jeudi 23 janvier 2025
| Juridiction | Tribunal Administratif de Montpellier |
| Section | Tribunal Administratif de Montpellier |
| N° Dossier | TA34-2206750 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | C |
| Formation | 1ère chambre |
| Avocat requérant | SCP COULOMBIE, GRAS, CRETIN, BECQUEVORT, ROSIER, SOLAND |
Vu la procédure suivante :
Par une requête et des mémoires enregistrés le 23 décembre 2022, le 12 mars 2024 et le 10 avril 2024 (ce dernier non communiqué), Mme H A, représentée par la Selarl Les Cystes, demande au tribunal :
1°) d'annuler la décision du 26 octobre 2022 par laquelle le maire de la commune de Mèze ne s'est pas opposé à la déclaration préalable déposée par Mme F pour la modification d'ouverture et la création d'un balcon ;
2°) de mettre à la charge de la commune de Mèze la somme de 3 000 euros en application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Elle soutient que l'arrêté :
- a été signé par une autorité incompétente ;
- a été pris sur la base d'un dossier incomplet ;
- méconnaît l'article 11 du règlement du plan local d'urbanisme en ce qui concerne la zone U1 ;
- est entaché d'une erreur manifeste d'appréciation quant à l'atteinte portée à la protection du cœur d'îlot et porte atteinte aux lieux avoisinants.
Par des mémoires enregistrés le 30 janvier 2023 et le 25 mars 2024, Mme E F, conclut au rejet de la requête.
Elle soutient que les moyens soulevés ne sont pas fondés.
Par des mémoires en défense, enregistrés le 22 mars 2023 et le 2 avril 2024, la commune de Mèze, représentée par la Selarl Gil Cros Crespy, conclut au rejet de la requête, au besoin en faisant usage des dispositions des articles L. 600-5 et L. 600-5-1 du code de l'urbanisme et à ce que la somme de 1 500 euros soit mise à la charge de Mme A au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Elle soutient que les moyens soulevés par Mme A ne sont pas fondés.
Par un mémoire enregistré le 2 mai 2023, le préfet de l'Hérault conclut au rejet de la requête.
Il soutient qu'il s'en remet aux écritures de la commune.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- le code de l'urbanisme ;
- le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de M. C ;
- les conclusions de M. Goursaud, rapporteur public ;
- les observations de Me Cros, représentant la commune de Mèze ;
- les observations de Me Geoffret, représentant Mme F ;
- et les observations de M. B, représentant le préfet de l'Hérault.
Considérant ce qui suit :
1. Mme F a déposé le 11 octobre 2022 une déclaration préalable auprès des services de la commune de Mèze pour la modification de trois ouvertures et la création d'un balcon sur un immeuble situé au 11 rue Sadi Carnot à Mèze, sur la parcelle cadastrée section CO n°62. Par une décision du 26 octobre 2022, le maire de la commune ne s'y pas opposé. Par sa requête, Mme A, voisine immédiate, demande l'annulation de l'arrêté du 26 octobre 2022.
Sur les conclusions à fin d'annulation :
2. En premier lieu, l'arrêté en litige a été signé par M. I G, délégué à l'urbanisme, lequel a reçu délégation du maire par un arrêté du 13 décembre 2021, affiché et transmis en préfecture le 15 décembre suivant, à l'effet de signer les diverses autorisations d'urbanisme, dont les décisions de non opposition à déclaration préalable comme en l'espèce. Par suite, le moyen tiré de l'incompétence du signataire doit être écarté.
3. En deuxième lieu, d'une part, si la régularité de la procédure d'instruction d'une déclaration préalable requiert la production par le pétitionnaire de l'ensemble des documents exigés par les dispositions précitées, la circonstance que le dossier de déclaration préalable ne comporterait pas l'ensemble des documents exigés par les dispositions du code de l'urbanisme, ou que les documents produits seraient insuffisants, imprécis ou comporteraient des inexactitudes, n'est susceptible d'entacher d'illégalité la décision en litige que dans le cas où les omissions, inexactitudes ou insuffisances entachant le dossier ont été de nature à fausser l'appréciation portée par l'autorité administrative sur la conformité du projet à la réglementation applicable.
