jeudi 17 octobre 2024
| Juridiction | Tribunal Administratif de Montpellier |
| Section | Tribunal Administratif de Montpellier |
| N° Dossier | TA34-2205869 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | C |
| Formation | 4ème chambre |
| Avocat requérant | THOUY HÉLÈNE |
Vu la procédure suivante :
Par une requête et trois mémoires enregistrés le 10 novembre 2022, le 30 novembre 2022, le 6 février 2024 et le 12 juillet 2024, l'association One Voice, représentée par la Selarl Thouy Avocats, demande au tribunal, dans le dernier état de ses écritures :
1°) d'annuler les articles 2 à 12 de l'arrêté du préfet de l'Hérault du 27 octobre 2022 en ce qu'ils autorisent la réalisation de tirs de défense renforcée et en fixent les modalités en vue de protéger le troupeau de M. A de la prédation du loup ;
2°) de mettre à la charge de l'Etat une somme de 5 000 euros sur le fondement des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Elle soutient que :
- sa requête est recevable car elle a qualité et intérêt à agir ;
- l'absence de dépôt de dossier de demande de dérogation et de justification de sa régularité au regard des dispositions de l'article 2 de l'arrêté du 19 février 2007 fixant les conditions de demande et d'instruction des dérogations définies au 4° de l'article L. 411-2 du code de l'environnement portant sur des espèces de faune et de flore sauvages protégées entache l'arrêté en litige d'irrégularité ;
- l'arrêté est irrégulier faute de mention du nombre et du sexe des spécimens sur lesquels porte la dérogation alors que le contrôle du nombre de loups pouvant être tués est nécessaire ;
- l'absence d'avis du préfet coordonnateur visé à l'article 17 de l'arrêté du 23 octobre 2020 fixant les conditions et limites dans lesquelles des dérogations aux interdictions de destruction peuvent être accordées par les préfets concernant le loup (Canis lupus) constitue un vice de procédure ;
- l'arrêté est entaché d'un vice de procédure faute de mise en œuvre préalable de la procédure d'information permettant la participation effective du public prévue à l'article
L. 120-1 du code de l'environnement et de l'absence de note de présentation visée à l'article
L. 123-19-1 du même code ;
- l'arrêté est irrégulier en l'absence de mesures de protection efficaces et proportionnées préalables qui résulte de l'arrêté du préfet de la région Auvergne Rhône Alpes du 5 avril 2019 dont l'illégalité est soulevée par voie d'exception en ce qu'il inclut l'intégralité du territoire des communes qu'il concerne, dont la commune de Fraïsse-sur-Agoût, en zone difficilement protégeable sans distinguer ni les situations de protections envisageables, ni les périodes de pâturage ou d'estive des périodes où les animaux sont en bergerie et en étables ;
- il n'est pas justifié de la mise en œuvre préalable de tirs de défense simple ;
- le nombre d'attaques dans des troupeaux où le tir de défense est effectivement mis en œuvre, exigé par l'article 31 de l'arrêté du 23 octobre 2020, pour octroyer une autorisation de tirs de défense renforcée n'est pas établi ;
- la preuve de dommages importants au sens de l'article 17 de l'arrêté du 23 octobre 2020 n'est pas rapportée ;
- il n'est pas justifié d'exposition actuelle à la prédation du loup, au sens de l'article 12 de l'arrêté du 23 octobre 2020 durant la période d'application de l'arrêté puisque le troupeau est retourné dans la bergerie ;
- il n'est pas justifié de l'étude ou de la mise en œuvre de solutions alternatives satisfaisantes.
Par deux mémoires en défense, enregistrés le 4 décembre 2023 et le 28 mai 2024, le préfet de l'Hérault conclut au rejet de la requête.
