vendredi 11 avril 2025
| Juridiction | Tribunal Administratif de Montpellier |
| Section | Tribunal Administratif de Montpellier |
| N° Dossier | TA34-2206442 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Formation | 3ème chambre |
| Avocat requérant | COLMANT |
Vu la procédure suivante :
Par une requête, enregistrée le 8 décembre 2022, M. A B, représenté par Me Colmant, demande au tribunal :
1°) d'annuler la décision implicite par laquelle la rectrice de l'académie de Montpellier a rejeté sa demande indemnitaire préalable du 27 juillet 2022 ;
2°) de condamner l'Etat à lui verser une somme de 50 000 euros, assortis des intérêts capitalisés à compter du 9 août 2022, date de réception de sa demande préalable ;
3°) de mettre à la charge de l'Etat une somme de 2 500 euros au titre des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Il soutient que :
- la responsabilité de l'administration doit être engagée en raison des fautes commises par les services du rectorat ;
*l'administration a commis une erreur de droit et une erreur manifeste d'appréciation en ne l'inscrivant pas au tableau d'avancement pour l'accès au grade de personnel de direction hors classe au titre de l'année 2022 ;
*l'administration a méconnu les engagements pris à son égard par le rectorat de l'académie de Montpellier
- il demande réparation des préjudices subis du fait de ces fautes ;
*il sollicite 25 000 euros au titre du préjudice financier ;
*il sollicite 25 000 euros au titre du préjudice moral.
Par un mémoire en défense, enregistré le 24 janvier 2024, la rectrice de l'académie de Montpellier conclut au rejet de la requête.
Elle fait valoir que les moyens soulevés par le requérant ne sont pas fondés.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- le décret n°2001-1174 du 11 décembre 2001 ;
- le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de Mme Bossi,
- les conclusions de Mme Delon, rapporteure publique,
- et les observations de Me Colmant, représentant M. B.
Considérant ce qui suit :
1. M. B, principal du collège Gustave Violet situé sur la commune de Prades (Pyrénées-Orientales), n'a pas été inscrit sur le tableau d'avancement pour accéder à l'échelon spécial du grade de personnel de direction hors classe au titre de l'année 2022. Par un courrier du 27 juillet 2022, reçu le 9 août suivant, M. B a présenté une demande indemnitaire préalable afin d'obtenir réparation des préjudices qu'il estime avoir subis. M. B demande au tribunal d'annuler la décision implicite par laquelle la rectrice de l'académie de Montpellier a rejeté sa demande indemnitaire préalable du 27 juillet 2022 et de condamner l'Etat à lui verser une somme de 50 000 euros, assortis des intérêts capitalisés à compter du 9 août 2022, date de réception de sa demande préalable.
Sur les conclusions à fin d'annulation :
2. La décision implicite rejetant la demande indemnitaire préalable du requérant a eu pour seul effet de lier le contentieux à l'égard de l'objet de la demande de l'intéressé qui, en formulant des conclusions indemnitaires, a donné à l'ensemble de sa requête le caractère d'un recours de plein contentieux. Par suite, ses conclusions aux fins d'annulation dirigées à l'encontre de la décision implicite de rejet de sa demande indemnitaire préalable du 27 juillet 2022 ne peuvent qu'être rejetées.
Sur les conclusions à fin d'indemnisation :
3. D'une part, aux termes de l'article 17 du décret du 11 décembre 2001 portant statut particulier du corps des personnels de direction d'établissement d'enseignement ou de formation relevant du ministre de l'éducation nationale, dans sa version alors applicable : " L'accès à l'échelon spécial du grade de personnel de direction hors classe se fait au choix, dans la limite d'un pourcentage des effectifs de ce corps fixé par arrêté conjoint des ministres chargés de l'éducation nationale, de la fonction publique et du budget. Le tableau d'avancement à cet échelon spécial est arrêté annuellement par le ministre chargé de l'éducation nationale sur proposition des recteurs d'académie lorsqu'ils sont affectés en académie, ou sur proposition de leur supérieur hiérarchique lorsqu'ils sont dans une autre affectation. Les promotions sont prononcées par arrêté du ministre chargé de l'éducation nationale dans l'ordre d'inscription au tableau annuel d'avancement. Peuvent accéder à cet échelon spécial les personnels de direction hors classe ayant atteint le cinquième échelon de leur grade. Les intéressés doivent justifier : 1° Avoir occupé pendant au moins huit ans au moins deux postes de chef d'établissement dont un obligatoirement au sein d'un établissement mentionné à l'article
L. 421-1 du code de l'éducation. Sont pris en compte les services accomplis dans un établissement scolaire français à l'étranger figurant sur la liste établie dans les conditions prévues par l'article L. 452-3 du même code, au lycée Comte D en Principauté d'Andorre, dans un établissement relevant du ministère de l'agriculture, ou au sein d'une maison d'éducation de la grande chancellerie de la Légion d'honneur ; 2° Avoir occupé pendant au moins six ans au moins un poste de chef d'établissement ou de chef d'établissement adjoint dans des conditions d'exercice difficiles définies par arrêté conjoint des ministres chargés de l'éducation nationale et de la fonction publique ; 3° Avoir occupé pendant au moins cinq ans au moins un poste de chef d'établissement dans des conditions d'exercice difficiles définies par arrêté conjoint des mêmes ministres ; 4° Avoir occupé pendant au moins quatre ans un ou plusieurs postes de chef d'établissement et avoir été détaché pendant au moins deux ans dans un ou plusieurs emplois fonctionnels dotés d'un indice terminal au moins égal à la hors échelle B ou avoir occupé des fonctions équivalentes pendant la même durée. Les conditions d'accès à l'échelon spécial s'apprécient au 31 décembre de l'année précédant l'année au titre de laquelle est établi le tableau d'avancement. "
4. L'inscription à un tableau d'avancement ne constitue pas un droit et relève d'une appréciation comparée et approfondie de la valeur professionnelle et des acquis de l'expérience professionnelle des agents promouvables. Le juge administratif, saisi d'un recours tendant à la remise en cause de la légalité d'un arrêté portant inscription au tableau d'avancement et nomination dans un grade supérieur, ne peut se borner, dans le cadre de son contrôle restreint, à apprécier la valeur professionnelle d'un candidat écarté, et doit analyser les mérites comparés de cet agent et de ceux des autres agents candidats à ce même grade.
