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AccueilJurisprudence administrativeN° TA34-2300886

Tribunal Administratif de Montpellier — Décision N° TA34-2300886

lundi 23 septembre 2024

JuridictionTribunal Administratif de Montpellier
SectionTribunal Administratif de Montpellier
N° DossierTA34-2300886
TypeDécision
RecoursExcès de pouvoir
Formation2ème chambre
Avocat requérantRUFFEL

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête enregistrée le 15 février 2023, M. B, représenté par Me Ruffel, demande au tribunal d'annuler la décision implicite de rejet de sa demande de titre de séjour.

Il soutient que :

- le délai de traitement de sa demande de titre de séjour déposé le 9 juin 2021 est abusif ;

- la décision attaquée est entachée d'erreur manifeste d'appréciation compte tenu de la durée de sa présence du le territoire, de sa situation professionnelle et de sa situation familiale

- elle lui cause un préjudice économique et moral.

Vu les autres pièces du dossier.

Vu :

- la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;

- l'accord franco-algérien du 27 décembre 1968 modifié ;

- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;

- le code de justice administrative.

Le président de la formation de jugement a dispensé la rapporteure publique, sur sa proposition, de prononcer des conclusions à l'audience.

Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.

Ont été entendus, au cours de l'audience publique :

- le rapport de Mme Villemejeanne, rapporteure,

- et les observations de Me Carbonnier substituant Me Ruffel, représentant M. B.

Considérant ce qui suit :

1. M. B, ressortissant algérien né le 3 mai 2023, a sollicité la délivrance d'un titre de séjour le 9 juin 2021. Le silence gardé par le préfet de l'Aude sur sa demande a fait naître une décision implicite de rejet le 9 octobre 2021. M. B demande au tribunal l'annulation de cette décision.

Sur les conclusions aux fins d'annulation :

2. En premier lieu, par sa requête M. B qui fait état d'un " excès de pouvoir " ne peut être regardé comme ayant donné à celle-ci un caractère indemnitaire. M. B se prévaut, à l'appui de ses conclusions à fin d'annulation de la décision implicite de rejet de sa demande de titre de séjour, d'une part, du délai de traitement abusif de sa demande de titre de séjour et, d'autre part, de ce qu'il subit un préjudice économique et moral. De telles circonstances sont sans incidence sur la légalité de la décision en litige.

3. En second lieu, M. B est entré en France le 29 septembre 2016 muni d'un visa Schengen. Toutefois, par les pièces qu'il verse au débat, insuffisantes par leur nombre et leur caractère probant, M. B ne justifie pas y avoir séjourné régulièrement et habituellement depuis. En outre, il ressort des pièces du dossier que M. B est célibataire et sans charges de familles et qu'il n'allègue, n'y ne démontre, être dépourvu d'attaches familiales en Algérie, pays où il a vécu au moins jusqu'à l'âge de 33 ans. Par ailleurs, s'il fait état d'une carrière de chanteur et verse à l'appui de ses dires des brochures de ses représentations et s'il se prévaut d'une promesse d'embauche en qualité " d'agent polyvalent ", ces circonstances ne suffissent pas à démontrer l'existence d'une insertion particulière à la société française. Il ne peut utilement se prévaloir des énonciations de la circulaire du 28 novembre 2012 du ministre de l'intérieur, relative aux conditions d'examen des demandes d'admission au séjour déposées par des ressortissants étrangers en situation irrégulière, qui sont dépourvues de caractère réglementaire, ni même davantage utilement se prévaloir de la difficulté à vivre de son métier de chanteur en Algérie. Dans ces conditions, il n'est pas fondé à soutenir que la décision implicite de rejet de sa demande titre de séjour serait entachée d'une erreur manifeste d'appréciation.

4. Il résulte de ce qui précède, et sans qu'il soit besoin de se prononcer sur la recevabilité de la requête, que M. B n'est pas fondé à demander l'annulation de la décision attaquée.

D E C I D E :

Article 1 er : La requête de M. B est rejetée.

Article 2 : Le présent jugement sera notifié à M. A B et au préfet de l'Aude.

Délibéré après l'audience du 9 septembre 2024, à laquelle siégeaient :

M. Gayrard, président,

Mme Pater, première conseillère,

Mme Villemejeanne, première conseillère.

Rendu public par mise à disposition au greffe le 23 septembre 2024.

La rapporteure,

P. Villemejeanne

Le président,

J-P. GayrardLe greffier,

S. Sangaré

La République mande et ordonne au préfet de l'Aude en ce qui le concerne ou à tous huissiers de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.

Pour expédition conforme,

Montpellier, le 24 septembre 2024.

Le greffier,

S. Sangaré

sa

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