Il fait valoir que :
- le moyen tiré de la méconnaissance des conditions posées par l'article 17 de l'arrêté du 23 octobre 2020 est inopérant car les conditions applicables au cas d'espèce sont fixées par l'article 31 de ce même arrêté ;
- la méconnaissance des articles 2 et 4 de l'arrêté du 19 avril 2007 sont inopérants car les dispositions dont se prévaut l'association requérante ne sont pas reprises dans l'arrêté du 23 octobre 2020 qui régit spécifiquement la dérogation en litige ;
- les autres moyens soulevés par l'association One Voice ne sont pas fondés.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- la directive 92/43/CEE du Conseil du 21 mai 1992 ;
- le code de l'environnement ;
- l'arrêté du 19 février 2007 fixant les conditions de demande et d'instruction des dérogations définies au 4° de l'article L. 411-2 du code de l'environnement portant sur des espèces de faune et de flore sauvages protégées ;
- l'arrêté du 23 avril 2007 fixant la liste des mammifères terrestres protégés sur l'ensemble du territoire et les modalités de leur protection ;
- l'arrêté du 19 février 2018 fixant les conditions et limites dans lesquelles des dérogations aux interdictions de destruction peuvent être accordées par les préfets concernant le loup (Canis lupus) ;
- l'arrêté du 28 novembre 2019 relatif à l'opération de protection de l'environnement dans les espaces ruraux portant sur la protection des troupeaux contre la prédation ;
- l'arrêté du 23 octobre 2020 fixant les conditions et limites dans lesquelles des dérogations aux interdictions de destruction peuvent être accordées par les préfets concernant le loup (Canis lupus) ;
- le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de Mme Lesimple, première conseillère,
- les conclusions de M. Chevillard, rapporteur public,
- et les observations de Me Thouy, représentant l'association One Voice.
Considérant ce qui suit :
1. Par arrêtés du 30 juillet 2020 et du 15 janvier 2021, le préfet de l'Hérault a autorisé M. A à effectuer des tirs de défense simple en vue de la protection de son troupeau contre la prédation du loup, sur la commune de Fraïsse-sur-Agoût. Par arrêté du 25 novembre 2021, il l'a autorisé à effectuer des tirs de défense renforcée et, par arrêté du 7 février 2022 il a renouvelé cette autorisation jusqu'au 31 décembre 2022. Au vu d'un constat d'infraction de braconnage sur un lièvre impliquant l'intéressé, le préfet de l'Hérault a, par un arrêté du 27 octobre 2022, abrogé l'arrêté du 7 février 2022 et pris un nouvel arrêté l'autorisant à faire usage de tirs de défense renforcée jusqu'au 31 décembre 2022 en le retirant toutefois de la liste des tireurs habilités. Par la présente requête, l'association One Voice demande l'annulation de cet arrêté en tant seulement qu'il vaut autorisation d'effectuer des tirs de défense renforcée jusqu'au 31 décembre 2022.
Sur les conclusions à fin d'annulation :
2. A titre liminaire, aux termes de l'article 12 de la directive 92/43/CEE du 21 mai 1992 concernant la conservation des habitats naturels ainsi que de la faune et de la flore sauvages, dite " directive Habitats " : " 1. Les Etats membres prennent les mesures nécessaires pour instaurer un système de protection stricte des espèces animales figurant à l'annexe IV point a), dans leur aire de répartition naturelle, interdisant : a) toute forme de capture ou de mort intentionnelle de spécimens de ces espèces dans la nature ; b) la perturbation intentionnelle de ces espèces, notamment durant la période de reproduction et de dépendance () ". Le loup est au nombre des espèces figurant au point a) de cette annexe IV de la directive. L'article 16 de la même directive énonce toutefois que : " 1. A condition qu'il n'existe pas une autre solution satisfaisante et que la dérogation ne nuise pas au maintien, dans un état de conservation favorable, des populations des espèces concernées dans leur aire de répartition naturelle, les Etats membres peuvent déroger aux dispositions des articles 12, 13, 14 et de l'article 15 points a) et b) : () b) pour prévenir des dommages importants notamment aux cultures, à l'élevage, aux forêts, aux pêcheries, aux eaux et à d'autres formes de propriété ".
3. Aux termes du I de l'article L. 411-1 du code de l'environnement, pris pour la transposition de la directive du 21 mai 1992 précitée : " Lorsqu'un intérêt scientifique particulier, le rôle essentiel dans l'écosystème ou les nécessités de la préservation du patrimoine naturel justifient la conservation () d'espèces animales non domestiques () et de leurs habitats, sont interdits : 1° () la mutilation, la destruction, la capture ou l'enlèvement, la perturbation intentionnelle, la naturalisation d'animaux de ces espèces () ". Aux termes de l'article L. 411-2 du même code, pris pour la transposition de l'article 16 de la même directive : " I. - Un décret en Conseil d'Etat détermine les conditions dans lesquelles sont fixées : 1° La liste limitative des habitats naturels, des espèces animales non domestiques () ainsi protégés ; 2° La durée et les modalités de mise en œuvre des interdictions prises en application du I de l'article L. 411-1 ; 3° La partie du territoire sur laquelle elles s'appliquent () ; 4° La délivrance de dérogations aux interdictions mentionnées aux 1°, 2° et 3° de l'article L. 411-1, à condition qu'il n'existe pas d'autre solution satisfaisante, pouvant être évaluée par une tierce expertise menée, à la demande de l'autorité compétente, par un organisme extérieur choisi en accord avec elle, aux frais du pétitionnaire, et que la dérogation ne nuise pas au maintien, dans un état de conservation favorable, des populations des espèces concernées dans leur aire de répartition naturelle : / a) Dans l'intérêt de la protection de la faune et de la flore sauvages et de la conservation des habitats naturels ; b) Pour prévenir des dommages importants notamment aux cultures, à l'élevage () et à d'autres formes de propriété ".