4. D'autre part, aux termes de l'article R. 423-1 du code de l'urbanisme : " Les demandes de permis de construire, d'aménager ou de démolir et les déclarations préalables sont adressées par pli recommandé avec demande d'avis de réception ou déposées à la mairie de la commune dans laquelle les travaux sont envisagés : / a) Soit par le ou les propriétaires du ou des terrains, leur mandataire ou par une ou plusieurs personnes attestant être autorisées par eux à exécuter les travaux ; () ". Aux termes de l'article R. 431-5 du code de l'urbanisme : " La demande de permis de construire précise : a) L'identité du ou des demandeurs, qui comprend () sa date de naissance lorsqu'il s'agit d'une personne physique () / La demande comporte également l'attestation du ou des demandeurs qu'ils remplissent les conditions définies à l'article R. 423-1 pour déposer une demande de permis ".
5. Il est tout d'abord constant, et en tout état de cause, que le dossier de déclaration préalable comporte bien la date de naissance de Mme F. Ensuite, il est constant que le dossier de déclaration préalable indique que la destination du bâtiment objet des travaux relève de l'habitation. Enfin, le dossier de déclaration préalable comporte plusieurs photographies permettant d'apprécier l'insertion du projet dans son environnement.
6. Il résulte des dispositions citées au point 4 que, sous réserve de la fraude, le demandeur qui fournit l'attestation prévue à l'article R. 431-5 du code de l'urbanisme selon laquelle il remplit les conditions fixées à l'article R. 423-1 du même code pour déposer une demande de permis de construire doit être regardé comme ayant qualité pour présenter cette demande.
7. Il ressort des pièces du dossier que la demande de permis de construire a été déposée par Mme F, propriétaire, et il ressort de la notice descriptive qu'elle atteste que l'ensemble des copropriétaires ont donné leur accord pour les travaux en litige si bien que Mme F doit être regardée comme apportant l'attestation prévue à l'article R. 431-5 du code de l'urbanisme.
8. Il résulte de ce qui précède que le moyen tiré de l'incomplétude du dossier doit être écarté.
9. En troisième lieu, aux termes de l'article U1 11 du règlement du plan local d'urbanisme de Mèze relatif à l'aspect extérieur : " Les constructions doivent présenter un aspect compatible avec le caractère ou l'intérêt des lieux avoisinants, des sites et des paysages urbains et avec la conservation des perspectives monumentales et naturelles. Les travaux d'entretien, de rénovation et de réhabilitation sur le bâti historique et ancien doivent être réalisés en préservant les formes, volumes, ouvertures et hauteurs existantes des constructions identifiées. En tout état de cause les travaux entrepris sur ces bâtiments doivent respecter et conserver les styles architecturaux d'origine des dites constructions. A ce titre, l'autorisation des modes d'occupation des sols peut être refusée ou subordonnée à prescriptions spéciales. () Toutes les baies doivent comporter un encadrement, celui-ci peut être réalisé à l'enduit ou en pierres de taille. Les encadrements de baies en pierres appareillées sont à restaurer. Dans le cas d'interventions contemporaines, les effets d'encadrement pourront être réalisés en fer-plat métallique ou en bois disposés à l'intérieur de l'ébrasure du percement () NB : les implantations des constructions doivent également respecter les dispositions de protections des espaces de cœurs d'îlots et des alignements obligatoires définies sur les documents graphiques (plan de zonage), et dans lesquelles, toute nouvelle construction est interdite. () La création de balcons est admise lorsqu'elle ne perturbe pas l'ordonnancement de la façade et sous réserve de respecter les dispositions suivantes : - En façades sur rues ou emprises publiques, les saillies de balcons ne doivent pas excéder 0,60 mètre compté horizontalement depuis le nu de la façade, et ne présentent aucune entrave à la circulation et à la sécurité civile et routière. - Un balcon n'est autorisé au deuxième étage que si le premier étage en est déjà pourvu. (.) ".
