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AccueilJurisprudence administrativeN° TA34-2301023

Tribunal Administratif de Montpellier — Décision N° TA34-2301023

jeudi 6 février 2025

JuridictionTribunal Administratif de Montpellier
SectionTribunal Administratif de Montpellier
N° DossierTA34-2301023
TypeDécision
RecoursExcès de pouvoir
PublicationC
Formation1ère chambre
Avocat requérantBRUNEL/PIVARD/REGNARD

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête enregistrée le 22 février 2023, M. C B, représenté par Me Brunel, demande au tribunal :

1°) d'annuler l'arrêté du 30 novembre 2022 par laquelle le maire de la commune de Olmet-et-Villecun a accordé un permis de construire à Mme D, ensemble la décision du 1er février 2023 rejetant son recours gracieux ;

2°) de mettre à la charge de la commune d'Olmet-et-Villecun la somme de 2 000 euros en application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Il soutient que :

- le dossier est incomplet en ce qui concerne le projet architectural ;

- la décision méconnaît l'article 3-1 et 3-2 du règlement du plan local d'urbanisme concernant l'accès et la desserte en voirie ;

- la décision qui assortit le permis d'une prescription irréalisable concernant l'accès est entachée d'une violation de la loi et d'une erreur d'interprétation .

Par un mémoire en défense enregistré le 18 mars 2023, Mme F D, représentée par la SCP Dillenschneider Avocats, conclut au rejet de la requête et à ce que la somme de 2 500 euros soit mise à la charge de M. B au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Elle soutient que la requête est tardive, le recours gracieux n'ayant pas été notifié au pétitionnaire.

Par un mémoire en défense, enregistré le 5 mai 2023, la commune de Olmet-et-Villecun, représentée par Me Passet, conclut au rejet de la requête et à ce que la somme de 2 000 euros soit mise à la charge de M. B au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Elle soutient que :

- à titre principal, la requête est tardive ;

- la requête est irrecevable pour défaut d'intérêt à agir ;

- à titre subsidiaire, les moyens ne sont pas fondés.

Vu les autres pièces du dossier.

Vu :

- le code de l'urbanisme ;

- le code de justice administrative.

Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.

Ont été entendus au cours de l'audience publique :

- le rapport de M. A ;

- les conclusions de M. Goursaud, rapporteur public ;

- les observations de Me Brunel, représentant M. B ;

- les observations de Me Passet, représentant la commune d'Olmet-et-Villecun ;

- et les observations de Me Dillenschneider, représentant Mme D.

Considérant ce qui suit :

1. Mme D a déposé le 30 septembre 2022 un dossier de permis de construire auprès des services de la commune d'Olmet-et-Villecun, pour la construction d'une maison d'habitation sur les parcelles cadastrées section A n°563 et 493. Par un arrêté du 30 novembre 2022, le maire de la commune a accordé le permis de construire sollicité sous prescriptions. M. B a adressé un recours gracieux à la commune d'Olmet-et-Villecun le 7 décembre 2022, lequel a été rejeté le 1er février 2023. Par sa requête, M. B demande l'annulation de l'arrêté du 30 novembre 2022 et de la décision du 1er février 2023.

Sur les conclusions à fin d'annulation :

2. En premier lieu, M. B, en se bornant à soutenir que le dossier de permis de construire est incomplet et ne répond pas aux exigences légales en la matière, n'apporte pas les précisions suffisantes permettant d'apprécier le bien fondé de son moyen tenant à l'incomplétude du dossier. Par suite, ledit moyen doit être écarté.

3. En deuxième lieu, aux termes de l'article 3-1 du règlement du plan local d'urbanisme relatif aux accès : " Un terrain, pour être constructible, doit disposer d'un accès sur une voie publique ou privée, ou bien le pétitionnaire doit produire une servitude de passage suffisante, instituée par acte authentique ou par voie judiciaire en application de l'article 682 du code civil. (). " Et aux termes de l'article 3-2 de même règlement relatif à la desserte en voirie : " La réalisation d'un projet est subordonnée à la desserte du terrain par une voie dont les caractéristiques répondent à sa destination et à l'importance du trafic généré par le projet. Ces caractéristiques doivent permettre la circulation et de satisfaire aux règles minimales de desserte : défense contre l'incendie, protection civile, brancardage etc () ". D'autre part, l'article R. 111-5 du code de l'urbanisme dispose que : " Le projet peut être refusé sur des terrains qui ne seraient pas desservis par des voies publiques ou privées dans des conditions répondant à son importance ou à la destination des constructions ou des aménagements envisagés, et notamment si les caractéristiques de ces voies rendent difficile la circulation ou l'utilisation des engins de lutte contre l'incendie./ Il peut également être refusé ou n'être accepté que sous réserve de prescriptions spéciales si les accès présentent un risque pour la sécurité des usagers des voies publiques ou pour celle des personnes utilisant ces accès. Cette sécurité doit être appréciée compte tenu, notamment, de la position des accès, de leur configuration ainsi que de la nature et de l'intensité du trafic ".