4. Pour l'application de ces dernières dispositions, l'article R. 411-1 du code de l'environnement prévoit que la liste des espèces animales non domestiques faisant l'objet des interdictions définies à l'article L. 411-1 est établie par arrêté conjoint du ministre chargé de la protection de la nature et du ministre chargé de l'agriculture. L'article R. 411-6 du même code précise que : " Les dérogations définies au 4° de l'article L. 411-2 sont accordées par le préfet, sauf dans les cas prévus aux articles R. 411-7 et R. 411-8. / () ". Le 2° de son article R. 411-13 prévoit que les ministres chargés de la protection de la nature et de l'agriculture fixent par arrêté conjoint, pris après avis du Conseil national de la protection de la nature, " () si nécessaire, pour certaines espèces dont l'aire de répartition excède le territoire d'un département, les conditions et limites dans lesquelles les dérogations sont accordées afin de garantir le respect des dispositions du 4° de l'article L. 411-2 du code de l'environnement ".
5. Sur le fondement de ces dispositions, l'arrêté du 23 avril 2007 fixant la liste des mammifères terrestres protégés sur l'ensemble du territoire et les modalités de leur protection interdit la destruction du loup sur le territoire métropolitain. L'arrêté du 19 février 2007 fixe les conditions de demande et d'instruction des dérogations définies au 4° de l'article L. 411-2 du code de l'environnement portant sur des espèces de faune et de flore sauvages protégées et, enfin, l'arrêté du 23 octobre 2020 fixant les conditions et limites dans lesquelles des dérogations aux interdictions de destruction peuvent être accordées par les préfets concernant le loup (Canis lupus), précise les modalités selon lesquelles des dérogations aux interdictions de destruction de loups peuvent être accordées par les préfets en vue de la protection des troupeaux domestiques aux fins de prévenir et limiter les dommages occasionnés par les attaques de loup. Le chapitre II de cet arrêté est relatif aux tirs de défense et distingue les tirs de défense simple, qui peut être effectué par un tireur seul, et les tirs de défense renforcée qui peuvent impliquer plusieurs tireurs simultanément.
6. En premier lieu, l'article 1er de l'arrêté du 19 février 2007 dispose que : " Les dérogations définies au 4° de l'article L. 411-2 du code de l'environnement portant sur des espèces de faune et de flore sauvages protégées sont, sauf exceptions mentionnées aux articles 5 et 6, délivrées par le préfet du département du lieu de l'opération pour laquelle la dérogation est demandée ". L'article 2 de ce même arrêté décrit la composition de la demande qui doit être adressée au préfet.
7. Si l'association requérante fait valoir que l'arrêté en litige ne répond pas à une demande de son bénéficiaire qui aurait été conforme aux prescriptions de l'arrêté du 19 février 2007, il ressort des pièces du dossier que l'arrêté en litige, qui abroge et remplace une précédente autorisation, a été pris à l'initiative du préfet eu égard aux conditions d'exécution irrégulières de l'autorisation initialement délivrée. Alors que l'article R. 411-12 du code de l'environnement prévoit que : " Les dérogations définies au 4° de l'article L. 411-2 peuvent être suspendues ou révoquées, le bénéficiaire entendu, si les conditions fixées ne sont pas respectées ", la décision en litige ne nécessitait pas de demande préalable de la part de son bénéficiaire. Dès lors, le moyen tiré de la méconnaissance des articles 1er et 2ème de l'arrêté du 19 février 2007 doit être écarté.
