jeudi 7 novembre 2024
| Juridiction | Tribunal Administratif de Montpellier |
| Section | Tribunal Administratif de Montpellier |
| N° Dossier | TA34-2300836 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | C |
| Formation | 4ème chambre |
| Avocat requérant | BADJI-OUALI |
Vu la procédure suivante :
RÉPUBLIQUE FRANÇAISE
AU NOM DU PEUPLE FRANÇAIS
Le tribunal administratif de Montpellier
(4ème chambre)
Par une requête, enregistrée le 14 février 2023, M. C B, représenté par Me Badji-Ouali, demande au tribunal :
1°) d'annuler l'arrêté du 31 mars 2022 par lequel le préfet de l'Hérault a refusé de l'admettre au séjour ;
2°) d'enjoindre au préfet de l'Hérault de lui délivrer un titre de séjour en qualité de salarié ou au titre de sa vie privée et familiale, sur le fondement de l'article L. 435-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, à compter de la notification de la décision à intervenir sous astreinte de 150 euros par jour de retard ou, subsidiairement, de procéder au réexamen de sa demande sous les mêmes conditions de délai et d'astreinte ;
3°) de mettre à la charge de l'Etat le versement d'une somme de 1 000 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative, sous réserve de renonciation de sa part à l'aide juridictionnelle.
Il soutient que :
- l'arrêté est insuffisamment motivé, dès lors qu'il contient une erreur au regard de sa date d'entrée en France
- il est entaché d'un défaut d'examen particulier de sa situation ;
- il méconnaît les stipulations de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales et les dispositions de l'article L. 423-23 et L. 435-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- il remplit les conditions posées par la circulaire du 28 novembre 2012 eu égard à sa vie privée et familiale et son projet professionnel.
Par un mémoire en défense, enregistré le 15 mai 2024, le préfet de l'Hérault conclut au rejet de la requête et fait valoir que les moyens de la requête sont infondés.
M. B a été admis à l'aide juridictionnelle totale par une décision du 7 décembre 2022.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;
- le code des relations entre le public et l'administration ;
- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- la loi n°91-647 du 10 juillet 1991.
- le code de justice administrative.
Le président de la formation de jugement a dispensé le rapporteur public, sur sa proposition, de prononcer des conclusions à l'audience.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de Mme A
- et les observations de Me Pitel-Marc représentant M. B.
Considérant ce qui suit :
1. M. B, ressortissant marocain entré en France en 1996 à l'âge de quatre ans, a obtenu le bénéfice d'une carte de résident du 25 septembre 2009 au 24 septembre 2019. Après avoir sollicité, le 18 février 2021, le renouvellement de sa carte de résident, le préfet de l'Hérault l'a informé qu'il envisageait de rejeter sa demande et a saisi la commission du titre de séjour. Après avoir recueilli l'avis de ladite commission, l'autorité préfectorale, par un arrêté du 31 mars 2022, a refusé la délivrance de la carte de séjour sollicitée. Par sa requête, M. B en demande l'annulation.
Sur les conclusions à fin d'annulation :
2. En premier lieu, dans la décision contestée, le préfet de l'Hérault vise les textes dont il fait application, notamment l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales, les articles L. 423-23 et L. 435-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile et précise les éléments déterminants de la situation de l'intéressé qui ont conduit à lui refuser la délivrance d'un titre de séjour. Le préfet relève à cet égard l'ensemble des condamnations prononcées par les juridictions pénales depuis l'année 2012. En outre, le préfet, qui n'était pas tenu de mentionner dans sa décision tous les éléments caractérisant la vie privée et familiale en France de l'intéressé, a mentionné son mariage, le 12 février 2022 avec une ressortissante française et relevé le caractère récent de ladite union. Enfin, il a précisé qu'il ne justifiait d'aucun motif exceptionnel ou de considérations humanitaires de nature à prétendre à son admission exceptionnelle au séjour sur le fondement de l'article L. 435-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile. La seule circonstance que le préfet de l'Hérault aurait mentionné une date erronée d'entrée sur le territoire français ne suffit à caractériser une insuffisance de motivation, l'autorité préfectorale ayant, par ailleurs rappelé que M. B était entré avant l'âge de treize ans et avait bénéficié d'une carte de résident. Par suite, la décision litigieuse, qui énonce l'ensemble des considérations de droit et de fait qui fondent le refus de titre, est suffisamment motivée.
3. Compte tenu de ce qui vient d'être dit, le préfet de l'Hérault a examiné la situation d'ensemble de l'intéressé. Le moyen tiré du défaut d'examen particulier ne peut qu'être écarté.
4. En deuxième lieu, aux termes des stipulations de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales :
" 1. Toute personne a droit au respect de sa vie privée et familiale, de son domicile et de sa correspondance. 2. Il ne peut y avoir ingérence d'une autorité publique dans l'exercice de ce droit que pour autant que cette ingérence est prévue par la loi et qu'elle constitue une mesure qui, dans une société démocratique, est nécessaire à la sécurité nationale, à la sûreté publique, au bien-être économique du pays, à la défense de l'ordre et à la prévention des infractions pénales, à la protection de la santé ou de la morale, ou à la protection des droits et libertés d'autrui ". Aux termes de l'article L. 423-23 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " L'étranger ne vivant pas en état de polygamie, qui n'entre pas dans les catégories prévues aux articles L. 423-1, L. 423-7, L. 423-14, L. 423-15, L. 423-21 et L. 423-22 ou dans celles qui ouvrent droit au regroupement familial, et qui dispose de liens personnels et familiaux en France tels que le refus d'autoriser son séjour porterait à son droit au respect de sa vie privée et familiale une atteinte disproportionnée au regard des motifs du refus, se voit délivrer une carte de séjour temporaire portant la mention " vie privée et familiale " d'une durée d'un an, sans que soit opposable la condition prévue à l'article L. 412-1. / Les liens mentionnés au premier alinéa sont appréciés notamment au regard de leur intensité, de leur ancienneté et de leur stabilité, des conditions d'existence de l'étranger, de son insertion dans la société française ainsi que de la nature de ses liens avec sa famille restée dans son pays d'origine. / L'insertion de l'étranger dans la société française est évaluée en tenant compte notamment de sa connaissance des valeurs de la République ".