4. D'une part, le permis de construire, qui est délivré sous réserve des droits des tiers, a pour seul objet d'assurer la conformité des travaux qu'il autorise avec la réglementation d'urbanisme. Dès lors, l'autorité compétente et, en cas de recours, le juge administratif doivent, pour l'application des règles d'urbanisme relatives à la desserte et à l'accès des engins d'incendie et de secours, s'assurer de l'existence d'une desserte suffisante de la parcelle par une voie ouverte à la circulation publique et, le cas échéant, de l'existence d'un titre créant une servitude de passage donnant accès à cette voie.

5. D'autre part, l'administration ne peut assortir une autorisation d'urbanisme de prescriptions qu'à la condition que celles-ci, entraînant des modifications sur des points précis et limités et ne nécessitant pas la présentation d'un nouveau projet, aient pour effet d'assurer la conformité des travaux projetés aux dispositions législatives et réglementaires dont l'administration est chargée d'assurer le respect.

6. Il ressort des pièces du dossier que le terrain d'assiette du projet de Mme D ne dispose d'aucun accès à une voie ouverte à la circulation publique et qu'un tel accès devait être créé sur des parcelles appartenant à des tiers, par l'instauration d'une servitude de cinq mètres de large, représentée sur les plans du projet. Le maire de la commune d'Olmet-et-Villecun lui a néanmoins accordé le permis de construire sollicité avec la prescription suivante relative à l'accès : " Sous réserve de l'obtention d'une servitude de passage, le futur accès et le futur cheminement de 5 mètres de large pour desservir la construction, depuis le domaine public, doit être accessible en permanence aux engins de secours, aux personnes et de lutte contre l'incendie afin de permettre la mise en œuvre facile du matériel nécessaire pour opérer les sauvetages et combattre le feu, conformément au guide technique relatif à l'accessibilité des véhicules d'incendie et de secours du SDIS 34 annexé au Règlement Départemental de Défense Extérieure Contre l'Incendie ". Dans ces conditions, cette prescription ne suppose pas la présentation d'un nouveau projet dès lors qu'elle reprend les caractéristiques de la servitude telle que représentée par la pétitionnaire, dont la largeur de cinq mètres n'est d'ailleurs nullement imposée par les dispositions du plan local d'urbanisme. Par ailleurs, la circonstance, au demeurant non établie, avancée par le requérant, indiquant que les travaux de réalisation d'un chemin de cinq mètres seraient titanesques eu égard à la configuration des lieux, relève de la seule exécution du permis de construire en litige et est sans influence sur la légalité de l'arrêté en litige. Par suite, les moyens tirés de la méconnaissance des articles 3-1 et 3-2 du plan local d'urbanisme, de la " violation de la loi et de l'erreur d'interprétation " doivent être écartés.

7. Il résulte de tout ce qui précède que les conclusions à fin d'annulation de la requête doivent être rejetées, sans qu'il soit besoin d'examiner les fins de non-recevoir opposées en défense.

Sur les frais liés au litige :

8. Les dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative font obstacle à ce que la commune d'Olmet-et-Villecun, qui n'a pas la qualité de partie perdante, verse à M. B la somme qu'il réclame au titre des frais exposés et non compris dans les dépens. Par ailleurs, dans les circonstances de l'espèce, il n'y a pas lieu de mettre à la charge de M. B le versement à la commune d'Olmet-et-Villecun d'une quelconque somme sur le fondement de ces mêmes dispositions.

D E C I D E :

Article 1er : La requête de M. B est rejetée.

Article 2 : Les conclusions présentées par la commune d'Olmet-et-Villecun au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative sont rejetées.

Article 3 : La présente décision sera notifiée à M. C B, à la commune d'Olmet-et-Villecun et à Mme F D.

Délibéré après l'audience du 23 janvier 2025, à laquelle siégeaient :

Mme Fabienne Corneloup, présidente,

Mme Michelle Couégnat, première conseillère,

M. Nicolas Huchot, premier conseiller,

Rendu public par mise à disposition au greffe le 6 février 2025.

Le rapporteur,

N. A

La présidente,

F. CorneloupLa greffière,

M. E

La République mande et ordonne au préfet de l'Hérault en ce qui le concerne, ou à tous commissaires de justice à ce requis, en ce qui concerne les voies de droit commun, contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.

Pour expédition conforme,

Montpellier le 6 février 2025,

La greffière,

M. E

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