8. En deuxième lieu, l'article 4 de l'arrêté du 19 février 2007, relatif aux précisions que doit contenir la décision, prévoit que : " En cas d'octroi d'une dérogation, la motivation de celle-ci et, en tant que de besoin, en fonction de la nature de l'opération projetée, les conditions de celle-ci, notamment : () - nombre et sexe des spécimens sur lesquels porte la dérogation () ".
9. L'autorisation de tir de défense renforcée en litige, valable jusqu'au 31 décembre 2022, prévoit expressément en son article 9 sa suspension dans le cas où un loup serait tué, étant précisé qu'un courrier du préfet est alors nécessaire pour une reprise éventuelle des opérations de tir. Il se déduit de ces dispositions que l'arrêté autorise la destruction d'un unique spécimen, sans distinction de genre. Dès lors, la décision était suffisamment motivée et le moyen tiré de la méconnaissance des dispositions précitées doit être écarté.
10. En troisième lieu, aux termes de l'article 7 de la Charte de l'environnement : " Toute personne a le droit, dans les conditions et les limites définies par la loi, d'accéder aux informations relatives à l'environnement détenues par les autorités publiques et de participer à l'élaboration des décisions publiques ayant une incidence sur l'environnement ".
11. Aux termes de l'article L. 120-1 du code de l'environnement : " I. - La participation du public à l'élaboration des décisions publiques ayant une incidence sur l'environnement est mise en œuvre en vue : / 1° D'améliorer la qualité de la décision publique et de contribuer à sa légitimité démocratique ; / 2° D'assurer la préservation d'un environnement sain pour les générations actuelles et futures ; / 3° De sensibiliser et d'éduquer le public à la protection de l'environnement ; / 4° D'améliorer et de diversifier l'information environnementale. / II. - La participation confère le droit pour le public : / 1° D'accéder aux informations pertinentes permettant sa participation effective ; / 2° De demander la mise en œuvre d'une procédure de participation dans les conditions prévues au chapitre Ier ; / 3° De disposer de délais raisonnables pour formuler des observations et des propositions ; / 4° D'être informé de la manière dont il a été tenu compte de ses observations et propositions dans la décision d'autorisation ou d'approbation. / III. - Les procédures de concertation préalable organisées en application du code de l'urbanisme respectent les droits mentionnés aux 1°, 3° et 4° du II du présent article. / IV. - Ces dispositions s'exercent dans les conditions prévues au présent titre () ". Aux termes de l'article L. 123-19-1 du même code : " I.-Le présent article définit les conditions et limites dans lesquelles le principe de participation du public, prévu à l'article 7 de la Charte de l'environnement, est applicable aux décisions, autres que les décisions individuelles, des autorités publiques ayant une incidence sur l'environnement lorsque celles-ci ne sont pas soumises, par les dispositions législatives qui leur sont applicables, à une procédure particulière organisant la participation du public à leur élaboration. / II.-Sous réserve des dispositions de l'article L. 123-19-6, le projet d'une décision mentionnée au I, accompagné d'une note de présentation précisant notamment le contexte et les objectifs de ce projet, est mis à disposition du public par voie électronique et, sur demande présentée dans des conditions prévues par décret, mis en consultation sur support papier dans les préfectures et les sous-préfectures en ce qui concerne les décisions des autorités de l'Etat () ". Aux termes du I de l'article L. 123-19-2 de ce code : " Sous réserve des dispositions de l'article L. 123-19-6, le présent article définit les conditions et limites dans lesquelles le principe de participation du public prévu à l'article 7 de la Charte de l'environnement est applicable aux décisions individuelles des autorités publiques ayant une incidence sur l'environnement qui n'appartiennent pas à une catégorie de décisions pour lesquelles des dispositions législatives particulières ont prévu les cas et conditions dans lesquels elles doivent, le cas échéant en fonction de seuils et critères, être soumises à participation du public. () / Ne sont pas regardées comme ayant une incidence sur l'environnement les décisions qui ont sur ce dernier un effet indirect ou non significatif () ". Aux termes de l'article L. 123-19-6 de ce même code : " Ne sont pas soumises à participation du public en application des articles L. 123-19-1 à
L. 123-19-5 : / 1° Les décisions des autorités publiques prises conformément à une décision autre qu'une décision individuelle () ayant donné lieu à participation du public, lorsque, par ses dispositions, cette décision () permet au public d'apprécier l'incidence sur l'environnement des décisions susceptibles d'être prises conformément à celui-ci () ".
