jeudi 31 octobre 2024
| Juridiction | Tribunal Administratif de Montpellier |
| Section | Tribunal Administratif de Montpellier |
| N° Dossier | TA34-2300142 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | C |
| Formation | 1ère chambre |
| Avocat requérant | SCP COULOMBIE, GRAS, CRETIN, BECQUEVORT, ROSIER, SOLAND |
Vu la procédure suivante :
Par une requête et des mémoires, enregistrés les 10 janvier 2023, 24 août 2023 et 18 janvier 2024, M. F E et Mme D A épouse E, représentés par Me Hémeury, demandent au tribunal, dans le dernier état de leurs écritures :
1°) d'annuler ensemble l'arrêté de permis d'aménager tacite n° PA 0344118921M0001 né le 24 mars 2022, par laquelle le maire de la commune de Guzargues a tacitement délivré à la société GGL Aménagement un permis d'aménager pour la réalisation d'un lotissement de douze lots à usage d'habitation sur un terrain situé 275 chemin du Champ de l'Or, l'arrêté de permis d'aménager modificatif n° PA 0344118921M0001 M01 délivré le 29 août 2022, l'arrêté de permis d'aménager modificatif n° PA 0344118921M0001 M02 délivré le 2 octobre 2023 et la décision expresse du 27 octobre 2022, réceptionnée le 28 novembre 2022, rejetant leur recours gracieux ;
2°) de mettre à la charge de la commune de Guzargues et de la société GGL Aménagement, chacune, une somme de 2 000 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Ils soutiennent que :
- leur requête est recevable dès lors que leurs recours gracieux et contentieux ont été notifiés conformément à l'article R. 600-1 du code de l'urbanisme, qu'ils ont été formés dans les délais et qu'ils ont intérêt à agir en application de l'article L. 600-1-2 du code de l'urbanisme, étant voisins immédiats des lots et de la station d'épuration à créer respectivement à l'est et à l'ouest de leur propriété et dès lors que leurs conditions d'occupation, d'utilisation ou de jouissance de leur bien vont être affectés par l'opération.
Sur la légalité de l'arrêté de permis d'aménager tacite et de l'arrêté modificatif n° 1 :
- un refus de permis d'aménager s'imposait au regard de la situation de compétence liée du maire, en application des articles L. 422-1 et L. 422-5 du code de l'urbanisme et compte tenu des avis défavorables émis par le préfet les 11 août 2021 et 9 mai 2022 ;
- contrairement à ce que soutiennent les défendeurs ces avis conformes du préfet sont légaux dès lors que l'unité foncière est hors des parties actuellement urbanisées de la commune au sens de l'article L. 111-3 du code de l'urbanisme, sans que puisse utilement être invoquée son inclusion dans les secteurs constructibles de la future carte communale ;
- le permis d'aménager méconnaît les dispositions de l'article R. 111-2 du code de l'urbanisme, compte tenu de la soumission d'une partie significative du terrain d'assiette à un aléa exceptionnel de feux de forêt ; subsidiairement l'article R. 111-2 du code de l'urbanisme est également méconnu compte tenu de l'absence de prescriptions relatives aux feux de forêt, s'agissant d'une autorisation tacite ; très subsidiairement les propositions d'aménagement de défense de la forêt contre les incendies proposées par l'aménageur sur des terrains appartenant à des tiers sont impossibles à mettre en œuvre ;
- le permis d'aménager a été délivré en méconnaissance des articles R. 441-1 du code de l'urbanisme et des articles L. 411-1 et suivants du code de l'environnement ;
- le permis d'aménager, qui n'impose pas de prescriptions de nature à réduire les conséquences dommageables du projet sur l'environnement, méconnaît les dispositions de l'article R. 111-26 du code de l'urbanisme.
Sur la légalité du permis d'aménager modificatif n° 2 :
- en application de l'article L. 600-5-2 du code de l'urbanisme, ils sont fondés à contester cet arrêté du 2 octobre 2023, dont le dossier de demande ne leur a été communiqué que le 10 janvier 2024 ;
- l'arrêté modificatif n° 2 ne régularise toujours pas le vice résultant de la méconnaissance combinée des articles R. 111-26 et R. 441-1 du code de l'urbanisme et des articles L. 411-1 et suivants du code de l'environnement ;
- le moyen tiré de la méconnaissance de l'article R. 111-2 du code de l'urbanisme n'est pas régularisé par ce modificatif ;
- la délivrance du permis d'aménager modificatif n°2 est fondée sur la carte communale approuvée dont ils excipent de l'illégalité, s'agissant de la constructibilité du secteur des Méjeans ;
- l'inclusion du secteur des Méjeans en zone constructible est entachée d'une erreur manifeste d'appréciation au regard du risque incendie, dès lors qu'il est situé pour partie en aléa exceptionnel incendie feu de forêt, impliquant une stricte inconstructibilité du secteur, et qu'une ouverture à l'urbanisation dans un tel secteur est proscrite par le projet d'aménagement et de développement durable du Grand Pic Saint-Loup ;
- la carte communale est incompatible avec les prescriptions du SCOT en matière de " maîtrise des consommations foncières en extension urbaine " et méconnaît les principes énoncés à l'article L. 101-2 du code de l'urbanisme, en particulier ceux relatifs à l'utilisation économe de l'espace, et l'objectif de réduction d'artificialisation des sols ;
- le retour à l'application des règles du RNU, notamment du principe de constructibilité limitée aux seules parties actuellement urbanisées de la commune, conduira le tribunal à annuler l'ensemble des arrêtés querellés.
