jeudi 17 octobre 2024
| Juridiction | Tribunal Administratif de Montpellier |
| Section | Tribunal Administratif de Montpellier |
| N° Dossier | TA34-2206818 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | D |
| Formation | 4ème chambre |
| Avocat requérant | BAUTES |
Vu la procédure suivante :
Par une requête enregistrée le 30 décembre 2022, M. C A, représenté par Me Bautès, demande au tribunal :
1°) d'annuler la décision implicite née du silence gardé par le préfet de l'Hérault sur la demande d'abrogation de l'arrêté préfectoral du 29 mars 2021 lui faisant obligation de quitter le territoire français sans délai et l'interdisant en outre de retour sur le territoire français pour une durée d'un an ;
2°) d'enjoindre au préfet de l'Hérault de lui délivrer une carte de séjour temporaire dans un délai de 15 jours à compter de la notification du jugement, au besoin sous astreinte ou subsidiairement, de réexaminer sa situation dans un délai de quinze jours ;
3°) de mettre à la charge de l'Etat une somme de 1 800 euros à lui verser sur le fondement des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Il soutient que le refus d'abroger l'arrêté méconnaît l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales dès lors qu'il porte une atteinte excessive à sa vie privée et familiale.
La préfecture de l'Hérault a produit des pièces, enregistrées le 22 mai 2024.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- le code des relations entre le public et l'administration ;
- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- le code de justice administrative.
Le président de la formation de jugement a dispensé le rapporteur public, sur sa proposition, de prononcer des conclusions à l'audience.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de Mme B
- et les observations de Me Fontana, représentant M. A.
Considérant ce qui suit :
1. M. A, ressortissant marocain né en 1985, a fait l'objet d'une obligation de quitter le territoire français sans délai assortie d'une interdiction de retour d'une durée d'un an par un arrêté du 29 mars 2021 du préfet de l'Hérault, après avoir été interpellé par les services de police alors qu'il tentait d'obtenir, à la mairie de Palavas-les-Flots, la délivrance d'un passeport français au moyen d'une carte d'identité français falsifiée. La légalité de cet arrêté a été confirmée d'abord par une décision du Tribunal du 2 avril 2021 puis par la cour administrative d'appel de Marseille le 23 septembre 2021. Par un courrier du 8 septembre 2022, M. A en a demandé l'abrogation. Par sa requête, M. A demande l'annulation de la décision implicite née du silence gardé par le préfet de l'Hérault sur sa demande.
Sur les conclusions à fin d'annulation :
2. En premier lieu, et d'une part, aux termes de l'article L. 243-1 du code des relations entre le public et l'administration : " Un acte réglementaire ou un acte non réglementaire non créateur de droits peut, pour tout motif et sans condition de délai, être modifié ou abrogé sous réserve, le cas échéant, de l'édiction de mesures transitoires dans les conditions prévues à l'article L. 221-6 ". L'article L. 243-2 de ce même code prévoit : " () L'administration est tenue d'abroger expressément un acte non réglementaire non créateur de droits devenu illégal ou sans objet en raison de circonstances de droit ou de fait postérieures à son édiction, sauf à ce que l'illégalité ait cessé ". Il résulte de ces dispositions que l'autorité compétente n'est tenue de faire droit à la demande d'abrogation d'une décision illégale non réglementaire qui n'a pas créé de droits et est devenue définitive que si cette décision est devenue illégale à la suite de changements dans les circonstances de droit ou de fait postérieurs à son édiction.
3. Aux termes de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales : " 1. Toute personne a droit au respect de sa vie privée et familiale, de son domicile et de sa correspondance. 2. Il ne peut y avoir ingérence d'une autorité publique dans l'exercice de ce droit que pour autant que cette ingérence est prévue par la loi et qu'elle constitue une mesure qui, dans une société démocratique, est nécessaire à la sécurité nationale, à la sûreté publique, au bien-être économique du pays, à la défense de l'ordre et à la prévention des infractions pénales, à la protection de la santé ou de la morale, ou à la protection des droits et libertés d'autrui ".
4. En l'espèce, pour demander l'abrogation de l'arrêté du 29 mars 2021, M. A se prévaut, d'une part, de la durée de son séjour en France et des liens personnels qu'il allègue y avoir tissé et, d'autre part, d'être titulaire d'une promesse d'embauche dans la SARL Auto Class du midi pour exercer en qualité de carrossier-peintre, activité professionnelle qu'il exerce depuis l'année 2014. Toutefois, alors que M. A a fait l'objet de précédents refus de séjour assortis de mesures d'éloignement qu'il ne justifie pas avoir exécutées, dont la dernière mesure dont il a fait l'objet, la seule circonstance qu'il serait bénéficiaire d'une promesse d'embauche et que son profil serait particulièrement intéressant pour son futur employeur ne suffit à caractériser l'existence d'une circonstance de fait nouvelle, alors que le requérant n'établit, ni même n'allègue, être dépourvu de perspectives professionnelles dans son pays d'origine. S'il se prévaut, par ailleurs, de la présence en France de sa sœur, titulaire d'une carte de résident valable jusqu'en 2032, il est célibataire, sans charge de famille, et ne justifie pas être isolé au Maroc ni avoir tissé sur le territoire français des liens familiaux ou personnels d'une particulière intensité.
5. Dans ces conditions, M. A n'établit pas que des circonstances nouvelles auraient pour effet d'entacher d'illégalité la décision initialement prise à son encontre le 25 mars 2021 et, au vu de sa situation personnelle et professionnelle c'est sans commettre méconnaître les stipulations précitées que le préfet de l'Hérault a refusé d'abroger l'arrêté pris à son encontre l'obligeant à quitter le territoire français sans délai en lui faisant interdiction de retour sur le territoire français.
6. Il résulte de tout ce qui précède qu'il y a lieu de rejeter les conclusions à fin d'annulation présentées par M. A à l'encontre de la décision née du silence gardé par le préfet sur la demande d'abrogation de l'arrêté du 29 mars 2021. Par voie de conséquence, il y a lieu de rejeter également ses conclusions à fin d'injonction et d'astreinte ainsi que celles présentées au titre des frais du litige.
D E C I D E :
Article 1er : La requête présentée par M. A est rejetée.
Article 2 : La présente décision sera notifiée à M. C A et au préfet de l'Hérault.
Délibéré après l'audience du 3 octobre 2024 à laquelle siégeaient :
M. Eric Souteyrand, président,
Mme Adrienne Bayada, première conseillère,
Mme Audrey Lesimple, première conseillère.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 17 octobre 2024.
La rapporteure,
A. B Le président,
E. Souteyrand
La greffière,
M-A. Barthélémy
La République mande et ordonne au préfet de l'Hérault en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun, contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition conforme,
Montpellier, le 17 octobre 2024.
La greffière,
M-A. Barthélémy
N°2206818
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026