12. Les dispositions du I de l'article L. 123-19-2 sont prévues sous réserve de celles de l'article L. 123-19-6, dont le 1° dispense de procédure de participation du public les décisions prises conformément à une décision réglementaire ayant elle-même donné lieu à participation du public, lorsque cette décision initiale permet au public, par ses dispositions, d'apprécier l'incidence sur l'environnement des décisions consécutives. En l'espèce, ainsi que le soutient le préfet de l'Hérault, l'arrêté attaqué a été pris conformément à l'arrêté précité du 23 octobre 2020 dont l'adoption a été précédée d'une consultation du public, réalisée du 17 août au 13 septembre 2020. La requérante ne démontre ni même ne soutient que l'arrêté du 23 octobre 2020 ne permettrait pas au public d'apprécier l'incidence sur l'environnement des décisions susceptibles d'être prises conformément à celui-ci. Dans ces conditions, le moyen tiré de l'absence de consultation du public, sur le fondement d'une note de présentation précisant le contexte et les objectifs de l'arrêté, préalablement à la prise de l'arrêté en litige du 27 octobre 2022, doit être écarté.
13. En quatrième lieu, aux termes de l'article 17 de l'arrêté du 23 octobre 2020 :
" I. - Les tirs de défense renforcée peuvent intervenir dès lors que : 1° Des mesures de protection sont mises en œuvre ou que le troupeau est reconnu comme ne pouvant être protégé au sens du III de l'article 6 ; 2° Malgré la mise en place effective de ces mesures et après le recours aux tirs de défense simple, le troupeau se trouve dans l'une des situations suivantes : - il a subi au moins trois attaques dans les douze mois précédant la demande de dérogation ; - il se situe dans un territoire où il est constaté au cours des derniers mois, sur la base du suivi effectué en application de l'article 6, des dommages importants dans les élevages ayant mis en œuvre les tirs de défense simple et malgré l'installation de mesures de protection des troupeaux (sauf pour les troupeaux reconnus comme ne pouvant être protégés). Dans ces conditions, le préfet de département peut, après avis du préfet coordonnateur, accorder des autorisations de tir de défense renforcée aux éleveurs dont les troupeaux sont situés sur un tel territoire ".
14. Ce même arrêté comprend un chapitre IV, applicable au sein des fronts de colonisation, définis comme les zones qui ne sont pas classées en cercle 1 ou 0 en application de l'arrêté du 28 novembre 2019 susvisé. L'article 31 de l'arrêté du 23 octobre 2020, qui reprend les dispositions anciennement prévues à l'article 37 de l'arrêté du 19 février 2018 ci-dessus visé, relevant de ce chapitre, stipule que : " I. - Le préfet coordonnateur du plan national d'actions sur le loup délimite par arrêté, au sein des fronts de colonisation, et après avoir recueilli les propositions des préfets de département concernés, les zones dans lesquelles, du fait des modes de conduite des troupeaux d'animaux domestiques, la mise en œuvre des mesures de protection des troupeaux contre la prédation du loup présente des difficultés importantes, constatées à la suite d'une ou plusieurs attaques de loup sur les troupeaux et qui peuvent bénéficier des dispositions particulières mentionnées au II. Pour la détermination de ces zones, sont pris en compte l'importance des adaptations des modes de conduite et de protection des troupeaux, le coût économique en résultant pour les éleveurs et la collectivité publique ainsi que le niveau d'efficacité de ces adaptations pour maîtriser la prédation au regard des éléments suivants : - les caractéristiques topographiques et écologiques des milieux exploités par les troupeaux ; - le type d'élevage, son mode de conduite et la taille des troupeaux ; - l'étendue des parcours et surfaces utilisés par les troupeaux ; - le nombre de lots composant les troupeaux ; - la durée et le niveau d'exposition des troupeaux à la prédation. II. - Dans les zones mentionnées au I, les tirs de défense et de prélèvement, dont les modalités de mise en œuvre sont décrites aux chapitres précédents, peuvent être autorisés sans que les troupeaux bénéficient de mesures de protection dans les conditions suivantes : 1. Pour les tirs de défense simple, sans autre condition ; 2. Pour les tirs de défense renforcée, quand le troupeau, malgré le recours aux tirs de défense simple, a subi au moins trois attaques dans les douze derniers mois précédant la demande de dérogation ou se situe sur une commune sur laquelle au moins trois attaques au moins ont été constatées au cours des douze mois précédent la demande de dérogation, dans des troupeaux ayant mise en œuvre les tirs de défense simple ; 3. Pour les tirs de prélèvement, quand les attaques de loup sur les troupeaux persistent après la mise en œuvre de deux autorisations de tir de défense renforcée dans une période maximale de douze mois ".