Par des mémoires en défense, enregistrés les 24 avril 2023 et 21 janvier 2024, la commune de Guzargues, représentée par Me Valette-Berthelsen, conclut au rejet de la requête et à la condamnation des époux E à lui payer la somme de 1 800 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Elle soutient que :
- compte tenu de l'adoption en cours d'instance de la carte communale et de la délivrance du permis modificatif du 29 août 2022, les moyens tirés de la compétence liée du maire et du prétendu non-respect de l'article L. 111-3 du code de l'urbanisme sont devenus inopérants ;
- les moyens tirés de la prétendue méconnaissance des articles R. 111-26 et R. 441-1 du code de l'urbanisme et des articles L. 411-1 et suivants du code de l'environnement ainsi que de l'article R. 111-2 du code de l'urbanisme, invoqués à l'encontre du permis d'aménager modificatif N° 2 du 2 octobre 2023 qui ne modifie pas la situation du projet et sa configuration, sont inopérants ;
- les moyens invoqués ne sont pas fondés.
Par des mémoires en défense, enregistrés les 6 juillet 2023 et 19 janvier 2024, complétés par une pièce le 16 octobre 2023, la société GGL Aménagement représentée par la SCP CGCB et associés, conclut au rejet de la requête et à la mise à la charge de M. et Mme E de la somme de 2 000 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Elle fait valoir, dans le dernier état de ses écritures, que :
- la requête est irrecevable dès lors que les requérants ne justifient pas, en évoquant une création de vue sur leur propriété, l'existence de nuisances diurnes et nocturnes, la perturbation du chemin d'accès et les odeurs liées à la station d'épuration, qui n'existe plus, d'un intérêt à agir à l'encontre du permis d'aménager et de son modificatif ;
- les moyens tirés de la compétence liée du maire et de la méconnaissance de l'article L. 111-3 du code de l'urbanisme sont devenus inopérants compte tenu de la délivrance du permis d'aménager n° 2 au visa de la carte communale ;
- les moyens dirigés contre le permis d'aménager modificatif n° 2 sont irrecevables dès lors qu'ils ont été invoqués dans un mémoire enregistré le 18 janvier 2024, plus de deux mois après la communication de la décision contestée dans le cadre de cette instance ;
- les autres moyens invoqués sont infondés.
Par lettres du 8 janvier 2024, le tribunal a invité la commune à produire l'entier dossier de demande de permis d'aménager modificatif n°2 et de justifier de la date d'entrée en vigueur de la carte communale et de produire celle-ci, en application des dispositions de l'article R. 613 - 1-1 du code de justice administrative.
En réponse à cette mesure d'instruction, la commune de Guzargues a communiqué le 10 janvier 2024 le dossier de demande de permis d'aménager n°2 et le 12 janvier 2024 une copie des formalités de publicité. Ces pièces ont été communiquées aux parties.
Par un mémoire en défense, enregistré le 4 mars 2024, le préfet de l'Hérault conclut au rejet de la requête.
Il soutient que le moyen invoqué par la voie de l'exception de l'illégalité de la carte communale est infondé.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- le code de l'environnement ;
- le code de l'urbanisme ;
- le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de Mme Couégnat, rapporteure,
- les conclusions de M. Goursaud, rapporteur public,
- les observations de Me Hémeury, représentant M. et Mme E,
- les observations de Me Valette-Berthelsen, représentant la commune de Guzargues,
- les observations de Me Senanedsch, représentant la société GGL Aménagement,
- et les observations de M. B, représentant le préfet de l'Hérault.
Considérant ce qui suit :
1. M. et Mme E sont propriétaires d'une maison avec dépendances situés sur trois parcelles cadastrées section AN numéros 435, 437 et 588 à Guzargues. Le 5 août 2021, la société GGL Aménagement a déposé une demande de permis d'aménager en vue de la réalisation d'un lotissement de 12 lots à usage d'habitation, avec conservation de la maison existante sur le lot n°4, sur les parcelles cadastrées section AN numéros 272, 436, 275 et 434 pour une surface totale de 12 615 m2. Cette demande a fait l'objet d'un permis tacite né le 24 mars 2022. Par un arrêté du 29 août 2022, le maire de Guzargues a délivré à la société GGL Aménagement un permis d'aménager modificatif, portant sur la réalisation d'un dispositif d'assainissement non collectif sur des parcelles voisines, hors de l'emprise du lotissement, afin de traiter les eaux usées du lotissement. Les époux E ont adressé le 21 octobre 2022 à la commune de Guzargues un recours gracieux sollicitant le retrait de ces deux décisions. Par une décision du 27 octobre 2022, reçue le 28 novembre 2022, le maire de Guzargues a rejeté ce recours. En cours d'instance, et par arrêté du 2 octobre 2023, le maire de Guzargues a délivré à l'aménageur un permis d'aménager modificatif n°2. Par la présente requête, et dans le dernier état de leurs écritures, M. et Mme E demandent l'annulation de l'arrêté de permis d'aménager tacite né le 24 mars 2022, des permis d'aménager modificatif n°1 du 29 août 2022 et n°2 du 2 octobre 2023 et de la décision de rejet de leur recours gracieux du 27 octobre 2022.
