lundi 23 septembre 2024
| Juridiction | Tribunal Administratif de Montpellier |
| Section | Tribunal Administratif de Montpellier |
| N° Dossier | TA34-2300704 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Formation | 2ème chambre |
| Avocat requérant | POLONI |
Vu la procédure suivante :
Par une requête enregistrée le 7 février 2023, et un mémoire enregistré le 16 mai 2023, M. A B, représenté par Me Poloni, demande au tribunal :
1°) d'annuler l'arrêté du 2 septembre 2022, par lequel le préfet des Pyrénées-Orientales a refusé de lui délivrer un certificat de résidence algérien ;
2°) d'enjoindre au préfet des Pyrénées-Orientales un certificat de résidence algérien au titre de sa vie privée et familiale.
Il soutient que :
- l'arrêté attaqué est entaché d'incompétence dès lors qu'il a été pris par une autorité ne bénéficiant pas d'une délégation de signature régulière et publiée ;
- il est insuffisamment motivé en droit et en fait ;
- il est entaché d'erreur manifeste dans l'appréciation des conséquences sur sa situation personnelle ;
- il remplit les conditions fixées par les points 1 et 5 de l'article 6 ainsi que par l'article 7 bis de l'accord franco-algérien pour pouvoir bénéficier d'un titre de séjour ; il ne constitue pas une menace pour l'ordre public, justifie d'une présence stable et ancienne et ne peut reconstituer sa cellule familiale en dehors du territoire français ;
- l'arrêté attaqué méconnaît l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales.
Par des mémoires en défense enregistrés le 1er mars 2023 et le 30 mai 2023, le préfet des Pyrénées-Orientales conclut au rejet de la requête.
Il soutient que les moyens soulevés dans la requête ne sont pas fondés.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;
- l'accord franco-algérien du 27 décembre 1968 modifié ;
- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- le code de justice administrative.
Le président de la formation de jugement a dispensé la rapporteure publique, sur sa proposition, de prononcer des conclusions à l'audience.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Les parties n'étant pas présentes ni représentées, le rapport de Mme Villemejeanne a été entendu, au cours de l'audience publique.
Considérant ce qui suit :
1. M. A B, ressortissant algérien né le 15 juillet 1973, a sollicité le 3 août 2020 son admission au séjour au titre de sa vie privée et familiale. M. B demande l'annulation de l'arrêté du 2 septembre 2022, notifié le 9 janvier 2023, par lequel le préfet des Pyrénées-Orientales a rejeté cette demande.
Sur les conclusions à fin d'annulation :
2. En premier lieu, l'arrêté attaqué a été signé, pour le préfet des Pyrénées-Orientales, par M. Yohann Marcon, secrétaire général de la préfecture. Par un arrêté du 23 août 2022, régulièrement publié, le même jour, au recueil des actes administratifs de la préfecture, le préfet des Pyrénées-Orientales lui a donné délégation aux fins de signer l'arrêté contesté. Par suite, le moyen tiré de l'incompétence du signataire de l'arrêté attaqué manque en fait et doit être écarté.
3. En deuxième lieu, l'arrêté attaqué qui refuse d'admettre M. B au séjour vise, d'une part, les textes dont il fait application, notamment les articles du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, ou l'accord franco-algérien, et comporte, d'autre part, les considérations de fait qui en constituent le fondement. L'obligation de motivation n'impose pas au préfet de mentionner l'ensemble des éléments dont il a tenu compte ou eu connaissance mais seulement ceux sur lesquels il fonde sa décision. L'arrêté, qui ne comporte pas de formules stéréotypées, est donc suffisamment motivé. Par suite, le moyen tiré de l'insuffisance de motivation doit être écarté.
4. En troisième lieu, aux termes du point 1 de l'article 6 de l'accord franco-algérien du 27 décembre 1968 modifié : " () Le certificat de résidence d'un an portant la mention " vie privée et familiale " est délivré de plein droit : 1) au ressortissant algérien, qui justifie par tout moyen résider en France depuis plus de dix ans ou plus de quinze ans si, au cours de cette période, il a séjourné en qualité d'étudiant () ". Aux termes de l'article 7 bis du même accord : " Les ressortissants algériens visés à l'article 7 peuvent obtenir un certificat de résidence de dix ans s'ils justifient d'une résidence ininterrompue en France de trois années. / " Il est statué sur leur demande en tenant compte des moyens d'existence dont ils peuvent faire état, parmi lesquels les conditions de leur activité professionnelle et, le cas échéant, des justifications qu'ils peuvent invoquer à l'appui de leur demande. () ".
5. D'une part, M. B soutient être entré en France en 2009 accompagné de son épouse ainsi que de leurs six enfants et y résider habituellement depuis. Il verse à l'appui de ses allégations des avis d'imposition depuis 2011, des certificats de scolarités, de bulletins de paie pour l'année 2022 et se prévaut de sa qualité de propriétaire d'un bien immobilier situé à Perpignan. Toutefois les pièces produites par le requérant, insuffisantes en nombre et en valeur probante, ne permettent pas d'établir le caractère habituel du séjour de l'intéressé sur toute la période alléguée tandis qu'il n'est pas contesté qu'il a bénéficié d'un titre de séjour espagnol valable jusqu'au 18 décembre 2021 et valable jusqu'au 18 décembre 2026 et être en possession d'un passeport délivré par les autorités algériennes le 1er juillet 2017 en Espagne. Dans ces conditions, les éléments produits ne sont pas de nature à établir que M. B résidait habituellement en France depuis plus de dix ans à la date d'édiction de l'arrêté contesté. Par suite, le moyen tiré de la méconnaissance des stipulations du point 1 de l'article 6 de l'accord franco-algérien doit être écarté.