15. Il n'est pas contesté que la commune de Fraïsse-sur-Agoût, où se situe l'exploitation de M. A, l'EARL de la Montaudarie, se situe au sein d'un front de colonisation. Elle est par ailleurs incluse dans une zone définie par arrêté du préfet de la région Auvergne-Rhône-Alpes en date du 5 avril 2019 comme étant difficilement protégeable.
16. Alors que cet arrêté permet au préfet de l'Hérault d'autoriser l'usage du tir de défense renforcée sur le fondement des dispositions de l'article 31 de l'arrêté du 23 octobre 2020 plutôt que sur celles de l'article 17 de ce même arrêté, soit même en l'absence de mesures de protection préalable du troupeau, l'association One Voice conteste, par voie d'exception, la légalité de l'arrêté du 5 avril 2019. Elle soutient qu'en s'abstenant de distinguer les périodes de pâturages ou d'estives et celles où les animaux sont protégés dans des bâtiments, ainsi qu'en définissant une vaste zone sans considération des spécificités communales, le préfet de la région Auvergne-Rhône-Alpes a méconnu le principe prévu par l'article 16 de la directive " Habitats " cité au point 2 du présent jugement et repris à l'article L. 411-2 du code de l'environnement, cité au point 3 de ce jugement, en vertu duquel les dérogations à l'interdiction de destruction des espèces protégées sont conditionnées à l'absence d'autre solution satisfaisante.
17. Il résulte des dispositions de l'article 31 précité que la possibilité, ainsi ouverte, de recourir à des tirs de destruction de loups sans que les troupeaux bénéficient de mesures de protection, est limitée à des zones répondant à des critères cumulatifs et précis, identifiées par voie réglementaire, sous le contrôle du juge administratif. En l'espèce, il ressort des pièces du dossier que le préfet a pris en compte les caractéristiques topographiques et écologiques des milieux exploités par les troupeaux, constitués de milieux naturels semi-fermés et de nombreux terrains en pente, le type d'élevage extensif avec l'existence de " parcours " et la présence simultanée, quasi-généralisée, de 3 à 4 lots d'animaux différents par troupeau, la durée et le niveau d'exposition des troupeaux à la prédation, notamment un pâturage sur 8 à 12 mois et parfois nocturne entre juin et septembre, et enfin le coût économique qui résulterait pour la collectivité publique d'une généralisation de la mise en œuvre de la protection des troupeaux sur ce territoire.
18. D'une part, si l'association One Voice fait grief au préfet de ne pas avoir pris en compte les spécificités communales, elle ne les précise pas et n'apporte pas d'élément qui tendrait à démontrer que la commune de Fraïsse-sur-Agoût ne remplirait pas les critères identifiés par le préfet pour définir la zone difficilement protégeable en litige. D'autre part, l'arrêté du 5 avril 2019 précise qu'est observé sur la zone un pâturage pouvant aller de 8 à 12 mois sur l'année. La seule circonstance que des articles de presse locaux fassent état de la fin de la période d'estive ne permet pas de conclure que le préfet aurait fondé sa décision sur un fait erroné. Par ailleurs, si les dispositions précitées du I de l'article 31 de l'arrêté du 23 octobre 2020 prévoient la prise en compte de la durée d'exposition des troupeaux à la prédation pour la définition des zones difficilement protégeables, elles ne conditionnent pas la définition d'une telle zone à un risque permanent. Enfin, l'article 12 de l'arrêté du 23 octobre 2020 prévoit que les tirs ne sont autorisés que sur les pâturages, surfaces et parcours mis en valeur par le bénéficiaire de la dérogation, de sorte qu'en cas de retour du troupeau dans une bergerie, les tirs de défense ne peuvent être autorisés, même au sein d'une zone difficilement protégeable. Dans ces conditions, le moyen tiré de l'illégalité, par voie d'exception, de l'arrêté du 5 avril 2019 doit être écarté.
