LogoMeilleurAvocats.fr
AvocatsAssistant IABlogPrix
ConnexionDéposer ma demande

Vous avez un problème juridique ?

Décrivez votre situation en 2 minutes — un avocat spécialisé vous répond sous 24h.

Déposer ma demandeJe suis avocat
Logo MeilleurAvocats.frMeilleurAvocats.fr

Mise en relation avocat–client par l'IA. Gratuit pour les particuliers.

Particuliers

  • Déposer une demande
  • Trouver un avocat
  • Assistant IA gratuit
  • Bibliothèque juridique
  • Guides pratiques
  • Jurisprudence

Avocats

  • Pour les avocats
  • Espace avocat
  • Tarifs et formules
  • Recevoir des leads
  • Programme d'affiliation
  • Contact commercial

Spécialités

  • Droit général
  • Droit du travail
  • Droit de la sécurité sociale et de la protection sociale
  • Droit fiscal et droit douanier
  • Droit de la famille, des personnes et de leur patrimoine
  • Droit immobilier

Légal

  • Mentions légales
  • Confidentialité
  • CGU
  • Cookies
  • Contact

Newsletter juridique hebdomadaire

Décisions clés, évolutions législatives, conseils pratiques — chaque semaine.

© 2026 MeilleurAvocats.fr— KONSEIL SAS. Tous droits réservés.

Mentions légales|Confidentialité|Cookies

BOB★La messagerie française & cryptée pour des échanges confidentiels entre avocats et clients.

En savoir +TéléchargerBOB
AccueilJurisprudence administrativeN° TA34-2301672

Tribunal Administratif de Montpellier — Décision N° TA34-2301672

mercredi 21 juin 2023

JuridictionTribunal Administratif de Montpellier
SectionTribunal Administratif de Montpellier
N° DossierTA34-2301672
TypeDécision
RecoursExcès de pouvoir
PublicationC
Formation6ème Chambre
Avocat requérantMELANIE LAPORTE

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête enregistrée le 24 mars 2023, et des mémoires enregistrés les 7 avril, 13 avril, 12 et 19 mai 2023 Mme B A, représentée par Me Laporte, demande au tribunal :

1°) d'annuler l'arrêté du 14 mars 2023 par lequel le préfet de l'Hérault a rejeté sa demande de titre de séjour et l'a obligée à quitter le territoire dans un délai de trente jours en fixant le pays à destination duquel elle pourra être renvoyée ;

2°) d'enjoindre au préfet de l'Hérault de lui délivrer une carte de séjour temporaire portant la mention " étudiant ", dans un délai de 15 jours à compter de la notification de la présente décision, sous astreinte de 150 euros par jour de retard, et, subsidiairement, de procéder au réexamen de sa situation sous les mêmes conditions de délai et d'astreinte ;

3°) de mettre à la charge de l'Etat une somme de 1 200 euros à verser à son conseil au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Elle soutient que l'arrêté en litige :

- est entaché d'incompétence ;

- est insuffisamment motivé ;

- est entaché d'erreur de droit au regard des dispositions de l'article R. 5221-26 du code du travail ;

- est entaché d'erreur de droit dès lors que le préfet s'est estimé en situation de compétence liée du fait du non-respect de la limitation de la durée de travail imposée par l'article R. 5221-26 du code du travail ;

- est entaché d'erreur de fait quant à la durée effective de ses heures de travail ;

- est entaché d'une erreur manifeste d'appréciation en méconnaissance des dispositions des articles L. 422-1 et R. 433-1 du code de 1'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;

- méconnaît les stipulations de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales.

Par un mémoire en défense enregistré le 11 mai 2023, le préfet de l'Hérault conclut au rejet de la requête.

Il soutient que les moyens invoqués par Mme A ne sont pas fondés.

Vu les autres pièces du dossier.

Vu :

- la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;

- le code du travail ;

- le code de 1'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;

- le code de justice administrative.

Le président de la formation de jugement a dispensé le rapporteur public, sur sa proposition, de prononcer des conclusions à l'audience.

Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.

Ont été entendus au cours de l'audience publique :

- le rapport de M. Rousseau, premier conseiller,

- et les observations de Me Laporte, représentant Mme A.

Considérant ce qui suit :

1. Mme B A, ressortissante tunisienne née le 13 juillet 1993, titulaire d'un mastère en lettres et linguistiques françaises obtenu à l'université de Tunis au mois de décembre 2018, est entrée en France le 9 septembre 2020 munie d'un visa de type D portant la mention " étudiant ", aux fins de poursuivre un doctorat au sein de l'Institut de recherche sur la Renaissance, l'âge Classique et les Lumières (IRCL), à l'Université Paul Valéry à Montpellier. En parallèle à ses études, elle exerce, depuis le mois de septembre 2021, l'emploi d'assistante de vie universitaire au sein de l'entreprise SO'Lifes. Son titre de séjour étudiant arrivant à expiration le 28 avril 2023, elle a en sollicité le renouvellement auprès du préfet de l'Hérault le 7 février 2023. Par un arrêté du 14 mars 2023, le préfet de l'Hérault a refusé de lui accorder le titre de séjour sollicité, l'a obligée à quitter le territoire français dans un délai de trente jours et a fixé le pays de renvoi. Par la présente requête, Mme A demande au tribunal l'annulation de cet arrêté.

