jeudi 26 janvier 2023
| Juridiction | Tribunal Administratif de Montpellier |
| Section | Tribunal Administratif de Montpellier |
| N° Dossier | TA34-2206027 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | D |
| Formation | 1ère chambre |
| Avocat requérant | CABINET D'AVOCATS MAZAS - ETCHEVERRIGARAY |
Vu la procédure suivante :
Par une requête, enregistrée le 18 novembre 2022, et un mémoire, enregistré le 3 janvier 2023, Mme B E, représentée par Me Mazas, demande au tribunal :
1°) d'annuler l'arrêté du 1er août 2022 par lequel le préfet de l'Hérault lui a refusé l'admission au séjour, l'a obligée à quitter le territoire français dans un délai de trente jours et a fixé le pays de destination ;
2°) de suspendre l'exécution de l'obligation de quitter le territoire français jusqu'à ce que la Cour nationale du droit d'asile ait définitivement statué sur la demande d'asile présentée par sa fille, C D ;
3°) d'enjoindre au préfet de l'Hérault de réexaminer sa situation dans l'attente de lui délivrer une autorisation provisoire de séjour dans le délai de huit jours suivant la notification du jugement à intervenir ;
4°) de mettre à la charge de l'État une somme de 2 000 euros à verser à Me Mazas au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative et des articles 37 et 75 de la loi du 10 juillet 1991.
Elle soutient que :
Sur la décision portant obligation de quitter le territoire français :
- elle est entachée d'une insuffisante motivation dès lors que l'arrêté ne fait pas mention de l'appel formé devant la Cour nationale du droit d'asile contre la décision de rejet de la demande d'asile formée pour sa fille, C, devant l'Office français de protection des réfugiés et des apatrides ; en outre l'arrêté ne vise pas l'article L. 542-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile relatif à la fin du droit au maintien alors même que la demande de titre était fondée sur le renouvellement de sa carte " étranger victime de proxénétisme " mais également à titre subsidiaire " le droit au maintien en qualité de parent d'enfant demandeur d'asile " ;
- elle est entachée d'une erreur de droit dès lors qu'en vertu de l'article L. 541-2 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile elle détenait un droit au séjour pour accompagner sa fille jusqu'à ce que la Cour nationale du droit d'asile statue sur l'appel formé contre la décision de l'Office français de protection des réfugiés et des apatrides rejetant sa demande d'asile ;
- elle est entachée d'erreur manifeste d'appréciation ; en effet elle a été victime d'un réseau de prostitution en Italie.
Sur la décision fixant le pays de destination :
- elle a été victime d'un réseau de prostitution sévissant entre le Nigéria et l'Italie ; sa fille subira les mêmes sévices en cas de retour au Nigeria, des mutilations génitales.
Par un mémoire en défense, enregistré le 22 décembre 2022, le préfet de l'Hérault conclut au rejet de la requête.
Il soutient que les moyens soulevés par Mme E ne sont pas fondés.
Mme E a été admise au bénéfice de l'aide juridictionnelle totale par une décision du 17 octobre 2022.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;
- la convention internationale relative A droits de l'enfant, signée à New-York le 26 janvier 1990 ;
- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- le code des relations entre le public et l'administration ;
- la loi n° 91-647 du 10 juillet 1991 ;
- le code de justice administrative.
La présidente de la formation de jugement a dispensé la rapporteure publique, sur sa proposition, de prononcer des conclusions à l'audience.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de Mme Pastor, première conseillère,
- et les observations de Me Lambert, représentant Mme E.
Considérant ce qui suit :
1. Mme E, ressortissante nigériane née en 1996, a sollicité le 7 février 2022 le renouvellement d'un titre de séjour portant la mention " étranger victime de la traite des êtres humains " ou à défaut " changement de statut ". Par arrêté du 1er août 2022, le préfet de l'Hérault a refusé de l'admettre au séjour et l'a obligée à quitter le territoire dans le délai de trente jours et a fixé le pays de destination. Par la présente requête, Mme E demande l'annulation de cet arrêté.
En ce qui concerne les conclusions à fin d'annulation de l'arrêté du 1er août 2022 :
S'agissant de la décision portant obligation de quitter le territoire français :
2. En premier lieu, A termes de l'article L. 613-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " La décision portant obligation de quitter le territoire français est motivée. / Dans le cas prévu au 3° de l'article L. 611-1, la décision portant obligation de quitter le territoire français n'a pas à faire l'objet d'une motivation distincte de celle de la décision relative au séjour. Toutefois, les motifs des décisions relatives au délai de départ volontaire et à l'interdiction de retour édictées le cas échéant sont indiqués. ".
