vendredi 11 octobre 2024
| Juridiction | Tribunal Administratif de Montpellier |
| Section | Tribunal Administratif de Montpellier |
| N° Dossier | TA34-2205953 |
| Type | Ordonnance |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Avocat requérant | CABINET LABRY & NORAY-ESPEIG |
Vu la procédure suivante :
Par une requête et une pièce complémentaire enregistrées les 14 et 21 novembre 2022, Mme B A demande au tribunal l'annulation partielle du plan local d'urbanisme de la commune d'Ouveillan en ce qu'il classe les parcelles cadastrées 469 et 470 dont elle est propriétaire en zone 2AU et à ce qu'il soit enjoint à la commune d'Ouveillan de réviser partiellement le plan local d'urbanisme communal.
Elle soutient que :
- le classement, depuis 2006, en zone 2AU de ses parcelles est entaché d'erreur manifeste d'appréciation dès lors qu'elles sont alimentées en eau et électricité, situées le long d'une voie publique et qu'étant entourées de maisons d'habitation, elle constituent une dent creuse ;
- ses demandes de certificat d'urbanisme ont toujours reçu une réponse négative et son recours gracieux reçu en mairie le 13 juillet 2022 est resté sans réponse.
Par un mémoire en défense enregistré le 7 avril 2023, la commune d'Ouveillan, représentée par la Selarl Noray-Espeig, agissant par Maître Jérôme Noray-Espeig, conclut au rejet de la requête et à ce que la somme de 2 000 euros soit mise à la charge de Mme A.
Elle soutient que :
- la requête est irrecevable en ce que :
. elle est tardive dès lors qu'elle est présentée 16 et 13 ans après l'épuisement des délais de recours contre les délibérations des 19 décembre 2006 et 20 octobre 2010 approuvant puis modifiant le plan local d'urbanisme ;
. elle n'est pas suffisamment motivée en l'absence d'exposé de moyens opérants ;
. elle n'est pas accompagnée de l'acte attaqué ;
- elle n'est pas fondée.
Par un courrier du 23 septembre 2024, Mme A a été invitée à régulariser sa requête en produisant une copie de la décision qu'elle entend contester.
Par un mémoire en production de pièce, Mme A a produit la délibération du conseil municipal d'Ouveillan en date du 9 février 2006 donnant, d'une part, acte au maire de la présentation et du débat sur le " bilan d'étape " des études préalables en vue de l'élaboration du plan local d'urbanisme et, d'autre part, acte de son accord de principe sur le phasage du développement communal tel que proposé par le maire.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu le code de justice administrative.
Considérant ce qui suit :
1. Aux termes de l'article R. 222-1 du code de justice administrative : " () Les présidents de formation de jugement des tribunaux () peuvent, par ordonnance : () 4° Rejeter les requêtes manifestement irrecevables, lorsque la juridiction n'est pas tenue d'inviter leur auteur à les régulariser ou qu'elles n'ont pas été régularisées à l'expiration du délai imparti par une demande en ce sens ; () ".
2. Aux termes de l'article R. 412-1 du code de justice administrative : " La requête doit, à peine d'irrecevabilité, être accompagnée, sauf impossibilité justifiée, de l'acte attaqué ou, dans le cas mentionné à l'article R. 421-2, de la pièce justifiant de la date de dépôt de la réclamation () ".
3. Par la présente requête, Mme A demande l'annulation partielle du plan local d'urbanisme de la commune d'Ouveillan en ce qu'il classe les parcelles cadastrées 469 et 470 dont elle est propriétaire en zone 2AU. Malgré la fin de non-recevoir opposée en défense et la demande de régularisation qui lui a été adressée par le tribunal le 23 septembre 2024, Mme A a seulement versé au dossier une délibération du conseil municipal d'Ouveillan en date du 9 février 2006 donnant acte au maire de la présentation et du débat sur le " bilan d'étape " des études préalables en vue de l'élaboration du plan local d'urbanisme et de son accord de principe sur le phasage du développement communal tel que proposé par le maire. Cette délibération étant un acte préparatoire à la décision dont Mme A demande l'annulation partielle et cette décision n'ayant pas été produite au dossier, la fin de non-recevoir opposée en défense par la commune d'Ouveillan doit être accueillie.
4. Il résulte de ce qui précède que la requête de Mme A doit être rejetée, en toutes ses conclusions, comme manifestement irrecevable par applicable du 4° de l'article R. 222-1 du code de justice administrative.
5. Il n'y a pas lieu, dans les circonstances de l'espèce, de mettre à la charge de Mme A la somme demandée par la commune d'Ouveillan au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
O R D O N N E :
Article 1er : La requête est rejetée.
Article 2 : Les conclusions présentées au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative par la commune d'Ouveillan sont rejetées.
Article 3 : La présente ordonnance sera notifiée à Mme B A et à la commune d'Ouveillan.
Fait à Montpellier, le 11 octobre 2024.
La présidente de la 6ème chambre
S. Encontre
La République mande et ordonne au préfet de l'Aude en ce qui le concerne ou à tous huissiers de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition conforme,
Montpellier, le 11 octobre 2024.
La greffière,
L. Rocher lr
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