19. En cinquième lieu, si l'association requérante soutient que l'arrêté en litige méconnait les dispositions de l'article 17 de l'arrêté du 23 octobre 2020 faute pour le préfet de l'Hérault d'avoir recueilli l'avis du préfet coordonnateur, ainsi qu'en l'absence de constatation préalable, au cours des derniers mois, de dommages importants dans les élevages ayant mis en œuvre les tirs de défense, il résulte de ce qui précède que les dispositions de cet article ne sont pas applicables à la situation en litige qui relève des dispositions de l'article 31 de ce même arrêté. Dès lors les moyens ainsi soulevés doivent être écartés comme inopérants.
20. En sixième lieu, il résulte des dispositions de l'article 31 de l'arrêté du 23 octobre 2020 que pour autoriser le recours aux tirs de défense renforcée, il doit avoir été constaté que le troupeau, malgré le recours aux tirs de défense simple, a subi au moins trois attaques dans les douze derniers mois précédant la demande de dérogation ou qu'il se situe sur une commune sur laquelle trois attaques au moins ont été constatées au cours des douze mois précédent la demande de dérogation, dans des troupeaux ayant mis en œuvre les tirs de défense simple. Aux termes de l'article 11 de ce même arrêté : " Pour l'application du présent chapitre, on entend par " attaque " toute attaque donnant lieu à au moins une victime indemnisable au titre de la prédation du loup ". Enfin, aux termes du IV de l'article 6 de ce même arrêté : " On entend par " mise en œuvre " des tirs de défense simple ou de défense renforcée, la réalisation d'opérations consécutives à des attaques consignées dans le registre prévu à l'article 13 ".
21. L'arrêté du préfet de l'Hérault du 27 octobre 2022 en litige ne constitue pas la délivrance initiale ou même le renouvellement d'une autorisation de tir de défense renforcée mais une décision consistant à modifier une autorisation antérieurement délivrée dont la légalité n'est pas contestée en l'espèce. En effet, si le préfet de l'Hérault a pris la décision de retirer l'autorisation délivrée le 7 février 2022 pour délivrer une nouvelle autorisation pour la période restante de l'autorisation antérieurement en vigueur, il s'est limité à supprimer M. A de la liste des tireurs et n'a donc pas entendu délivrer une nouvelle autorisation soumise au respect de la condition citée au point précédent du présent jugement et dont l'association allègue la méconnaissance.
22. En tout état de cause, en l'espèce, il ressort des pièces du dossier que M. A a obtenu par arrêtés du 30 juillet 2020 et du 15 janvier 2021 l'autorisation d'effectuer des tirs de défense simple en vue de la protection de son troupeau. Par arrêtés du 25 novembre 2021 et du 7 février 2022 il a obtenu l'autorisation de faire usage de tirs de défense renforcée. Par ailleurs, un second éleveur de la commune a obtenu l'autorisation de faire usage de tirs de défense simple par arrêtés du 22 juillet 2020 et du 15 janvier 2021. Par arrêtés du 25 novembre 2021 et du
7 février 2022 il a également obtenu l'autorisation de faire usage de tirs de défense renforcée. Or, au sein des troupeaux des deux éleveurs de la commune, des attaques ayant donné lieu à l'indemnisation des éleveurs ont été recensées le 20 avril 2021, le 20 septembre 2021, le 30 septembre 2021, le 30 mai 2022, le 3 juin 2022 et le 21 juin 2022. Dès lors, la condition tenant au constat de trois attaques préalables dans les douze mois précédant la demande du bénéficiaire était nécessairement remplie lorsque la demande initiale de M. A a été formulée le
1er novembre 2021 puis, lorsqu'il a demandé le renouvellement de son autorisation délivrée le
7 février 2022 puis, enfin, lorsque fut prise la décision attaquée.
23. Par ailleurs, il ressort du registre des opérations tenu par les deux éleveurs de la commune qu'à la suite des premières attaques qu'ils ont subies, ils ont effectivement organisé des opérations, c'est-à-dire des sorties de tireurs à proximité du troupeau. La seule circonstance qu'aucun loup n'ait été aperçu lors de ces sorties et qu'aucun tir n'ait donc été effectivement réalisé ne permet pas de conclure que les tirs de défense simple n'auraient pas été effectivement mis en œuvre, au sens des dispositions combinées des articles 6, 13 et 31 de l'arrêté du 23 octobre 2020.
24. Il résulte donc de ce qui précède que le moyen tiré de la méconnaissance de l'article 31 de l'arrêté du 23 octobre 2020 ne peut qu'être écarté.