Sur les conclusions à fin d'annulation :
2. Lorsqu'une autorisation d'urbanisme a été délivrée en méconnaissance des dispositions législatives ou réglementaires relatives à l'utilisation du sol ou sans que soient respectées des formes ou formalités préalables à la délivrance de l'autorisation, l'illégalité qui en résulte peut être régularisée par la délivrance d'une autorisation modificative dès lors que celle-ci assure le respect des règles de fond applicables au projet en cause, répond aux exigences de forme ou a été précédée de l'exécution régulière de la ou des formalités qui avaient été omises. Elle peut, de même, être régularisée par une autorisation modificative si la règle relative à l'utilisation du sol qui était méconnue par l'autorisation initiale a été entretemps modifiée ou si cette règle ne peut plus être regardée comme méconnue par l'effet d'un changement dans les circonstances de fait de l'espèce. Les irrégularités ainsi régularisées ne peuvent plus être utilement invoquées à l'appui d'un recours pour excès de pouvoir dirigé contre l'autorisation initiale.
3. En l'espèce, après avoir, le 29 août 2022, délivré à la société GGL Aménagement un 1er permis d'aménager modificatif, autorisant la réalisation d'un dispositif d'assainissement non collectif afin de traiter les eaux usées du lotissement, le maire de Guzargues lui a délivré un 2nd permis d'aménager modificatif, daté du 2 octobre 2023, qui a notamment pour objet de supprimer la micro station pour assainissement collectif, d'intégrer des précisions sur l'étude de risques incendie et de prendre en compte l'adoption par délibération du conseil municipal du 6 avril 2023 de la carte communale. Dès lors, les moyens de la requête dirigés contre le permis d'aménager tacite du 24 mars 2022 doivent être examinés en tenant compte de la régularisation des illégalités éventuellement intervenue par la délivrance de ces permis d'aménager modificatifs.
En ce qui concerne la situation de compétence liée du maire et la situation hors des parties actuellement urbanisées de la commune :
4. D'une part, aux termes de l'article L. 422-5 du code de l'urbanisme : " Lorsque le maire ou le président de l'établissement public de coopération intercommunale est compétent, il recueille l'avis conforme du préfet si le projet est situé : a) Sur une partie du territoire communal non couverte par une carte communale, un plan local d'urbanisme ou un document d'urbanisme en tenant lieu ; () ". D'autre part, aux termes de l'article L. 111-3 du même code : " En l'absence de plan local d'urbanisme, de tout document d'urbanisme en tenant lieu ou de carte communale, les constructions ne peuvent être autorisées que dans les parties urbanisées de la commune. ". Il ressort des pièces du dossier que, postérieurement à l'introduction de la requête, la commune de Guzargues s'est dotée d'une carte communale, approuvée par délibération du conseil municipal du 6 avril 2023 et arrêté du préfet de l'Hérault du 12 juin 2023. Le second permis d'aménager modificatif a été délivré le 6 octobre 2023, sur le fondement de cette carte communale. Dès lors, le moyen tiré de ce que, compte tenu des avis défavorables émis par les services préfectoraux les 11 août 2021 et 9 mai 2022, le maire était tenu de refuser le permis d'aménager sollicité, est devenu inopérant et doit être écarté, sans qu'il soit besoin d'examiner la légalité desdits avis au regard de l'article L. 111-3 du code de l'urbanisme.
En ce qui concerne le risque d'incendie et l'erreur manifeste d'appréciation au regard de l'article R. 111-2 du code de l'urbanisme :
5. Aux termes de l'article R. 111-2 du code de l'urbanisme : " Le projet peut être refusé ou n'être accepté que sous réserve de l'observation de prescriptions spéciales s'il est de nature à porter atteinte à la salubrité ou à la sécurité publique du fait de sa situation, de ses caractéristiques, de son importance ou de son implantation à proximité d'autres installations ". Il appartient à l'autorité d'urbanisme compétente et au juge de l'excès de pouvoir, pour apprécier si les risques d'atteinte à la salubrité ou à la sécurité publique justifient un refus de permis d'aménager sur le fondement de ces dispositions, de tenir compte tant de la probabilité de réalisation de ces risques que de la gravité de leurs conséquences, s'ils se réalisent. Le risque pour la sécurité publique au sens des dispositions précitées concerne aussi bien ceux auxquels les occupants de la construction ou les tiers peuvent être exposés que ceux que peut subir la construction elle-même.
