lundi 23 septembre 2024
| Juridiction | Tribunal Administratif de Montpellier |
| Section | Tribunal Administratif de Montpellier |
| N° Dossier | TA34-2300719 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Formation | 2ème chambre |
| Avocat requérant | POLONI |
Vu la procédure suivante :
Par une requête enregistrée le 8 février 2023, Mme C B épouse A, représentée par Me Poloni, demande au tribunal :
1°) d'annuler l'arrêté du 2 septembre 2022, par lequel le préfet des Pyrénées-Orientales a refusé de lui délivrer un titre de séjour ;
2°) d'enjoindre au préfet des Pyrénées-Orientales de lui délivrer un titre de séjour portant la mention " vie privée et familiale ".
Elle soutient que :
- l'arrêté attaqué est entaché d'incompétence dès lors qu'il a été pris par une autorité ne bénéficiant pas d'une délégation de signature régulière et publiée ;
- il est insuffisamment motivé en droit et en fait ;
- il est entaché d'irrégularité ; le numéro de l'arrêté préfectoral qui lui a été notifié est identique à celui qui a été notifié à son époux ;
- il est entaché d'erreur manifeste dans l'appréciation des conséquences sur sa situation personnelle ; elle justifie d'une présence stable et ancienne et ne peut reconstituer sa cellule familiale en dehors du territoire français ;
- l'arrêté attaqué méconnaît l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales.
Par des mémoires en défense enregistrés le 1er mars 2023 et le 30 mai 2023, le préfet des Pyrénées-Orientales conclut au rejet de la requête.
Il soutient que les moyens soulevés dans la requête ne sont pas fondés.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;
- l'accord franco-algérien du 27 décembre 1968 modifié ;
- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- le code des relations entre le public et l'administration ;
- le code de justice administrative.
Le président de la formation de jugement a dispensé la rapporteure publique, sur sa proposition, de prononcer des conclusions à l'audience.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Les parties n'étant pas présentes ni représentées, le rapport de Mme Villemejeanne a été entendu, au cours de l'audience publique.
Considérant ce qui suit :
1. Mme B D A, ressortissante algérienne née le 23 décembre 1994 déclare a sollicité la délivrance d'un titre de séjour au titre de sa vie privée et familiale. Par un arrêté du 2 septembre 2022, notifié le 9 janvier 2023, le préfet des Pyrénées-Orientales a rejeté cette demande. Mme B D A demande au tribunal l'annulation de cet arrêté.
Sur les conclusions à fin d'annulation :
2. En premier lieu, l'arrêté attaqué a été signé, pour le préfet des Pyrénées-Orientales par M. Yohann Marcon, secrétaire général de la préfecture. Par un arrêté du 23 août 2022, régulièrement publié, le même jour, au recueil des actes administratifs de la préfecture, le préfet des Pyrénées-Orientales lui a donné délégation aux fins de signer notamment l'arrêté contesté. Par suite, le moyen tiré de l'incompétence du signataire de l'arrêté attaqué manque en fait et doit être écarté.
3. En deuxième lieu, l'arrêté attaqué qui refuse d'admettre Mme A au séjour vise notamment les articles du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ou l'accord franco-algérien, dont il fait application, et comporte les considérations de fait qui en constituent le fondement. L'obligation de motivation n'impose par ailleurs pas au préfet de mentionner l'ensemble des éléments dont il a tenu compte ou eu connaissance mais seulement ceux sur lesquels il fonde sa décision. L'arrêté, qui ne comporte pas de formules stéréotypées, est donc suffisamment motivé. Par suite, le moyen tiré de l'insuffisante motivation de la décision de refus de séjour doit être écarté.
4. En troisième lieu, si le numéro de l'arrêté préfectoral qui a été notifié à la requérante est identique à celui qui a été notifié à son époux, cette circonstance constitue une erreur de plume, restée sans incidence sur la légalité de la décision contestée dès lors qu'il est constant que c'est la situation personnelle et familiale de Mme A qui a été examinée. Par suite, le moyen tiré de l'irrégularité de l'arrêté contesté doit être écarté.
5. En quatrième lieu, aux termes des stipulations de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales : " Toute personne a droit au respect de sa vie privée et familiale, de son domicile et de sa correspondance ". Pour l'application de ces stipulations et dispositions, l'étranger qui invoque la protection due à son droit au respect de sa vie privée et familiale en France doit apporter toute justification permettant d'apprécier la réalité et la stabilité de ses liens personnels et familiaux effectifs en France au regard de ceux qu'il a conservés dans son pays d'origine.
6. Mme A fait valoir qu'elle est mariée avec l'un de ses compatriotes et soutient être entrée avec ce dernier et leurs six enfants " courant 2009 ". Néanmoins, les pièces produites par la requérante, insuffisantes en nombre et en valeur probante, qui concernent au surplus, pour la plupart son époux, en situation irrégulière, ne permettent pas d'établir une résidence habituelle en France, ni qu'elle y aurait constitué le centre de ses intérêts privés et familiaux. La requérante est sans emploi et ne justifie pas d'une insertion sociale ou professionnelle particulière sur le territoire. Enfin, elle fait valoir que trois de ses enfants mineurs sont scolarisés sur le territoire et que ses trois enfants majeurs y résident. Toutefois, ces circonstances ne suffisent pas par elles-mêmes à établir la réalité et stabilité des liens personnels et familiaux qu'elle soutient avoir sur le territoire. Dans ces conditions, les éléments produits par la requérante ne démontrent pas que l'intéressée aurait tissée en France des liens d'une ancienneté ou intensité particulières, ni qu'elle y aurait fixé le centre de ses intérêts privés et familiaux. Elle n'établit d'ailleurs pas être dépourvue de tout lien dans son pays d'origine où elle a vécu au moins jusqu'à l'âge de 35 ans, ni même dans un autre pays où elle serait légalement admissible et en particulier l'Espagne, pays où son époux bénéficie d'un titre de séjour valable jusqu'en 2026. Par suite, la requérante n'est pas fondée à soutenir que la décision de refus de titre de séjour porterait une atteinte disproportionnée à son droit au respect de sa vie privée et familiale au regard des buts poursuivis par la décision et méconnaîtrait ainsi les stipulations précitées de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales.
7. En dernier lieu, compte tenu des motifs qui précèdent, la décision de refus de séjour n'est entachée d'aucune erreur manifeste dans l'appréciation des conséquences sur la situation personnelle de la requérante.
8. Il résulte de ce qui précède que Mme B D A n'est pas fondée à demander l'annulation de l'arrêté attaqué.
Sur les conclusions à fin d'injonction :
9. Le présent jugement, qui rejette les conclusions à fin d'annulation n'appelle aucune mesure d'exécution. Les conclusions présentées à ce titre doivent donc être rejetées.
D E C I D E :
Article 1 er: La requête de Mme B D A est rejetée.
Article 2 : Le présent jugement sera notifié à Mme C B épouse A et au préfet des Pyrénées-Orientales.
Délibéré après l'audience du 9 septembre 2024, à laquelle siégeaient :
M. Gayrard, président,
Mme Pater, première conseillère,
Mme Villemejeanne, première conseillère.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 23 septembre 2024.
La rapporteure,
P. Villemejeanne
Le président,
J-P. GayrardLe greffier,
S. Sangaré
La République mande et ordonne au préfet des Pyrénées orientales en ce qui le concerne ou à tous huissiers de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition conforme,
Montpellier, le 24 septembre 2024.
Le greffier,
S. Sangaré
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Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026