vendredi 14 avril 2023
| Juridiction | Tribunal Administratif de Montpellier |
| Section | Tribunal Administratif de Montpellier |
| N° Dossier | TA34-2300311 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | D |
| Formation | 3ème chambre |
| Avocat requérant | GUIRASSY |
Vu la procédure suivante :
Par une requête et un mémoire complémentaire, enregistrés le 19 janvier 2023 et le 3 mars 2023, M. C B, représenté par Me Guirassy, demande au tribunal :
1°) d'annuler l'arrêté du 16 décembre 2022 par lequel le préfet de l'Hérault a refusé de renouveler son titre de séjour en qualité d'étudiant, lui a fait obligation de quitter le territoire français dans un délai de 30 jours et a fixé le pays de destination de la mesure d'éloignement ;
2°) d'enjoindre à titre principal au préfet de l'Hérault de lui délivrer un titre de séjour mention " étudiant ", dans un délai d'un mois à compter du jugement à intervenir sous astreinte de 100 euros par jour de retard et subsidiairement, de réexaminer sa demande dans le même délai et sous la même astreinte ;
3°) de mettre à la charge de l'Etat une somme de 1500 euros à verser à Me Guirassy au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative et des articles 37 et 75 de la loi du 10 juillet 1991.
Il soutient que :
- l'arrêté a été signé par une autorité incompétente ;
- il est insuffisamment motivé ;
- le préfet n'a pas procédé à un examen réel et complet de sa situation
- l'arrêté est entaché d'une erreur manifeste d'appréciation dès lors que, d'une part, la seule circonstance que la formation suivie au titre de son inscription en BTS se déroule à distance n'est pas de nature à lui dénier la qualité d'étudiant tandis que, d'autre part, il justifie du caractère réel et sérieux des études poursuivies depuis son entrée en France ;
- il méconnaît l'article 3 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales.
Par un mémoire en défense, enregistré le 28 février 2023, le préfet de l'Hérault conclut au rejet de la requête.
Il fait valoir que les moyens soulevés par M. B ne sont pas fondés.
M. B a été admis au bénéfice de l'aide juridictionnelle totale par décision du 13 février 2023.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;
- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- le code des relations entre le public et l'administration ;
- la loi n° 91-647 du 10 juillet 1991 ;
- le code de justice administrative.
Le président de la formation de jugement a dispensé la rapporteure publique, sur sa proposition, de prononcer ses conclusions à l'audience.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de Mme Bayada, première conseillère,
- et les observations de Me Guirassy, représentant M. B.
Considérant ce qui suit :
1. M. C B, ressortissant haïtien né le 3 mai 1999 à Port-au Prince, est entré en France le 11 septembre 2019 sous couvert d'un visa de long séjour en qualité d'étudiant. Il a été mis en possession de plusieurs titres de séjour en cette qualité jusqu'au 28 novembre 2022. Le 29 octobre 2022, il a sollicité le renouvellement de son titre de séjour. Par un arrêté du 16 décembre 2022, le préfet de l'Hérault a refusé de renouveler son titre de séjour, lui a fait obligation de quitter le territoire français dans le délai de trente jours et a fixé le pays de renvoi. M. B demande au tribunal l'annulation de cet arrêté.
Sur les conclusions à fin d'annulation :
2. En premier lieu, l'arrêté attaqué est signé, pour le préfet de l'Hérault et par délégation, par M. Frédéric Poisot, secrétaire général de la préfecture. Par un arrêté n°2022-09-DRCL-0357 du 14 septembre 2022, régulièrement publié au recueil des actes administratifs de la préfecture, le préfet de l'Hérault a donné délégation à M. A " à l'effet de signer tous actes, arrêtés, décisions et circulaires relevant des attributions de l'Etat dans le département de l'Hérault () / A ce titre, cette délégation comprend donc, notamment, la signature de tous les actes administratifs et correspondances relatifs au séjour et à la police des étrangers () ". Cette délégation de signature habilitait ainsi M. A à signer l'arrêté litigieux. Par suite, le moyen tiré de l'incompétence de son signataire doit être écarté comme manquant en fait.