10. Il ressort des pièces du dossier que les travaux en litige ont pour objet de transformer trois fenêtres, à l'étage, de 135 cm de hauteur et de 120 cm de largeur en trois portes fenêtres de 235 cm de hauteur sans modification de leur largeur et de créer un balcon filant sur une grande partie de la façade, ainsi qu'il en ressort de la pièce DP4 plan de façade du dossier de déclaration préalable à l'échelle 1/100. L'arrêté en litige comporte comme prescription les recommandations de l'architecte des bâtiments de France (ABF), consulté au titre de la protection du Château de Girard et de son parc, qui a émis un avis favorable, quant à l'aspect des ouvertures. Il ressort des photographies du dossier de déclaration préalable que le premier étage du bâtiment objet des travaux dispose d'une terrasse avec garde-corps permettant la réalisation d'un balcon au deuxième étage, conformément aux dispositions précitées, dès lors que l'objectif recherché par les dispositions précitées est d'assurer une harmonie de l'aspect extérieur des façades. Par ailleurs, il ressort des pièces du dossier que les trois baies ainsi créées maintiennent le décor en surépaisseur qui les surmonte, lequel décor doit être considéré comme un encadrement au sens des dispositions précitées, dès lors que cette notion n'est pas définie par le règlement du plan local d'urbanisme. Au demeurant, les baies du rez-de-chaussée ne disposent pas d'encadrement si bien que la configuration prévue par les travaux permet une harmonisation de la construction avec son style architectural ainsi que le prévoit l'article précité et l'ABF n'a émis aucune recommandation à ce titre. Enfin, et contrairement à ce que soutient la requérante, il ressort des pièces du dossier que l'emprise créée par la réalisation du balcon demeure dans la limite de la parcelle CO62 et surplombe seulement la terrasse du 1er étage et non le cœur d'îlot protégé, et ne créé ainsi aucune construction dans l'emprise de l'espace de protection du cœur d'îlot.
11. En dernier lieu, pour rechercher l'existence d'une atteinte à un site ou un paysage propre à fonder le refus opposé à une demande d'autorisation de construire ou les prescriptions spéciales accompagnant la délivrance de ladite autorisation, il appartient à l'autorité administrative, sous le contrôle du juge, d'apprécier, dans un premier temps, la qualité du site sur lequel la construction est projetée et d'évaluer, dans un second temps, l'impact que cette construction, compte tenu de sa nature et de ses effets, pourrait avoir sur ce site.
12. Il ressort des pièces du dossier que la façade objet des travaux fait front à un cœur d'îlot végétalisé et que le bâtiment est inclus dans le périmètre de protection protégé par une servitude AC2 " partie Est du village ", incluant notamment le Château de Girard et son parc. Si la requérante soutient que la création d'un balcon a pour effet de porter atteinte à l'intérêt des lieux, il ressort toutefois des pièces du dossier que de nombreux autres bâtiments à proximité immédiate possèdent des balcons en 2e étage et que le balcon litigieux possède des dimensions relativement réduites, d'une profondeur d'un mètre pour une largeur en façade d'environ 7,70 mètres, dont le garde-corps en fer forgé de couleur grise doté de brises vues, d'aspect traditionnel, est similaire à celui de la terrasse au 1er étage. Par ailleurs, la décision est accordée sous réserve du respect des prescriptions de l'ABF quant à l'aspect des menuiseries, la création du balcon en elle-même n'étant assortie que de la prescription consistant à ne prévoir aucun aisselier IPN visible, le balcon devant apparaître en porte à faux. Dans ces conditions, le moyen tiré de ce que le maire de la commune aurait fait une inexacte application des dispositions précitées de l'article UD 11 du règlement du plan local d'urbanisme quant à l'atteinte portée aux lieux environnants par les travaux autorisés doit être écarté.
13. Il résulte de tout ce qui précède que les conclusions à fin d'annulation de la requête doivent être rejetées.
Sur les frais liés au litige :
14. Les dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative font obstacle à ce que la commune de Mèze, qui n'a pas la qualité de partie perdante, verse à Mme A la somme qu'elle réclame au titre des frais exposés et non compris dans les dépens. En revanche, dans les circonstances de l'espèce, il y a lieu de mettre à la charge de Mme A le versement à la commune de Mèze d'une somme de 1 500 euros sur le fondement de ces mêmes dispositions.
D E C I D E :
Article 1er : La requête de Mme A est rejetée.
Article 2 : Mme A versera la somme de 1 500 euros à la commune de Mèze au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Article 3 : La présente décision sera notifiée à Mme H A, à la commune de Mèze, à Mme E F et au préfet de l'Hérault.
Délibéré après l'audience du 9 janvier 2025, à laquelle siégeaient :
Mme Fabienne Corneloup, présidente,
Mme Michelle Couégnat, première conseillère,
M. Nicolas Huchot, premier conseiller,
Rendu public par mise à disposition au greffe le 23 janvier 2025.
Le rapporteur,
N. C
La présidente,
F. CorneloupLa greffière,
M. D
La République mande et ordonne au préfet de l'Hérault en ce qui le concerne, ou à tous commissaires de justice à ce requis, en ce qui concerne les voies de droit commun, contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition conforme,
Montpellier le 23 janvier 2025,
La greffière,
M. D
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026