6. D'une part, il ressort des pièces du dossier et notamment de la carte départementale d'aléas établie en octobre 2021 et des plans du dossier de permis d'aménager, que l'unité foncière n'est exposée à un niveau d'aléa exceptionnel que dans sa partie ouest correspondant aux lots 1 à 3. Après réalisation d'une étude de risque spécifique au secteur et en tenant compte de l'ensemble des équipements DFCI existants sur la commune, la carte communale approuvée par le conseil municipal en avril 2023 a ainsi intégré à la zone constructible de la commune le secteur des Méjeans, en le réservant à une opération d'ensemble, et en tenant compte des aménagements de protection destinés à réduire la vulnérabilité du site, proposés dans le cadre du projet et incluant " élargissement, mise aux normes du chemin des Méjeans (ou chemin du Champ de l'Or) et aménagement d'une aire de retournement ; - réfection de la piste DFCI existante au Nord du projet et jonction avec le chemin des Méjeans ; - installation de deux poteaux incendie ; - création d'une coupure de combustible du chemin des Méjeans jusqu'à la rupture de pente au Nord du projet ; - débroussaillement complémentaire le long de la route départementale. ". Si les requérants font valoir le principe général d'inconstructibilité en zone d'aléa exceptionnel, posé par le porter à connaissance des services de l'Etat, qui ne présente en tout état de cause pas un caractère réglementaire, celui-ci prévoit également, dans sa fiche 7 intitulée " Etudes complémentaires d'aléa et de risques " qu'une étude de risques est prescrite pour " densifier une zone d'urbanisation diffuse existante exposée à un aléa moyen à exceptionnel " afin de définir les aménagements à réaliser pour réduire l'aléa et la vulnérabilité de la zone, ce qui justifie l'avis favorable émis par le service de la direction départementale des territoires et de la mer le 12 janvier 2022.
7. D'autre part, il ressort des pièces des dossiers des permis d'aménager initial et modificatifs, que le projet d'aménagement autorisé prévoit, sur la base de l'étude de risques citée au point précédent et qui figure en annexe PA 8, un programme détaillé des travaux des aménagements DFCI extérieurs (pièce PA 8.5) ainsi qu'un plan desdits travaux (pièce PA 8.6) dont il ressort que la réalisation du projet d'aménagement inclut la réfection et l'élargissement du chemin du champ de l'Or avec réalisation d'une aire de retournement au-delà du lotissement, la création de deux poteaux incendies le long de cette voie, la réfection de la piste existante DFCI MOE2 (qui part au nord du projet) et jonction avec le chemin ainsi que la création d'une coupure de combustible du chemin jusqu'à la rupture de pente. Ces mesures, destinées à permettre la protection des constructions du lotissement et des constructions déjà existantes, apparaissent suffisantes au regard du risque de feux de forêts susceptible de venir du Nord.
8. Il ressort des pièces du dossier que la délivrance des permis d'aménager implique que le programme de travaux prévu au point précédent doit être réalisé par l'aménageur. Si la zone de coupure de combustible est prévue hors du terrain d'assiette du projet, sur des surfaces excédant celles soumises à l'obligation légale de débroussaillement, il ne ressort pas des pièces du dossier qu'elle ne pourrait effectivement être réalisée, des stipulations spécifiques imposant à l'ASL du lotissement de réaliser elle-même ou par l'intermédiaire d'une ASL DFCI les travaux de défense incendie, garantissant la réalisation des obligations d'entretien de la coupure d'urbanisation. Les requérants ne peuvent utilement se prévaloir, à l'appui de leurs conclusions tendant à l'annulation des permis d'aménager de la circonstance que les mesures de protection pourraient ne pas être réalisées, une telle circonstance, qui relève de la mise en œuvre des décisions contestées et sera par contre une des conditions d'examen des permis de construire ultérieurs, est sans incidence sur leur légalité.
9. Dans ces conditions, et alors que le maire n'avait pas à assortir ses arrêtés de prescriptions particulières, dès lors que ceux-ci autorisent l'aménagement tel que décrit dans les dossiers de demandes initial et modificatifs, c'est à dire incluant l'ensemble des mesures d'accompagnement prévues dans le programme des travaux pour réduire la vulnérabilité au risque, le moyen tiré de l'erreur manifeste d'appréciation qui aurait été commise par le maire, au stade des permis d'aménager, au regard de l'article R. 111-2 du code de l'urbanisme doit être écarté.
En ce qui concerne la méconnaissance des articles R. 111-26 et R. 441-1 du code de l'urbanisme et des articles L. 441-1 et suivants du code de l'environnement :
10. D'une part, aux termes de l'article R. 441-1 du code de l'urbanisme : " La demande de permis d'aménager précise : () g) S'il y a lieu, que les travaux doivent faire l'objet d'une dérogation au titre du 4° de l'article L. 411-2 du code de l'environnement ; () ". S'il est constant que, dans sa demande de permis d'aménager, la société pétitionnaire n'a pas coché, dans le cadre 8 du formulaire Cerfa consacré aux " informations pour l'application d'une législation connexe ", la case indiquant que le projet " fait l'objet d'une dérogation au titre du L. 411-2 4° du code de l'environnement (dérogation espèces protégées) ", cette circonstance n'est pas à elle seule de nature à révéler le caractère incomplet de la demande de permis d'aménager.
