;
- le code des relations entre le public et l'administration ;
- la loi n°91-647 du 10 juillet 1991 ;
- le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de M. Rabaté, président-rapporteur,
- les conclusions de Mme Delon, rapporteure publique,
- les observations de M. C, pour la rectrice de l'académie de Montpellier.
Considérant ce qui suit :
1. Mme B a été recrutée en qualité d'assistante d'éducation au collège Victor Hugo à Sète à compter du 1er septembre 2020 par des contrats de travail à durée déterminée conclus pour les périodes allant du 1er septembre 2020 au 31 août 2021 et du 1er septembre 2021 au 31 août 2022. Par un arrêté du 4 juillet 2022, le principal de l'établissement l'a interdite d'accès à l'établissement à compter du 4 juillet 2022. Par la présente requête, Mme B demande au tribunal d'annuler l'arrêté du 4 juillet 2022.
Sur l'admission provisoire à l'aide juridictionnelle :
2. Aux termes de l'article 20 de la loi du 10 juillet 1991 relative à l'aide juridique : " Dans les cas d'urgence, () l'admission provisoire à l'aide juridictionnelle peut être prononcée soit par le président du bureau ou de la section compétente du bureau d'aide juridictionnelle, soit par la juridiction compétente ou son président ".
3. Dans les circonstances de l'espèce, il n'y a pas lieu d'admettre Mme B au bénéfice de l'aide juridictionnelle à titre provisoire.
Sur les conclusions à fin d'annulation :
4. Aux termes aux termes de l'article L. 421-3 du code de l'éducation, dans sa version applicable au litige : " Les établissements publics locaux d'enseignement sont dirigés par un chef d'établissement. / Le chef d'établissement est désigné par l'autorité de l'Etat. / () En cas de difficultés graves dans le fonctionnement d'un établissement, le chef d'établissement peut prendre toutes dispositions nécessaires pour assurer le bon fonctionnement du service public. / () " Aux termes de l'article R. 421-12 du même code, dans sa version applicable au litige : " En cas de difficultés graves dans le fonctionnement d'un établissement, le chef d'établissement peut prendre toutes dispositions nécessaires pour assurer le bon fonctionnement du service public. / S'il y a urgence, et notamment en cas de menace ou d'action contre l'ordre dans les enceintes et locaux scolaires de l'établissement, le chef d'établissement, sans préjudice des dispositions générales réglementant l'accès aux établissements, peut : / 1° Interdire l'accès de ces enceintes ou locaux à toute personne relevant ou non de l'établissement ; 2° Suspendre des enseignements ou autres activités au sein de l'établissement. Le chef d'établissement informe le conseil d'administration des décisions prises et en rend compte à l'autorité académique, au maire, au président du conseil départemental ou du conseil régional et au représentant de l'Etat dans le département ".
5. Il résulte des dispositions précitées que la mesure conservatoire par laquelle le chef d'établissement interdit l'accès à l'établissement à un enseignant présente un caractère temporaire et doit répondre à des nécessités d'urgence et ne peut être prise qu'en cas de difficultés graves dans le fonctionnement d'un établissement.
6. En premier lieu, cette décision, prise par le principal au titre de ses pouvoirs généraux d'organisation du service et qui ne constitue ni une sanction, ni une mesure de police, n'est pas au nombre de celles qui doivent faire l'objet d'une motivation aux termes de l'article L. 211-2 du code des relations entre le public et l'administration. Par suite, Mme B ne saurait utilement se prévaloir de ce que la décision en litige ne serait pas motivée.
7. En deuxième lieu, si les dispositions précitées de l'article R. 421-12 du code de l'éducation prévoient que le chef d'établissement informe le conseil d'administration des décisions prises et rend compte à l'autorité administrative académique, au maire, au président du conseil général ou du conseil régional et au représentant de l'Etat d'une décision d'interdiction d'accès des locaux, cette obligation en tant qu'elle est postérieure à l'édiction de la décision même, ne constitue pas une formalité dont le non-respect entacherait d'illégalité la mesure d'interdiction elle-même. Par suite, la circonstance, au demeurant non établie, que le principal du collège de Victor Hugo aurait omis d'informer les autorités visées par les dispositions précitées est sans influence sur la légalité de la décision attaquée.
8. En troisième lieu, les conditions de notification d'une décision sont sans incidence sur sa légalité. Par suite, le moyen tiré de ce que l'affichage de la décision porterait atteinte à la vie privée et familiale, doit être écarté comme inopérant.
9. En dernier lieu, il ressort des pièces du dossier que la hiérarchie de Mme B a constaté des relations conflictuelles existantes au sein de la vie scolaire entre Mme B et les autres assistants d'éducation, lesquelles ont dégradé la qualité du service vie scolaire ce qui a conduit à la principale adjointe du collège à informer Mme B de son intention de ne pas renouveler son contrat. Cette déclaration d'intention a donné lieu à un comportement agressif de la part de Mme B le 1er juillet 2022, alors que se tenaient les épreuves du diplôme national du brevet, ainsi que cela résulte notamment des nombreux témoignages du personnel de l'établissement lesquels mentionnent " une attitude provocatrice ", " déplacée et incorrecte ", " des propos grossiers " tenus par la requérante, ce qui a donné lieu à un signalement au moyen de l'application " Faits établissement ". Face à cette situation, la principale adjointe du collège est intervenue afin d'apaiser la requérante, vainement. La requérante a ensuite été prise en charge par l'infirmière du collège puis, après la prise de médicaments, par une ambulance. Si Mme B produit des témoignages de membres de l'établissement, lesquels vantent son professionnalisme, ces derniers ne suffisent pas à remettre en cause les affirmations circonstanciées, avancées en défense, qui présentent un caractère suffisant de vraisemblance et de gravité. En raison de l'urgence à mettre fin aux troubles suscités par le comportement de Mme B dans la communauté scolaire, le principal du collège a pu, sans commettre d'erreur de droit ou d'erreur d'appréciation, et en vertu des pouvoirs qu'il tient de l'article R. 421-12 du code de l'éducation nationale, interdire l'accès de l'établissement, à titre conservatoire et dans l'intérêt du service, à Mme B.
10. Il résulte de tout ce qui précède que Mme B n'est pas fondée à solliciter l'annulation de la décision du 4 juillet 2022.
Sur les frais liés au litige :
11. Les dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative comme des articles 37 et 75 de la loi du 10 juillet 1991 font obstacle à ce que soit mise à la charge du collège Victor Hugo, qui n'est pas, dans la présente instance, la partie perdante, la somme que la requérante demande au titre des frais exposés et non compris dans les dépens.
D E C I D E :
Article 1er : La requête de Mme B est rejetée.
Article 2 : Le présent jugement sera notifié à Mme A B et au collège Victor Hugo de Sète.
Copie en sera transmise à la rectrice de l'académie de Montpellier.
Délibéré à l'issue de l'audience du 22 novembre 2024 à laquelle siégeaient :
M. Vincent Rabaté, président,
Mme Isabelle Pastor, première conseillère,
Mme Marion Bossi, première conseillère.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 6 décembre 2024.
Le président-rapporteur,
V. Rabaté
L'assesseure la plus ancienne,
I. Pastor
La greffière,
B. Flaesch
La République mande et ordonne à la rectrice de l'académie de Montpellier, en ce qui la concerne, et à tous commissaires de justice à ce requis, en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition conforme,
Montpellier, le 6 décembre 2024,
La greffière,
B. Flaesch
No 2204852sa
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026