Sur les conclusions en annulation :

2. Aux termes de l'article L. 422-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " L'étranger qui établit qu'il suit un enseignement en France ou qu'il y fait des études et qui justifie disposer de moyens d'existence suffisants se voit délivrer une carte de séjour temporaire portant la mention " étudiant " d'une durée inférieure ou égale à un an () Cette carte donne droit à l'exercice, à titre accessoire, d'une activité professionnelle salariée dans la limite de 60 % de la durée de travail annuelle. ". Aux termes de l'article R. 5221-26 du code du travail : " L'étranger titulaire du titre de séjour ou du visa pour un séjour d'une durée supérieure à trois mois mentionné au 7° de l'article R. 5221-3 portant la mention étudiant est autorisé à exercer une activité salariée, à titre accessoire, dans la limite d'une durée annuelle de travail égale à 964 heures. () ". La limite autorisée de 60% de la durée de travail annuelle ne constitue pas une condition d'obtention du titre de séjour mais est relative aux droits ouverts aux titulaires de ce titre. Ces dispositions n'imposent pas, pour autant, au préfet de prendre une décision de rejet lorsque la limite autorisée de 60% est dépassée et ne le privent pas du pouvoir de régularisation qui lui appartient toujours au regard de la situation particulière de chaque étranger, notamment au vu de la réalité et du sérieux du suivi de ses études. Pour le calcul de la durée de travail annuelle de 964 heures, il convient de prendre comme période de référence la durée annuelle de validité du précédent titre étudiant accordé, soit en l'espèce du 27 avril 2022 au 28 avril 2023.

3. Il ressort des pièces du dossier que Mme A a été embauchée à compter du 17 septembre 2021 par la société " SO'Lifes " en qualité d'assistante de vie en contrat à durée indéterminée, annualisé pour une durée de travail fixée à 288 heures hors congés payés correspondant à l'année civile, soit du 1er janvier au 31 décembre, en prévoyant qu'à titre exceptionnel et pour tenir compte de l'embauche en cours de période de référence, la durée de travail de la salariée serait proratisée à hauteur de 3,43/12ème soit 82,32 heures (congés payés inclus) et que, conformément à l'article L. 3123-14-2 du code du travail, la salariée confirme par la signature du contrat qu'elle a demandé que sa durée de travail soit inférieure à la durée minimale légale (soit 1 102 heures/an hors congés payés). Le 28 février 2023, un avenant à ce contrat de travail a été conclu entre le gérant de la société SO'Lifes et Mme A aux termes duquel il a été convenu qu'à compter du 1er mars 2023 l'horaire moyen servant de base à l'annualisation passera de 20,79 heures par semaine à 4,62 heures, soit un horaire mensuel moyen de 20 heures.

4. Pour rejeter la demande de renouvellement de titre de séjour en qualité d'étudiante présentée par Mme A, le préfet de l'Hérault a retenu que l'intéressée avait cumulé 1 103,08 heures de travail en 2022, dépassant ainsi la limite annuelle de 964 heures autorisées en application de l'article R. 5221-6 du code du travail. Alors que la réalité et le sérieux de ses études doctorales ne sont nullement remis en cause, Mme A produit au dossier une attestation de son employeur certifiant que, sur la période du 29 avril 2022 au 28 février 2023, son temps de travail effectif n'a pas outrepassé 820,40 heures et les bulletins de paie et feuilles de présence contresignées par l'employeur qu'elle verse également au dossier démontrent que, sur la période de référence, déduction faite des congés et d'un arrêt maladie, le nombre d'heures de travail effectuées dans le cadre de l'exercice de cette activité professionnelle est demeuré inférieur au seuil maximal de 964 heures. Par suite, Mme A est fondée à soutenir que la décision attaquée est entachée d'une erreur de fait.

5. Il résulte de ce qui précède, sans qu'il soit besoin d'examiner les autres moyens de la requête, que Mme A est fondée à demander l'annulation de l'arrêté du 14 mars 2023 par lequel le préfet de l'Hérault a refusé de renouveler son titre de séjour ainsi que, par voie de conséquence, celles l'obligeant à quitter le territoire français, fixant le délai de départ volontaire à trente jours et le pays de destination.

Sur les conclusions à fin d'injonction :

6. Le motif d'annulation retenu implique nécessairement que le préfet de l'Hérault procède au renouvellement du titre de séjour étudiant de Mme A dans un délai de deux mois à compter de la notification du présent jugement. Il n'y a pas lieu, dans les circonstances de l'espèce, d'assortir cette injonction d'une astreinte.

Sur les frais d'instance :

7. Il n'y a pas lieu, dans les circonstances de l'espèce, de mettre à la charge de l'Etat une somme de 1 200 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

D E C I D E :

Article 1er : L'arrêté susvisé du 14 mars 2023 du préfet de l'Hérault est annulé.

Article 2 : Il est enjoint au préfet de l'Hérault de procéder au renouvellement du titre de séjour portant la mention " étudiant " de Mme A dans un délai de deux mois suivant la notification de la présente décision.

Article 3 : Le surplus des conclusions de la requête est rejeté.

Article 4 : La présente décision sera notifiée à Mme B A et au préfet de l'Hérault.

Délibéré après l'audience du 6 juin 2023, à laquelle siégeaient :

Mme Encontre, présidente,

Mme Teuly-Desportes, première conseillère,

M. Rousseau, premier conseiller,

Décision rendue publique par mise à disposition au greffe le 21 juin 2023.

Le rapporteur,

M. ROUSSEAU

La présidente,

S. ENCONTRE La greffière,

C. ARCE

La République mande et ordonne au préfet de l'Hérault en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun, contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.

Pour expédition conforme,

Montpellier, le 21 juin 2023

La greffière,

C. ARCE

lr

Décisions similaires

TA13Excès de pouvoir

Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292

Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.

01/06/2026

TA13Excès de pouvoir

Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430

Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.

01/06/2026

TA13Excès de pouvoir

Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432

Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.

01/06/2026

TA13Excès de pouvoir

Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881

Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.

01/06/2026

← Retour aux décisions