11. D'autre part, aux termes de l'article L. 411-1 du code de l'environnement : " I. - Lorsqu'un intérêt scientifique particulier, le rôle essentiel dans l'écosystème ou les nécessités de la préservation du patrimoine naturel justifient la conservation de sites d'intérêt géologique, d'habitats naturels, d'espèces animales non domestiques ou végétales non cultivées et de leurs habitats, sont interdits : / 1° La destruction ou l'enlèvement des œufs ou des nids, la mutilation, la destruction, la capture ou l'enlèvement, la perturbation intentionnelle, la naturalisation d'animaux de ces espèces ou, qu'ils soient vivants ou morts, leur transport, leur colportage, leur utilisation, leur détention, leur mise en vente, leur vente ou leur achat ; () 3° La destruction, l'altération ou la dégradation de ces habitats naturels ou de ces habitats d'espèces (.). ". Aux termes de l'article L. 411-2 du même code dans sa rédaction applicable au présent litige : " I. - Un décret en Conseil d'Etat détermine les conditions dans lesquelles sont fixées : /() 4° La délivrance de dérogations aux interdictions mentionnées aux 1°, 2° et 3° de l'article L. 411-1, à condition qu'il n'existe pas d'autre solution satisfaisante, pouvant être évaluée par une tierce expertise menée, à la demande de l'autorité compétente, par un organisme extérieur choisi en accord avec elle, aux frais du pétitionnaire, et que la dérogation ne nuise pas au maintien, dans un état de conservation favorable, des populations des espèces concernées dans leur aire de répartition naturelle (). ". Aux termes de l'article L. 425-15 du même code : " Lorsque le projet porte sur des travaux devant faire l'objet d'une dérogation au titre du 4° du I de l'article L. 411-2 du code de l'environnement, le permis ou la décision de non-opposition à déclaration préalable ne peut pas être mis en œuvre avant la délivrance de cette dérogation. ".
12. M. et Mme E soutiennent que le permis d'aménager est intervenu en méconnaissance des dispositions précitées du code de l'environnement, dès lors que l'autorisation d'aménager accordée induit la destruction ou la perturbation d'espèces animales protégées présentes sur le terrain d'assiette du projet, ainsi que la destruction ou la dégradation de leurs habitats. Toutefois, les dispositions précitées de l'article L. 425-15 du code de l'urbanisme ne subordonnent pas la délivrance, mais la seule mise en œuvre d'une autorisation d'urbanisme à l'obtention, si elle est requise, d'une dérogation à l'interdiction de destruction des espèces protégées. Par suite, à supposer même que le projet en litige requiert l'obtention d'une telle dérogation, qui relève d'une législation distincte de celle de l'urbanisme, cette circonstance reste sans incidence sur la légalité des arrêtés en litige. Il en résulte que le moyen, tiré de la méconnaissance des articles L. 411-1 et L. 411-2 du code de l'environnement doit être écarté comme inopérant.
13. Enfin, aux termes de l'article R. 111-26 du code de l'urbanisme : " Le permis ou la décision prise sur la déclaration préalable doit respecter les préoccupations d'environnement définies aux articles L. 110-1 et L. 110-2 du code de l'environnement. Le projet peut n'être accepté que sous réserve de l'observation de prescriptions spéciales si, par son importance, sa situation ou sa destination, il est de nature à avoir des conséquences dommageables pour l'environnement. Ces prescriptions spéciales tiennent compte, le cas échéant, des mesures mentionnées à l'article R. 181-43 du code de l'environnement. ". Il résulte de ces dispositions qu'elles ne permettent pas à l'autorité administrative de refuser un permis d'aménager, mais seulement de l'accorder sous réserve du respect de prescriptions spéciales relevant de la police de l'urbanisme, telles que celles relatives à l'implantation ou aux caractéristiques des bâtiments et de leurs abords, si le projet de construction est de nature à avoir des conséquences dommageables pour l'environnement.
14. Il ressort de l'étude environnementale réalisée par le Cabinet Barbanson Environnement à l'occasion de l'élaboration de la carte communale, que seule la présence de 2 des 4 espèces de faunes évoquées (la magicienne dentelée, le lézard des murailles) a effectivement été relevée sur l'unité foncière. Il ne ressort toutefois pas des pièces du dossier que le projet serait susceptible d'entraîner la destruction d'individus ou d'habitats de ces espèces. S'agissant des anémones coronaires, dont la présence d'une dizaine de pieds sous les pins à l'extrémité Est de l'unité foncière, a été relevée par l'étude environnementale, qui a retenu un enjeu fort, il ressort des pièces du dossier que le projet d'aménagement a prévu " Un espace de protection de la flore (1070m2) (est) positionné à l'Est de l'emprise foncière " qui sera délimité par un grillage. Si les requérants soutiennent que le tracé de cette zone présente un décalage par rapport à la délimitation de l'enjeu faite par l'étude environnementale, celle-ci est toutefois cohérente avec les annotations figurant sur le plan topographique (PA3) du dossier du permis d'aménager qui précisent tant la zone d'habitat d'espèces retenue que le positionnement des pieds d'anémones, sans contredire les informations figurant dans l'étude environnementale. Dans ces conditions, il n'apparaît pas qu'une prescription était nécessaire, et le moyen tiré de la méconnaissance de l'article R. 111-26 du code de l'urbanisme doit également être écarté.
