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AccueilJurisprudence administrativeN° TA34-2206655

Tribunal Administratif de Montpellier — Décision N° TA34-2206655

lundi 6 novembre 2023

JuridictionTribunal Administratif de Montpellier
SectionTribunal Administratif de Montpellier
N° DossierTA34-2206655
TypeOrdonnance
RecoursExcès de pouvoir

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête, enregistrée le 20 décembre 2022, Mme A B, représentée par Me Maumont, demande au tribunal :

1°) d'annuler la décision du ministre de l'intérieur du 21 avril 2022 la plaçant en congé de longue durée en tant qu'elle ne le déclare pas imputable au service ;

2°) d'enjoindre au ministre de l'intérieur de reconnaitre le lien au service de son affection et de lui attribuer un congé de longue durée reconnaissant ce lien, dans un délai d'un mois et sous astreinte par jour de retard ;

3°) de mettre à la charge de l'Etat la somme de 4 000 euros en application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Vu les autres pièces du dossier ;

Vu le code de justice administrative.

Considérant ce qui suit :

1. Mme B est capitaine de gendarmerie affectée au centre d'opérations de la gendarmerie à Montpellier. Elle a été placée en congés maladie d'octobre 2020 à février 2021 puis à compter du 26 octobre 2021 et a sollicité par lettre du 11 avril 2022 un congé de longue maladie. Par arrêté du 21 avril 2022, le ministre de l'intérieur a placé l'intéressée en congé de longue durée à compter du 1er mai 2022 en précisant dans son article 2 que " l'affection motivant la présente décision est survenue pour des raisons étrangères à l'exercice de ses fonctions ". Mme B demande au tribunal d'annuler cette disposition de l'arrêté.

2. Aux termes de l'article R. 222-1 du code de justice administrative : " () les présidents de formation de jugement des tribunaux () peuvent, par ordonnance : () 3° Constater qu'il n'y a pas lieu de statuer sur une requête () 5° Statuer sur les requêtes qui ne présentent plus à juger de questions autres que la condamnation prévue à l'article L. 761-1 ou la charge des dépens ".

3. Il ressort des pièces du dossier qu'à la suite de son recours formé le 16 juin 2022 devant la commission de recours des militaires, le ministre a modifié l'article 2 de son arrêté du 21 avril 2022 en indiquant que : " le lien potentiel entre l'affection nécessitant le placement en congé de longue durée pour maladie du capitaine B et l'exercice de ses fonctions est retenu ". Il s'ensuit, comme le reconnait la requérante, que ses conclusions à fin d'annulation de l'article 2 de l'arrêté du 21 avril la plaçant en congé de longue durée, ainsi que celles présentées aux fins d'injonction, sont devenues sans objet.

4. Il y a lieu, dans les circonstances de l'espèce, de faire droit aux conclusions présentées par la requérante sur le fondement de l'article L. 761-1 du code de justice administrative et de condamner l'Etat à lui verser la somme de 1 500 euros à ce titre.

O R D O N N E :

Article 1er : Il n'y a plus lieu de statuer sur les conclusions à fin d'annulation et d'injonction présentées par Mme B.

Article 2 : L'Etat versera à Mme B une somme de 1 500 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Article 3 : La présente ordonnance sera notifiée à Mme A B et au ministre de l'intérieur.

Fait à Montpellier, le 6 novembre 2023.

Le président,

JP. Gayrard

La République mande et ordonne au ministre de l'intérieur en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.

Pour expédition conforme,

Montpellier, le 6 novembre 2023,

La greffière,

B. FLAESCH

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