3. L'arrêté en litige vise la convention européenne des droits de l'homme et des libertés fondamentales, la convention internationale des droits de l'enfant, le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile et la demande de titre de séjour formulée par Mme E le 7 février 2022 sollicitant le renouvellement de son titre " étranger victime de la traite des êtres humains " ou à défaut un changement de statut. Il précise l'identité, la date et le lieu de naissance Mme E et mentionne le rejet définitif de la demande d'asile de cette dernière, le classement sans suite de sa plainte déposée pour proxénétisme par décision du parquet de Montpellier de décembre 2021, le rejet par décision de l'Office français de protection des réfugiés et des apatrides de la demande d'asile déposée pour sa fille C née 8 avril 2020 à Montpellier et précise que le père de cette dernière, M. F, ressortissant également nigérian, a fait l'objet d'un refus de titre de séjour assorti d'une obligation de quitter le territoire français le 19 mai 2022. Il porte également l'appréciation selon laquelle, compte tenu des circonstances propres au cas d'espèce, il n'est pas porté une atteinte disproportionnée à son droit au respect de sa vie privée et familiale. Il indique enfin que Mme E n'établit pas être exposée à des peines ou traitements contraires à la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales en cas de retour dans son pays d'origine. Dans ces conditions, alors que le préfet ignorait l'appel formé devant la Cour nationale du droit d'asile s'agissant de la demande d'asile de sa fille, l'arrêté qui comporte l'énoncé des considérations de droit et de fait sur lesquelles il se fonde est suffisamment motivé.
4. En deuxième lieu, d'une part, A termes de l'article L. 611-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " L'autorité administrative peut obliger un étranger à quitter le territoire français lorsqu'il se trouve dans les cas suivants : / () / 4° La reconnaissance de la qualité de réfugié ou le bénéfice de la protection subsidiaire a été définitivement refusé à l'étranger ou il ne bénéficie plus du droit de se maintenir sur le territoire français en application des articles L. 542-1 et L. 542-2, à moins qu'il ne soit titulaire de l'un des documents mentionnés au 3° ; () ". A termes de l'article L. 542-1 du même code : " En l'absence de recours contre la décision de l'Office français de protection des réfugiés et apatrides dans le délai prévu à l'article L. 532-1, le droit de se maintenir sur le territoire français prend fin à la notification de cette décision. / Lorsqu'un recours contre la décision de rejet de l'office a été formé dans le délai prévu à l'article L. 532-1, le droit du demandeur de se maintenir sur le territoire français prend fin à la date de la lecture en audience publique de la décision de la Cour nationale du droit d'asile ou, s'il est statué par ordonnance, à la date de la notification de celle-ci ". A termes de l'article L. 542-1 du code précité : " (..) Lorsqu'un recours contre la décision de rejet de l'office a été formé dans le délai prévu à l'article L. 532-1, le droit du demandeur de se maintenir sur le territoire français prend fin à la date de la lecture en audience publique de la décision de la Cour nationale du droit d'asile ou, s'il est statué par ordonnance, à la date de la notification de celle-ci. ". L'article L. 542-2 du même code : " Par dérogation à l'article L. 542-1, le droit de se maintenir sur le territoire français prend fin : 1° Dès que l'Office français de protection des réfugiés et apatrides a pris les décisions suivantes : (..) d) une décision de rejet dans les cas prévus à l'article L. 531-24 et au 5° de l'article L. 531-27 ; (..) ". L'article L. 531-24 dispose que " l'Office français de protection des réfugiés et apatrides statue en procédure accélérée dans les cas suivants : (..) 2° Le demandeur a présenté une demande de réexamen qui n'est pas irrecevable ;() ".