En ce qui concerne le moyen invoqué par la voie de l'exception tiré de l'illégalité de la carte communale :
15. Aux termes de l'article L. 161-4 du code de l'urbanisme : " I.- La carte communale délimite les secteurs où les constructions sont autorisées et les secteurs où les constructions ne sont pas admises, à l'exception :1° De l'adaptation, du changement de destination, de la réfection ou de l'extension des constructions existantes ainsi que de l'édification d'annexes à proximité d'un bâtiment existant ; 2° Des constructions et installations nécessaires : a) A des équipements collectifs ; b) A l'exploitation agricole ou forestière, à la transformation, au conditionnement et à la commercialisation des produits agricoles lorsque ces activités constituent le prolongement de l'acte de production ; c) A la mise en valeur des ressources naturelles ; d) Au stockage et à l'entretien du matériel des coopératives d'utilisation de matériel agricole. () ". Il appartient aux auteurs d'une carte communale de déterminer le parti d'aménagement à retenir pour le territoire concerné en tenant compte de la situation existante et des perspectives d'avenir et de fixer, en conséquence, le zonage et les possibilités de construction. Leur appréciation sur ces différents points ne peut être censurée par le juge administratif qu'au cas où elle serait entachée d'une erreur manifeste d'appréciation ou fondée sur des faits matériellement inexacts.
16. Il ressort des pièces du dossier que la carte communale en litige a classé en zone constructible le secteur des Méjeans, englobant l'unité foncière sur laquelle l'opération d'aménagement en litige a été autorisée. Contrairement à ce que soutiennent les requérants, seule une faible partie du secteur constructible, à savoir la partie la plus à l'Ouest des parcelles cadastrées section AD n°275, 434 et 436 est concernée par un aléa exceptionnel feu de forêt selon le porter à connaissance de l'aléa feu de forêt départemental des services de l'Etat de 2021, l'assiette du projet étant pour une autre partie en aléa faible à très faible et pour la moitié restante non concernée par le risque incendie. Plusieurs parcelles côté Ouest, entièrement concernées par un aléa exceptionnel, ont été exclues de la zone constructible conformément à l'avis émis par les services de l'Etat. Si les requérants font valoir le principe général d'inconstructibilité en zone d'aléa exceptionnel, posé par le porter à connaissance des services de l'Etat, qui ne présente en tout état de cause pas un caractère réglementaire, celui-ci prévoit également, dans sa fiche 7 intitulée " Etudes complémentaires d'aléa et de risques " qu'une étude de risques est prescrite pour " densifier une zone d'urbanisation diffuse existante exposée à un aléa moyen à exceptionnel " afin de définir les aménagements à réaliser pour réduire l'aléa et la vulnérabilité de la zone. Il ressort des pièces du dossier que la création de la zone constructible litigieuse, située dans une zone d'urbanisation diffuse existante, est justifiée dans le rapport de présentation de la carte communale, par référence à l'étude précise du risque incendie menée sur le secteur des Méjeans à l'occasion du projet d'aménagement précité, que les auteurs de la carte communale ont annexé au document, conformément à l'avis des services de l'Etat. Il ressort des conclusions de cette étude, qui a permis d'affiner la connaissance du risque à l'échelle de la commune, qu'une opération d'ensemble sur le secteur permet, notamment par les mesures qui seront mises en œuvre, notamment la création d'une coupure de combustible, d'une aire de retournement de véhicules et de deux points d'eau incendie normalisés, de réduire l'aléa en densifiant l'habitat sur une zone déjà en partie construite. Dans ces conditions, il ressort de l'ensemble des circonstances rappelées qu'en délimitant la zone constructible du secteur des Méjeans les auteurs de la carte communale n'ont pas commis d'erreur manifeste d'appréciation au regard du risque incendie. Le moyen invoqué par les requérants, qui ne peuvent utilement invoquer l'absence de garantie apportée quant à la pérennité des mesures prévues par le permis d'aménager, celles-ci relevant de la phase d'exécution de ladite autorisation d'urbanisme, doit donc être écarté.
