Tribunal Administratif de Montpellier — Décision N° TA34-2205935
mardi 29 novembre 2022
| Juridiction | Tribunal Administratif de Montpellier |
| Section | Tribunal Administratif de Montpellier |
| N° Dossier | TA34-2205935 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
Texte intégral
Vu la procédure suivante :
C une requête enregistrée le 15 novembre 2022, M. A B, représenté C Me Delchambre, avocat, demande sur le fondement des dispositions de l'article L. 521-3 du code de justice administrative, au juge des référés :
1°) à titre principal, d'ordonner, le cas échéant sous astreinte, au Conseil national des activités privées de sécurité (CNAPS) toutes mesures utiles, sans délai, lui permettant de bénéficier d'un récépissé de dépôt de son dossier de renouvellement de carte professionnelle d'agent privé de sécurité ;
2°) d'assortir cette injonction d'une astreinte provisoire, en fixer le montant et la date d'effet ;
3°) à titre subsidiaire, d'ordonner, le cas échéant sous astreinte, au CNAPS l'examen de la demande ou de motiver, en cas de refus, sa décision eu égard à la demande de renouvellement de carte professionnelle d'agent privé de sécurité, sans délai ;
4°) de mettre à la charge du CNAPS la somme de 1 500 euros à verser à son conseil en application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative et de l'article 37 de la loi du 10 juillet 1991 relative à l'aide juridique, le renoncement express de son conseil à réclamer à l'Etat l'indemnisation prévue C la loi susvisée.
Il soutient que :
- sa demande est recevable et le tribunal administratif compétent pour en connaître ;
- l'urgence est établie dès lors qu'en l'absence de réponse à sa demande de renouvellement de sa carte professionnelle, il est privé d'emploi et en grande situation de précarité financière ;
- la mesure est utile et ne s'oppose à aucune décision.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu le code de justice administrative.
Le président du Tribunal a désigné M. Thévenet, vice-président, pour statuer sur les demandes de référé.
Considérant ce qui suit :
1. Aux termes de l'article L. 521-3 du code de justice administrative : " En cas d'urgence et sur simple requête qui sera recevable même en l'absence de décision administrative préalable, le juge des référés peut ordonner toutes autres mesures utiles sans faire obstacle à l'exécution d'aucune décision administrative. ".
2. Le juge des référés peut prendre toute mesure de nature provisoire et conservatoire, et notamment, prononcer des injonctions à l'égard de l'administration, à condition que l'urgence le justifie, qu'elle soit utile, ne se heurte à aucune contestation sérieuse et ne fasse obstacle à l'exécution d'aucune décision administrative. S'agissant de la condition d'urgence, il appartient au juge des référés d'apprécier, au moment où il statue, concrètement et compte tenu des justifications fournies C le requérant, si la situation portée à sa connaissance est de nature à porter un préjudice suffisamment grave et immédiat à un intérêt public, à la situation du requérant ou aux intérêts qu'il entend défendre.
3. Il résulte de l'instruction que M. B a sollicité, le 7 février 2022, le Conseil national des activités privées de sécurité (CNAPS) pour le renouvellement de sa carte professionnelle d'agent de sécurité. Sans réponse, l'employeur a suspendu, le 11 mars 2022, le contrat de travail de M. B qui est depuis privé de ressources. Ainsi, M. B établit l'existence d'une situation d'urgence préjudiciable à ses intérêts. C suite, il y a lieu d'enjoindre au CNAPS de remettre à M. B un récépissé de dépôt de son dossier de renouvellement de carte professionnelle d'agent privé de sécurité, dès la notification de la présente ordonnance, sous astreinte de cent euros C jour de retard passé un délai de vingt-quatre heures suivant cette notification.
Sur les frais liés au litige :
4. Aux termes de l'article L. 761-1 du code de justice administrative : " Dans toutes les instances, le juge condamne la partie tenue aux dépens ou, à défaut, la partie perdante, à payer à l'autre partie la somme qu'il détermine, au titre des frais exposés et non compris dans les dépens. Le juge tient compte de l'équité ou de la situation économique de la partie condamnée. Il peut, même d'office, pour des raisons tirées des mêmes considérations, dire qu'il n'y a pas lieu à cette condamnation. ". Il y a lieu, dans les circonstances de l'espèce et sous réserve que Me Delchambre, avocat de M. B, renonce à percevoir la part contributive de l'État versée au titre de l'aide juridictionnelle, de mettre à la charge du CNAPS, sur le fondement de l'article 37 de la loi du 10 juillet 1991, le versement à Me Delchambre de la somme de 1 500 euros.
O R D O N N E
Article 1er : Il est enjoint au Conseil national des activités privées de sécurité de remettre à M. B un récépissé de dépôt de son dossier de renouvellement de carte professionnelle d'agent privé de sécurité, dès la notification de la présente ordonnance.
Article 2 : En cas d'inexécution de l'injonction prévue à l'article 1er ci-dessus, une astreinte de 100 euros C jour de retard courra à l'endroit du Conseil national des activités privées de sécurité, passé un délai de vingt-quatre heures suivant la notification de la présente ordonnance.
Article 3 : Sous réserve de l'admission définitive de M. B à l'aide juridictionnelle et sous réserve que Me Delchambre renonce à percevoir la somme correspondant à la part contributive de l'Etat, le Conseil national des activités privées de sécurité versera à Me Delchambre, avocat de M. B, la somme de 1 500 euros en application des dispositions du deuxième alinéa de l'article 37 de la loi du 10 juillet 1991. Dans le cas où l'aide juridictionnelle ne serait pas accordée à M. B C le bureau d'aide juridictionnelle, la somme de 1 500 euros sera versée à M. B.
Article 4 : La présente ordonnance sera notifiée à M. A B et au Conseil national des activités privées de sécurité.
Fait à Montpellier, le 29 novembre 202Le juge des référés
F. Thévenet
La République mande au ministre de l'intérieur et des outre-mer en ce qui le concerne et à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun, contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente ordonnance.
Pour expédition conforme,
Montpellier, le 29 novembre 2022.
La greffière,
A. Lacaze
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