5. D'autre part, A termes de l'article L. 521-3 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " Lorsque la demande d'asile est présentée par un étranger qui se trouve en France accompagné de ses enfants mineurs, elle est regardée comme présentée en son nom et en celui de ses enfants ". A termes de l'article L. 521-13 du même code : " L'étranger est tenu de coopérer avec l'autorité administrative compétente en vue d'établir son identité, sa ou ses nationalités, sa situation familiale, son parcours depuis son pays d'origine ainsi que, le cas échéant, ses demandes d'asile antérieures. Il présente tous documents d'identité ou de voyage dont il dispose. ". A termes de l'article L. 521-23 du même code : " Lorsqu'il est statué sur la demande de chacun des parents présentée dans les conditions prévues à l'article L. 521-3, la décision accordant la protection la plus étendue est réputée prise également au bénéfice des enfants. Cette décision n'est pas opposable A enfants qui établissent que la personne qui a présenté la demande n'était pas en droit de le faire ". A termes de l'article L. 531-41 du même code : " Constitue une demande de réexamen une demande d'asile présentée après qu'une décision définitive a été prise sur une demande antérieure () ". Enfin, A termes de l'article L. 531-42 du même code : " A l'appui de sa demande de réexamen, le demandeur indique par écrit les faits et produit tout élément susceptible de justifier un nouvel examen de sa demande d'asile./ L'Office français de protection des réfugiés et apatrides procède à un examen préliminaire des faits ou des éléments nouveaux présentés par le demandeur intervenus après la décision définitive prise sur une demande antérieure ou dont il est avéré qu'il n'a pu en avoir connaissance qu'après cette décision./ Lors de l'examen préliminaire, l'office peut ne pas procéder à un entretien./ Lorsque, à la suite de cet examen préliminaire, l'office conclut que ces faits ou éléments nouveaux n'augmentent pas de manière significative la probabilité que le demandeur justifie des conditions requises pour prétendre à une protection, il peut prendre une décision d'irrecevabilité ". Il résulte de ces dispositions qu'il appartient à l'étranger présent sur le territoire français et souhaitant demander l'asile de présenter une demande en son nom et, le cas échéant, en celui de ses enfants mineurs qui l'accompagnent. En cas de naissance ou d'entrée en France d'un enfant mineur postérieurement à l'enregistrement de sa demande, l'étranger est tenu, tant que l'Office français de protection des réfugiés et apatrides ou, en cas de recours, la Cour nationale du droit d'asile, ne s'est pas prononcé, d'en informer cette autorité administrative ou cette juridiction. La décision rendue par l'office ou, en cas de recours, par la Cour nationale du droit d'asile, est réputée l'être à l'égard du demandeur et de ses enfants mineurs, sauf dans le cas où le mineur établit que la personne qui a présenté la demande n'était pas en droit de le faire.
6. Ces dispositions ne font pas obstacle à ce que les parents d'un enfant né après l'enregistrement de leur demande d'asile présentent, postérieurement au rejet définitif de leur propre demande, une demande au nom de leur enfant. Il résulte toutefois de ce qui a été dit au point précédent que la demande ainsi présentée au nom du mineur doit alors être regardée, dans tous les cas, comme une demande de réexamen au sens de l'article L. 531-41 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
7. D'une part, il ressort des pièces du dossier que Mme E a déposé une demande d'asile en son nom propre le 7 juin 2019 qui a été rejetée le 30 août 2019 par l'OFPRA et définitivement le 28 février 2020 par la Cour nationale du droit d'asile. Après ce rejet définitif, elle a déposé en août 2020 une nouvelle demande d'asile au nom de sa fille mineure en raison des risques de mutilation sexuelle féminine encourus par cette enfant en cas de retour dans son pays d'origine. Cette demande doit s'analyser en vertu des dispositions précitées comme une demande de réexamen au sens de l'article L. 531-41 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile. Ensuite, Mme E a sollicité, en son nom, une demande de réexamen de sa demande d'asile, rejetée pour irrecevabilité par une décision du 22 février 2021 de l'OFPRA et définitivement par une décision du 27 août 2021 de la Cour nationale du droit d'asile.
8. D'autre part, il est constant que par décision du 13 mai 2022, notifiée le 8 juillet 2022, l'OFPRA a rejeté au fond sa demande de réexamen déposée au nom de sa fille mineure. Il résulte de l'application du 2° de l'article L. 531-24 précité du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile qu'en pareille hypothèse l'OFPRA statue normalement en procédure accélérée et que le droit au maintien du demandeur d'asile cesse, sur le fondement de l'article L. 541-2 du même code, à la notification de cette décision. Il ressort des pièces du dossier que la requérante n'établit ni même n'allègue la procédure suivie devant les instances d'asile et ne démontre pas, ainsi, qu'elle bénéficiait d'un droit au maintien sur le territoire national jusqu'à ce que la CNDA ait statué sur l'appel formé contre la décision du 13 mai 2022 alors d'une part, qu'elle avait déjà fait l'objet d'un rejet définitif de sa demande de réexamen le 27 août 2021 et d'autre part qu'en vertu de l'article L. 541-2 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile le droit au maintien sur le territoire cesse dès la notification de la décision de l'Office dans le cadre d'une demande de réexamen non irrecevable. Dans ces conditions, Mme E n'est pas fondée à soutenir que le préfet de l'Hérault a commis une erreur de droit en l'obligeant à quitter le territoire national avant que la Cour nationale du droit d'asile ne statue sur l'appel formé contre la décision du 13 mai 2022.