17. Aux termes de l'article L. 131-4 du code de l'urbanisme : " Les plans locaux d'urbanisme et les documents en tenant lieu ainsi que les cartes communales sont compatibles avec : 1° Les schémas de cohérence territoriale prévus à l'article L. 141-1 ; () ". A l'exception des cas limitativement prévus par la loi dans lesquels les schémas de cohérence territoriale peuvent contenir des normes prescriptives, ceux-ci doivent se borner à fixer des orientations et des objectifs. Les plans locaux d'urbanisme sont soumis à une simple obligation de compatibilité avec ces orientations et objectifs. Si ces derniers peuvent être en partie exprimés sous forme quantitative, il appartient aux auteurs des plans locaux d'urbanisme, qui déterminent les partis d'aménagement à retenir en prenant en compte la situation existante et les perspectives d'avenir, d'assurer, ainsi qu'il a été dit, non leur conformité aux énonciations des schémas de cohérence territoriale, mais leur compatibilité avec les orientations générales et les objectifs qu'ils définissent. Pour apprécier la compatibilité d'un plan local d'urbanisme avec un schéma de cohérence territoriale (SCOT), il appartient au juge administratif de rechercher, dans le cadre d'une analyse globale le conduisant à se placer à l'échelle de l'ensemble du territoire couvert en prenant en compte l'ensemble des prescriptions du document supérieur, si le plan ne contrarie pas les objectifs qu'impose le schéma, compte tenu des orientations adoptées et de leur degré de précision, sans rechercher l'adéquation du plan à chaque disposition ou objectif particulier.
18. Conformément aux dispositions aux dispositions des articles L. 161-1 et suivants et R. 161-1 et suivants du code de l'urbanisme, la carte communale a pour objet de délimiter les zones constructibles de la commune et les secteurs où les constructions ne sont pas admises, à l'exception de celles prévues par l'article L. 161-4 du code de l'urbanisme, mais ne peut avoir pour objet de fixer des règles de densité des constructions. Il ressort des pièces du dossier et notamment du rapport de présentation de la carte communale que le territoire de Guzargues est pour l'essentiel exposé à un risque incendie. La zone constructible des Méjeans délimitée par la carte communale contestée, qui conditionne les projets autorisés à la mise en place préalable d'équipements de défense extérieure suffisants, et présente une surface modérée en densification d'un secteur d'urbanisation diffuse, ne saurait dans ces conditions être regardée comme incompatible avec l'objectif du projet d'aménagement et de développement durable du SCOT de rechercher un développement urbain en dehors des zones exposées à des risques naturels. Aux termes du rapport de présentation de la carte communale, le parti d'aménagement retenu est basé sur un taux de croissance annuel de 1 % de la population attendue, soit 580 habitants à l'horizon 2030/2032, cette augmentation de 70 habitants se traduisant par des besoins en logements d'environ 50 sur cette période. La carte communale prévoit qu'au moins 80 % des nouveaux logements seront réalisés dans le tissu urbain existant et qu'au plus 20 % des nouveaux logements seront réalisés dans l'extension prévue des Méjeans, laquelle correspond à une consommation de surface de 1,2 hectares. La seule circonstance que la densité de 10 logements à l'hectare qui en résulte sur le secteur des Méjeans soit inférieure à la densité " communale " minimale prévue par le SCOT, de 17 logements par hectare pour les " bourgs équipés et villages ", ne suffit pas à caractériser une incompatibilité avec le SCOT au sens de l'article L. 131-4 du code de l'urbanisme dès lors que cette compatibilité doit être appréciée à l'échelle de l'ensemble du territoire et qu'ainsi qu'il l'a été dit pour leur grande majorité les logements conduiront à une densification de l'urbanisation existante. Il ressort également des pièces du dossier que les surfaces ouvertes à l'urbanisation (1,2 ha) majorées des 0,3 ha précédemment consommés restent très inférieures aux 3,6 ha prévus par le SCOT pour la commune. Dans ces conditions, et alors que la communauté de communes du Grand Pic Saint Loup a par sa délibération du 18 octobre 2022 estimé que le projet de carte communale était compatible avec les orientations générales du SCOT et que les services de l'Etat ont également émis un avis sans réserve sur cette compatibilité, les requérants, qui ne peuvent utilement se prévaloir des caractéristiques de l'opération et des avis recueillis lors de l'instruction du permis d'aménager délivré avant l'adoption de la carte communale à un aménageur sur le secteur des Méjeans, ne sont pas fondés à soutenir que la carte communale de Guzargues ne serait pas compatible avec une proposition du projet d'aménagement et de développement durable du SCOT ni avec ses prescriptions en matière de " maîtrise des consommations foncières en extension urbaine ".
19. Aux termes de l'article L. 161-3 du code de l'urbanisme : " La carte communale respecte les principes énoncés aux articles L. 101-1 et L. 101-2. Elle permet d'atteindre les objectifs de réduction d'artificialisation des sols mentionnés aux articles L. 141-3 et L. 141-8 () ". Aux termes de l'article L. 101-2 du même code : " Dans le respect des objectifs du développement durable, l'action des collectivités publiques en matière d'urbanisme vise à atteindre les objectifs suivants : 1° L'équilibre entre : a) Les populations résidant dans les zones urbaines et rurales ; b) Le renouvellement urbain, le développement urbain et rural maîtrisé, la restructuration des espaces urbanisés, la revitalisation des centres urbains et ruraux, la lutte contre l'étalement urbain ; c) Une utilisation économe des espaces naturels, la préservation des espaces affectés aux activités agricoles et forestières et la protection des sites, des milieux et paysages naturels ;() ". Ainsi qu'il l'a été dit au point précédent, compte tenu du caractère réduit de la surface ouverte à l'urbanisation par le document en litige, de la circonstance que les surfaces ouvertes à l'urbanisation sur le territoire communal restent inférieures à la moitié de la surface prévue par le SCOT approuvé en 2018 et des objectifs de densification des secteurs urbains pré-existants, dans lesquels devront être réalisés au moins 80 % des logements prévus, les requérants ne sont pas fondés à soutenir que la carte communale ne serait pas compatible avec les principes mentionnés à l'article L. 101-2 du code de l'urbanisme et en particulier avec les objectifs d'utilisation économe de l'espace.