5. Le requérant se prévaut de son entrée en France alors âgé de quatre ans et du bénéfice d'une carte de résident entre l'année 2009 et l'année 2019, ainsi que de son mariage, le 12 février 2022, avec une ressortissante française. Toutefois, cette union est récente à la date de la décision attaquée et le requérant n'apporte aucun élément établissant l'ancienneté de la relation avec son épouse. Surtout, il ne conteste pas utilement la menace à l'ordre public que son comportement constitue, et qui lui a été opposée par le préfet de l'Hérault, en se bornant à faire valoir sa volonté de réinsertion professionnelle en produisant une promesse d'embauche, le suivi de formation durant son incarcération et son bon comportement qui lui a permis de bénéficier de plusieurs remises de peine. Il ressort par ailleurs des pièces du dossier que M. B a été condamné successivement le 1er décembre 2010 à une peine de 2 mois d'emprisonnement pour recel de bien provenant d'un vol, le 12 janvier 2012 à une peine d'amende délictuelle pour conduite sans assurance puis le 18 février 2016 à quatre ans d'emprisonnement dont une année avec sursis pour des faits de proxénétisme aggravé et violence sur personne vulnérable (victime mineure de 15 à 18 ans), puis le 14 décembre 2017 à 8 mois d'emprisonnement pour violation de domicile à l'aide de manœuvres, menaces, voies de faits ou contraintes et violences avec usage ou menace d'une arme suivie d'une incapacité n'excédant pas 8 jours et en dernier lieu le 5 novembre 2018 à une peine d'un an et six mois d'emprisonnement pour violence suivie d'incapacité n'excédant pas 8 jours par une personne étant ou ayant été concubin et violation de domicile. Eu égard à la réitération et la gravité croissante des faits délictueux, dont les plus récents ont été commis en 2018 et ont conduit à l'incarcération de M. B jusqu'en 2021, et bien que le requérant justifie de la présence, sur le territoire français de plusieurs membres de sa famille, avec lesquels il n'établit toutefois pas avoir conservé de liens particulièrement intenses, c'est sans méconnaître les stipulations et dispositions précitées que le préfet a pu refuser de l'admettre au séjour. Pour les mêmes motifs, le préfet n'a pas davantage commis d'erreur manifeste dans l'appréciation de ses conséquences sur sa situation personnelle.
6. En troisième lieu, aux termes de l'article L. 435-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " L'étranger dont l'admission au séjour répond à des considérations humanitaires ou se justifie au regard des motifs exceptionnels qu'il fait valoir peut se voir délivrer une carte de séjour temporaire portant la mention " salarié ", " travailleur temporaire " ou " vie privée et familiale ", sans que soit opposable la condition prévue à l'article L. 412-1. / Lorsqu'elle envisage de refuser la demande d'admission exceptionnelle au séjour formée par un étranger qui justifie par tout moyen résider habituellement en France depuis plus de dix ans, l'autorité administrative est tenue de soumettre cette demande pour avis à la commission du titre de séjour prévue à l'article L. 432-14. () ". Si les ressortissants marocains ne sauraient utilement se prévaloir de ces dispositions en vue de la délivrance d'un titre de séjour portant la mention " salarié ", ils peuvent, en revanche, les invoquer à l'appui d'une demande de titre de séjour portant la mention " vie privée et familiale ". Si M. B se prévaut de la durée de son séjour, de son mariage avec une ressortissante française et des liens familiaux dont il dispose sur le territoire français, il résulte de ce qui a été exposé aux points précédents que ces circonstances ne permettent pas de caractériser une considération humanitaire ou un motif exceptionnel de nature à justifier une régularisation de son séjour sur le fondement des dispositions précitées de l'article L. 435-1. Le moyen tiré de l'erreur manifeste d'appréciation au regard des dispositions de cet article doit dès lors être écarté.
7. Il résulte de tout ce qui précède que la requête présentée par M. B doit être rejetée dans toutes ses conclusions.
DECIDE :
Article 1er : La requête de M. B est rejetée.
Article 2 : La présente décision sera notifiée à M. C B, au préfet de l'Hérault et à Me Badji Ouali.
Délibéré après l'audience du 17 octobre 2024, à laquelle siégeaient :
M. Eric Souteyrand, président,
Mme Adrienne Bayada, première conseillère,
Mme Audrey Lesimple, première conseillère.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 7 novembre 2024.
La rapporteure,
A. A Le président,
E. Souteyrand
La greffière,
M-A. Barthélémy
La République mande et ordonne au préfet de l'Hérault en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun, contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition conforme,
Montpellier, le 7 novembre 2024.
La greffière,
M-A. Barthélémy
N°2300836
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026