9. En troisième lieu, Mme E fait valoir qu'elle a été victime d'un réseau de prostitution en Italie, qu'elle a subi un rite " juju " avant de partir, s'engageant à rembourser les frais engagés pour son entrée en Europe et a finalement été contrainte de se prostituer. Toutefois, il ressort des pièces du dossier d'une part que sa plainte pour proxénétisme a été classée sans suite et d'autre part, qu'elle n'apporte pas davantage d'éléments sur son parcours alors même que la Cour nationale du droit d'asile a déjà reconnu la véracité de récits similaires pour des compatriotes nigérianes. En outre, alors que la demande d'asile de sa fille était pendante devant la Cour nationale du droit d'asile, ce que le préfet ignorait à la date d'édiction de son arrêté, il ressort des pièces du dossier que par décision du 9 décembre 2022 la Cour nationale du droit d'asile a définitivement débouté sa fille de sa demande d'asile. Dès lors, l'arrêté du 1er août 2022 contesté ne peut être regardé comme entaché d'une erreur manifeste dans l'appréciation de ses conséquences sur la situation personnelle et familiale de l'intéressé.
S'agissant du pays de destination :
10. A termes de l'article L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " () Un étranger ne peut être éloigné à destination d'un pays s'il établit que sa vie ou sa liberté y sont menacées ou qu'il y est exposé à des traitements contraires A stipulations de l'article 3 de la Convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales du 4 novembre 1950. ". A termes de l'article 3 de cette convention : " Nul ne peut être soumis à la torture ni à des peines ou traitements inhumains ou dégradants. ".
11. Mme E soutient qu'elle est menacée d'être exposée à de mauvais traitements en cas de retour au Nigeria, d'une part en raison des pressions qu'elle subit de la part d'un réseau qui l'a obligé à se prostituer en Europe, et d'autre part du fait du risque d'excision qu'y encourrait sa fille mineure. Toutefois, et alors même qu'il ne ressort pas des pièces du dossier que le préfet s'est cru lié par la décision de la Cour nationale du droit d'asile sur ce point, il est constant qu'alors que la demande d'asile de Mme E a été rejetée définitivement, à deux reprises, elle ne produit dans la présente instance aucun document permettant de mieux établir le risque de mauvais traitements qu'elle prétend encourir, ainsi que sa fille mineure, en cas de retour dans son pays d'origine. Dans ces conditions, le moyen tiré de la méconnaissance des stipulations de l'article 3 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales et des dispositions de l'article L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile doit être écarté, de même que celui tiré de l'erreur manifeste d'appréciation.
En ce qui concerne les conclusions à fin de suspension de l'exécution de l'arrêté du 1er août 2022 :
12. A termes de l'article L. 752-5 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " L'étranger dont le droit au maintien sur le territoire a pris fin en application des b ou d du 1° de l'article L. 542-2 et qui fait l'objet d'une décision portant obligation de quitter le territoire français peut, dans les conditions prévues à la présente section, demander au tribunal administratif la suspension de l'exécution de cette décision jusqu'à l'expiration du délai de recours devant la Cour nationale du droit d'asile ou, si celle-ci est saisie, soit jusqu'à la date de la lecture en audience publique de la décision de la cour, soit, s'il est statué par ordonnance, jusqu'à la date de la notification de celle-ci. ".
13. Il ressort des pièces du dossier qu'à la date du présent jugement la Cour nationale du droit d'asile s'est prononcée par un jugement du 8 décembre 2022 sur l'appel formé contre la décision du 13 mai 2022 de l'Office français de protection des réfugiés et des apatrides. Par suite, les conclusions A fins de suspension présentées à titre subsidiaire par la requérante, doivent être rejetées.
14. Il résulte de tout ce qui précède que la requête présentée par Mme E doit être rejetée, en ce compris celles présentées à fin d'injonction, et celles présentées sur le fondement des articles 37 et 75 de la loi du 10 juillet 1991 relative à l'aide juridique.
D E C I D E :
Article 1er : La requête de Mme E est rejetée.
Article 2 : Le présent jugement sera notifié à Mme B E, au préfet de l'Hérault et à Me Mazas.
Délibéré après l'audience du 12 janvier 2023, à laquelle siégeaient :
Mme Lison Rigaud, présidente,
Mme Isabelle Pastor, première conseillère,
M. François Goursaud, premier conseiller.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 26 janvier 2023.
La rapporteure,
I. Pastor
La présidente,
L. RigaudLe greffier,
A. Junon
La République mande et ordonne au préfet de l'Hérault en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun, contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition conforme,
Montpellier, le 26 janvier 2023.
Le greffier,
A. Junon.
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026