20. Aux termes du IV de l'article 194 de la loi n°2021-1104 du 22 août 2021 : " IV.-Afin d'assurer l'intégration des objectifs de lutte contre l'artificialisation des sols et de réduction de la consommation d'espaces naturels, agricoles et forestiers : 1° Si le schéma régional d'aménagement, de développement durable et d'égalité des territoires en vigueur ne prévoit pas les objectifs mentionnés à la seconde phrase du deuxième alinéa de l'article L. 4251-1 du code général des collectivités territoriales, son évolution doit être engagée dans un délai d'un an à compter de la promulgation de la présente loi. () L'entrée en vigueur du schéma régional d'aménagement, de développement durable et d'égalité des territoires prévoyant ces objectifs doit intervenir dans un délai de deux ans à compter de la promulgation de la présente loi ;() 5° Lors de leur première révision ou modification à compter de l'adoption des schémas et du plan modifiés ou révisés en application des 1° à 4° du présent IV, le schéma de cohérence territoriale ou, en l'absence de schéma de cohérence territoriale, le plan local d'urbanisme, le document en tenant lieu ou la carte communale sont modifiés ou révisés pour prendre en compte les objectifs mentionnés à la seconde phrase du deuxième alinéa de l'article L. 4251-1 du code général des collectivités territoriales, au quatrième alinéa du I de l'article L. 4424-9 du même code, à la seconde phrase du troisième alinéa de l'article L. 4433-7 dudit code ou au dernier alinéa de l'article L. 123-1 du code de l'urbanisme, tels qu'intégrés par lesdits schémas et plan, dans les conditions fixées aux articles L. 141-3 et L. 141-8 du même code, au quatrième alinéa de l'article L. 151-5 dudit code ou au dernier alinéa de l'article L. 161-3 du même code. () ". Les requérants ne peuvent utilement se prévaloir de la méconnaissance de l'objectif de réduction d'artificialisation des sols en violation des dispositions combinées des articles L. 141-3, L. 141-8 et L. 161-3 du code de l'urbanisme, dès lors que le SCOT du Grand Pic Saint Loup en vigueur a été approuvé le 8 janvier 2019, soit antérieurement à la déclinaison territoriale du zéro artificialisation nette dans les schémas régionaux d'aménagement, de développement durable et d'égalité des territoires, puis dans les schémas de cohérence territoriale et enfin dans les plans locaux d'urbanisme, documents en tenant lieu ou cartes communales. Ce moyen au surplus non assorti des précisions suffisantes pour en apprécier le bien fondé sera dès lors écarté.
21. Il résulte de ce qui précède que, sans qu'il soit besoin d'examiner sa recevabilité, le moyen tiré de l'exception d'illégalité de la carte communale doit être écarté.
22. Il résulte de tout ce qui précède, sans qu'il soit besoin de statuer sur la fin de non-recevoir opposée en défense, que les conclusions de M. et Mme E tendant à l'annulation de l'arrêté de permis d'aménager tacite né le 24 mars 2022, des permis d'aménager modificatifs des 29 août 2022 et 2 octobre 2023 et de la décision de rejet de leur recours gracieux du 27 octobre 2022 doivent être rejetées.
Sur les frais liés au litige :
23. Les dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative font obstacle à ce que soit mise à la charge de la commune de Guzargues et de la société GGL Aménagement qui ne sont pas dans la présente instance les parties perdantes, la somme demandée par M. et Mme E au titre des frais exposés par eux et non compris dans les dépens. Il n'y a pas lieu, dans les circonstances de l'espèce, de faire droit aux conclusions présentées par la commune de Guzargues et la société GGL Aménagement sur le même fondement.
D E C I D E :
Article 1er : La requête de M. et Mme E est rejetée.
Article 2 : Les conclusions présentées par la commune de Guzargues et par la société GGL Aménagement au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative sont rejetées.
Article 3 : Le présent jugement sera notifié à M. et Mme F et D E, à la commune de Guzargues et à la société GGL Aménagement.
Délibéré après l'audience du 10 octobre 2024, à laquelle siégeaient :
Mme Fabienne Corneloup, présidente,
Mme Michelle Couégnat, première conseillère,
M. Nicolas Huchot, premier conseiller.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 31 octobre 2024.
La rapporteure
M. Couégnat La présidente,
F. Corneloup
La greffière,
M. C
La République mande et ordonne à la ministre de la transition écologique, de l'énergie, du climat et de la prévention des risques en ce qui la concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun, contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition conforme,
Montpellier, le 31 octobre 2024.
La greffière,
M. C
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026