3. En deuxième lieu, l'arrêté contesté comporte, au regard des dispositions des articles L. 211-2 et L. 211-5 du code des relations entre le public et l'administration, et de manière suffisamment précise et circonstanciée, les considérations de droit et de fait se rapportant à la situation personnelle de l'intéressé, et détaille les motifs retenus par le préfet pour fonder la décision de refus de renouveler le titre de séjour étudiant de M. B, au regard notamment des dernières années de son parcours universitaire. Le préfet a également indiqué que, compte tenu de la situation privée et familiale de l'intéressé, sa décision ne portait pas une atteinte disproportionnée à son droit au respect de sa vie privée et familiale. Ainsi, le préfet, qui n'était pas tenu de faire état de l'ensemble des éléments de la situation du requérant, a suffisamment motivé sa décision.
4. En troisième lieu, il ne ressort ni de la motivation de la décision en litige ni des autres pièces du dossier que le préfet n'aurait pas procédé à un examen particulier de la situation de M. B.
5. En quatrième lieu, aux termes de l'article L. 422-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " L'étranger qui établit qu'il suit un enseignement en France ou qu'il y fait des études et qui justifie disposer de moyens d'existence suffisants se voit délivrer une carte de séjour temporaire portant la mention "étudiant" d'une durée inférieure ou égale à un an () ".
6. Il ressort de l'examen de la décision attaquée que, pour refuser à M. B le renouvellement de son titre de séjour en qualité d'étudiant, le préfet de l'Hérault s'est fondé sur le fait qu'après avoir validé une première année de licence mention " administration économique et sociale " au sein de l'université de Montpellier au titre de l'année universitaire 2019-2020, le requérant avait été ajourné à deux reprises à la deuxième année de licence, au titre des années 2020-2021 puis 2021-22 et que son inscription au titre de l'année 2022-2023 en première année de BTS " management commercial opérationnel " auprès de l'ENACO, pour une formation à distance ne lui confère pas la qualité d'étudiant alors enfin que l'intéressé n'apporte pas la preuve d'une progression dans ses études ni justifier du sérieux des études poursuivies. Le requérant, qui produit un entretien anamnestique avec un médecin psychologue daté du 13 octobre 2022, n'établit toutefois pas que ses échecs au titre des années universitaires 2020-2021 puis 2021-2022 seraient dus au contexte de la crise sanitaire de la covid-19, et il n'établit pas davantage que son changement d'orientation répondrait à une progression et à une cohérence du cursus universitaire qu'il a suivi jusqu'en 2019. Dans ces conditions, en estimant que M. B ne justifiait pas du caractère sérieux de ses études en l'absence de progression significative dans ses résultats depuis l'année 2019 et de cohérence dans le cursus poursuivi, le préfet de l'Hérault n'a pas commis d'erreur d'appréciation. Il résulte de l'instruction que le préfet aurait pris en tout état de cause la même décision en se fondant sur ce seul motif, nonobstant le fait qu'il a également mentionné dans la décision attaquée que la formation à distance suivie auprès de l'ENACO ne lui conférait pas le statut d'étudiant.
7. En cinquième lieu et dernier lieu, aux termes de l'article 3 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales : " Nul ne peut être soumis à la torture ni à des peines ou traitements inhumains ou dégradants ".
8. En se bornant à faire valoir qu'il ne peut retrouver dans son pays d'origine, que ses parents ont quitté temporairement, le requérant, qui n'apporte aucun commencement de preuve à l'appui de ses allégations, n'établit pas qu'il serait exposé, de manière suffisamment personnelle, certaine et actuelle, à des risques de torture ou traitements inhumains et dégradants en cas de retour en Haïti. Par suite, le moyen tiré de la méconnaissance des stipulations de l'article 3 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentale doit être écarté.
9. Il résulte de tout ce qui précède que les conclusions à fin d'annulation de la requête doivent être rejetées, ainsi que par voie de conséquence les conclusions à fin d'injonction et celles présentées au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative et de la loi du 10 juillet 1991 relative à l'aide juridique.
D E C I D E :
Article 1er : La requête de M. B est rejetée.
Article 2 : Le présent jugement sera notifié à M. C B, au préfet de l'Hérault et à Me Guirassy.
Délibéré après l'audience du 24 mars 2023, à laquelle siégeaient :
M. Rabaté, président,
Mme Bayada, première conseillère,
Mme Gavalda, première conseillère.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 14 avril 2023.
La rapporteure,
A. Bayada Le président,
V. Rabaté
La greffière,
E. Tournier
La République mande et ordonne au préfet de l'Hérault, en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun, contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition conforme,
Montpellier le 14 avril 2023,
La greffière,
E. Tournier
N°2300311
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026