5. S'il est constant que M. B remplissait les conditions statutaires de grade et d'ancienneté pour accéder à l'échelon spécial du grade de personnel de direction hors classe, le requérant conteste l'appréciation portée par sa hiérarchie sur ses mérites. Le requérant se prévaut ainsi des items " excellent " attribués lors de son dernier compte-rendu d'évaluation professionnelle au titre de l'année 2019-2020, de l'appréciation élogieuse de la rectrice sur sa valeur professionnelle et sa manière de servir, des conditions de travail difficiles au sein du collège de Prades qui accueille tous les dispositifs spécifiques du département, de la forte exposition de son poste lorsque M. C, maire de Prades, était Premier ministre et de sa carrière, notamment ses vingt-quatre années d'ancienneté et ses six postes de chef d'établissement dans trois académies différentes dont un dans le cadre d'un détachement de deux ans à Mayotte.
6. Toutefois, alors que le requérant ne produit aucune pièce justifiant de ses allégations concernant son parcours professionnel, la rectrice précise que le compte-rendu d'entretien professionnel de l'intéressé fait apparaître que les objectifs ont certes été atteints mais que ces derniers n'ont pas été dépassés. L'administration ajoute que si la manière de servir de
M. B a effectivement donné satisfaction, il ne présentait pas des qualités exceptionnelles justifiant son inscription au tableau d'avancement pour accéder à l'échelon spécial du grade de personnel de direction hors classe. Il ressort, en outre, des pièces produites en défense que l'ensemble des douze fonctionnaires effectivement promus à cet échelon spécial au sein de l'académie de Montpellier pour l'année 2022 présentaient des qualités professionnelles remarquables et ont développé un engagement de niveau exceptionnel visible au travers des actions mises en place au service de la collectivité éducative. Dans ces conditions, il ne ressort pas des pièces du dossier que M. B aurait présenté des mérites supérieurs à ceux des agents inscrits au tableau d'avancement pour accéder à l'échelon spécial du grade de personnel de direction hors classe au sein de l'académie de Montpellier pour l'année 2022.
7. Il résulte de ce qui a été dit aux points précédents que M. B n'est pas fondé à soutenir que la décision refusant son inscription au tableau d'avancement litigieux serait entachée d'erreur de droit ou d'erreur manifeste dans l'appréciation de ses mérites comparés à ceux d'autres candidats promouvables. Par suite, il ne peut être relevé aucun comportement fautif de nature à engager la responsabilité de l'administration sur ce fondement.
8. D'autre part, si la responsabilité de l'administration est susceptible d'être retenue en cas de promesse non tenue, il appartient au demandeur de démontrer l'existence d'un engagement ferme et précis qui n'aurait pas été respecté à son égard. M. B, qui n'a produit aucune pièce, ne justifie pas de l'existence d'un engagement pris par l'administration de l'inscrire au tableau d'avancement pour accéder à l'échelon spécial du grade de personnel de direction hors classe au sein de l'académie de Montpellier pour l'année 2022. En l'absence de faute relative à une promesse non tenue de promotion, la responsabilité de l'Etat ne peut être retenue sur ce point.
9. Il résulte de l'ensemble de ce qui précède que les conclusions indemnitaires présentées par M. B et tendant à la réparation de son préjudice matériel et de son préjudice moral doivent être rejetées.
Sur les frais liés au litige :
10. L'Etat n'étant pas partie perdante dans la présente instance, les conclusions présentées par M. B au titre des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative ne peuvent qu'être rejetées.
D E C I D E :
Article 1er : La requête de M. B est rejetée.
Article 2 : Le présent jugement sera notifié à M. A B et à la rectrice de l'académie de Montpellier.
Délibéré après l'audience du 28 mars 2025, à laquelle siégeaient :
M. Rabaté, président,
Mme Pastor, première conseillère,
Mme Bossi, première conseillère,
Rendu public par mise à disposition au greffe le 11 avril 2025.
La rapporteure,
M. Bossi
Le président,
V. Rabaté
La greffière,
B. Flaesch
La République mande et ordonne à la ministre de l'éducation nationale, de l'enseignement supérieur et de la recherche en ce qui la concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun, contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition conforme,
Montpellier, le 11 avril 2025.
La greffière,
B. Flaeschfg
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026