25. En septième lieu, l'article 12 de l'arrêté du 23 octobre 2020 prévoit que :
" I.-Les tirs de défense simple et de défense renforcée sont mis en œuvre pendant toute la durée de la présence du troupeau dans les territoires soumis à la prédation du loup. II.-Les tirs de défense simple et de défense renforcée sont mis en œuvre dans les conditions suivantes, qui doivent toutes être vérifiées : - à proximité du troupeau concerné ; - sur les pâturages, surfaces et parcours mis en valeur par le bénéficiaire de la dérogation ainsi qu'à leur proximité immédiate ; - en dehors des réserves naturelles nationales constituées pour des motifs incluant la conservation de la faune sauvage et du cœur des parcs nationaux dont le décret portant création interdit la chasse () ".
26. La seule circonstance que des articles de presse relatent la fin de la période d'estive en automne ne permet pas de conclure que le troupeau de M. A serait nécessairement dans une bergerie entre le 22 octobre 2022, date de prise de l'arrêté en litige et le 31 décembre 2022, date de fin de sa validité. En tout état de cause, la seule circonstance que le troupeau puisse être en bergerie ne permet pas de conclure qu'il ne serait plus dans un territoire soumis à la prédation du loup au sens des dispositions précitées. Enfin, il résulte des dispositions précitées que les tirs ne peuvent être mis en œuvre que " sur les pâturages, surfaces et parcours mis en valeur par le bénéficiaire de la dérogation ainsi qu'à leur proximité immédiate ". Dès lors, à supposer même que le troupeau de M. A soit dans une bergerie, cette circonstance ne permet pas de conclure à l'illégalité de l'arrêté en litige nonobstant l'impossibilité de mettre en œuvre les tirs de défense renforcée. Le moyen tiré de la méconnaissance des dispositions précitées doit donc être écarté.
27. En dernier lieu, il résulte des éléments développés aux points 14 à 18 du présent jugement que le troupeau de M. A se situe dans une zone difficilement protégeable en vertu de l'arrêté du préfet de la région Auvergne-Rhône-Alpes du 5 avril 2019 et aucun élément apporté par la requérante ne permet de douter de la régularité de celui-ci. Dans ces conditions, la mise en œuvre de mesures préalables de protection des troupeaux de l'intéressé ne pourrait pas constituer une solution alternative satisfaisante à l'usage de tirs de défense. Egalement, en citant un rapport du conseil national de la protection de la nature préconisant le recours préalable à des mesures d'effarouchement, l'association requérante ne démontre pas que de tels dispositifs pourraient en l'espèce constituer une solution alternative satisfaisante. Dans ces conditions, le moyen tiré de la méconnaissance de la condition relative à l'absence d'autre solution satisfaisante, prévue par l'article 16 de la directive " Habitats " cité au point 2 du présent jugement et repris à l'article L. 411-2 du code de l'environnement, cité au point 3 de ce jugement doit, en tout état de cause, être écarté.
28. Il résulte de tout ce qui précède que les conclusions de l'association One Voice tendant à l'annulation des articles 2 à 12 de l'arrêté du 27 octobre 2022 par lequel le préfet de l'Hérault a autorisé M. A à faire usage du tir de défense renforcée jusqu'au 31 décembre 2022 selon de nouvelles modalités sont rejetées.
Sur les frais du litige :
29. Les dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative font obstacle à ce que soit mise à la charge de l'Etat, qui n'est pas la partie perdante dans la présente instance, la somme demandée par l'association One Voice au titre des frais exposés par elle en défense et non compris dans les dépens.
D E C I D E :
Article 1er : La requête présentée par l'association One Voice est rejetée.
Article 2 : La présente décision sera notifiée à l'association One Voice et à la ministre de la transition écologique, de l'énergie, du climat et de la prévention des risques.
Copie en sera adressée au préfet de l'Hérault.
Délibéré après l'audience du 3 octobre 2024, à laquelle siégeaient :
M. Jérôme Charvin, président,
Mme Adrienne Bayada, première conseillère,
Mme Audrey Lesimple, première conseillère.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 17 octobre 2024.
La rapporteure,
A. Lesimple Le président,
J. Charvin
La greffière,
M. B
La République mande et ordonne à la ministre de la transition écologique, de l'énergie, du climat et de la prévention des risques en ce qui la concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun, contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition conforme,
Montpellier, le 17 octobre 2024.
La greffière,
M. B
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026