jeudi 12 septembre 2024
| Juridiction | Tribunal Administratif de Montpellier |
| Section | Tribunal Administratif de Montpellier |
| N° Dossier | TA34-2301366 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | C |
| Formation | magistrat COUEGNAT |
Vu la procédure suivante :
Par une requête enregistrée le 9 mars 2023, régularisée le 24 mars 2023, la SCI GMT représentée par M. A D, conteste la décision du 27 décembre 2019 par laquelle le directeur de la caisse d'allocations familiales des Pyrénées-Orientales a rejeté son recours préalable, suite à la notification d'indus d'aides au logement.
Elle soutient que :
- la caisse a commis beaucoup d'erreurs dans le dossier, alors que si elle avait été informée dès le début du vrai motif légal, la SCI aurait tout fait pour raccourcir le délai de levée de l'arrêté de péril ;
- sa situation financière ne lui permet pas de rembourser les sommes réclamées.
Par un mémoire en défense, enregistré le 27 juin 2024, la caisse d'allocations familiales des Pyrénées-Orientales conclut au rejet de la requête.
Elle fait valoir que :
- la requête est irrecevable compte tenu de sa tardiveté, le délai de deux mois dont disposait le requérant à compter de la décision d'incompétence du tribunal judiciaire prononcée le 14 avril 2021 étant expiré ;
- elle est irrecevable faute de saisine de la commission de recours amiable dans le délai de deux mois imparti par la décision de rejet notifiée à la SCI GMT le 4 octobre 2019 ;
- la requête est irrecevable dès lors que la requête présentée initialement devant le tribunal judiciaire était nulle et n'a été régularisée que le 12 mars 2020, soit après l'expiration du délai de recours contentieux le 2 mars 2020 ;
- c'est à bon droit qu'elle a réclamé l'indu en litige dès lors que, en cas de péril ordinaire ou non-imminent frappant un immeuble, et même si le logement n'est pas concerné par une interdiction d'habiter, le loyer cesse d'être dû à partir du 1er jour du mois qui suit l'envoi de l'arrêté de péril, de sorte que, bien qu'étant resté dans son logement le locataire n'était plus tenu au paiement du loyer, l'allocation ne pouvait donc être versée, en application des articles L. 521-1 et L. 521-2 du code de la construction et de l'habitation.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- le code de la construction et de l'habitation ;
- le code de la sécurité sociale ;
- le code de justice administrative.
Le président du tribunal a désigné Mme C comme juge statuant seul en application de l'article R. 222-13 du code de justice administrative.
Le rapporteur public a été dispensé, sur sa proposition, de prononcer des conclusions à l'audience.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Le rapport de Mme C a été entendu au cours de l'audience publique, à laquelle les parties n'étaient ni présentes ni représentées.
La clôture de l'instruction a été prononcée à l'issue de l'audience, en application de l'article R. 772-9 du code de justice administrative.
Considérant ce qui suit :
1. La SCI GMT, en sa qualité de bailleur d'un appartement situé au 3ème étage d'un immeuble situé 22 rue de la Lanterne à Perpignan loué depuis 2008, percevait directement l'allocation de logement. Par un arrêté du 19 avril 2016, l'immeuble a fait l'objet d'un arrêté de péril non imminent, assorti d'une interdiction temporaire d'occuper et d'habiter les logements du 1er et du 2ème étage droite. Le 14 février 2019 la caisse d'allocations familiales des Pyrénées-Orientales demandait à la SCI GMT de lui rembourser, dans la limite de la prescription biennale, la somme de 6 480 euros au titre de la période de février 2017 à janvier 2019 au motif que l'immeuble faisait l'objet d'un arrêté de péril. Le 26 juin 2019 elle adressait à la SCI GMT une mise en demeure d'effectuer le remboursement demandé, accompagnée du détail des sommes dues, que la société contestait par un courrier du 16 août 2019. Par courrier du 4 octobre 2019, assorti de la mention des voies et délai de recours, la caisse d'allocations familiales des Pyrénées-Orientales confirmait sa demande au motif que l'appartement était bien concerné par l'arrêté de péril imminent, sans interdiction d'habiter. Par un courrier non daté, la SCI GMT saisissait la commission de recours amiable de la caisse. Par une décision du 27 décembre 2019, la caisse d'allocations familiales rejetait le recours de la SCI. Par la présente requête, la SCI GMT doit être regardée comme demandant l'annulation de cette décision.
2. Aux termes de l'article L. 521-1 du code de la construction et de l'habitation, dans sa rédaction alors en vigueur : " Pour l'application du présent chapitre, l'occupant est le titulaire d'un droit réel conférant l'usage, le locataire, le sous-locataire ou l'occupant de bonne foi des locaux à usage d'habitation et de locaux d'hébergement constituant son habitation principale. / Le propriétaire ou l'exploitant est tenu d'assurer le relogement ou l'hébergement des occupants ou de contribuer au coût correspondant dans les conditions prévues à l'article L. 521-3-1 dans les cas suivants : () -lorsqu'un immeuble fait l'objet d'un arrêté de péril en application de l'article L. 511-1 du présent code, si l'arrêté ordonne l'évacuation du bâtiment ou s'il est assorti d'une interdiction d'habiter ou encore si les travaux nécessaires pour mettre fin au péril rendent temporairement le logement inhabitable ; () ". Aux termes de l'article L. 521-2 du même code dans sa rédaction alors applicable : " I () Pour les locaux visés par une déclaration d'insalubrité prise en application des articles L. 1331-25 et L. 1331-28 du code de la santé publique ou par un arrêté de péril pris en application de l'article L. 511-1, le loyer en principal ou toute autre somme versée en contrepartie de l'occupation du logement cesse d'être dû à compter du premier jour du mois qui suit l'envoi de la notification de l'arrêté ou de son affichage à la mairie et sur la façade de l'immeuble, jusqu'au premier jour du mois qui suit l'envoi de la notification ou l'affichage de l'arrêté de mainlevée. () ".
3. En se bornant à retracer la chronologie des faits et à faire valoir que, si elle avait été mise au courant dès le départ du " vrai motif légal " que la caisse d'allocations familiales lui opposait, elle aurait tout fait pour raccourcir le délai de levée de l'arrêté de péril, la SCI GMT ne peut être regardée comme invoquant des arguments utiles de nature à remettre en cause le bien-fondé de l'indu qui lui est réclamé.
4. En outre, s'il est loisible à la requérante de former auprès de la caisse d'allocations familiales une demande de remise de dette, elle ne peut utilement faire valoir la précarité de sa situation dans le cadre du présent litige, qui est relatif à l'indu et ne porte pas sur une décision de la caisse se prononçant sur une telle demande de remise de dette.
5. Il résulte de tout ce qui précède, sans qu'il soit besoin de statuer sur les fins de non-recevoir invoquées par le défendeur, que la requête de la SCI GMT doit être rejetée.
D E C I D E :
Article 1er : La requête de la SCI GMT est rejetée.
Article 2 : Le présent jugement sera notifié à la SCI GMT et à la caisse d'allocations familiales des Pyrénées-Orientales.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 12 septembre 2024.
La magistrate désignée,
M. C
La greffière,
M. B
La République mande et ordonne au ministre de la transition écologique et de la cohésion des territoires en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution du présent jugement.
Pour expédition conforme,
Montpellier le 12 septembre 2024
La greffière,
M. B
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