6. D'autre part, les pièces produites par le requérant, insuffisantes en nombre et en valeur probante, ne permettent pas d'établir une résidence ininterrompue en France de trois années. Au surplus, s'il se prévaut d'un emploi d'employé familial et verse à l'appui de ses dires des bulletins de salaires, il n'est pas contesté que cette activité professionnelle est exercée dans des conditions irrégulières tandis que les documents produits pour les années 2021 et 2022, ne permettent pas d'établir l'existence de moyens d'existence suffisants. Par suite, le moyen tiré de la méconnaissance des stipulations de l'article 7 bis de l'accord franco-algérien doit être écarté.
7. En quatrième lieu, aux termes du point 5 de l'article 6 de l'accord franco-algérien du 27 décembre 1968 modifié : " Le certificat de résidence d'un an portant la mention " vie privée et familiale " est délivré de plein droit : / () 5) Au ressortissant algérien, qui n'entre pas dans les catégories précédentes ou dans celles qui ouvrent droit au regroupement familial, dont les liens personnels et familiaux en France sont tels que le refus d'autoriser son séjour porterait à son droit au respect de sa vie privée et familiale une atteinte disproportionnée au regard des motifs du refus () ". Aux termes des stipulations de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales : " Toute personne a droit au respect de sa vie privée et familiale, de son domicile et de sa correspondance ". Pour l'application de ces stipulations et dispositions, l'étranger qui invoque la protection due à son droit au respect de sa vie privée et familiale en France doit apporter toute justification permettant d'apprécier la réalité et la stabilité de ses liens personnels et familiaux effectifs en France au regard de ceux qu'il a conservés dans son pays d'origine.
8. M. B fait valoir qu'il est marié à l'une de ses compatriotes et qu'il est père de six enfants résidant en France dont trois sont mineurs. Cependant, comme il a été dit au point 5, le requérant n'établit pas la réalité du séjour allégué tandis qu'il est entré sur le territoire à l'âge de 36 ans. Par ailleurs, les pièces produites ne permettent pas de justifier qu'il ait constitué sur le territoire le centre de ses intérêts privés et familiaux en France. L'achat d'un bien immobilier à perpignan en 2020 ainsi que les bulletins de salaires faisant état d'une activité professionnelle en France sont récents, tandis que comme il a été dit au point 6, le requérant est bénéficiaire de titres de séjour espagnols ainsi que d'une résidence en Espagne et que son épouse est également en situation irrégulière. Enfin, les autres pièces du dossier ne permettent pas d'établir la réalité de l'intégration dont il se prévaut tandis que la seule présence de ses trois enfants majeurs, dont l'un est en situation irrégulière, ne permet pas par-elle-même à lui ouvrir droit au séjour. Dès lors, le refus de titre de séjour attaqué ne porte pas une atteinte disproportionnée au droit du requérant au respect de sa vie privée et familiale au regard des buts poursuivis par la décision. Les moyens tirés de la méconnaissance de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ou de la violation de l'article 6-5 de l'accord franco-algérien doivent être écartés.
9. En dernier lieu, si le préfet des Pyrénées-Orientales s'est également fondé sur le motif tiré de la menace pour l'ordre public, les condamnations pénales dont fait état le préfet, en raison de leurs caractères anciens, ne permettent pas de caractériser une telle menace. Toutefois, si motif apparait dès lors entaché d'illégalité, pour refuser de faire droit à la demande de M. B, le préfet s'est également fondé sur trois autres motifs exposés du point 5 au point 11qui justifient le refus opposé à sa demande de titre de séjour. Par suite, le préfet aurait pris la même décision s'il s'était fondé seulement sur les points 1 ou 5 de l'article 6 de l'accord franco-algérien ou sur l'article 7 bis, et n'a dès lors pas entaché d'illégalité la décision attaquée
10. Il résulte de ce qui précède que M. B n'est pas fondé à demander l'annulation de l'arrêté attaqué.
Sur les conclusions à fin d'injonction :
11. Le présent jugement, qui rejette les conclusions à fin d'annulation n'appelle aucune mesure d'exécution. Les conclusions présentées à ce titre doivent donc être rejetées.
D E C I D E :
Article 1 er : La requête de M. B est rejetée.
Article 2 : Le présent jugement sera notifié à M. A B et au préfet des Pyrénées-Orientales.
Délibéré après l'audience du 9 septembre 2023, à laquelle siégeaient :
M. Gayrard, président,
Mme Pater, première conseillère,
Mme Villemejeanne, première conseillère.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 23 septembre 2023.
La rapporteure,
P. Villemejeanne
Le président,
J-P. GayrardLe greffier,
S. Sangaré
La République mande et ordonne au préfet des Pyrénées orientales en ce qui le concerne ou à tous huissiers de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition conforme,
Montpellier, le 24 septembre 2024.
Le greffier,
S. Sangaré
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Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026